Immersion dans le salon des blogueurs WAT 2018

 

En tant que représentants et gérants du blog de voyage : Hors-frontieres, nous avons passé quatre jours dans le département de l’Aveyron pour assister à la cinquième édition du salon des blogueurs de voyage. En voici le récit de cette immersion afin de vous présenter toutes les étapes de ce salon professionnel.

 

Depuis plusieurs semaines, vous avez certainement dû voir passer dans les médias ou sur les réseaux sociaux, les hashtags Wat 2018, We are travel, salon des blogueurs ou Aveyron émotion. Avec des récits et des comptes rendus de voyageurs qui faisaient état d’un salon professionnel de blogueurs dans le département de l’Aveyron qui s’est déroulé du 22 au 25 avril 2018.

Accompagné de ma femme, j’ai pu, après avoir postulé, être sélectionné pour participer à ce salon.

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Mais comment définir ce salon des blogueurs ?

Le salon des blogueurs est un salon professionnel qui met en relation des blogueurs de voyage avec des professionnels du tourisme, les premiers cherchant des partenariats leur permettant de dégager une activité rémunérée de leur travail, les seconds souhaitant accroître leur visibilité sur Internet et les réseaux sociaux.

Le salon des blogueurs a été créé, il y a cinq ans par Xavier et Florence Berthier, un couple de blogueurs travaillant dans le Web marketing qui souhaitait professionnaliser un type de publication anciennement boudée par les marques et les offices de tourisme. Après avoir créée la structure Wearetravel, il a développé le site Myblogger qui prolonge l’expérience du salon en mettant en relation marque et Web influenceur.

Néanmoins, devant l’essor de la profession et le lectorat grandissant des récits et des conseils de voyage numériques, les professionnels du tourisme ont rapidement changé leur fusil d’épaule et ont considéré toutes ces petites mains de l’écriture comme des partenaires à part entière. Alors qu’il y a peu, ce type de partenariat était réservé aux journalistes tourismes ou aux réalisateurs audiovisuels.

La progression de la médiatisation du salon n’y fait pas défaut. De quelques dizaines de blogueurs et une trentaine de marques présentes lors de la première édition, nous étions lors de ce WAT 2018 près de 250 blogueurs sélectionnés sur 500 postulants et près de 150 professionnels du tourisme avaient fait le voyage.

J’ai appris l’existence du salon des blogueurs peu de temps avant la date limite d’inscription, en parcourant différents comptes Instagram. Et ce au détour d’une photo postée par une voyageuse, j’ai lu que le salon des blogueurs se déroulerait cette année à Millau.

Le site Wearetravel, sur lequel je me suis rendu m’a confirmé l’existence de ce salon qui avait pour but de professionnaliser cette fonction nouvelle d’écrivain de voyage, le blog étant jusqu’à il y a peu l’apanage des voyageurs qui souhaitaient informer leurs familles et leurs proches sur les destinations qu’ils avaient visitées. J’ai ainsi décidé de postuler pour devenir blogueur invité.

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Mais comment se déroule une inscription au salon des blogueurs ?

L’inscription est simple. Après avoir rempli une fiche d’information dans laquelle vous complétez votre nom, prénom, l’URL de votre Blog que vous expliquez en quelques mots, ainsi que les liens de vos réseaux sociaux, il faut attendre plusieurs semaines la validation officielle des blogs qui seront acceptés au salon. Tous les blogueurs ne sont pas invités d’office et chaque profil et chaque blog sera analysé par Xavier et son équipe afin de voir si son orientation correspond à ce que les organisateurs recherchent. Il est ainsi question ici de qualité rédactionnelle et d’audience. Mais « tous les blogs ont leur chance » tiennent à rappeler les organisateurs.

Mon inscription est ainsi validée. S’ensuit alors une course contre la montre à Jour moins 6 semaines du début du salon.

Afin de contribuer aux frais d’inscription, les blogueurs doivent effectuer un versement de 95 euros (75 euros si la réservation a été effectuée à une certaine date) servant à couvrir une partie des frais administratifs générés par leur présence. Une fois ces frais réglés, les blogueurs doivent compléter la fiche de leur Blog qui sera vue par les exposants et les autres blogueurs et ils obtiennent accès au groupe facebook du salon des blogueurs, sur lequel, ils peuvent échanger et obtenir des informations sur le déroulé du salon. Et profiter également des plaisanteries bon enfant qui sont échangées entre les blogueurs, qui pour nombre d’entre eux se connaissent, soit en se suivant mutuellement sur les réseaux sociaux, soit en ayant déjà intégré les précédentes éditions du salon.

Durant plusieurs semaines, Florence, la femme de Xavier qui partage son temps professionnel entre son métier d’institutrice et l’entreprise de son mari, informe au quotidien les blogueurs sur l’état d’avancé du salon et recueille des informations diverses : déplacements des blogueurs, date d’arrivée au salon, volonté d’hébergement.

Dans le même temps, sont ouverts plusieurs concours dans lesquels les blogueurs peuvent postuler : trophée blog expert, trophée blog espoir, trophée photo, trophée vidéo et trophée réseaux sociaux. Sont ouverts également, le Clic d’or où un blogueur est récompensé pour un article qu’il a écrit durant l’année ainsi que les trophées exposants qui viennent récompenser les exposants qui ont développé un projet avec un blogueur l’année précédente ainsi que les exposants qui ont été adoubés par les blogueurs pour la qualité de leur stand.

Lorsqu’il parvient à les mettre en ligne, des webinars sont aussi diffusés sur le groupe Facebook du salon. Ces webinars, sorte de Foire aux Questions filmées permettent aux blogueurs d’obtenir des précisions sur l’organisation du salon.

Une des spécificités du Wat 2018 est l’inscription aux blogtrips, qui sont des sortes de voyage presse, mais conçus pour des blogueurs. 19 blogtrips ont ainsi été proposés aux blogueurs et chaque blogueur a dû choisir 5 blogtrips par ordre de préférence. Ces blogtrips concernent tous les blogueurs, à la différence des années précédentes où seule une sélection de blogueurs a pu y participer.

