Hors Frontières

Arabie Saoudite

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L’Arabie saoudite, en forme longue le Royaume d’Arabie saoudite, est une monarchie absolue islamique dirigée par la famille Saoud depuis sa création en 1932 par Ibn Séoud. Occupant 80 % de la péninsule Arabique, c’est le plus grand pays du Moyen-Orient avec une superficie de plus de deux millions de kilomètres carrés, et le deuxième par sa superficie des pays du monde arabe, après l’Algérie. 

La monnaie officielle est le Riyal Saoudien.

Le pays a l’islam pour religion d’État et l’arabe pour langue officielle ; il abrite les deux plus importants lieux saints de l’islam, Masjid al-Haram (à La Mecque) et Masjid al-Nabawi (à Médine).

L’Arabie saoudite est limitrophe de l’Irak, de la Jordanie, du Koweït, d’Oman, du Qatar, des Émirats arabes unis et du Yémen ; elle est bordée par la mer Rouge et le golfe Persique.

L’islam d’obédience wahhabite (lui-même issu de l’islam sunnite hanbalite) est officiellement la religion d’État du royaume. Les statistiques officielles font état de 100 % de sunnites parmi les musulmans.

Mais, dans les faits, le sunnisme ne serait pratiqué que par 85 à 90 % de musulmans, le reste professant le chiisme (principalement duodécimain), dont la pratique est tolérée dans la province orientale d’ach-Charqiya, et notamment dans la ville de Qatif. Perçus par le régime comme une cinquième colonne proche de l’ennemi iranien, la plupart des chiites sont, de plus, concentrés dans la région d’Al-Hassa qui recèle l’essentiel des ressources pétrolières du royaume. Une grande partie de ces Saoudiens chiites sont d’origine irakienne.

Par ailleurs, une des estimations les plus détaillées de la population religieuse dans le Golfe Persique est celle de Mehrdad Izady qui estime, « en utilisant des critères culturels et non confessionnels », à environ 4 millions le nombre de wahhabites qui se concentrent en particulier dans la région centrale du Nejd.

L’Arabie saoudite abrite les deux plus importants lieux saints de l’islam : Masjid al-Haram, la mosquée sacrée, située à La Mecque et Masjid al-Nabawi, la mosquée du Prophète, située à Médine. L’accès à ces deux villes reste rigoureusement interdit aux non-musulmans.

Il est à noter que l’ensemble du pays est sacralisé par les musulmans qui se mettent en état d’irham. En effet, pour accomplir la dernière volonté de Mahomet qui aurait dit sur son lit de mort : « deux religions ne peuvent pas coexister en Arabie », le deuxième calife de l’islam, Omar ibn al-Khattab, a expulsé en son temps les juifs et les chrétiens de la péninsule arabique pour n’y laisser que les musulmans regardés comme les seuls vrais adeptes de la religion d’Abraham. À la suite de la première guerre du Golfe (invasion du Koweït en 1990), Oussama ben Laden initie une vive controverse avec le roi Fahd qui s’est vu reproché alors d’avoir autorisé les « infidèles » à « souiller le sol sacré » de l’Arabie saoudite en ce qu’il a ouvert le pays à l’armée américaine.

Dans ce contexte, tout autre culte religieux non-musulman est formellement interdit et la constitution du royaume ne connaît pas d’autre religion que l’islam. Une police religieuse, la Muttawa, qui dépend du Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, veille à la stricte application des préceptes wahhabites dans l’espace public. Toutefois, dans les faits, d’autres religions sont pratiquées dans un cadre privé. En effet, pour des raisons économiques, le pays fait appel à une importante immigration de travail ; principalement des travailleurs immigrés philippins de confession chrétienne (plus d’un million) et indiens de confession hindoue.

Le 13 février 2009, son successeur, le roi Abdallah, a annoncé des réformes d’ampleur tendant à dégager à terme le royaume de son idéologie d’État officielle, le wahhabisme, tout en gardant néanmoins cette même dénomination intacte sur le plan officiel. La Commission des Grands Oulémas, corps de savants religieux faisant autorité dans le pays, aura dorénavant 21 membres issus de courants divers du sunnisme (c’est-à-dire les écoles hanafite, malikite et shaféite), et non plus de la seule école hanbalite, connue pour son rigorisme. De même, le Conseil de la Shoura, sorte de corps législatif dénué cependant d’une pleine consécration de ses prérogatives judiciaires, inclura 5 chiites dans ce corps. En 2013, le roi Abdallah a retiré aux officiers et agents de la police religieuse (accusée de commettre des abus) le pouvoir de procéder à des interrogatoires et d’engager des poursuites judiciaires. En 2016, son successeur, le roi Salmane, leur a retiré également le pouvoir d’arrêter ou détenir des personnes, de demander leurs cartes d’identité, et même de les suivre.

