Les Comores : les incontournables du trésor préservé de l’Océan Indien

Au travers de cet article, nous vous présentons Les Comores : les incontournables du trésor préservé de l’Océan Indien.  Alors que nous exprimions le fort sentiment de nous rendre dans ce petit paradis de l’Océan Indien qui se situe à proximité  de Madagascar et de l’île de la Réunion, possibilité nous a été donnée d’assister aux huitièmes assises du tourisme internationales qui ont marqué l’émergence médiatique de cet archipel, sur la scène internationale. Ainsi, durant plusieurs semaines, nous avons pu en visiter les trois îles, leurs nombreux trésors et découvrir la véritable quintessence de ce que l’Afrique avait de mieux à offrir.

 

Tout d’abord, avant de commencer à présenter les incontournables du pays, il faut posséder quelques notions historiques. Les Comores, dont le nom dérive du mot arabe : « qamar » signifiant : « lune », est à l’origine un archipel constitué de quatre îles : Grande Comore (Ngazidja), Anjouan (Ndzuwani), Mohéli (Mwali) et Mayotte (Maoré). Ancienne colonie française, le pays accède à l’indépendance en 1975, mais contre l’avis de la population globale, Mayotte, s’exprime différemment de ses consœurs et fait le choix du maintien de son statut français. Néanmoins, dans l’esprit des habitants de l’archipel, Mayotte est toujours considérée comme comorienne…et elle le restera, la symbiose des peuples ne pouvant pas être aliénée par des découpages politiques ou géographiques.

Notre histoire avec les Comores a débuté lors du salon international du tourisme de Paris en 2019, lorsqu’au détour de stands, nous faisons la connaissance de deux figures du tourisme de l’île : Marie Attoumane et Rachid Mohamed.

Marie Attoumane est la directrice nationale du tourisme et de l’hôtellerie. Femme distinguée et intelligente, elle parle posément et chacun de ses mots dénote une réflexion faîte dans le but de promouvoir le tourisme dans son pays, dont elle respire chaque spécificité pour les présenter au monde.

Rachid Mohamed, gabarit de sportif est quant à lui, le directeur de l’office national. Verbe fort et élocution facile, il dégage un côté rassurant et amical qui nous attire immédiatement. Capable de gérer plusieurs dossiers en même temps, il a l’air perpétuellement pressé.

En parlant avec Marie et Rachid et en les entendant présenter leur pays, la générosité de leur peuple, les trésors historiques qu’il possède, le côté authentique d’une des dernières contrées vierges de l’Océan Indien, nous n’avons qu’une hâte : nous y rendre.

Malheureusement et alors que nous avons prévu un départ dans la foulée du salon, le Covid frappe le monde et nous devons annuler notre séjour…ou du moins, le Covid annulant tous les vols internationaux, nous sommes contraints de le faire. Mais nous le savons déjà…ce n’est que partie remise.

Deux ans plus tard, au mois d’avril 2022, alors que les frontières commencent à nouveau à s’ouvrir, je reçois un appel de Marie Attoumane, qui m’annonce la tenue d’un évènement qui doit avoir lieu au mois de mai, un évènement unique dans l’histoire des Comores : les assises du tourisme équitable, qui regrouperont les grands noms du tourisme mondial : journalistes, tour-opérateurs et institutionnels  qui se réuniront durant trois jours afin d’analyser les forces et les faiblesses du pays et proposer les solutions pour faire de la destination, un incontournable de l’Océan Indien.

Il faut dire que le pays n’a pas eu de chance. Un peu à l’instar de la Tunisie et de la Mauritanie, les Comoriens ont subi sans le mériter depuis plusieurs années une campagne de dénigrement de la part des médias occidentaux, plus attachés à mettre en avant les accouchements de femmes comoriennes à Mayotte ou les anciens agissements de Bob Denard, mercenaire français impliqué dans de nombreux coups d’état en Afrique qui appréciait particulièrement l’archipel qu’il avait contribué à déstabiliser.

Notre travail consistant à présenter le monde non pas au travers des clichés véhiculés mais par le biais de la réalité, il nous était essentiel de nous rendre dans le pays, qui plus est, le peu d’informations disponibles sur Internet et les guides de voyage le concernant, nous prouvant que le territoire vierge d’une masse touristique pléthorique se trouvait dans une phase d’émergence fort intéressante qu’il nous tardait de découvrir.

Ainsi, en moins d’une semaine, nous parvenons à organiser notre voyage et le jour J, nous décollons avec la compagnie Ethiopian Airlines, qui propose des billets aux environs de 900 euros aller-retour jusqu’à Moroni, soit les billets les plus adaptés pour le maximum de voyageurs qui souhaitent allier coût raisonnable et compagnie agréable.

Après 6 heures de vol jusqu’à Addis Abeba, la capitale de l’Ethiopie, une attente de 5 heures dans un aéroport moderne et disposant de toutes les infrastructures requises, un autre vol jusqu’à Dar-es-Salam, la capitale de la Tanzanie, une attente de 50 minutes sans débarquement et un autre vol de 1 h 30, nous atterrissons enfin à Moroni, la capitale du pays sur l’île de Grande Comore, ce pays duquel nous allons éperdument tomber amoureux : de ses coutumes, de son peuple, de son ambiance, de sa générosité, de ses paysages, de sa gastronomie et de sa potentialité infinie.

Pour découvrir de manière complète, l’intégralité de notre séjour à Mohéli, grâce à notre photothèque complète, n’hésitez pas à vous rendre sur le lien suivant : https://hors-frontieres.fr/les-comores-ile-de-moheli-recit-de-voyage/

Pour découvrir de manière complète, l’intégralité de notre séjour à Anjouan, grâce à notre photothèque complète, n’hésitez pas à vous rendre sur le lien suivant : https://hors-frontieres.fr/les-comores-ile-de-anjouan-recit-de-voyage/

Pour découvrir de manière complète, l’intégralité de notre séjour à Grande Comore, grâce à notre photothèque complète, n’hésitez pas à vous rendre sur le lien suivant : https://hors-frontieres.fr/comores-ile-de-grande-comore-recit-de-voyage/

L’arrivée à Grande Comore

En arrivant à l’aéroport, nous nous rendons dans un salon VIP, dans lequel, un officier récupère nos passeports afin de procéder à notre entrée dans le pays. Une fois les démarches administratives effectuées, nous sommes emmenés à l’extérieur de l’aéroport. Immédiatement, la température extérieure nous prend aux tripes en nous submergeant. Mais une chaleur agréable, supportable, avec un léger vent frais qui caresse nos visages. Nous ressentons alors ce que les vacanciers qui ont quitté le froid de leur pays d’habitation vivent : un sentiment de satisfaction ultime. Surtout, lorsque nous sommes conduits avec les autres reporters invités aux assises du tourisme, au-devant de l’aéroport domestique pour assister à une danse endiablée de bienvenue où les femmes ondulent leurs corps, vêtues de leurs habits colorés et où les hommes, tout de blancs constitués, présentent des mouvements plus virils, plus guerriers.

Nous faisons connaissance avec les autres journalistes présents, dont certains d’entre eux deviendront des amis. Je parle ainsi de Rafa, reporter pour France télévision, Sofia, Romain, Bernard, pour ne citer qu’eux.

Nous sommes conduits ensuite à notre hôtel : le Golden Tulip, un hôtel quatre étoiles dans lequel une femme à la réception nous agrémente de son plus beau sourire. Nous avons la chance d’être placés dans un bungalow qui fait face à une plage privée et à une piscine, en pleine rénovation lors de notre arrivée.

En arrivant au Golden Tulipe, nous découvrons un bâtiment sécurisé par deux gardes qui en contrôlent l’accès. Une fois au niveau de la réception, une décoration agréable nous saute aux yeux. L’hôtel, un des plus beaux de l’île allie modernité et traditionnel, avec des meubles locaux aux teintes foncées.

En traversant une grande salle de restaurant, nous arrivons à une belle terrasse qui jouxte une grande place herbeuse entourée de palmiers. La vue de la terrasse donne sur les côtes escarpées et habitées de l’île avec au loin, des chauves-souris inoffensives qui pêchent dans l’Océan, empruntée par de nombreuses barques locales dont nous apercevons les pêcheurs.

Une mention spéciale est réservée au chef du restaurant, qui parvient à concocter une cuisine fine et goûteuse, alternant le local et l’international.

Notre bungalow se situe juste aux abords de la piscine et de la plage, qui se niche dans une sorte de crique. Les bungalows possèdent tout le confort moderne. Climatisés, ils sont spacieux et possèdent chacun une petite terrasse sur laquelle, il est agréable de profiter de la quiétude de l’endroit.

Pour réserver une nuit à l’hôtel Golden Tulip, n’hésitez pas à contacter le 00269 773 33 33 ou à vous rendre sur le site Internet : https://grande-comore-moroni.goldentulip.com

Les assises du tourisme

Le lendemain matin, nous sommes conduits au palais du peuple paré pour l’occasion de ses plus beaux habits, pour le lancement de ces huitièmes assises du tourisme attendus depuis fort longtemps comme un évènement majeur dans l’histoire du pays, qui souhaite exploiter les trésors naturels qu’il possède, des trésors qui lui permettent de rivaliser avec les destinations les plus courues au monde : île Maurice, Maldives, Seychelles, la liste n’étant pas exhaustive.

C’est pour cette raison, que dès notre arrivée au palais, l’ambiance générale est aussi visuelle que sonore. Alors que les officiels commencent à arriver, ils sont accueillis par une escouade d’hôtesses qui les agrémentent de colliers de fleurs, au son de musiques locales et de danses fiévreuses.

Lorsque nous entrons dans le palais, nous découvrons l’auditoire central dont les chaises commencent à se remplir. C’est alors qu’une ferveur s’empare de la foule. Le président Azali Assoumani est sur le point d’arriver. Nous sommes conviés à assister à sa venue et rejoignons l’entrée du palais, devant lequel se garent quatre gros véhicules blindés.