Pour ma part, j’ai obtenu le blogtrip désiré : Eau, fer, argile, une pause créativité aux sources des énergies, qui nous a fait nous rendre durant 2 jours dans le Nord Aveyron, dans les gorges de la Truyère et la vallée du Lot. Mais, d’autres choix étaient possibles étalés sur 1 ou 2 journées.

 

Blogtrip n°1 : Destination Aubrac-Laguiole

Blogtrip n°2 : Pays Decazevillois et de la vallée du Lot

Blogtrip n°3 : Eau, fer, argile, une pause créativité aux sources des énergies

Blogtrip n°4 : Destination Conques et le vignoble de Marcillac

Blogtrip n°5 : Sur la route des Bastides du Rouergue

Blogtrip n°6 : Bozouls, Espalion, Estaing

Blogtrip n°7 : A Rodez, devenez les chercheurs de lumière

Blogtrip n°8 : Les plus belles rencontres du Seguala

Blogtrip n°9 : La renaissance des châteaux de Belcastel

Blogtrip n°10 : Des Causses à l’Aubrac

Blogtrip n°11 : Une expérience unique à vivre au Cœur du Rougier

Blogtrip n°12 : Le Lévézou

Blogtrip n°13 : Itinéraire au Cœur des Raspes

Blogtrip n°14 : Roquefort – agropastoralisme – Balade patrimoniale

Blogtrip n°15 : Larzac vallées 1

Blogtrip n°16 : Larzac vallées 2

Blogtrip n°17 : Millau Nature et patrimoine

Blogtrip n°18 : Millau Savoir-faire d’excellence

Blogtrip n°19 : Millau Feed your style

 

Une semaine avant le début du salon, une application créée par l’informaticien Patrick Faust, a permis à la différence des autres années, de prendre des rendez-vous professionnels et de voir regrouper tous ces rendez-vous au sein d’une même page, mise à jour quotidiennement. A l’heure de l’ouverture de la prise des rendez-vous, les blogueurs se sont rués sur les exposants les plus sollicités : île de la Réunion, Chine, Japon, Québec, Occitanie. Près de 2000 mails seront envoyés dans l’heure ; le système saturé mettra plusieurs heures à se remettre de cette charge incommensurable de travail. L’application sera optimisée à plusieurs reprises durant la semaine, se voyant optimiser grâce à de nombreuses fonctionnalités.

Lors de chaque demande de rendez-vous, les exposants ont eu la possibilité de la refuser dans la journée au travers de justifications plus ou moins courtoises. Personnellement, mis à part un rendez-vous qui sera supprimé sur les 24 demandes avec la volonté de l’exposant de me voir à un autre moment, tous les rendez-vous pris seront validés.

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Comment est-on accueilli au salon ?

Etant donné que nous devions partir pour notre Blogtrip qui s’étendait sur deux jours, nous sommes arrivés à Millau le dimanche 22 avril vers 13 h 00. Nous avons été accueillis par Delphine Roqueplo, accompagnée de deux de ses collègues.

On a tendance à dire entre voyageurs que la première personne que l’on croise à notre arrivée dans un pays peut donner le pouls de ce que sera notre voyage.

Avec Delphine et ses collègues, nous avons été servis. Jamais, un accueil si chaleureux, si enthousiaste ne nous avait été donné. Un sourire grand, une sincérité hors norme, même sans les connaître, nous avions envie de serrer ces figures représentatives de l’Aveyron contre nous, en ayant l’impression d’en être déjà des familiers.

Delphine nous a remis ensuite un sac contenant des petits cadeaux du département et nous avons pu nous faire proposer une petite collation : des gâteaux traditionnels ainsi que du jus de pomme maison.

Nous avons ensuite pu faire connaissance avec les organisateurs du salon. Xavier et Florence Berthier, qui devaient maîtriser une organisation où chaque étape devait s’emboiter à l’instar des pièces d’un puzzle grandeur nature. Ainsi, leur maître mot de fonctionnement était l’optimisation. Accueil des blogueurs, sourire, échange rapide, puis gestion des moyens de transport des blogtrips, surveillance de l’enregistrement des hébergements et résolution des problèmes et des doléances de chacun.

En attendant les autres blogueurs dont le blogtrip s’étend à notre instar, sur deux jours, nous procédons à l’enregistrement de notre arrivée au domaine Saint Estève, un complexe hôtelier qui propose des chalets tout confort aux alentours de 70 euros la nuitée. Malheureusement, et étant donné le manque de place dans les chalets du complexe, nous serons relégués dans des mobil homes à plusieurs centaines de mètres de la réception. Nous partagerons notre mobil home avec deux autres blogueurs du Blog caribbeantourtrip.

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La découverte de l’Aveyron durant le blogtrip

En retournant à la réception du domaine de Saint Estève, nous assistons à l’arrivée des autres blogueurs. Nous faisons connaissance avec les quatre blogueurs qui nous accompagneront durant notre blogtrip dans le Nord Carladez et avec qui nous partagerons de merveilleux moments.

Il y a ainsi Pauline du blog Worldmenow, une jeune fille qui découvre le monde de manière écologique, Youn et Ness du blog theoneandonlyness et Vincent du blog Evasions bordelaises.

Notre blogtrip a commencé par un arrêt au trou de Bozouls, une sorte de canyon dans un petit village, puis nous avons continué par un atelier de poterie au Don du Fel avant de rejoindre le village Le Fel pour prendre un apéritif vigneron. Dans la soirée, nous avons dîné au restaurant : « Au chou rouge » avant de rejoindre notre hôtel : « La rivière » pour une nuit réparatrice de sommeil.

Le lendemain, après une halte dans les hauteurs de la ville d’Entraygues, nous avons visité l’espace EDF Couesques de Saint-Hippolyte. Nous sommes ensuite partis au village de Murols pour assister à un atelier sculpture en fer avant de partager un repas champêtre avec les habitants. Nous avons terminé cette journée en effectuant une activité de tyrolienne avec la compagnie Aloa nature à Bes Bédène.