Le premier État saoudien est constitué aux alentours de 1744. Un chef tribal local, Mohammed Ibn Saoud, s’associe avec un prédicateur religieux, Mohammed Ibn Abdelwahhab, et fondent le wahhabisme.

La famille Al Saoud et le royaume connaissent ensuite des confrontations augmentant ou réduisant leur pouvoir en fonction des accords et désaccords avec l’Égypte, l’Empire ottoman et d’autres familles arabes pour le contrôle de la péninsule. Trop instable, le royaume finit par disparaître en 1818.

Un second État saoudien est fondé six années plus tard en 1824, mais disparaît en 1891.

Dans la nuit du 15 au 16 janvier 1902, Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, souhaitant restaurer l’ancien État de son aïeul, s’empare de Riyad, alors occupée par la famille rivale Al Rachid, originaire de Haïl. En 1904, il s’empare de l’oasis de Buraydah, capitale de la région du Qasim, au nord du Nejd. Abdelaziz fonde vers 1912, avec l’appui des bédouins, l’ordre des Ikhwân (« frères ») qui lui permet d’agrandir son domaine. Les Ikhwân sont progressivement installés dans environ deux cents colonies agricoles (les hujjar). En 1913, Abdelaziz s’empare de la province du Hassa, dans l’est, dont la majorité de la population est chiite. Son poids politique est reconnu par les Ottomans en mai 1914 lorsque ceux-ci le nomment wali du Nejd.

Avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Abdelaziz se rapproche graduellement des Britanniques. Un traité de protection est signé avec ces derniers en 1915.

Profitant de la dislocation de l’Empire ottoman et de la faiblesse des États arabes qui se constituent pendant le conflit mondial, il fait la conquête par la force en 1924-1925 du Hedjaz, un État comprenant les villes de La Mecque et de Médine, en s’en emparant il met fin à près d’un millénaire de chérifat hachémite, la lignée des descendants du grand-père du prophète. Il finit par se faire reconnaître roi du Hedjaz, en 1927.

L’État ainsi constitué est consolidé par Abdelaziz Al Saoud pour devenir un pays puissant et surtout acteur de la scène internationale. Cet arrêt des conquêtes le brouille avec ses alliés Ikhwân, qui voudraient poursuivre la conquête pour étendre les frontières à toute la communauté des croyants. L’appui des oulémas, essentiellement par une fatwa de 1927, profite à Abdelaziz : ils décrètent qu’il est interdit de se révolter contre le détenteur du pouvoir. Dès lors, il devient licite de faire la guerre contre les Ikhwân, qui sont écrasés en 1929.

L’Arabie saoudite est fondée officiellement le 22 septembre 1932 par la fusion des provinces du Nejd et du Hedjaz. Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud (Ibn Saoud) en devient le roi. Les guerres ayant permis l’accession au pouvoir d’Ibn Saoud firent 500 000 morts entre 1901 et 1932.

La découverte de pétrole en mars 1938 transforme le pays sur le plan économique et marque le début d’une alliance stratégique avec les États-Unis concrétisée par le Pacte du Quincy, qui en échange d’un accès au pétrole, engage les États-Unis à protéger militairement la dynastie des Saoud. Cette alliance se révèlera d’autant plus durable que le pays se présente comme un allié de poids face à la montée des nationalismes arabes dans les années 1950-1960 soutenus par l’Union soviétique.

Abdelaziz accepte le concept de modernisation du pays et persuade les ultra-conservateurs religieux d’accepter les nouvelles technologies, ce qui se traduit concrètement par un confort matériel pour les saoudiens, mais sans changement des mentalités. Après cinquante ans de pouvoir, Adb al-Aziz meurt en 1953, lui succèdent ses fils — Saoud ben Abdelaziz, Fayçal ben Abdelaziz, Khaled ben Abdelaziz, Fahd ben Abdelaziz, Abdallah ben Abdelaziz et depuis 2015 le roi Salmane ben Abdelaziz.

Dans les années 1980, la prise de la Grande Mosquée de La Mecque met en évidence le poids de la communauté ultra-conservatrice et la pression fondamentaliste s’accentue. Une police des mœurs, la muttawa, est mise en place, s’assurant que tout ce qui se passe dans le royaume n’enfreint pas les règles de l’islam. Les nouvelles technologies sont encadrées, la musique n’est pas autorisée en public, encore moins le théâtre, et la télévision par satellite est également filtrée, tandis que la ségrégation sexuelle est accentuée, et le port du voile intégral obligatoire.

La rapide augmentation des recettes saoudiennes au début des années 1980 qui passent de 65 milliards de dollars à près de 135 milliards en 1981, permet également au pays qui est le « berceau » du wahhabisme d’exporter sa doctrine religieuse sous la forme du salafisme. Cette politique extérieure se manifeste dans la lutte organisée contre l’Union soviétique dans le conflit afghan en accord avec l’allié américain13, mais également dans le soutien financier de nombreuses organisations islamiques à travers le monde dans les années 2000-2015.