Nous avons la chance de nous engouffrer avec le président, qui nous regarde et accepte notre présence et pouvons le suivre jusqu’à ce qu’il s’installe en compagnie de son épouse sur l’estrade centrale.

Alors que l’ambiance dans la salle était survoltée, elle se tait immédiatement lorsque le speaker annonce la présence de son excellence, qui d’un geste assumé salue la foule de la tête.

Le speaker ouvre les festivités avec la présence d’un imam qui effectue une lecture chantante de quelques versets du Coran, le pays étant musulman, mais adepte d’un islam tolérant et accueillant.

Les personnalités les plus importantes des assises se succèdent dont : le Ministre du tourisme Houmed Msaidié, que nous aurons la chance de rencontrer durant notre séjour pour une interview exclusive dévoile sa vision des Comores : un pays chaleureux qui au travers du tourisme, souhaite accueillir des milliers de personnes afin de leur faire partager les trésors naturels et humains qu’il possède. L’homme, cheveux teintant sur le gris est d’une intelligence rare.

Après un discours réfléchi de sa part dans lequel le ministre développe les potentialités de l’archipel, il laisse sa place à divers officiels et au président, qui avant de rejoindre le micro pour un discours solennel, assiste à un spectacle de danse improvisé par son ministre du budget, danse au cours de laquelle, il oublie la solennité de son portefeuille pour laisser libre court à ses envies artistiques.

Lorsque le président parvient jusqu’au micro, toute l’Assemblée se lève ; un silence respectueux règne dans la salle. L’adage amenant l’entente des mouches voler est partiellement faux. Même les mouches stoppent leur course.

Le président lance la diffusion de l’hymne nationale, qui entraîne dans la salle, un regain de respect, à la limite du protocolaire. Ce n’est qu’ensuite, qu’il prend la parole, dans un discours tout d’abord effectué en Français, puis en comorien.

Posément, ses idées font mouche, sans jeu de mot facile et c’est après un triomphe d’applaudissements, qu’il retourne à sa place avant de clore la cérémonie d’ouverture, accompagné par un autre verset du Coran récité par un imam un peu plus âgé que le premier.

Nous avons l’immense privilège d’être invités dans la salle du président, en compagnie de ses ministres afin de prendre un café. Devant nous, les personnes les plus influentes au monde : hommes politiques, reporters internationaux, institutions internationales. C’est alors au culot et après avoir vu le président seul quelques instants, que nous nous approchons de lui pour le saluer. Face à ses gardes du corps incrédules, qui se regardent sans savoir quoi faire, nous interpellons le président et lui tendons la main. Sans hésiter, il nous tend notre salutation avec une poigne assurée. Nous pouvons en profiter pour échanger avec un homme brillant et doté d’une grande intelligence.

Une fois les photos effectuées, nous retournons au buffet avant que les personnalités présentes qui n’en sont pas moins humaines, ne le finissent. Ce qui serait dommage étant donné la qualité des différents mets sucrés salés disponibles.

Mais, alors que nous avons les bras chargés de victuailles, le président s’approche de nous afin de nous décorer en tant qu’invités d’honneur. Nous posons nos victuailles et voyons apposer sur nos torses, officiellement, les couleurs du pays. Décorés, mais l’estomac vide, nos assiettes n’étant pas longtemps sur la table avant d’être récupérés par un membre d’une délégation étrangère. Néanmoins, nous sommes heureux de pouvoir arborer de manière officielle, les couleurs des Comores.

Immédiatement, après cette valorisation personnelle, nous rejoignons une des nombreuses conférences permettant de définir les besoins de l’archipel dans le développement touristique, ainsi que les moyens de remédier à ses éventuelles difficultés.

La conférence terminée, nous rencontrons à l’extérieur du palais, de nombreux professionnels, dont Mohamed Rachid, le directeur national du tourisme, avec lequel nous pouvons enfin parler longuement ; l’homme dirige l’office qui œuvre au niveau international sur le développement touristique de l’île et qui le fait bien, le pays attirant chaque année de plus en plus de voyageurs, une évolution exponentielle qui n’est pas prête de s’estomper avec la création du nouveau site de l’office, ainsi que l’émergence d’une véritable politique marketing de valorisation du territoire. Le nouveau site du tourisme est joignable au lien suivant : http://www.tourismcomoros.com/

Nous faisons connaissance également avec le CIR, le Cadre Intégré Renforcé, un organisme qui œuvre pour le développement économique, dont touristique, un organisme grâce à qui les assises ont pu se tenir, étant donné le financement apporté lors de la genèse de cet évènement.

Étant donné que notre objectif ultime est de découvrir les Comores, nous n’assisterons pas aux autres conférences qui parsèmeront les assises, en leur préférant la visite du pays durant près de deux semaines.

Moroni (Grande Comore)

Capital administrative, économique et politique, Moroni, peuplée de 110 000 habitants est la ville la plus grande des Comores et possède un centre urbain en pleine mutation, ce changement ergonomique constitué de rénovations et d’embellissements allant de pair avec un investissement massif d’investisseurs privés qui en agrémentent les rues avec des commerces flambant neufs.

Lorsque nous entrons dans la ville, nous en traversons la banlieue et commençons à être pris dans les embouteillages, avant de rejoindre la place de l’indépendance, la place dressée en l’honneur du jour où les Comores sont devenues un pays à part entière, libéré de la colonisation française.

La place est constituée de plusieurs bâtiments, entourant plusieurs parcelles étendues sur lesquelles, de nombreux jeunes aiment se retrouver pour parler ou jouer au football. Sur la place, une belle église donne le tonus nécessaire pour en faire un endroit incontournable de la ville.

Nous sommes accompagnés de notre guide Azzali (appelé humoristiquement : « le président sans pouvoir » du fait de la proximité nominative avec son excellence Azzali Assoumani) le meilleur guide de l’archipel, un homme de grande taille et au verbe facile, qui possède une mémoire historique riche semblant infinie. L’homme, également poète, connaît l’intégralité des sites touristiques comme sa poche et il est la personne incontournable pour réussir ses vacances aux Comores.

Pour contacter Azzali, n’hésitez pas à le joindre au numéro : 00269 338 31 15. Ses tarifs sont de 20 euros approximativement la journée.

Vers le Nord de la ville, le port permet de découvrir la véritable vie locale des habitants.

Le long de la route, de nombreuses vendeuses proposent des produits variés, dont essentiellement des poissons ramenés directement de la mer par les nombreux pêcheurs qui effectuent des va-et-vient incessants, le tout sous le regard amusé de dizaines d’enfants qui partagent leur temps libre entre la baignade et la pêche.

Dans un petit parc, alors que plusieurs hommes discutent ou écoutent de la musique, certains d’entre eux jouent à un jeu de société local, un jeu qui les oblige à préparer finement leur attaque intellectuelle en plaçant des sortes de petits cailloux dans des encoches prévues à cet effet.

Notre chauffeur : Mustapha, homme de petite taille maîtrisant un Français parfait nous explique les spécificités de la vie locale. Originaire du Nord de l’île, il deviendra un ami précieux avec lequel nous partagerons de beaux moments.

Pour contacter Mustapha, n’hésitez pas à composer le numéro : 00269 432 63 51. Ses tarifs sont de 15 euros par jour pour ses prestations et 70 euros pour la location d’un 4/4.

En nous rapprochant de la place qui jouxte la médina, nous nous trouvons aux abords de la plus grande mosquée de la ville qui dévoile ses atouts au travers de sa façade blanche agrémentée de bleu. Ses hauts minarets et sa forme rectangle représentent la démonstration de l’architecture et du savoir-faire comorien. La mosquée se trouve face à un petit port qui accueille un gros bateau échoué dans lequel, des enfants jouent et refont le monde à leur manière.

Du trottoir, un formidable point de vue sur les maisons accolées, donne la possibilité de bénéficier d’un agrément visuel unique.

En entrant dans la médina, les nombreuses ruelles dévoilent au détour d’une bifurcation, toute la beauté des Comores.  Après la visite d’une petite mosquée, nous faisons connaissance avec nombre d’habitants qui nous agrémentent de leur plus beau sourire ; ils semblent enchantés de voir des étrangers s’intéresser à leur quotidien.

Ce qui est le cas également des nombreux artisans qui nous partagent leur savoir-faire. Un fabriquant de bijoux, un réparateur de chaussures, un autre fabriquant de bijoux et une couturière.

Dans la médina, les vendeurs et vendeuses nous proposent dans le calme des produits aux prix accessibles, bien éloignés de l’ambiance frénétique du marché Volo Volo dans lequel nous nous rendons.

Sur plusieurs mètres carrés, des centaines de commerçants usent de tous les stratagèmes pour capter le client. Dès l’entrée dans ce lieu phare de la ville, dont les premiers stands sont placés sur les côtés de la route, la vie locale revêt tout son sens.

Tour à tour, nous arpentons les différents quartiers du site, découpé à la manière d’un supermarché : le quartier des vêtements, le bazar, le secteur des fruits, des poissons, des épices, de la viande, tous les commerçants chantant de plus belle la qualité et le prix abordable de leurs produits.

Un peu en retrait, par rapport à notre entrée, la sortie du marché, outre le spectacle visuel d’un Far West anachronique qu’il dégage, est caractérisée par l’odeur des grillades de viandes et de poissons sur des barbecues fabriqués avec les moyens du bord et qui viennent clore ce voyage unique dont nous nous demandons encore aujourd’hui s’il fut un rêve.