 

L’article concernant la découverte de l’Aveyron a déjà fait l’objet d’un article. Il est déjà en ligne.

 

Le récit photographique de voyage de cette aventure peut en ce qui le concerne être consulté au travers du lien suivant : France Aveyron.

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La première soirée et la surprise

A la fin de notre blogtrip, dans le bus qui nous emmenait à Millau avec près d’une heure de retard, nous n’avons pas pu nous reposer, ayant récupéré au passage les blogueurs d’un autre blogtrip avec qui nous avons pu échanger. Et ce, sans compter les arrêts intempestifs du bus sur la route, une fois pour céder le passage à une voiture, une autre pour assister incrédules à la traversée d’un village par un troupeau de moutons, troupeau géré par un enfant d’à peine cinq ans.

Nous arrivons finalement au domaine Saint-Estève, impatients de pouvoir souffler et prendre une douche, lorsqu’à peine posé le pied sur le sol, les organisateurs nous enjoignent à grimper dans un autre bus pour rejoindre la surprise de la soirée.

Nous sommes tous stupéfaits par cette rapidité d’exécution, essentiellement lorsque ce retard ne peut nous être imputé. Après, nous comprenons le respect de l’horaire. Néanmoins, je n’ai même pas le temps de récupérer dans ma voiture, des médicaments afin de faire baisser cette fièvre que je couvre depuis la veille, ayant certainement attrapé une mauvaise grippe, lorsque nous avons dîner jusqu’à tard le soir et qu’un refroidissement soudain s’est abattu sur nous.

J’explique ma situation à une des responsables du tourisme de l’Aveyron en lui proposant de prendre mon véhicule. Elle m’explique que le déplacement vers le lieu secret dans lequel nous allons vivre la première surprise empêche tout déplacement avec un véhicule personnel. Je suis dubitatif sur le moment et me demande quelle pourrait bien être cette surprise. Elle me précise ensuite à la vue de mon état, qu’en cas de besoin, je pourrai rentrer plus tôt au domaine. Je grimpe dans le bus, à l’instar des autres blogueurs.

Le trajet dure près d’une heure, durant lequel je fais connaissance avec des blogueurs mosellans qui vivent, le monde étant petit, à moins de deux kilomètres de chez moi. Dans le bus, l’ambiance est bonne. Nous parvenons jusqu’au plateau du Larzac, lorsque le chauffeur, un peu perdu nous annonce que nous devons rebrousser chemin.

Après une manœuvre plus qu’improbable sur une route de campagne, demi-tour qui mériterait d’entrer dans les annales, tant il paraît matériellement impossible de manœuvrer un transport collectif sur une route de si petite taille, le bus repart sous les applaudissements. Finalement, quelques minutes plus tard, nous arrivons au lieu-dit de la surprise.

Nous découvrons, un peu circonspects plusieurs chariots posés sur des rails et nous comprenons pourquoi nous ne pouvions pas prendre notre véhicule personnel. Le guide mis à notre disposition nous explique que nous allons parcourir près de 4 kilomètres en pédalant sur une ancienne voie ferrée, désaffecté depuis de nombreuses années et qu’à la fin de cette voie ferrée, un bus nous attendra pour nous emmener au village dans lequel se déroulera la soirée.

L’activité proposée par la compagnie Sur les rails du Larzac propose cette activité aux familles d’avril à octobre pour un prix avoisinant les 20 euros.

Nous grimpons dans un chariot en compagnie de nos amis Vincent et Pauline. Nous commençons à pédaler ; l’épreuve n’est pas éreintante, mais étant grippé, j’ai des difficultés à faire avancer le chariot. Fort heureusement, ma femme m’accompagne en tant que copilote. Rapidement, le trajet étant en descente, nous nous laissons porter.

Au rythme des roues de métal du chariot qui frottent contre les rails, nous profitons de ce soupçon d’adrénaline qui nous maintient en éveil et nous permet d’admirer un paysage qui défile à grande vitesse. Les arcs calcaires des falaises qui nous entourent semblent percer le ciel. Et le sourire de mes passagers en dit long sur le sentiment de joie qui les anime.

Après quelques minutes de descente sans discontinuité, nous freinons en arrivant à l’ancienne gare de Sainte Eulalie de Cernon, transformée pour l’occasion en un mini musée. Le guide, tel un chef de gare se plaît à conter aux visiteurs de passage, des réminiscences séculaires sur la voie ferrée, émanant d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas, comme dit la chanson… connaître. Un peu lorsque la SNCF rimait encore avec ponctualité et fiabilité.

Le temps de boire une bouteille d’eau fournie pour l’occasion par un jeune garçon saisonnier de l’entreprise, nous grimpons pour quelques minutes de route, dans un bus qui nous conduit à la ville de Sainte Eulalie de Cernon.

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Nous découvrons alors une ville médiévale conservée admirablement et dont chaque recoin permet aux visiteurs que nous sommes, un retour dans le passé.

A l’entrée de la commanderie, une place semi-ouverte qui se rejoint en passant sous une arche de pierre, deux hommes à la corpulence prononcée, vêtus de fripes et de haillons font office de gardes. Un autre homme arrive et prononce un discours aux blogueurs qui patientent devant le porche d’entrée de la commanderie.

Le ton utilisé est volontairement solennel et empli d’emphase. La soirée n’est pas encore accessible. « Franchir les gardes surarmés se fera au péril de votre vie ! » tente le crieur. Les blogueurs doivent oublier qu’ils se trouvent au XXI èm siècle.

Soudain, un clairon résonne. La soirée ouvre ses portes. Les blogueurs se ruent au cœur de la place et prennent possession des lieux. L’ambiance est festive. Tout a été pensé pour rendre cette soirée unique. Dans le fond de la place, des armes médiévales sont proposées à l’essai ; les blogueurs s’en donnent à cœur joie et affrontent chacun leur tour, un maître armurier qui résiste tant bien que mal sous les coups imprécis que les chevaliers amateurs et hésitants lui portent.

