Hors Frontières

Ukraine

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L’Ukraine est un État d’Europe de l’Est, le deuxième d’Europe par sa superficie. Le pays est bordé par la mer Noire et la mer d’Azov au sud, frontalière avec la Russie au nord et à l’est, avec la Biélorussie au nord, avec la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie à l’ouest et avec la Roumanie et la Moldavie au sud-ouest.

Sa capitale est Kiev, sa langue officielle est l’ukrainien et sa monnaie est la hryvnia.

L’Ukraine est le foyer du premier État slave oriental, fondé par des Scandinaves : la Rous’ de Kiev.

Au IX èm siècle, Kiev est prise aux Khazars par les Varègues, des vikings orientaux. Située sur des routes marchandes lucratives, Kiev devient rapidement le centre d’un puissant État slave, appelé « Rus » ou Ruthénie.

Cependant, au XII èm siècle, des conflits éclatent entre différents seigneurs locaux. Ces conflits mènent l’État kiévien au déclin, fractionné en plusieurs principautés rivales. Les tatars mongols finissent par imposer leur souveraineté dans toutes les principautés ruthènes. La cruauté de l’autorité mongole, notamment en matière pénale, pousse les populations autochtones à fuir vers d’autres pays comme la Pologne, la Hongrie ou la Moldavie.

Durant le XIV èm siècle, les Polonais et les Lituaniens combattent les Mongols et finalement toute l’Ukraine du nord-ouest passe sous l’autorité de la Pologne-Lituanie, qui annexe Kiev en 1362.

La culture ukrainienne connaît une renaissance au milieu du XIX èm siècle, en parallèle avec le mouvement régionaliste à la même époque en Europe. Mais la domination russe sur le pays amène un profond changement dans ses structures mêmes. En 1876, l’Empire interdit la langue ukrainienne dans les écoles, et la limite dans les journaux et la littérature. Cette limitation provoque en retour une revendication idéologique qui permet de comprendre l’opposition linguistique actuelle. Les différentes formes d’ukrainien ne sont plus parlées que par une frange de la paysannerie et certains cercles cultivés de régionalistes : instituteurs, universitaires, ecclésiastiques.

De grandes villes sont fondées sous l’Empire russe, comme Odessa — port cosmopolite à forte minorité juive — mentionné plus haut et Ekaterinoslav, Sébastopol qui accueillent des migrants de tout l’Empire, et même d’Europe centrale : de la Pologne autrichienne ou d’Allemagne.

Après la révolution de Février, qui met fin à l’Empire en 1917, l’Ukraine est brièvement indépendante jusqu’en 1920, mais la Rada ne parvient pas à contrôler efficacement le territoire, envahi d’abord par les Allemands puis, à leur retrait, devenu champ de bataille entre le Parti bolchevique, les Russes blancs et les forces de la Triple-Entente.

Le 4 mars 1917, la plupart des partis politiques s’accordent pour former la Rada ukrainienne centrale. Le 17 mars, alors qu’il est toujours à Moscou, Mykhaïlo Hrouchevsky est élu président de la Rada centrale. Sous son impulsion, l’Ukraine proclame son autonomie le 10 juin 1917.

Le 7 novembre 1917, soit treize jours après que le Parti bolchevique russe a renversé le gouvernement social-démocrate de Saint-Pétersbourg — alors capitale de la Russie —, la Rada ukrainienne centrale proclame la république populaire d’Ukraine et sa séparation de la Russie. L’indépendance totale de l’Ukraine est confirmée le 22 janvier 1918 et Mykhaïlo Hrouchevsky est élu officiellement « président de la République populaire ukrainienne » le 29 avril.

Le traité de Brest-Litovsk est signé le 9 février 1918 entre les Bolcheviks russes, les gouvernements des empires centraux menés par l’Empire allemand et la jeune république populaire d’Ukraine, issue de la révolution de Février, dans la ville du même nom, aujourd’hui Brest en Biélorussie. Les 17-19 mars 1918, la république socialiste soviétique d’Ukraine est fondée à l’Est du pays avec pour capitale Kharkov.

Pour combattre l’Armée rouge qui contrôle alors une partie de l’Ukraine, la Rada centrale cherche le soutien des Allemands qui organisent un coup d’État et renversent le gouvernement de Vynnytchenko. Mais l’Allemagne perd la Première Guerre mondiale et Skoropadsky, resté sans soutien, est renversé par le mouvement populaire, guidé par Simon Petlioura. Finalement, le 14 décembre 1918, la république populaire d’Ukraine est rétablie avec Vynnytchenko à sa tête.

Quand Staline déclenche sa révolution industrielle vers la fin des années 1920, l’Ukraine devient l’une des sources indispensables de son financement.