Dans la ville, si pléthores d’hôtels sont disponibles, nous faisons la connaissance d’un propriétaire qui possède un petit lodge véritablement authentique et qui peut se révéler être un bon compromis aux hébergements plus traditionnels. Dans une maison individuelle, aux abords d’une belle piscine, une petite chambre décorée avec soin comprend en ses contrebas, un grand lit posé sur des échasses. L’endroit est véritablement unique pour être souligné.

Pour réserver une nuit dans cet établissement, n’hésitez pas à contacter le 0033 6 44 66 45 00 ou d’adresser un message sur le mail : leatm@majordhomegroup.fr

Mitsamiouli (Grande Comore)

En arrivant dans cette ville de 7235 habitants qui se trouve dans le Nord-Ouest de l’île, nous nous garons face à une plage de sable blanc qui s’étend à perte de vue.

La ville qui accueillera le futur hôtel 5 étoiles : « le Galawa » dont l’ouverture est prévue pour 2023 possède le charme enivrant des municipalités accueillantes comoriennes. D’ailleurs, lorsque nous garons notre véhicule, nous sommes rejoints par une quinzaine de jeunes garçons qui nous gratifient de larges sourires.

La plage sur laquelle, nous marchons pieds nus est un véritable appel à la baignade, baignée par une eau cristalline digne des spots de baignade les plus beaux au monde, une sorte de fusion entre les plages des Pacifiques et celles des Caraïbes. Dans l’eau, quelques pirogues portant des pêcheurs, qui tentent de se maintenir en stabilité, un filet solidement maintenu à la force de leurs poignets.

A l’ombre des quelques arbres qui parsèment la plage, nous nous asseyons sur un de ces bateaux traditionnels échoués sur le sable, pour oisivement, profiter de ce cadre idyllique.

Le soir, nous choisissons de nous rendre au Al Camar Lodge qui se trouve à Ndzaouzé, non loin de la ville. Lorsque nous arrivons sur le site de l’hôtel, nous sommes immédiatement stupéfaits de découvrir ce véritable coin de paradis, au travers d’un bâtiment intégré dans un cadre verdoyant, face à la mer.

La chambre qui nous est proposée est d’une beauté et d’un bon goût absolus. Un grand lit au matelas moelleux se trouve au centre d’une pièce très grande et chaque élément en constituant la décoration a été choisi avec soin.

L’hôtel possède une plage privée ainsi qu’une sorte de petite cuvette constituée de rochers sur lesquels les vagues viennent s’écraser.

Considéré comme un hôtel cinq étoiles, l’établissement est constitué de plusieurs chambres réparties aux différents noms des îles de l’Océan Indien et possède une belle piscine à débordement, dans laquelle nous effectuons plusieurs brasses agréables qui nous vivifient.

Le repas que nous prenons en compagnie du directeur et de deux clients allemands, vient un peu plus nous gratifier. Une langouste du jour, accompagnée d’un bon petit vin rosé de la cuvée spéciale des propriétaires qui possèdent un domaine en France. Un hôtel exceptionnel dans lequel le paradis a enfin un visage.

Pour réserver une nuit à l’hôtel Al Camar Lodge, n’hésitez pas à contacter le 00269 444 81 30 ou à vous rendre sur le site Internet : https://www.alcamarlodge.com

 

 Assister à un grand mariage (Grande Comore)

Évènement totalement aléatoire qui tire son origine, des grandes fêtes royales, le grand mariage est comme son nom l’indique une festivité qui peut s’étendre sur plusieurs jours et durant lequel, deux êtres fusionneront leur amour pour l’éternité.

Durant notre séjour, nous avons la chance d’assister à la fête de clôture des assises du tourisme et nous sommes invités à suivre le groupe d’officiels afin de participer à un spectacle se déroulant sur plusieurs étapes.

Dès notre entrée dans la médina de Moroni, nous sommes accueillis par le Maire de la ville qui nous conduit aux abords d’une mosquée, devant laquelle, plusieurs hommes effectuent une danse traditionnelle, en bougeant virilement leurs corps. Ce n’est qu’après cette danse que nous sommes conduits dans la médina pour assister à un concert de rap, ainsi qu’aux démonstrations de voix d’un chanteur moderne qui allie la maîtrise de la langue à aux musicalités qu’elle génère. Lors de la séance de proclamation d’un texte au travers du slam à la manière des tribuns d’antan, un jeune danseur de Hip Hop effectue une démonstration de son talent.

Nous terminons notre soirée dans une autre partie de la ville, sur une grande place sur laquelle une estrade comprenant un peintre a été construite. C’est alors que sort de nulle part, un jeune couple vêtu de ses plus beaux habits, qui traverse la population, galvanisée par l’évènement. Et pendant que le tableau du peintre prend corps, le grand mariage sans qu’on sache s’il est officiel, démarre.

Au milieu d’un public en délire qui reprend à haute voix, des chants nationaux, les mariés sont congratulés, félicités et portés à bout de bras, au sens propre comme au figuré. Une véritable fête à laquelle nous prenons part, en nous laissant bercer nous aussi par la joie et la bonne humeur qui règnent en maître.

Visiter une distillerie d’Ylang Ylang (Grande Comore)

Non loin de la ville d’Itsandra, en direction de l’aéroport, nous faisons une halte pour visiter une distillerie d’Ylang Ylang, la plante emblématique de l’île, dont l’huile essentielle représente quantitativement, la première exportation pour le pays.

Il faut dire que cette huile essentiellement utilisée en parfumerie représente un savoir-faire ancestral, aussi bien dans sa culture que dans sa transformation.

C’est pour cette raison, que nous nous rendons à la distillerie Byolang, une des plus célèbres du pays afin de la visiter. Arrivés sur place, nous découvrons tout d’abord la plantation qui se trouve sur le site. Mêlant dans une symbiose parfaite, les arbres de fruits et les plantes, la plantation verdoyante nous permet de découvrir toute l’étendue des cultures insulaires, la distillerie en utilisant les feuilles pour produire toute une gamme d’huiles allant de la citronnelle au thym en passant par les clous de girofles.

Si vous souhaitez vous aussi découvrir cette distillerie, n’hésitez pas à vous rendre BP Palais des fleurs, Hatrovou ou contacter le 00269 333 93 33.

Nous sommes rejoints par un ouvrier qui nous fait visiter l’usine, à l’arrêt le jour de notre visite, du fait de la fin de la récolte des feuilles d’Ylang Ylang. Ce qui ne nous empêche pas d’en apprendre un peu plus sur cette transformation.

Les feuilles sont rajoutées dans un grand alambic, chauffé à haute température. La vapeur qui se dégage est récupérée puis en refroidissant, donne l’huile tant escomptée.

Pour terminer notre visite, nous sommes conduits dans le bureau de la directrice, une femme dotée d’une grande intelligence et d’un sens de l’humour évident, qui nous explique les différences de degrés des huiles produites.

Nous ressortons de la distillerie, l’odorat encore empli des fragrances d’Ylang Ylang, qui persistent à ne pas disparaître, pour notre plus grand plaisir.

Le trou du prophète (Grande Comore)

En continuant vers le Nord, le trou du prophète, site légendaire est une immense plage entourée d’une végétation luxuriante, face à laquelle, une sorte de rocher imposant émerge telle un ilot au cœur de l’Océan.

Le site, ancien repère de pirates aurait également été selon les traditions sacrées qui se transmettent oralement, l’endroit dans lequel, le prophète Mohamed aurait posé les pieds lors de sa venue sur l’archipel.

A notre arrivée, des cris d’enfants attirent notre attention. En nous rendant à leurs abords, ils nous accueillent avec des rires et des manifestations de timidité ; se baignant, ils plongent la tête dans l’eau pour tenter de disparaitre, mais face à leur capacité pulmonaire réduite, cette plongée aquatique ne reste qu’une tentative vaine, ce qui a le don de les enchanter puisqu’au fur et à mesure de notre présence sur place, leur cache-cache démonstratif dure de moins en moins longtemps, jusqu’à rester émerger.

Nous contournons la plage pour découvrir ce rocher central, qui est en réalité accolé à la terre continentale et ouvrons grands nos yeux pour ne rien manquer des détails des nombreuses petites grottes qui en parsèment les flancs.

Un peu plus loin, sur le site, des bungalows communautaires et un petit restaurant fermé le jour de notre venue, accueillent des touristes, qui pour quelques dizaines d’euros profitent d’un des plus beaux sites de l’Océan Indien.

Le baobab mystérieux (Grande Comore)

Aux abords du trou du prophète, le baobab mystérieux dont l’accès se fait de la route, dévoile au travers de sa taille gigantesque, les merveilles de ses spécificités. Nous sommes accueillis par une nuée de chauve-souris, peu farouches, qui n’hésitent pas à nous survoler, un peu à la manière de vautours en plein cœur du désert.

Une toile d’araignée plus tard, nous entrons dans le tronc de l’arbre majestueux, qui peut accueillir une dizaine de personnes. Sur l’écorce interne de ce baobab séculaire, plusieurs gravures symbolisant des amitiés ou des amours dont nous ne connaissons rien ou si peu, et au milieu de ces gravures éphémères, un cœur attire notre regard. Nous n’en connaissons pas les protagonistes, juste qu’il s’appelle Nassou et elle Faiza. Un moment de partage avec ce couple dont il n’a aujourd’hui, peut-être plus que le nom.

Et alors que nous nous amusons à prendre des poses diverses et variées au cœur de cet arbre que nous ne pensions exister qu’à Madagascar, nous apprenons que l’endroit bien qu’agréable avait une histoire qui ne l’était pas, étant donné qu’il servait de prison par le passé pour les condamnés judiciaires, exposés en plein soleil à la vindicte de la nature.

 

Le lac salé (Grande Comore)

Appelé également Nyamawii, le lac salé est considéré par la tradition, comme étant peuplé de Djinns, des génies dans le Coran et les légendes musulmanes. Ce n’est pas que nous sommes superstitieux… quand bien même nous le sommes… mais à peine arrivés, nous sommes baignés au travers de ce site par une atmosphère irréelle.