Les blogueurs peu adeptes de ces jeux de violence, préfèrent goûter l’hydromel et autres nectars antiques qui leur sont proposés. Certains plus téméraires s’essayent au tir à l’arc. Les plus gourmands, tentent les beignets cuits à l’ancienne à proximité d’une tente où de la paille posée à même le sol permet aux plus fatigués de se ressourcer.

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A l’intérieur d’une bâtisse, la fête continue de battre son plein, surtout que la météo aveyronnaise changeante et fluctuante démontre son inconstance au travers d’une fine pluie qui vide la place en quelques minutes.

Les blogueurs se ruent alors en masse dans cette bâtisse et profitent des mets délicieux concoctés par les responsables du tourisme aveyronnais.

La soirée se déroule sans accroche. Néanmoins, mon état m’affaiblit considérablement. Je souhaite rentrer et retrouver mon lit. Mais alors qu’on m’avait affirmé que je pouvais rentrer si je ne me sentais pas bien, Florence m’explique qu’il est impossible de me trouver un moyen de transport, que les bus doivent partir à 23 h 30, soit près de quatre heures à patienter.

Je tente de contacter un taxi, mais Sainte Eulalie de Cernon n’a pas que les pierres de médiévales, le village en a également le réseau. Impossible de me servir de mon téléphone portable. Je prends conscience de ce que les médias appellent les zones blanches.

Je prends ainsi mon mal en patience, lorsque par miracle, des dizaines de blogueurs me rejoignent sous un grand arbre placé au milieu de la place de la commanderie. Tous sont fatigués et souhaitent rentrer. Je fais également connaissance avec Alexandra et Pierre, du blog Onholidaysagain, un blog de deux suisses autour du monde. Toute la soirée, Alexandra me soutiendra. Je découvrirai avec elle et son mari Pierre, deux personnes formidables qui deviendront rapidement des amis. Grâce à eux, je ferai également connaissance d’un barbu fantastique : Stéphane et de sa dulcinée Corinne qui tiennent le blog, le seul et l’unique : lesamoureuxdumonde.

Florence est alors appelée et en nous rejoignant, elle découvre une quarantaine de blogueurs réunis. Tous veulent rentrer, étant épuisés par l’harassante journée de blogtrip vécue. Florence accepte alors de faire partir un bus plus tôt si 55 blogueurs souhaitent rentrer. Elle explique que le nombre de bus a été calculé de telle sorte à ce qu’aucun blogueur ne puisse pas ne pas rentrer et qu’un bus non rempli laisserait forcément sur le carreau un ou plusieurs blogueurs. Elle nous enjoint également, et nous pouvons la comprendre, de ne pas faire de publicité pour quitter le village afin de ne pas gâcher la soirée. La publicité ne sera pas nécessaire, puisque dix minutes à peine après cette discussion, un bus complet est apprêté. En réalité, ce seront plus de cent blogueurs qui souhaiteront rentrer. Non pas à cause de l’organisation de la soirée qui fut parfaite tout du long, mais suite à une fatigue lancinante omniprésente. Deux bus seront ainsi nécessaires pour rejoindre le domaine Saint-Estève à Millau, que nous retrouverons après une heure de route.

Au moment de récupérer les clefs de notre mobil home (chaque blogueur devant avant de quitter le domaine, laisser ses clefs à la réception puisque chaque chalet ne comporte qu’une clef pour plusieurs blogueurs), et alors que nous nous apprêtons à retrouver notre lit, nous ne trouvons pas notre clef. Nous essayons de joindre le numéro d’urgence de l’hôtel laissé à la disposition des blogueurs pour palier un événement imprévu, mais personne ne répond.

C’est alors que deux bloggeuses, dont Klervi du blog strawberryblonde nous invitent dans leur chalet, sans nous connaître. Nous déclinons leur invitation, ne souhaitant pas les déranger, mais sommes touchés de la solidarité qui peut exister entre les blogueurs et que nous ne soupçonnions pas.

Nous parvenons à rencontrer une des responsables du tourisme de l’Aveyron qui joint Florence, stupéfaite de tomber nez à nez avec nous. Elle nous accompagne dans notre voiture jusqu’à notre mobil home qui se trouve en contrebas du domaine, étant donné qu’elle possède les clefs de secours des chalets…mais pas des mobil homes.

Finalement, vers 01 h 30 du matin, notre binôme que Florence parviendra à joindre un peu plus tôt, arrivera au mobil home après avoir pris le dernier bus. Finalement, tout ça pour ça. Nous serons finalement les premiers à avoir quitté la soirée pour être les derniers à dormir. La « loose » dans toute sa splendeur !

Honteux, nos colocataires nous expliquent que personne à la réception de l’hôtel ne les a prévenus de cette remise des clefs. Nous ne pouvons pas leur en vouloir, une erreur est humaine. Nous rejoignons notre lit, éreintés.

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Le lendemain, après une nuit courte mais salvatrice, je n’ai presque plus de fièvre. Les médicaments ont ainsi fait leur œuvre. Nous nous habillons et nous nous rendons à la salle à manger du domaine Saint Estève afin de prendre un petit déjeuner bien mérité.

Lorsque vient le moment de nous rendre au salon des blogueurs, qui doit se dérouler dans le parc des expositions de la ville de Millau, nous décidons de ne pas emprunter les bus mis à disposition par les organisateurs du salon, mais de nous y rendre avec notre propre voiture.

Nous parvenons à trouver une place dans une ruelle parallèle au parc des expositions. A l’entrée, une longue queue nous fait patienter. Derrière son guichet, Florence contrôle les accès blogueurs. Plusieurs agents de sécurité vérifient les contenus des sacs.

