Hors Frontières

Auschwitz-Birkenau

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Nous nous rendons sur le site d’Auschwitz.

Nous parvenons enfin dans le camp de concentration et immédiatement un sentiment de malaise se fait sentir. Les lieux conservés admirablement bien laissent transparaître une ambiance torturée, imposant le silence et le recueillement. L’entrée est gratuite et nombreux sont les visiteurs qui affluent du monde entier. Nous devons marcher quelques centaines de mètres pour parvenir à l’entrée du site ; une odeur rance émane du site, un peu comme si le passé n’avait jamais laissé la place au présent. Nous arrivons à l’entrée et découvrons son non moins célèbre : Arbeit macht frei : le travail rend libre.

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Le camp principal d’Auschwitz a ouvert le 20 mai 1940, dans lequel périrent plus de 70 000 personnes. Au début des prisonniers de guerre, puis ensuite des juifs et des résistants.

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La main-d’œuvre sera celle du camp de concentration qui passe d’une population de 10 000 personnes à 100 000 en 1941. Le camp se situe sur l’emplacement d’une ancienne caserne de l’armée polonaise dont les bâtiments délabrés entourent un vaste terrain. Il se situe au milieu de la région de la Pologne annexée par l’Allemagne en 1939.

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En 1940, le camp renferme de 13 000 à 16 000 détenus, pour 300 gardiens. Le nombre de prisonniers atteint environ 20 000 en 1942. Durant les vingt premiers mois, plus de la moitié des 23 000 prisonniers polonais meurent à la suite des traitements inhumains infligés par les gardiens.

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La création du camp souche Auschwitz I est décidée par les SS. Il se situe au milieu d’une région polonaise riche en matières premières à proximité de la rivière Sola, et de gisements dont l’extraction permet la production d’essence essentielle au régime nazi.

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Pour surveiller les détenus, les SS utilisent des détenus allemands de droit commun, parmi les plus violents.

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Les détenus sont catégorisés par un symbole cousu sur leur combinaison de bagnard : prisonnier politique, Juif et un numéro tatoué sur le bras.

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Les prisonniers travaillent pendant six, voire sept jours par semaine.

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Tout le fil barbelé qui entoure le camp a été volé à la population polonaise et rend toute invasion impossible.

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Et pour ne pas suffire, tout au long des barbelés, des miradors sont dispersés, rendant à toute fuite une issue incertaine.

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Les prisonniers étaient stockés dans des baraquements.

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Avec pour seule vue sur l’extérieur.

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Nous continuons notre visite.

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Mais, par la suite, Adolphe Hitler décide l’extermination systématique des Juifs à grande échelle. Le responsable du camp Rudolf Höss commence par les fusiller, mais voyant le nombre incalculable de corps augmenter exponentiellement, il décide de brûler les cadavres, puis par facilité, brûle les prisonniers vivants dans les fours prévus à cet effet.

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Nous restons sans voix en pénétrant à l’intérieur des fours, qui dégage encore une odeur de brûlé et de chaux qui ont imprégné les murs, et ce depuis plusieurs décennies.

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L’abject n’a pas de nom.

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Au milieu de ces baraquements, nous avançons seuls avec l’histoire. Et pas un magistrat, pas un politicien pour nous exhorter à penser. Nous ne pouvons exprimer qu’empathie et compassion, puisqu’il s’agit de notre nature humaine à nous tourner vers ces miséricordieux et nous ne pouvons pas oublier, que ces dits magistrats, ces dits politiques, ces dits policiers ont brisé des jambes pour envoyer les errants au sein de ces fors qui se postent devant nous. Non pas une bêtise, non pas une inhumanité, bien malheureusement. Il ne s’agit pas là d’œuvres de monstres, mais bien d’humains qui ont révélé leur vraie nature. Pire que des animaux. Et l’humanité tout entière en a été le témoin.

 

Nous pénétrons ensuite après avoir séché les larmes de notre acédie, dans un des baraquements : le numéro 24, qui servait à l’étiologie, de blocs de concentration, mais qui est devenu par la suite, un lieu de stupre, permettant aux gardiens les plus zélés de se détendre en compagnie de filles de joie.