Face à nous, un immense cratère présentant un ovale parfait. Tout autour, des chauve-souris de grandes tailles commencent à poindre le bout de leur nez ; il faut dire que le soleil se couchant, elles peuvent émerger du long sommeil duquel elles s’extirpent.

Le lac salé fait face à l’immensité de l’Océan ; le bleu qui se dégage amplifie la grandeur du lac aux abords duquel nous nous trouvons, un peu pris en étau entre le plateau de la grille et l’horizon qui se dessine et dont le profil s’estompe au fur et à mesure que la nuit progresse. Une sorte d’entre ciel et mer dont nous nous satisfaisons grandement, abandonnés à la solennité de la nature qui nous entoure, une nature sauvage, indomptable.

 

Le dos du dragon (Grande Comore)

Toujours dans le Nord, le dos du dragon, appellation donnée à une colline qui comprend plusieurs rochers acérés et qui représentent le dos…d’un dragon, une appellation pas si incertaine surtout lorsque trente minutes de marche sont nécessaires pour en rejoindre le sommet.

Notre véhicule garé sur le bas-côté de la route, nous traversons un champ dans lequel se trouvent plusieurs vaches et évitant de les énerver afin qu’elles restent à distance correcte…ou du moins sécuritaire, nous apercevons ce dos vouté que nous sommes obligés de rejoindre, le site étant un des incontournables de l’île.

Mais, le dragon ne se dompte pas facilement et c’est sur un petit chemin pentu que nous nous engageons afin d’en parvenir jusqu’au sommet. Vers la tombée de la nuit, nous croisons à plusieurs reprises, des femmes qui se dirigent vers la petite plage qui se situe en contrebas.

Lorsque nous faisons face aux écailles de la bête, nous pouvons admirer toute la beauté du site, qui en arrière-plan présente également une sorte d’ovale parfait, avec la mer en contrebas et les vagues déchaînées qui se fracassent contre les rochers.

Alors que le soleil se couche, nous admirons la forêt immense et brumeuse qui se situe sous nos pieds et faisons la connaissance avec un jeune homme vraiment souriant qui patiente, assis sur un petit caillou. Nous l’imitons, alors qu’un bon vent frais parcoure nos visages, une légère brise qui refroidit l’atmosphère ambiante et apaise un paysage irréel qui disparaît dans la nuit.

 

La plage de Ndroudé (Grande Comore)

Alors que nous entrons dans le petit village de Ndroudé situé dans le Nord-Est de l’île, plusieurs enfants, qui jouent avec un robinet d’eau en tentant d’en effectuer avec le placement de leur main, le plus grand jet possible, se dirigent en courant, vers la plage que nous découvrons.

Au milieu des rochers, quelques bribes de sable accueillent nos pieds afin de nous permettre de bénéficier de la meilleure stabilité pour en admirer l’étendue. Un jeune homme : Nassoro, taille longiligne et visage souriant nous souhaite la bienvenue. Il est le propriétaire de l’hôtel : « Tropical Island » qu’il construit patiemment, seul ou accompagné de quelques amis. Et le résultat est époustouflant. Plusieurs bungalows, face à la mer, pour un coût de l’ordre de 20 euros la nuitée, dans un confort relativement optimal.

Pour réserver une chambre au : « Tropical island » il vous suffit de contacter Nassoro, le propriétaire au 00269 334 79 69 ou sur le 00269 431 79 69.

Après nous avoir présenté un grand trône construit en ciment sur une sorte de petite île constituée par un rocher volcanique, Nassoro nous emmène sur la plage principale de Ndroudé, une plage de sable fin avec en arrière-plan, des cocotiers qui donnent à l’endroit un côté esseulé de bout du monde. Un vrai régal pour les yeux.

L’île aux tortues  (Grande Comore)

Situé dans le Nord-Est de l’île, à proximité de la ville de Choua Chandroude, l’île aux tortues peut se rejoindre à pied à marée basse. Mais, lors de notre venue, étant donné que la mer est haute, il nous est impossible d’y accéder par nos propres moyens. Mais Nassoro, le propriétaire de l’hôtel : «  Tropical Island » accepte pour 20 euros de nous trouver un bateau et de nous y transporter.

Ainsi, malgré les vagues de plus en plus puissantes qui s’abattent contre le rivage de la plage de Ndroudé, le capitaine parvient à se stabiliser suffisamment pour en rejoindre le bord, afin de nous embarquer.

Après 15 minutes d’un trajet houleux, nous parvenons jusqu’à l’île qui dévoile ses côtes escarpées. Mais c’est en grimpant à une altitude un peu plus élevée sur cette terre émergée, que nous prenons conscience de son potentiel. A perte de vue, de hautes herbes qui telles que regroupées, semblent former un tapis naturel sur lequel nous n’avons qu’une hâte : nous y reposer.

Ce tapis naturel est parsemé de plusieurs palmiers, intensifiant le côté désert de l’île, qui paradoxalement ne se situe qu’à quelques encablures de la côte dont nous apercevons les reliefs.

 

La plage de Hantsidzi (Grande Comore)

Alors que les côtes de Grande Comore dévoilent leur charme indéniable, les petites maisons colorées s’y trouvant en bord d’Océan donnant un côté caribéen fort intéressant, nous arrivons sur la petite plage de Hantsidzi, sur laquelle jouent plusieurs enfants de bas âges.

Ils sont accompagnés de plusieurs adolescents : garçons et filles qui nous accueillent avec un grand sourire. Nous débarquons et profitons de la beauté des lieux, avant de rejoindre une plus petite crique, qui se trouve un peu en retrait. Avec son sable de couleur sombre, et les vastes prairies qui en entourent le front de mer, le site dégage le sentiment tranquille d’une authenticité placide. Nous rejoignons les adolescents avec lesquels nous faisons connaissance. Pendant qu’un des jeunes se frotte les jambes avec le sable mouillé de la plage : « massage naturel » ainsi qu’il nous l’explique, une des jeunes filles joue avec les petits. Et lorsqu’en début de soirée, nous quittons le site, ce sont leurs grands gestes amicaux qui accompagnent notre départ.

Iconi (Grande Comore)

Située sur la côte Ouest de l’île, Iconi regroupe près de 9000 habitants. Aux pieds du mont-Djabal, se trouve la ville naturellement fortifiée par la présence d’une haute montagne dont la falaise est l’origine d’une légende encore transmise oralement par les anciens de la ville. Durant une attaque des voisins malgaches, les femmes d’antan furent cachées dans la montagne. Mais, l’une d’entre elles : « Fatima Karibangwé » préféra la mort à l’esclavage en choisissant de se jeter de la falaise devant laquelle nous nous trouvons, devenant ainsi un symbole de liberté pour tous les opprimés.

Sur la place centrale, un ancien palais royal qui comporte plusieurs tombes est relativement bien entretenu. Il marque son empreinte sur l’organisation urbaine de la ville au travers de la pierre grise qui le constitue. Le palais se trouve aux abords d’un rond-point devant lequel, une des plus belles mosquées de l’île accueille les visiteurs. La mosquée est séparée du palais par une sorte de bras de mer, qui est recouvert d’eau, lors de la marée montante.

Afin de profiter de la brise marine, nous nous aventurons sur de gros rochers, sur lesquels, nous faisons la rencontre avec deux pêcheurs qui parviennent devant nous, à force de patience, à attraper de belles prises.

En traversant une partie de la ville, en y longeant l’océan, nous parvenons jusqu’à une série de maisons à un étage, construites pour la plupart en tôle, mais donnant au lieu, un côté petit village de pêcheurs intéressant. La vue que nous contemplons face à nous, et qui dévoile une autre petite montagne est surprenante. En nous voyant, les yeux éberlués, admirer ce site naturel, un vieil homme vêtu de son habit traditionnel sourit. Il semble satisfait en ce qui le concerne de posséder cette richesse visuelle aux pieds de son habitation.

 

Le lac marabout (Grande Comore)

A proximité de la ville d’Iconi, le lac marabout se trouve de l’autre côté de la route face à la mer. Cette mangrove comportant plusieurs arbres, dénote au travers de sa structure avec les paysages globaux de l’île. Fortement apprécié des moustiques qui s’y donnent à cœur joie, en vampirisant notre hémoglobine, le lac permet par ses flancs, une belle balade partagée entre la boue et les chemins en dur, donnant lieu à certains visuels surprenant.

Au milieu du lac, un arbre est un recueil à oiseaux, sur lequel ils aiment se poser. La couleur blanche des volatiles surprend autant qu’elle attire, surtout lorsque les oiseaux se servent du lac mangrove afin de se nourrir et pêcher devant nous.

Il n’est pas rare de trouver sur le site, des toiles d’araignées géantes qui comprennent des araignées tout aussi grandes ; fort heureusement, elles ne sont pas dangereuses, mais saisissent lorsqu’elles se rapprochent de nous, poussées par le vent qui souffle fortement.

Itsandra (Grande Comore)

Petite ville se trouvant non loin de Moroni, Itsandra est célèbre pour sa médina et sa plage de sable fin, une des plus belles de l’île.

A peine entrés dans son agglomération urbaine, nous remarquons la présence d’un regroupement sur le bas-côté de la route qui attire notre attention ; il s’agit d’un café local itinérant. Une femme prépare ce nectar apprécié à la maison ; elle le transfert dans des thermos et s’assoit sur une chaise au bord de la route. Les conducteurs ou les passants, à sa vue, s’arrêtent et profitent d’un joyeux moment de convivialité.

Une tasse rapide enfilée sur le coude, nous entrons dans la médina, qui dévoile ses charmes. Ses petites ruelles et ses nombreuses habitations donnent au lieu, à l’émergence d’une ambiance frénétique emplie de vie. A chaque croisement, nous sommes arrêtés par des enfants qui nous demandent de les photographier en nous octroyant le privilège d’assister à leur plus beau sourire.