Autour d’une place ont été placés plusieurs chapiteaux. Le plus grand d’entre eux accueillera les speed meetings, ces rendez-vous de 10 minutes entre les blogueurs et les professionnels qui commenceront l’après-midi. Plusieurs chapiteaux d’une taille plus petite entourent la place et accueilleront les conférences qui se dérouleront le matin même, après l’ouverture officielle du salon par Xavier et les responsables du tourisme de l’Aveyron.

Au cœur de la place, une tente permet à tout moment de la journée, aux blogueurs et aux exposants de bénéficier d’une collation légère.

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Vers 09 h 00, tous les blogueurs sont réunis sous une tente afin d’assister à l’ouverture du salon. Après quelques mots de bienvenue de la part de Xavier Berthier, les cinq blogs sélectionnés pour le trophée blog expert s’expriment tour à tour. Le blog recevra la récompense ainsi qu’un chèque de 300 euros, après un vote des organisateurs et du public, la note des organisateurs comptant sur près de 80 %.

Certains blogueurs tentent d’exprimer leur ressenti, alors que d’autres accentuent volontairement un pathos peu sincère. Certains ont l’habitude de l’exercice, alors que d’autres éprouvent un peu plus de difficulté. Leur présentation dure 3 minutes chacun.

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Une fois les présentations terminées, le salon est officiellement ouvert et les conférences peuvent démarrer. Le principe : sous chaque tente, une conférence est donnée soit par un professionnel, soit par un blogueur, soit par un exposant. Je rejoins la conférence sur le SEO, le système de référencement d’un article sur Internet. La conférence dure une heure. Une fois la conférence terminée, les blogueurs se ruent sous les autres tentes afin d’assister au choix à des conférences aux thèmes variés : Pinterest, législation des drones et tout autre thème ayant un rapport avec les blogs.

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A l’extérieur, je sympathise avec les membres de la compagnie Assur travel, une compagnie d’assurance dont j’avais déjà entendu parlée, tant les voyageurs qui avaient souscrit une assurance voyage au sein de cette compagnie en étaient satisfaits. Nous parlons et de fil en aiguille, nous plaisantons. Assur travel a cette année mis en place un stand détente où les blogueurs peuvent se reposer, travailler sur leur ordinateur, boire une limonade fraîche et jouer au babyfoot. La conversation que je mène avec les responsables du stand dont Pierrick le Henaff, président de Go on assurance est si agréable que je ne vois pas le temps passer. Il est rare de trouver des professionnels qui ont un esprit du voyage tel que le mien, c’est à dire privilégiant l’entraide et le soutien, faisant la part belle aux rencontres et à l’humain. Je me régale de cette conversation.

Je regarde ma montre et il est déjà midi. Ma femme qui a assisté aux conférences vient me rejoindre. Nous devons nous dépêcher de retrouver une amie à nous : Maïlys que nous avions rencontrée à Malte et avec qui nous n’avons jamais cessé d’entretenir des liens amicaux forts.

Peu avant le salon, je reçois un message d’elle, me disant qu’elle a remarqué qu’un salon des blogueurs se tenait à Millau et elle voulait savoir si j’y participais. Lorsque je lui ai répondu par l’affirmative, elle m’a appris ainsi qu’elle habitait Millau. Elle avait certainement dû me le dire, mais honteusement, j’avais oublié cette information. Il était ainsi entendu que je ne pouvais pas aller à Millau et ne pas la revoir.

A 12 h 00, elle nous rejoint devant le parc des expositions.  Les retrouvailles sont chaleureuses. En sa compagnie, nous nous rendons au cœur de la ville de Millau que nous pouvons visiter concomitamment à la pluie et le beau temps que nous refaisons ensemble en cours de route.

Nous décidons de manger au Kat and Co, un petit restaurant qui se trouve dans une des ruelles de la ville ; l’endroit ne paye pas de mine, mais les produits proposés sont succulents ; je me laisse tenter par une tartine improbable au roquefort, au magret de canard et aux poires. La fusion entre ces différents éléments à première vue, disparates est tout simplement magique.

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Nous apprenons également au cours du repas que Maïlys a créé sa société de conception manuelle d’éléments visuels. Elle nous présente sur son téléphone, des photos de ses créations : des petits animaux en cartons, des dessins pour enfants. Il n’y a pas à dire : elle a du talent.

En retournant au parc des expositions, nous croisons sur la route Pierre et Alexandra du blog Onholidaysagain avec qui nous faisons un petit bout de chemin. Nous embrassons Maïlys, qui remarque que la place de parking sur laquelle elle a garé sa voiture est à présent fermée par une chaîne. Afin de l’aider à se dégager, nous parvenons à soulever la chaîne ; fort heureusement, sa voiture qui possède un petit gabarit passe facilement en-dessous. Nous lui donnons rendez-vous le lendemain matin durant lequel nous ferons une petite escapade aux gorges de Millau.

Nous entrons dans le parc des expositions, une quinzaine de minutes avant l’ouverture des speed meetings avec les professionnels.

Nous avons à peine le temps de boire un petit café que le hall des speed meetings ouvre ses portes. Dans une ambiance très studieuse, les exposants déjà assis sont dans les starting blocks.

Chaque rendez-vous est espacé obligatoirement de dix minutes d’attente pour les blogueurs, qui peuvent profiter de ce temps libre pour souffler un peu, fumer une cigarette, discuter avec d’autres blogueurs ou rencontrer d’autres exposants qui n’auraient pas de rendez-vous prévu à ce créneau horaire. Mais ils sont rares les exposants qui patientent sans rien faire. Généralement, ils enchaînent les rencontres sans temps mort.

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Nos rendez-vous se déroulent agréablement. Notre projet plaît. Mais à chaque échange, la scène se répète. Nous attendons que le blogueur nous précédant se lève ; nous saluons notre interlocuteur en souriant.

 

  • Bonjour, nous sommes Ludovic et Alexa du Blog Hors-frontières.
  • Bonjour, je suis Hélène, responsable de la communication du département non cité. Voici ma carte.
  • Tenez Hélène, voici la nôtre.
  • Alors, vous êtes du blog Hors-frontières ?
  • Nous voyageons au travers du monde pour partager nos aventures avec nos lecteurs. Voici mon kit média.