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Aujourd’hui, il s’agit d’un lieu de recueillement, qui contient des plaques commémoratives de noms de victimes ou de photographie, ce qui a pour but de mettre un visage sur l’innommable.

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Le sentiment général est indescriptible ; nous en restons indicibles ; nous ne sommes plus les touristes, mais les témoins d’un carnage sans partage qui a touché une population qui ne méritait pas de porter ce fardeau d’être ce qu’ils ont été.

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Et ce bien loin, des prévarications et de la collusion qui règne en général dans nos pays modernes au sein desquels, une horde d’associations cloportes s’érigent en défenseur de leurs souffrances sans jamais ne l’avoir partagé.

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Nous longeons ensuite les barbelés pour sortir du camp, marqué profondément par ce lieu de mémoire.

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Nous reprenons la voiture et nous dirigeons vers le site de Birkenau, qui nous accueille toujours gratuitement et qui bien que complétant le camp d’Auschwitz visité, revêt des différences faisant de ce lieu, un passage obligé pour parfaire notre devoir de mémoire. Nous n’avons qu’à suivre les indications et arrivons à Birkenau ; l’endroit, de loin glace le sang.

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Le camp de Birkenau a été ouvert le 8 octobre 1941 afin d’accueillir les prisonniers de guerre soviétiques, mais rapidement, il devint un camp d’extermination, avec plus d’un million de victimes à son actif, principalement immédiatement, en provenance directe pour nombre d’entre eux de la France.

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Birkenau est situé à trois kilomètres d’Auschwitz, à l’emplacement du village de Brzezinka, détruit pour construire le camp. Il prend un commandement autonome à partir de 1943 et possède une capacité de 100 000 détenus s’étendant sur 170 hectares.

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Il comprend, dans sa configuration finale, trois parties : le camp des femmes, le camp des hommes et une extension jamais terminée. Chacune des parties est entouré de murs de barbelés électrifiés à haute tension.

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Au début, pensé comme un prolongement d’Auschwitz, Birkenau est devenu après coup le siège de la solution finale : extermination de tous les juifs, à échelle industrielle.

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Dans ce but, les nazis firent construire à Birkenau, quatre complexes de chambres à gaz-crématoires

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Les détenus arrivaient de toute l’Europe à Auschwitz-Birkenau en train, souvent après plusieurs journées passées dans des wagons à bétail.

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Pendant la plus grande partie du fonctionnement du camp, les déportés arrivaient au niveau de l’ancienne gare de marchandise d’Auschwitz et marchaient environ un kilomètre jusqu’à Birkenau.

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À peine sortis du train, les prisonniers subissaient la « sélection ». D’un côté, les faibles, les personnes âgées, les malades, les femmes enceintes, les enfants destinés à être gazés immédiatement. De l’autre, les plus âgés et également plus valides que les SS destinaient à la mort par le travail forcé. Les détenus étaient déshabillés, rasés, tatoués, dépossédés de leurs biens qu’on stockait dans des entrepôts, puis ensuite envoyés en Allemagne.

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Les survivants à ce premier tri étaient répartis en groupes de travail (Kommandos) et employés comme main-d’œuvre esclave dans les usines dépendant du camp, mais aussi dans des fermes ou à l’intérieur du camp. Les chambres à gaz pouvaient recevoir près de 1 440 personnes pour les plus grandes et 768 personnes à la fois pour les plus petite.

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Une salle dotée d’une installation sanitaire factice, laissait entrevoir une trappe sur le toit d’où le gaz Zyclon B jeté par des gardes. Les corps étaient ensuite brûlés dans les crématoires.

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Nous pénétrons dans un des baraquements et quand bien même, le site est plus grand, l’ambiance reste tout autant glacialE. L’imagination qui reste notre plus fidèle alliée nous fait cruellement défaut, tant la vérité émerge de ces murs de la honte.

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