En nous rendant vers le front de mer, après avoir dépassé plusieurs mosquées et palais historiques, nous sommes accueillis par la sortie des cours d’une école coranique dans laquelle est enseigné aux enfants, un islam tolérant constitué de partages et d’entraides. Mettant en avant cette humanité acquise, les enfants, par groupe de dizaines, se ruent vers nous afin de faire plus ample connaissance. Entourés de ces petites têtes innocentes, nous partageons un moment comme nous les aimons.

Un peu en retrait de la médina, nous grimpons une série d’escaliers pour découvrir les ruines entretenues d’un palais multiséculaire, constitué de belles pierres taillées. Si le palais est inoccupé, il possède néanmoins le charme des belles constructions d’antan et permet de bénéficier d’un point de vue unique sur la ville.

Alors que la nuit pointe le bout de son nez, la plage d’Itsandra se dévoile au travers de ses facettes attractives.

Sous nos pieds, plusieurs enfants nagent alors que des adolescents, sous la direction d’Ibrahim, un coach, effectuent plusieurs séries d’abdominaux, avant d’être autorisés à jouer au football, tandis que nous assistons à un coucher de soleil flamboyant, visuellement exceptionnel.

C’est à ce moment, que nous rejoignons le restaurant : « Le Habana », dans lequel nous faisons connaissance avec Faiza, sa directrice, une réunionnaise, cheveux frisés, qui possède un charme indéniable et une humanité débordante. Nous sympathisons et en sa compagnie, nous nous rendons dans ses cuisines pour découvrir un pêcheur, avec lequel elle travaille, découper un thon qu’il vient de pêcher.  Faiza accepte également de nous dévoiler ses recettes et de nous présenter son produit phare : le tartare de poisson, qu’elle agrémente d’épices et qui se révèlera être un véritable délice. Elle prépare également, toujours avec des produits frais du jour, des délicieux bouchons, qui se dévorent en une seule bouchée.

« Le Habana » est sans conteste le meilleur restaurant de l’archipel. Il est situé idéalement sur la plage d’Itsandra et est l’endroit le plus couru de l’île. Le restaurant possède une terrasse dans le sable et une grande salle couverte, ouverte sur la mer, décoré avec des meubles locaux.

Le restaurant sert des cocktails uniques et toutes les semaines, le Week-end, il s’attribue les services d’un DJ renommé pour faire la fête en musique jusqu’au bout de la nuit.

En outre, après avoir fait du restaurant notre point de chute, nous sympathisons suffisamment avec le personnel, dont Ali, un sourd et muet qui travaille avec Faiza qui inclus dans son fonctionnement la formation du personnel et l’emploi de travailleurs handicapés.

Progressivement, en côtoyant Faiza et son personnel, nous voyons les bienfaits de ce restaurant sur la ville et au détour d’une conversation, nous transmettons la recette de la langouste grillée, une recette qu’elle ne connaissait pas.

Plusieurs jours après la transmission de la recette, elle nous contacte et nous annonce que la recette de la langouste grillée marche tellement, qu’elle a décidé de lui donner notre nom.

Et c’est ainsi que nous découvrons avec fierté, pour la première fois de notre existence, un plat aux couleurs du site « Hors-frontières »

Si vous aussi, vous souhaitez tester le meilleur restaurant de l’île de Grande Comore, n’hésitez pas à vous rendre au restaurant : « Le Habana » sur la plage d’Itsandra ou contactez le 00 269 374 86 10 ; vous pouvez également envoyer un mail au : restauren.lehabana@gmail.com

Afin de tester toutes les potentialités gastronomiques de l’île, nous nous rendons quelques jours plus tard dans un autre restaurant situé à Itsandra : « Le Coraya », tenu par un chef renommé et son jeune fils. Lorsque nous arrivons sur place, nous découvrons un restaurant avec les pieds dans l’eau, composé d’une belle terrasse donnant sur un petit port.

Résolument moderne, le restaurant est agrémenté d’une belle devanture laissant briller de mille feu son nom au travers de néons colorés.

Après avoir discuté avec le chef, un grand colosse au cœur généreux, il nous emmène dans ses cuisines afin que nous assistions à la préparation de quelques recettes qui ont fait sa renommée. Le tartare de poissons nécessite une attention minutieuse ; à la manière d’un savant fou, il jette dans un bol, nombre d’ingrédients qu’il parvient à sublimer avec un tour de main assumé ; le résultat est surprenant ; grâce à des colorants alimentaires, il dresse sur ses assiettes les couleurs du pays qui prennent vie lorsqu’il dépose délicatement dans un emporte-pièce, sa préparation.

Il procède de même mais directement sur le fourneau pour préparer un carré de crevettes sauce coco, en les faisant flamber grâce à une huile qu’il chauffe à haute température. Bien entendu, lorsque nous goûtons les plats, nous ne pouvons pas nous empêcher de prendre un grand plaisir en effectuant ce voyage dans les entrailles du savoir-faire comorien.

Si vous aussi, vous souhaitez tester le restaurant Le Coraya à Itsandra, n’hésitez pas à téléphoner au 00269 358 88 88 ou à envoyer un email au : lecoraya@gmail.com

Le plateau de la Grille (Grande Comore)

Occupant le Nord de l’île de Grande Comore, la Grille est un ancien volcan éteint ayant une altitude de 1087 mètres. Aujourd’hui, considéré comme un plateau, l’érosion ayant fait son œuvre, la montagne de forme allongée dans le sens Nord-Sud, est constituée d’un stratovolcan recouvert de cônes de scories de 800 mètres de hauteur en moyenne. De ses anciennes éruptions, se sont échappées des coulées de lave basaltique qui ont parfois rejoint la mer sur les flancs Est, Nord et Ouest du volcan.

Lorsque nous nous rendons sur le plateau, nous traversons plusieurs petits villages avant de rejoindre son cœur recouvert d’une végétation dense. Le territoire regroupe de nombreuses fermes biologiques, dont la ferme de Abdillah Msaidié, le frère du ministre du tourisme, qui a créé un système unique ancré dans un développement durable.

Dès notre arrivée, l’homme nous salue cordialement, avant de nous emmener découvrir ses champs de pommes de terre, qu’il développe au sein d’une terre fertile. Un peu plus loin, il nous conduit dans son entrepôt dans lequel, il élève plusieurs vaches ayant pour provenance la Tanzanie ou l’Afrique du Sud. Devant nous, il chérie ses animaux dont il utilise les bouses pour produire du gaz au travers de leur fermentation.

Aux abords d’une cuvette, qui nous apporte une vue exceptionnelle, se trouve son récupérateur de gaz, qu’il utilise au sein de la ferme pour les tâches de la vie courante. Une véritable inclusion dans le respect de l’écologie et de l’environnement où l’homme parvient à donner ses lettres de noblesse à l’adage : « Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme »

 

Le volcan Karthala (Grande Comore)

Célèbre pour sa caldeira de trois kilomètres de largeur par quatre kilomètres de longueur, formée par des effondrements successifs, le volcan Karthala de trente kilomètres de longueur et de quinze kilomètres de largeur culmine à 2 361 mètres d’altitude.

Ce volcan situé au centre de l’île possède un profil asymétrique et a été façonné au travers d’éruptions majoritairement effusives dont la dernière a été relevée en 2005. Le 12 novembre 2006, le Karthala est reconnu site Ramsar en raison de la diversité des zones humides qui entourent le volcan. Les pentes de la montagne, dont l’inclinaison varie de 10 à 15° sur le flanc Ouest et de 24 à 30° sur le flanc Est, sont couvertes d’une forêt tropicale entaillée par endroits.

 

Effectuer l’ascension du Karthala est l’activité ultime à accomplir sur l’île. Pour cette raison, nous sommes conduits par notre chauffeur, au centre de Grande Comore et après trente minutes de route, nous arrivons jusqu’à une petite ville dans laquelle nous rejoignons un petit parking où nous attend un véhicule tout terrain, dont à la vue, nous nous demandons s’il ne va pas nous lâcher en route, tant il semble obsolète.

Nous faisons également connaissance avec Jiré, notre guide, un homme grand et corpulent qui possède la particularité de porter…un sac Dora l’exploratrice, une sorte de dichotomie amusante qui nous laisse à penser que cette journée va être riche en rebondissement.

Pour contacter Jiré, il vous suffit de composer le 00269 323 34 22. L’homme demande 60 euros par personne avec un demi-tarif pour les enfants de moins de 18 ans. Le tarif est gratuit pour les enfants de moins de douze ans.

Nous grimpons dans le véhicule et commençons notre ascension…ou du moins de la route qui nous conduit jusqu’aux flancs du volcan. Il n’est pas nécessaire de prendre un véhicule pour effectuer ce chemin, nombre de visiteurs choisissent d’arpenter les six kilomètres de route à pied. Néanmoins, avec l’ascension de plusieurs heures qui se dessinent lorsque nous aurons atteint le point le plus haut pouvant être pratiqué en véhicule à moteur, nous n’avions pas le courage de le faire à pied.

Pour effectuer ce trajet en voiture, il faut compter 100 euros pour la location du véhicule avec chauffeur. Il convient ainsi de le demander au guide lors de la réservation.

Ainsi, durant deux heures, nous empruntons la pire route du pays ; les anciennes coulées de lave refroidies, mêlées aux morceaux de l’ancienne route provoque sur notre véhicule, des soubresauts violents dont nous ressentons chaque mouvement. Relativité oblige, le temps s’écoule avec lenteur, les secondes devenant des minutes, les minutes donnant l’impression d’être des heures. Et c’est finalement après deux heures de route que nous parvenons à la fin du chemin…s’il peut être appelé ainsi.