 

Après une présentation de nos chiffres, nos interlocuteurs présentent leur structure et font de leur mieux pour susciter un intérêt de notre part, tout comme nous essayons de susciter un intérêt du leur.

Douze fois de suite, cette présentation se reproduit ; à terme, elle devient automatique, quand bien même, nous prenons grand plaisir à partager notre Blog et à apprendre de nos interlocuteurs.

Entre les rendez-vous, nous en profitons pour discuter avec des exposants que nous croisons sur notre chemin. A plusieurs reprises, nous communiquons également avec nos amis blogueurs emportés dans ce tourbillon des rendez-vous, mais avec le sourire. Paradoxalement, les blogueurs doivent se vendre et faire briller leur projet. A la clef, des partenariats qui peuvent s’avérer lucratifs. Mais, je ne sens aucune hargne dans leurs yeux. Les rendez-vous se déroulent dans une ambiance bon enfant.

Vers la fin de la journée, nous entendons notre nom au travers des haut-parleurs de la salle : nous venons d’apprendre que nous avons gagné une valise au jeu concours organisé par nos amis d’Assur travel, jeu auquel nous avons participé le matin même. Ce qui nous donne à la fin de la journée, lorsque tous les rendez-vous ont été terminés, la possibilité de pouvoir passer à nouveau un bon moment en leur compagnie au moment de récupérer notre cadeau.

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La deuxième soirée surprise

Nous sortons du parc des expositions et rejoignons notre véhicule avec lequel nous retournons au domaine Saint-Estève. Nous avons le temps de prendre une douche rapide avant de remonter à la réception du domaine et d’attendre le départ des bus vers notre deuxième soirée surprise. Une fois arrivés aux abords de la réception, Delphine de l’office du tourisme nous donne le départ. Durant trente minutes, nous suivons les bus, accompagnés dans notre voiture par nos colocataires.

Nous découvrons l’endroit surprise que les organisateurs ont privatisé : l’aire de stationnement du viaduc de Millau, qui nous permet d’avoir une vue dégagée sur ce monument unique au monde qui offre un spectacle rare, un viaduc à la différence d’un pont, permettant de relier deux vallées alors que le pont beaucoup plus présent permettant de rejoindre deux rives.

Nous retrouvons sur place nos amis Pierre et Alexandra, Klervi, ainsi que Corinne et Stéphane. Nous passons un contrôle de sécurité, grâce aux bracelets verts remis par les organisateurs le premier jour et nous sommes conviés à rejoindre les hauteurs de l’aire pour une photo de groupe avec en arrière-plan, le viaduc qui semble au travers du coucher de soleil, briller de mille feux.

Adeline, une assistante avec l’aide de Nico, un photographe professionnel, s’occupent d’effectuer les vidéos et les photos des blogueurs qui doivent, pour le besoin de cette capture, effectuer plusieurs poses humoristiques.

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Nous rejoignons ensuite une grande tente placée pour l’occasion, afin de nous faire servir un apéritif.

Durant cet apéritif, les gagnants des trophées We are travel sont consacrés. Outre le trophée des exposants, sont décernés le trophée du meilleur projet entre un blogueur et un professionnel, le trophée réseaux sociaux, le trophée photo, le trophée vidéo et le trophée du blog expert. Ces remises ont donné lieu à des scènes ubuesques. Des critiques lorsque l’assurance Chapka a gagné le trophée du meilleur exposant, des pleurs hystériques de Clem lorsqu’elle a gagné le trophée vidéo, et un doute lorsque Clo du blog globetrotter a gagné le trophée réseaux sociaux alors qu’elle ne s’y était pas inscrite, incapable de le maintenir et le faisant tomber sur le sol devant l’incrédulité générale, trophée qui reviendra finalement quelques semaines plus tard au blog lykorne illétrée, les organisateurs reconnaissant publiquement une erreur. Finalement, seul le blog Staarts qui a gagné le trophée blog espoir a fait l’unanimité auprès des spectateurs.

443 France Aveyron

Après la remise des prix, nous sommes tous conviés à rejoindre le hall du tourisme qui se trouve sur l’air du Viaduc de Millau. Nous découvrons alors stupéfaits, plusieurs salles comprenant chacune plusieurs spécialités culinaires régionales : dans la pièce centrale, nous dégustons de l’aligot, le célèbre fromage aveyronnais, accompagné de viande d’agneaux ou de bœuf en fonction de la préparation du chef. Dans une autre salle, nous dégustons de la charcuterie du pays ainsi que des fromages. Le saumon et les produits végétariens se trouvent non loin des desserts.

445 France Aveyron

Nous quittons Pierre, Alexandra, Stéphane et Corinne avec lesquels nous avons passé une agréable soirée. Nous rejoignons nos amis Pauline, Youn et Ness avec qui nous dégustons nos desserts en compagnie de Patrick Faust, l’informaticien du Wat, un homme charmant.

Une heure plus tard, alors que nous avons ri à gorges déployés, nous décidons de rentrer et d’emmener avec nous notre tablée, qui souhaite également ne pas se coucher trop tard pour palier la fatigue de la veille.

Sur la route, les plaisanteries fusent. Nous retrouvons nos âmes d’enfant. Le moment est très agréable. Nous parvenons au domaine de Saint-Estève rapidement, trop rapidement même.

450 France Aveyron

Les gorges du Tarn

Le lendemain matin, nous retrouvons notre amie Maïlys chez ses parents qui habitent dans les hauteurs de Millau ; nous décidons de nous rendre aux gorges du Tarn, une merveille géographique et géologique située entre l’Aveyron et la Lozère. Nous ne souhaitons pas quitter le secteur sans avoir vu ce site touristique mondialement connu.

Nous arrivons après quelques minutes de route devant la maison des parents de Maïlys, qui nous ont concocté un bon petit-déjeuner.

