Hors Frontières

Moldavie

Share on Facebook0Tweet about this on TwitterShare on Google+0

La Moldavie, est un pays d’Europe orientale situé entre la Roumanie et l’Ukraine, englobant des parties des régions historiques de Bessarabie et de Podolie méridionale (dite Transnistrie).

La Moldavie est membre-signataire de l’Accord de libre-échange centre-européen et de l’Organisation pour la démocratie et le développement (GUAM). Elle a signé un accord d’association avec l’Union européenne, qu’elle souhaite intégrer.

L’adjectif géographique moldaves se réfère à tout ce qui concerne le territoire historique de la Moldavie.

La capitale de la Moldavie est la ville de Chișinău.

Des traces d’habitat existent dès le Paléolithique et se multiplient au Néolithique, avec notamment la civilisation de Coucouténi-Tripolié. Durant l’Antiquité, on note dans la région la présence des Daces, des Scythes et des Bastarnes. La région échappe à la conquête de la Dacie par l’Empire romain : seul le Sud (département de Cahul) est intégré à la province romaine de Scythie mineure.

Après l’effondrement de l’empire des Huns, la région est disputée entre les Avars et les Onogoures, tandis que les tribus Slaves migrent vers le Sud, traversant le Danube pour s’installer dans les Balkans.

À chaque période sèche, les populations autochtones, des Gétodaces jusqu’aux Moldaves roumanophones actuels, se sont réfugiées sur les piémonts des Carpates orientales ou dans le Codru (plus arrosés en raison de leur altitude). Les pluies revenues, elles ont repeuplé le pays en creusant des puits et en refondant des villages, des villes, tout en assimilant au passage les minorités installées lors des invasions. L’avant-dernière grande invasion ayant dépeuplé le pays fut celle des Tatars/Mongols au XIII èm siècle, puis le repeuplement moldave s’est effectué au XIV èm siècle, conclu par l’unification des petits voïvodats en une Principauté de Moldavie.

En 1812, la Moldavie orientale devient une « goubernia » de l’Empire russe sous le nom de gouvernement de Moldavie-et-Bessarabie, peu après abrégé en Bessarabie. Les autorités impériales considèrent que la Bessarabie doit devenir une terre russe y compris sur les plans démographique et culturel, et elles en prennent les moyens, mais en plusieurs étapes.

Sur le plan politique et linguistique, au début l’autonomie de la Bessarabie est garantie en 1816, et le prince moldave Scarlat Sturdza, est nommé gouverneur. Mais l’autonomie est abolie en 1828 et Sturdza, destitué, doit s’exiler et est remplacé par des gouverneurs russes. En 1829, l’usage de la « langue moldave » (nom russe du roumain parlé par les Moldaves) est interdit dans l’administration au profit du russe. En 1833, le « moldave » est interdit dans les églises et, en 1842, dans les établissements d’enseignement secondaire, puis dans les écoles primaires en 1860. Enfin en 1871 le moldave/roumain est purement et simplement interdit dans toute la sphère publique par ukase impérial.

Pour l’Empire russe, la Bessarabie est d’abord une région agricole et des voies ferrées sont construites pour la relier au port d’Odessa afin d’exporter les céréales et le bois moldaves. Sur le plateau au-dessus du vieux bourg moldave de Chișinău, une ville nouvelle russe au plan en damier est construite : là se trouvent administrations, casernes, cathédrale et manufactures.

À l’ouest du Prout, en 1859, la Moldavie occidentale et la Valachie s’unissent

pour former la Roumanie : dès lors, les roumanophones des pays voisins (Banat, Transylvanie, Marmatie, Bucovine, Bessarabie et Dobroudja) réclament leur rattachement à ce pays. En 1878, à la suite de la guerre que Russes et Roumains ont mené ensemble contre l’Empire ottoman, la Russie récupère le sud de la Bessarabie mais l’indépendance de la Roumanie est internationalement reconnue.

Pendant la Première Guerre mondiale, le 2 décembre 1917, l’indépendance de la République démocratique de Moldavie est proclamée par le Soviet moldave. Celui-ci, à majorité menchévique et roumanophone, mais menacé de mort par les Bolcheviks (qui mettent à prix la tête des députés), appellent à la rescousse une division roumaine épaulée par la mission française Berthelot puis, le 27 mars 1918, vote, par 86 voix contre 3 et 36 abstentions, le rattachement à la Roumanie, à condition que celle-ci respecte les réformes démocratiques qu’il avait promulguées et l’autonomie du pays.

En 1924, l’URSS qui reprend à son compte les ambitions géopolitiques des tsars, refuse de reconnaître ce vote et fonde en Ukraine une Région socialiste soviétique autonome moldave.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, le 2 août 1940, alors que le roi Carol II, autoritaire et pro-allié, est encore au pouvoir, l’URSS, en application du Pacte germano-soviétique, envahit le territoire, que les Roumains évacuent sans combattre. Les Soviétiques rattachent à la RSSAM (qui perd la moitié de son territoire de 1924 au profit de l’Ukraine) les deux tiers de la Bessarabie (le tiers restant va à l’Ukraine) et déportent 110 000 roumanophones instruits (même politique qu’en Pologne et dans les pays baltes).

En juin 1941, la Roumanie, cette fois dirigée par Ion Antonescu, le « Pétain roumain », attaque l’URSS aux côtés de l’Axe (opération Barbarossa) et récupère le territoire : déportation de 140 000 Juifs.

Entre mars et août 1944, l’URSS récupère à son tour le territoire.

Sous le régime soviétique, une intense colonisation slave se développe et les roumanophones continuent à être dispersés hors de Moldavie par le jeu des attributions de postes et des déplacements de main-d’œuvre pour les grands travaux.

Entre 1985 et 1991, sous Gorbatchev, la politique de perestroïka se traduit en Moldavie par une revendication de reconnaissance de l’identité roumaine des autochtones et par un retour à l’alphabet latin, le roumain devenant officiel à côté du russe.

Le 27 août 1991, la République de Moldavie proclame son indépendance, immédiatement reconnue par la Roumanie, puis par la communauté internationale. En décembre 1991, la « République moldave du Dniestr » dite improprement « Transnistrie » proclame son indépendance par rapport à Chișinău.