Accompagnés de Jiré, et de Nassur, notre ami, nous commençons l’ascension. Dès les premiers mètres, nos jambes ressentent des tensions, conséquences d’un manque flagrant d’entraînement. Alors que nous longeons un petit chemin en terre, nous prenons conscience de la beauté des lieux qui nous entourent.

Encouragés par Jiré, nous continuons notre marche, avant de nous asseoir sous un arbre et souffler un petit peu en mangeant quelques barres de céréales achetées le matin même.

Nous faisons également la connaissance d’un groupe d’Indiens qui ressentent encore plus de difficultés que nous, la marche commençant à nous habituer à l’effort.

Malgré tour, un peu à la manière d’un funambule qui regarde le vide qui se trouve sous ses pieds, le fait d’analyser le temps de chemin qu’il nous reste à parcourir nous épuise moralement et ce n’est pas Jiré qui nous répète depuis deux heures qu’il ne reste que cinq minutes de marche, qui nous permet de ne pas perdre espoir, surtout lorsque chaque monticule que nous grimpons dévoile un paysage identique à celui que nous avons quitté.

Fort heureusement, galvanisés par cette volonté de parvenir au sommet, nous réussissons notre ascension, congratulés par un Jiré tonitruant.

Au sommet, la vue qui se dégage de la caldeira qui nous fait face est tout bonnement sublime. Nous avons une vue perçant l’horizon et pouvons admirer un des panoramas les plus beaux de l’Océan Indien.

Nous soufflons un petit peu et décidons de descendre dans la caldeira. Ne pas y aller serait une folie après l’effort engendré pour parvenir à notre objectif. C’est ainsi que délicatement, sur une pente abrupte, nous entamons notre descente.

Après les rochers, nous nous maintenons du mieux que nous pouvons aux différents arbres qui parsèment les flancs de la caldeira. La vue dont nous profitons nous galvanise d’autant plus que chaque mètre engendré nous rapproche de ce paysage lunaire unique au monde. Nous parvenons finalement à une sorte de forêt noirci par les températures importantes qui ont régné sur le site.

En pénétrant dans la caldeira, marquée par de hauts reliefs qui nous entourent, un sentiment de bout du monde nous envahit. Face à nous, un dôme duquel s’échappe des fumerolles  nous attire irrémédiablement.

Alors que nos pas sur la cendre volcanique transformée en sable crépite sur notre passage, nous nous rendons aux tréfonds de la caldeira, afin de découvrir le nouveau cratère constitué suite à l’éruption volcanique de 2005. Mais, en marchant , nous avons le temps de prendre conscience d’un développement dans cette plaine aride, d’une faune fort intéressante, dont certaines fleurs émergent.

A nos pieds, afin de conclure cette découverte en beauté, le trou d’un ovale presque parfait nous oblige au travers de sa profondeur, à la prudence. Mais ce n’est pas l’envie qui nous manque de nous poser à ses abords  afin d’en visualiser le moindre recoin.

Chindini (Grande Comore)

Dans le Sud de l’île, la petite ville de Chindini comporte une belle plage de sable fin, baignée par une eau turquoise. Elle attire nombre de locaux qui apprécient sa tranquillité et son authenticité.

Mais l’intérêt de la ville réside en sa plage d’arrivée des bateaux de l’île de Mohéli, dans laquelle, la vie fourmille. Lorsque nous arrivons aux abords de ce port constitué avec les moyens du bord, la frénésie des vendeuses qui se sont placées sous des porches de fortune nous donne le ton de cette découverte : intense. En avançant vers la mer, nous croisons un va-et-vient incessant entre les femmes qui portent sur leur tête, les thons de plusieurs kilos fraîchement pêché et les pêcheurs ou transporteurs qui tirent sur le sol de gros bidons de carburant.

L’embouteillage qui se créé entre les bateaux qui tentent de se frayer un passage au plus près de la terre ferme donne aux navigants la possibilité de faire entendre leur voix. Mais toujours à la comorienne : avec respect.

Pour l’occasion, nous sommes accompagnés de notre grande amie Sofia, journaliste à TV Comores, qui nous a demandé de travailler pour elle en cette journée ensoleillée. Nous filmons ainsi deux interviews en sa compagnie, de pêcheurs qui content leurs conditions difficiles de travail, ce qui nous permet de faire plus ample connaissance avec des hommes qui chaque jour, risquent leur vie en pleine mer, les abords de Grande Comore comprenant des courants difficiles à appréhender, même pour les plus navigateurs les plus aguerris.

 

La plage de Malé (Grande Comore)

Toujours dans le Sud de l’île, la plage de Malé s’atteint après avoir traversé le village éponyme, dans lequel nous partageons un petit moment avec quelques enfants munis d’un micro dont nous ne savons pas s’il fonctionne réellement. Mais les enfants semblent le croire puisqu’ils s’évertuent à pousser la chansonnette dont l’écho, n’existe qu’au travers de la résonnance de leur regroupement.

Au bout de quelques minutes de route, sur un chemin en terre battue, la plage de Malé se dévoile. Plage de sable de couleur ocre, elle est entourée d’un paysage constitué essentiellement de palmiers et de cocotiers. Par le biais des mouvements de l’eau, elle se situe en-dessous d’un petit monticule qui l’entoure, une sorte de petite dune naturelle qui en accentue les perspectives.

Le sable au travers du passage de l’eau, laisse émerger de nombreux sillons qui en dessinent le prolongement. Quelques bancs permettent à des locaux de profiter de ce décor paradisiaque et ils ne s’en gênent pas, la plage étant considérée comme la plus belle de l’île.

Alors que nous marchons dans l’eau, nous nous laissons bercer par le bruit des vagues qui frotte le sable en laissant derrière elle, de nombreux coquillages qu’il nous suffit de ramasser.

Foumbouni (Grande Comore)

Chef-lieu de la préfecture de Badjini, située sur la côte Sud Est de l’île et ayant une population de 20 331 habitants, Foumbouni est une ancienne cité côtière, protégée comme une place forte.

Lorsque nous entrons dans la ville, nous en longeons les remparts encore présents et parvenons jusqu’à la place centrale, surmontée d’une belle colonne.

Un guide nous accompagne vers une sorte de citerne relativement bien conservée, dans laquelle, le réseau d’irrigation de la ville permettait à ses habitants de bénéficier d’une source d’eau potable à tout instant.

La médina dans laquelle nous nous rendons ensuite comporte nombre de petits cimetières dans lesquels, des anciens monarques sommeillent toujours pour l’éternité.  La ville comporte également plusieurs palais royaux, dont un que nous visitons en faisant connaissance avec une vieille dame volubile et faconde, qui à l’aube de ses 90 ans, nous surprend par son élocution.

La médina possède un charme indéniable. Sur les petits chemins en dur, nous croisons nombre d’enfants qui nous approchent, concomitamment timides et farouches. A la croisée d’une intersection, une artisane en train de coudre nous permet de partager son art.

Nous arrivons aux abords d’une des 10 mosquées que compte la ville et faisons connaissance avec plusieurs habitantes, souriantes. Il faut dire que les gens de la ville, vêtus de leurs costumes traditionnels, sont d’une gentillesse sans égal. Accueillants et généreux, ils n’ont pour seule expression faciale, que le sourire, une manifestation de leur empathie qui nous fait du bien.

En sortant de la médina, sous un arbre, plusieurs hommes nous invitent à partager un petit moment de convivialité en leur compagnie. Alors que certains jouent aux jeux traditionnels locaux, d’autres assis semblent attendre le temps qui passe. Nous les abandonnons pour rejoindre la plage de la ville qui nécessite tout de même quelques minutes de trajets en voiture.

Mais ces minutes ne sont pas inutiles, loin de là, puisque le décor sauvage que nous découvrons est un véritable plaisir pour les yeux. Baignant dans une sorte de crique sauvage, la plage de Foumbouni est différente des autres plages de l’île.

Entourée de gros rochers et accessible après plusieurs minutes de marche qui dévoilent un paysage marqué par des falaises qui s’aperçoivent au loin, elle est bercée par les vents qui se fracassent contre ses parois rocheuses.

Sur le sable, plusieurs parasols offerts par l’office de tourisme, qui permettent aux locaux de se protéger d’un soleil conquérant. Nous ne résistons pas à plonger dans cette eau turquoise qui nous appelle et profitons d’un pur moment de bien-être revigorant et rafraîchissant.

 

Le front de mer escarpé (Grande Comore)

En circulant sur la côte Ouest, nous faisons un arrêt non loin de la ville de Moroni, sur un terrain qui ne paye pas de mine, mais qui dévoile des côtes escarpées acérées comme des rasoirs.

L’eau qui vient se projeter sur les rebords des falaises construit patiemment ce décor sublime, dans lequel nous nous sentons tout petit. Il faut dire que l’île alterne les paysages côtiers différents, la côte étant partagée entre des plages plates de sable fin et des falaises bien plus abruptes.

Alors que les vagues en s’engouffrant dans certains interstices prolongent le visuel avec le sonore, tout en faisant attention de ne pas chuter, nous regardons avec attention l’eau sous nos pieds dont les mouvements anarchiques nous la rendent vivante. Les légers embruns, résultants de ces collisions constantes dévoilent une légère écume dans laquelle nous nous perdons.

 

La porte Bangwe Ndruwani (Grande Comore)

Non loin d’Iconi, le guide qui nous accompagne souhaite nous présenter une partie de la richesse architecturale de l’île ; en sa compagnie, nous nous rendons dans un petit village qui comporte la porte Bangwe Ndruwani, un ouvrage séculaire.

Lorsque nous arrivons sur la place centrale du village, sur laquelle, un homme à la bonhomie naissante nous accueille avec le sourire, nous humons immédiatement la bonne atmosphère de ces villes coupées des circuits touristiques que nous apprécions tant.