Nous ne pouvons cependant pas trop tarder étant donné que nous avons seulement trois heures devant nous ; il nous faut être retournés au salon des blogueurs à 11 heures pour avoir le temps d’assister au moins à une des conférences du matin.

Nous embrassons les parents de Maïlys et prenons la route en direction de Sainte Enimie.

En nous éloignant de la ville de Millau, le paysage change ; nous entrons dans le cœur des gorges. A notre gauche, de hautes falaises ; à notre droite, nous suivons le lit d’une rivière. Les routes sont sinueuses ; nous traversons de beaux petits villages dans lesquels nous nous arrêtons.

Nous ne continuons pas jusqu’à Sainte Enimie, mais profitons de beaux panoramas qui se trouvent disséminés sur le bord de la route. Le regard porté vers l’horizon, une vallée creusée durant des millions d’années dévoile ses formes ; la rivière qui la traverse est un serpent dont on ne voit pas la tête. Les rayons du soleil se projettent contre l’eau qui ruisselle en contrebas, rendant vivant ce décor rupestre.

Il est temps pour nous de retourner au salon des blogueurs. Nous saluons notre amie qui nous a fait vivre un merveilleux moment. Nous la déposons dans le centre-ville de Millau et parvenons à trouver une place le long de l’avenue principale de la ville, non loin de l’accès du parc des expositions.

511 France Aveyron

Le deuxième et dernier jour du salon

A 11 h 00, nous entrons dans le salon des blogueurs, après une inspection rapide des agents de sécurité de nos affaires ; nous saluons Florence que nous croisons à l’entrée et prenons un petit café avant de rejoindre une tente et d’assister à une conférence.

Une heure plus tard, nous sommes rejoints par de nombreux blogueurs à l’entrée du salon. Tous ensemble, nous nous rendons dans le centre-ville de Millau afin de déjeuner. Nous faisons également la connaissance de Pauline du blog unlovedcountries, qui voyage dans les pays méconnus de la planète. Nous rejoignent également Youn, Ness, Pauline, Stéphane, Corinne et deux blogueurs géniaux : Mila et Denni du blog entreprendrelemonde qui parcourent l’Europe en vélo.

Nous tentons de retourner au Kat and Co, restaurant dans lequel nous avons mangé la veille, mais en voyant se présenter dans son restaurant une troupe de près de 12 personnes, la patronne prend peur. Nous finirons tous ensemble dans un restaurant qui se situe un peu plus loin, dans lequel nous mangerons des plats sans prétention. Néanmoins, l’ambiance de la table fut galvanisante.

523 France Aveyron

Nous retournons au salon vers 13 h 45, le temps de boire un café, nous enchaînons sans temps morts à nouveau 12 rendez-vous en speed meetings avec des professionnels que nous n’avons pas pu voir la veille.

A l’instar du précédent jour, les rendez-vous s’enchaînent. Chaque professionnel que nous rencontrons est attentif à notre projet. Les partenariats que nous proposons sont pour nombre d’entre eux acceptés. Entre chaque rendez-vous, nous discutons avec nos amis blogueurs et parvenons même à prendre une petite collation à un moment de l’après-midi.

Alors que nous sommes en train de terminer notre dernier rendez-vous, une sonnerie retentit. Elle sonne la fin du salon.

536 France Aveyron

Les blogueurs sont invités à se retrouver à l’extérieur. Pour l’occasion, un gros matelas situé en contrebas d’une nacelle de plusieurs mètres de hauteur a été placé afin que les blogueurs puissent terminer le salon en beauté. Du moins, pour les plus courageux.

Xavier Berthier, l’organisateur prononce le discours de clôture. Il paraît plus détendu, soulagé que cette cinquième édition se soit passée sans accroc. Les derniers mots prononcés, il donne l’autorisation aux blogueurs de sustenter leur faim en se servant au buffet proposé.

Il est l’heure pour nous de rentrer et d’abandonner nos nouveaux amis. Les 900 kilomètres qui nous séparent de notre domicile ne se feront pas tout seuls. Les blogueurs, quant à eux, rejoignent un bar pour un after work de quelques heures avant de rejoindre une autre place pour s’abandonner à une fête bien méritée jusqu’au bout de la nuit.

En saluant les blogueurs et accessoirement, nos nouveaux amis, nous avons une sorte de pincement au cœur, tant l’ambiance que nous avons découvert durant ces quelques jours fut agréable et tant les rencontres effectuées furent chaleureuses.

539 France Aveyron

Le bilan

Alors que nous sommes en train de conduire, nous réfléchissons à ces quelques jours que nous venons de vivre. Nous sommes un peu décontenancés d’avoir tant apprécié ce salon, étant donné notre expérience du voyage.

Depuis plus d’une dizaine d’années, j’ai la chance de pouvoir voyager aux quatre coins du monde, d’aller à la rencontre des peuples, de découvrir des paysages dont je n’aurai jamais pu soupçonner l’existence. Et de vivre cette aventure au cœur de notre planète avec ma femme et mes enfants.

Cette expérience intrinsèque m’a plongé à de nombreuses reprises aux tréfonds de ma réflexion et j’ai beaucoup appris d’autrui, notamment que tout individu sur cette planète n’était que la partie d’un tout. Que les comparaisons qualitatives entre les Hommes n’avaient pas lieu d’être, que toute généralité était fondamentalement vouée à l’erreur.

Pour cette raison, je considère que le racisme est une hérésie, une véritable lie. Que la désignation d’un groupe en fonction de son origine ethnique, religieuse, sociale, physique, à qui on impute une image ou un fait généralisé est un manquement de discernement profondément malsain, amené soit par méconnaissance, soit par peur, soit par volonté de nuire.

Pourtant, par mégarde, je me suis fourvoyé durant toutes ces années, en fuyant comme la peste durant mes voyages, tout ce qui pouvait s’apparenter à un journaliste tourisme ou plus récemment à un blogueur, la fonction étant nouvelle. Et ainsi, j’ai généralisé des individus, agissant à l’instar de ceux que je dénonçais. En leur imputant un comportement que j’avais souvent croisé durant mes voyages.