Après une brève période d’ukrainisation (campagne dite de korenizatsiya) dans les années 1920, se traduisant par le retour à l’ukrainien dans les publications, la réouverture des écoles et des universités avec un enseignement en ukrainien et la promotion des cadres nationaux, Staline ne ménage pas les efforts pour réprimer le moindre signe d’un réveil nationaliste ukrainien, interprété comme un rejet du pouvoir bolchevik et une menace à l’intégrité de l’URSS. De plus des oblasts russes, comme celle de Kharkov, sont intégrées à la RSS d’Ukraine pour renforcer le poids des russophones.

Entre 1931 et 1933, une série de famines et l’intensification de la dékoulakisation frappent l’Union soviétique et ravagent particulièrement l’Ukraine, alors que cette région était la plus fertile de toute l’URSS.

Des exécutions et des déportations de nationalistes ukrainiens sont orchestrées durant les purges staliniennes de 1937-1939.

En septembre et octobre 1939, après l’invasion de la moitié occidentale de la Pologne par les troupes allemandes puis, de sa partie orientale, par les troupes soviétiques, certaines régions polonaises à forte minorité ukrainienne (comme la Galicie et Lwow, aujourd’hui Lviv) sont annexées par l’Union soviétique et incorporées au sein de l’Ukraine occidentale.

À l’été 1941, l’Ukraine est envahie par les armées allemandes. À leur arrivée, les Allemands sont reçus en libérateurs par une partie de la population ukrainienne, surtout par la population de la partie de la Pologne envahie par Staline en 1939 puis intégrée à l’Ukraine. Mais, au fur et à mesure de leur progression vers l’est du pays, et notamment en raison des mauvais traitements infligés à la population, les nazis rencontrent une forte résistance de la part de la population locale, laquelle perdure jusqu’au retour des Soviétiques en 1944. En représailles, les Allemands traquent les partisans, et brûlent des centaines de villages et des milliers de maisons avec leurs habitants. La population juive d’Ukraine est anéantie par l’application de la solution finale. En 1944, l’Armée rouge libère la plus grande partie de l’Ukraine.

À la fin du conflit, le bilan des pertes ukrainiennes est de 8 millions de morts dont 1,377 million étaient des militaires.

Le 26 juin 1945, l’Ukraine devient l’un des membres fondateurs de l’ONU, en y obtenant, en soulignement de son rôle dans la victoire sur le nazisme, avec la Biélorussie, une place distincte de l’URSS. Cette disposition particulière permet à l’Union soviétique de bénéficier de voix supplémentaires dans les votes de l’assemblée générale de l’ONU.

C’est seulement vers 1989 que la libéralisation du régime soviétique et la libération des détenus politiques permettent aux Ukrainiens de s’organiser pour défendre leurs droits à la souveraineté. En 1989, le Mouvement national ukrainien, Roukh, est créé. Lors des élections de mars 1990, les partis ukrainiens du bloc démocratique obtiennent alors environ 25 % des sièges au Parlement. Sous l’influence des députés démocrates, le Parlement adopte, le 16 juillet 1990, la Déclaration sur la souveraineté politique de la République d’Ukraine. C’est le premier pas vers l’indépendance complète de l’Ukraine. Celle-ci est proclamée le 24 août 1991 et confirmée par le référendum du 1er décembre 1991 : 90,5 % des électeurs votent en faveur de l’indépendance.

Le 8 décembre 1991, la dislocation de l’URSS est actée par l’Accord de Minsk, signé par les dirigeants russe, ukrainien et biélorusse. L’Ukraine devient l’un des membres fondateurs de la Communauté des États indépendants.

Par le Mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité, signé le 5 décembre 1994, l’Ukraine abandonne son arsenal nucléaire en échange de la garantie par les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie de son intégrité territoriale.

À la suite du refus du gouvernement Ianoukovytch de signer des accords de rapprochement avec l’Union européenne, le renforcement du mouvement Euromaïdan provoque un renversement du pouvoir. Très rapidement, une crise éclate entre les territoires majoritairement russophones du sud-est du pays et le nouveau pouvoir central de Kiev.

Le 11 mars 2014, la Crimée proclame son indépendance, puis à la suite d’un référendum est rattachée à la Russie le 18 mars. Ce référendum et le rattachement qui a suivi ont été condamnés par l’Ukraine et une large part de la communauté internationale.

Une guerre civile, dite Guerre du Donbass, éclate ensuite dans l’Est de l’Ukraine majoritairement russophone, qui entraîne plus de dix mille morts.

En 2016, l’OSCE une organisation chargée notamment d’observer le cessez-le-feu en Ukraine a été la cible d’une attaque de grande ampleur attribuée à Moscou. L’OSCE est le seul acteur indépendant capable de documenter des exactions ou de vérifier si les promesses faites par Kiev, les prorusses ou le Kremlin sont mises en application.