Nous nous rendons, après avoir traversé quelques rues excentrées face à une porte dont la peinture blanche est craquelée, conséquence du temps qui passe. Nous sommes rejoints par un homme portant un habit traditionnel et un chapeau islamique que portent essentiellement les sages.

La porte relativement bien conservée dévoile des motifs ancestraux et au travers de la finesse de sa construction, elle représente à elle seule toute la beauté de l’art comorien.

L’arrivée à Anjouan par avion

Pour rejoindre l’île d’Anjouan, la liaison aérienne avec Mohéli reste le meilleur moyen accessible d’un point de vue pécuniaire et qui amène un confort permettant de découvrir les côtes escarpées de cette île.

A l’aéroport, après un contrôle rapide de nos bagages à main, nous sommes autorisés à monter dans le même avion qui nous avait conduit à Mohéli. Le décollage se passe sans encombre et après quelques minutes, l’hôtesse nous indique, au travers de sa voix sensuelle qui se propage dans les haut-parleurs, que la descente est engagée.

 Sous nos pieds, l’île volcanique d’Anjouan, qui dévoile ses reliefs marqués, île que nous rejoignons par l’intermédiaire du tarmac que nous foulons. Un test PCR plus tard, nous sommes accueillis en chanson et en musique par un groupe de chanteuses locales, qui nous place dans les meilleures conditions pour commencer notre découverte.

Mutsamudu (Anjouan)

Capitale de l’île d’Anjouan en remplacement de Domoni, Mutsamudu fondée en 1482, est la deuxième ville la plus importante des Comores, peuplée de 30 000 habitants. La ville possède le seul port en eau profonde du pays et comprend l’aéroport situé à Ouani.

Après avoir déposé nos affaires dans l’hôtel Papillon, nous pouvons rejoindre la médina de la ville, constitué constituée de ruelles étroites et parfois couvertes qui serpentent autour des dix-sept mosquées.

Réserver une chambre à l’hôtel Papillon : il vous suffit de contacter le 00269 771 17 06.

En arpentant les rues de la médina, nous croisons nombre de petits artisans qui nous accueillent avec le sourire. Nous faisons également connaissance avec la population locale, dont nombre d’enfants qui nous abreuvent de questions.

Le portail Foukoujou et le palais d’Ujumbé, en pleine rénovation dévoilent un peu plus les qualités architecturales de la ville, parfaitement intégréesdans un décor urbain plongeant le visiteur dans les fastes d’antan.

A chaque croisement de rue, des regroupements d’hommes qui jouent ensemble à la pétanque ou à des jeux de société ; dans une ambiance bon enfant, ils tentent de gagner et n’hésitent pas à donner de la voix pour faire valoir leurs droits. Mais comme toujours en Afrique, il n’y a aucune animosité lors de ces montées de ton.

Nous rejoignons ensuite la citadelle, après avoir dépassé le marché couvert de la ville, dans lequel des dizaines de vendeurs et de vendeuses proposent des produits divers et variés.

Lorsque nous arrivons aux abords de la citadelle, avec la tour carrée du vieux donjon qui domine les murs en basalte, construite en pierres dures, nous bénéficions sur la ville d’un panorama à couper le souffle. En entrant dans la citadelle après avoir payé un ticket de l’ordre de quelques euros, nous sommes surpris de découvrir un spectacle de danses traditionnelles. Grâce aux percussions endiablées de musiciens talentueux, la troupe composée d’hommes et de femmes se dandinent avec la puissance pour maître mot de leur représentation.

Nous assistons ensuite au concert solo d’un jeune homme véritablement charmant.

Nous finissons la visite en assistant à un magnifique coucher de soleil, dont les derniers rayons parviennent à pénétrer les lucarnes derrière lesquelles sont placés des canons, objectifs pointés vers l’horizon.

Un autre hôtel dans la ville permet d’accueillir les visiteurs : l’hôtel le Jasmin, qui possède une magnifique devanture intégrée dans un petit jardin verdoyant.

Réserver une chambre à l’hôtel Le Jasmin : il vous suffit de contacter le 00269 771 00 79.

La cuvette de Tsembéhou (Anjouan)

Au cœur de l’île, les paysages montagneux se succèdent au fur et à mesure que nous longeons de hauts ravins, qui accentuent leur profondeur aux abords de la ville de Tsembéhou. Nous ne résistons pas à l’appel du vide qui se trouve sous nos pieds et parvenons sur le bord de la route, à trouver une petite place d’arrêt factuelle. Face à nous, sur une route récente, dont les abords sont entretenus et fleuris par les villageois de la ville, une arche naturelle constituée par des végétaux qui se rejoignent en une sorte de pont.

Nous nous rendons ensuite à l’hôtel :  » Le Bleché  » afin que nos compagnons de route qui y séjournent puissent y poser leurs affaires.

Réserver une chambre à l’hôtel Le Bleché, un des plus beaux de l’île : il vous suffit de contacter le 00269 771 66 07 ; le prix d’une chambre est d’environ 40 euros par nuitée.

Au milieu de la végétation fournie, une montagne émerge au travers de sa grandeur et semble toucher le ciel. Au loin, il est possible, au milieu des forêts verdoyantes, de découvrir plusieurs champs dans lesquels s’affairent des agriculteurs, qui de notre emplacement grouillent à la manière de fourmis.

En continuant sur la route, un autre point de vue nous permet concomitamment de découvrir les limites de l’île marquées par la présence du bleu azur de l’Océan qui l’entoure et de la forêt primaire impénétrable recouverte par de larges nuages.

La cascade de Tratengua (Anjouan)

Aux abords d’une rivière dans laquelle s’affairent des dizaines de femmes dans leurs habits colorés, à nettoyer les vêtements de la famille, un petit pont nous permet de découvrir un paysage semblant tout droit sorti de la jungle : une petite rivière s’écoule, calmement, entourée par des bananiers dont la récolte proche en a dénudé les socles.

Nous avons la chance d’être accompagnés de Saindou Combo, un guide exceptionnel, qui possède un savoir étendu. Ancien professeur, son visage toujours souriant est un véritable appel à la découverte.

Pour contacter Saindou Combo, le guide, n’hésitez pas à appeler le : 00269 331 53 23.

Nous sommes également accompagnés de Nadhuf, l’ancien directeur de l’office de tourisme de l’île, qui peut organiser des voyages uniques hors des sentiers battus.

Pour contacter Nadhuf, n’hésitez pas à composer le : 00269 436 10 15.

De l’autre côté du pont, le paysage change radicalement. Les tréfonds du sol provoquent en nous un léger vrombissement vertigineux, surtout lorsqu’un point noir émerge au milieu de l’écume provoquée par la chute abrupte de l’eau de la rivière aperçue auparavant qui dévoile un côté insoupçonné.

Après le point, un autre apparaît et en concentrant nos regards, nous parvenons à distinguer des ramasseurs de sable qui toute la journée, plongent afin de récupérer le précieux matériel qui servira à construire les routes de l’île.

La cascade de Wongoni (Anjouan)

Dans le Sud Est de l’île d’Anjouan, la cascade de Wongoni s’aperçoit de la route ; l’eau d’une force puissante s’écoule dans un rideau que l’on soupçonne infini. Mais la particularité du site est un petit canal construit par les habitants, qui permet de scinder l’eau de la rivière en deux et de lui donner au travers de ce passage étroit, un calme permettant à tous d’en exploiter la richesse.

Ainsi, deux femmes lavent leur linge en le frottant avec une savonnette, tandis qu’une troisième profite des bienfaits de son écoulement pour l’utiliser comme un spa naturel.

Sur les rebords qui donnent sur le vide, nous faisons connaissance avec un rappeur qui s’adonne à son art. Avec en arrière-plan, la cascade de Wongoni, la scène irréelle semble tout droit sortie d’un clip musical, le son en moins, le pauvre chanteur ne possédant pas la voix permettant de rivaliser en intensité avec la force de la nature qui s’évertue à faire cracher sa mélodie bruyante sans interruption.

La cascade se prolonge vers la mer et crée une deuxième chute d’eau tout aussi impressionnante que la première.

Les plantations d’Ylang Ylang (Anjouan)

Arbre de la famille des Annonacées, originaire d’Asie du Sud-Est, l’Ylang-Ylang est cultivé pour ses fleurs dont on extrait par distillation une huile essentielle très utilisée en parfumerie. L’arbre au feuillage persistant peut atteindre dans son milieu naturel près de 25 mètres.

Premier pays exportateur au monde, les Comores ont fait de cette culture, l’apanage de leur savoir-faire ; ainsi, les plantations sur les différentes îles ne manquent pas et c’est tout naturellement, que sur le bord de la route, nous faisons un arrêt lorsque nous apercevons une petite cabane en bois dans laquelle, deux femmes proposent à la vente, des feuilles de cet or vert.

Nous sommes accueillis par un vieil homme, petit couvre-chef local sur la tête, qui nous fait visiter sa petite plantation, dans laquelle, il cultive nombre de fruits, dont la fameuse Ylang Ylang.

En arrivant sur le site, verdoyant, nous dépassons plusieurs petites maisons qui accueillent des membres de sa famille, dont une toute petite fille au visage angélique. L’homme nous enjoint à pénétrer dans la plantation et après avoir dépassés plusieurs bananiers et manguiers, nous parvenons jusqu’à des centaines de petits arbustes de l’ordre de quelques centimètres, semblant construire sur le sol un tapis végétal. L’homme s’agenouille et extrait des petits plans de pots en plastique noir et les plante dans le sol, avant de les arroser. Malheureusement, en effectuant un mouvement brusque, il commence à manquer d’air. Nous apprenons à ce moment, qu’il est asthmatique. Sa crise s’intensifie, jusqu’à ce qu’il inhale son médicament. Nous lui portons assistance et passons quelques instants en sa compagnie, jusqu’à ce qu’il aille mieux. Sa crise passant, il nous accompagne à notre véhicule. Pour le remercier de sa gentillesse, nous nous cotisons pour lui donner un peu d’argent afin d’acquérir un autre inhalateur, celui qu’il utilisait étant presque vide.