Sans me décharger de ma responsabilité dans ce jugement hâtif, de nombreuses situations rencontrées m’avaient éloigné des blogueurs : aux Etats-Unis, dans un hôtel, un blogueur se plaignait ainsi de ne pas avoir deux shampoings dans sa chambre ; au Groenland, un groupe de blogueurs se moquait de leur guide qui s’exprimait mal en Anglais ; en Australie à l’aéroport de Sydney, une journaliste tourisme hurlait sur une hôtesse d’accueil qui ne pouvait pas la surclasser. Dans un train, une blogueuse parlait à haute voix dans son téléphone et s’outrait qu’un passager lui demande de faire moins de bruit. Et ce sans compter, les nombreuses fois où je tombais sur un blog sur Internet et je trouvais des blogueurs dénigrer un pays sans jamais y avoir mis les pieds, déblatérant à la pelle tous les clichés types qu’ils avaient entendus sur les réseaux sociaux. Le fait de voir quelques clichés sur Facebook ou sur Instagram montrant des blogueurs, tels les livres pour enfants : « Martine à la plage, Martine à la montagne, Martine à la ferme » faire la valorisation unique de leur image au détriment des pays dans lesquels ils s’étaient rendus avaient suffi pour m’éloigner de cette fonction.

En ayant pour volonté de mettre en avant les rencontres faîtes à travers le monde et de valoriser les pays que je visitais, je ne me sentais même plus blogueur. Je me considérais alors comme une sorte d’intermédiaire entre le monde et mes lecteurs en essayant au maximum de réduire mon jugement pour laisser la place aux faits, rien qu’aux faits. J’avais alors réduit les blogueurs en ce qu’ils n’étaient pas ou du moins, en ce que seuls quelques étaient, faisant ainsi de cas particuliers, une généralité.

Bien entendu que j’ai rencontré durant ce salon, quelques blogueurs  égocentriques, qui toisaient de haut les autres blogueurs qui ne parvenaient pas, chiffre à l’appui, à rivaliser avec eux.  Mais, la très grande majeure partie des blogueurs avec qui j’ai parlé, voire avec qui j’ai développé une nouvelle amitié sont des êtres formidables, qui ne vivent pas pécuniairement de leur passion, mais qui pourtant s’évertuent à pérenniser leur partage et leur amour du monde au travers de leur blog pour permettre à autrui d’apprendre, de découvrir. Je pourrai ainsi citer tous les blogueurs dont j’ai déjà fait mention dans cet article : Pauline, Youn, Ness, Pierre, Alexandra, Stéphane, Corinne, Mila, Denni, Klervi, Pauline, mais il y en a tant d’autres.

En ce qui concerne le salon en lui-même, il faut tout d’abord rendre à César ce qui appartient à César. Xavier Berthier paraît peut-être au premier abord, distant, mais ce qui n’est en réalité qu’une réserve, ne l’a pas empêché de créer de toute pièce, un salon qui se veut la pierre angulaire de la reconnaissance de la fonction de blogueurs, ces derniers encore aujourd’hui, étant trop considérés comme des écrivains dilettantes. En bougeant les lignes, Xavier a permis la reconnaissance et la médiatisation de cette fonction, d’antan réservée aux écrivains de voyage et aux journalistes, qui à la différence des blogueurs tendent à annihiler dans leurs écrits, toute forme d’émotion.

En outre, malgré quelques petites imprécisions, l’organisation du salon, quand bien même perfectible, a été incontestablement réussie de bout en bout. Les blogtrips conçus par les offices de tourisme ont permis de mettre en lumière un département méconnu, l’hébergement a été de qualité tout comme la nourriture et les soirées surprises peuvent rivaliser avec les plus grandes soirées à thème organisées dans des salons professionnels pourtant dotés de bien plus de moyens. Le prix payé par les blogueurs pour contribuer aux frais administratifs (75 euros) est bas et il permet à tous les blogueurs d’être traités sur un même pied d’égalité. Les conférences se sont enchaînées sans temps morts et si certaines d’entre elles étaient menées avec des intervenants hésitants ou peu à l’aise avec cet exercice, elles ont été menées tambour battant.

Si d’un point de vue professionnel, nous n’avons jamais attendu sur le salon des blogueurs, que nous ne connaissions pas jusqu’à il y a peu, pour développer notre activité, ayant toujours travaillé en direct avec les offices du tourisme du monde entier, réunir au même endroit des professionnels et des blogueurs s’avère une idée ingénieuse. Si cette étape n’est pas indispensable, elle en reste néanmoins pour les blogueurs un catalyseur qui peut permettre concomitamment d’accroître sa visibilité tout en développant son réseau. Ce qui peut être utile à un blogueur qui souhaite passer du stade de passionnel au professionnel, la professionnalisation ne retirant rien à la passion.

Les blogueurs sont ainsi un microcosme de l’Humanité, un condensé représentatif de ce que l’on peut trouver dans le monde. Il y a bien les arrivistes qui ne se rendent au salon que par volonté ostentatoire de se montrer, les acharnés pour qui l’entraide est une idée farfelue, les profiteurs qui ne souhaitent que se rincer gratis, mais d’une manière générale, dans leur grande majorité, les blogueurs que j’ai pu croiser sont des êtres bienveillants et intéressants qui m’ont permis d’en apprendre beaucoup, aussi bien sur eux que sur le monde qu’ils décrivent à leur manière.

Le salon s’est ainsi avéré être une sorte de colonie de vacance grandeur nature. L’ambiance festive tout du long de cette réunion de passionnés nous a permis de vivre des moments forts. Par ailleurs cette nostalgie qui me porte en terminant d’écrire ces lignes n’est pas usurpée. J’y ai passé un agréable moment et j’ai découvert des individus que je prendrai plaisir à suivre sur les différents supports qu’ils développent. En réalité, si peu nous sépare et tant nous rapproche.