Domoni (Anjouan)

Au Sud-Est, la ville de Domoni peuplée de 19 000 habitants se dévoile au travers de sa porte royale, dont il ne subsiste qu’un pan de mur. Nous garons notre véhicule devant le mausolée d’Ahmed Abdallah Abderemane, que nous avons la chance de pouvoir visiter.

Ce bâtiment accueille l’ancien président du pays, qui a contribué grandement à son indépendance, comprend plusieurs salles de prières, protégées par des portes en bois massif ; pour rejoindre le mausolée, tout de marbre constitué, il est nécessaire de se rendre à l’étage supérieur, afin de pouvoir bénéficier d’une vue étendue sur sa dernière demeure dans laquelle il repose avec son épouse.

En rejoignant l’extérieur, nous nous rendons à la mosquée de Chiraz, construite entre le XIVe et XVIe siècle, qui a la particularité de posséder deux mihrabs, bâtis sur le plan des mosquées iraniennes, l’un de 38,5 mètres de hauteur, le second de 25 mètres. La ville comprend également plusieurs tombeaux chiraziens.

Après avoir sympathisé avec plusieurs hommes, dont un érudit âgé d’une soixantaine d’années, nous nous rendons dans la médina et pouvons découvrir les remparts de la ville, Domoni ayant la particularité d’avoir été dès le XVe siècle, un centre d’échanges avec l’Afrique et l’Orient, et plus tard un mouillage des navires à voile européens allant aux Indes. De fait, en tant qu’ancienne capitale de l’île avant le transfert de cette compétence administrative à Mutsamudu en 1792, les remparts dont il reste des parties entières utilisées en réhabilitation de l’infrastructure urbaine, étaient nécessaires pour assurer la fonction protectrice de la municipalité, riche de palais royaux du XIIIe siècle, dispersés dans la ville : Darini-mwa-dari, U’jumbé, Singani, Toyifa.

La vieille ville est ainsi divisée en trois quartiers historiques : « Maweni », « Momoni » et « Haryamouji », ce dernier secteur englobant la médina dans laquelle nous entrons. Nous faisons ainsi la connaissance de deux artisanes qui s’évertuent à coudre des habits traditionnels.

Un peu plus loin, après la rencontre avec plusieurs enfants, dont une jeune fille à la beauté future évidente, un gros rocher attise notre curiosité, curiosité renforcée lorsque les guides qui nous accompagnent nous en vantent les origines météoritiques.

En arrivant sur le front de mer, nous sommes accueillis par des pêcheurs qui tentent d’écouler leur prise de la journée, dans une ambiance bon enfant.

Sur la plage qui se situe en contrebas, plusieurs personnes profitent d’un panorama somptueux en effectuant des tâches du quotidien. Un homme assis dans l’eau arrose le peu de cheveux qu’il lui reste, alors que deux autres tentent de frotter leurs chemises. Dans l’eau, plusieurs enfants lancent ce qui semble être un fil de canne à pêche, en parvenant à attraper devant nous, un poisson.

La randonnée au lac Dzialandzé (Anjouan)

Dans le cœur de l’île, le chauffeur après avoir emprunté une route nouvellement construite, nous arrête sur le bas-côté. Un petit chemin nous permet d’accéder au lac Dzialandzé, qui se rejoint après une marche de 20 minutes.

Dès notre entrée sur le site, nous croisons un agriculteur qui revient des champs, avec sur la tête un gros fagot de feuilles ; il nous salue et nous le laissons passer avant de continuer notre avancée sur la piste qui se présente devant nous et qui nous permet de découvrir un paysage exceptionnellement sauvage et verdoyant, avec au loin, les contrées vallonnées de l’île.

Lorsque nous parvenons jusqu’au sommet, nous payons un droit d’entrée de quelques euros, droit d’entrée utilisé par les villageois qui se sont érigés en collectif de défense du site, afin de l’entretenir.

Une descente plus loin, nous parvenons jusqu’à un lac magnifique dont le reflet des arbres prolonge son côté majestueux.

Alors que nous prenons grand plaisir à nous plonger dans les abimes de notre propre image renvoyée par l’eau à la manière d’un miroir, quelques canards viennent troubler la quiétude des lieux, pour notre plus grand plaisir.

La cascade Lingoni (Anjouan)

Avant d’arriver sur la plage de Moya, nous effectuons un petit arrêt sur le site de la cascade Lingoni qui se situe dans un secteur fleuri, agrémenté de nombreux arbres. Sur le bas-côté de la route, une sorte de petit parc dans lequel nous prenons notre temps pour découvrir une végétation surprenante. Une petite route nous conduit jusqu’à un portail fermé, mais sur les côtés, une ouverture nous permet d’admirer au loin cette cascade unique, dont la puissance de la chute est utilisée pour produire de l’électricité.

Avec sa dizaine de mètres de hauteur, la cascade est une des plus hautes de l’île et subséquemment, de l’archipel. A ses pieds, une centrale hydroélectrique, qui démontre à quel point, le pays utilise ses richesses pour améliorer la vie de ses habitants qui profite ainsi d’une électricité locale sans pollution. Si la cascade n’est pas ouverte au public, il est cependant facile de la découvrir et d’en bénéficier d’une vue étendue sur son entièreté.

Le départ d’Anjouan en Kwasa kwasa

Pour quitter l’île d’Anjouan et retourner à Grande Comore, nous souhaitons tester un mode de transport alternatif. Normalement réservées aux locaux, nous insistons pour emprunter les kwasa kwasa, ces embarcations adaptées pour le transport de pêcheurs. Nous nous rendons ainsi dans un quartier de Mutsamudu et faisons connaissance avec une des nombreuses agences locales de voyage qui s’occupent d’en vendre les tickets.

Un policier vient nous voir pour contrôler nos passeports et nous octroyer un justificatif nous autorisant à emprunter un tel mode de transport, qui est selon les autorités peu confortable.

Rejoindre l’île de Mohéli au travers des kwasa-kwasa coûte 20 euros et dure 1 heure alors que rejoindre Grande Comore, nécessite le double de temps et un billet à 40 euros.

Ainsi, au milieu de dizaines de passagers qui patientent sur le petit port constitué avec les moyens du bord, un homme vient nous remettre nos passeports et nous demande de le suivre afin de nous vêtir d’un gilet de sauvetage dont il vérifie l’attache à plusieurs reprises.

Une fois les gestes de sécurité effectués, nous achetons deux gros sachets afin de placer à l’intérieur nos sacs que nous positionnons sous nos pieds. L’embarcation est chargée à la limite maximale de ses capacités, entre les 17 passagers, les 2 pilotes et les bagages.

Les deux moteurs puissants de l’embarcation sont allumés en même temps et nous pouvons enfin voir les côtes de l’île d’Anjouan s’éloigner. Le trajet est mouvementé ; nous sommes ballotés continuellement et devons faire avec deux jeunes filles qui se trouvent sous nos pieds dans une position inconfortable, qui commencent après une heure de trajet à vomir leurs tripes. Nos regards tentent de ne pas fixer le liquide brunâtre qui sort de leur bouche, mais à la manière d’enfants à qui on demande de ne pas toucher une prise électrique et qui le font quand même, nous ne pouvons pas écarter notre vision qui finit par croiser ce que nous ne voulions pas croiser. Résultat, des nausées non pas provoquées par le trajet mais par ses conséquences.

Finalement, après deux heures et trente minutes de navigation au cours desquelles, nous avons été arrosés fréquemment, nous parvenons jusqu’aux côtes de Grande Comore, dans une eau bien plus agréable.

La plage de Moya (Anjouan)

Lorsque nous arrivons sur Moya, nous mangeons un plat local composé de poulpes et de coco, avec une vue splendide sur la mer, que nous rejoignons après avoir pris le temps de souffler un peu.

En descendant un petit escalier, la plage de Moya, plus belle plage de l’île se dévoile. A nos pieds, un gros rocher semblant perdu au milieu de cette plage de sable ocre, dont les vagues composent une mélodie symphonique nous berçant.

La plage entourée par de hautes falaises sur lesquelles trônent des cocotiers donnent au site un côté crique, intéressant. Dans une sorte de caverne, plusieurs jeunes écoutent de la musique ; ils sont rejoints par des amis et ensemble, ils se lancent dans une partie de foot endiablée. Sur des bateaux traditionnels posés dans le renfoncement de la plage, des locaux les regardent jouer.

C’est alors qu’une averse s’abat sur la plage qui se vide en quelques instants. Armés d’un morceau de carton perforés par les grosses gouttes de pluie qui s’abattent sur nous, nous rejoignons notre véhicule et assistons à un spectacle magnifique ; dans les rues, à la manière des processions indiennes, tous les enfants se rejoignent et profitent d’une douche naturelle, afin de partager un moment d’insouciance en totale fraternité.

La plage de Sima (Anjouan)

Dans le Nord sauvage de l’île, la plage de Sima, brille par son côté authentique. Au travers de son sable rouge, elle s’étend, placide dans un cadre enchanteur. La forêt sombre qui l’entoure accentue son ambiance sauvage, à la limite du mystérieux. Un léger vent parcourt nos corps, ce qui nous fait un bien fou.

Nous longeons le bord de plage jusqu’à arriver à une côte escarpée sur laquelle, les vagues se projettent violemment contre les rochers, laissant derrière elles une légère écume moussante. Il faut dire qu’après l’averse subie, l’Océan tente de recouvrer un calme apparent, tout en semblant ne pas parvenir à lutter contre un chaos indescriptible qui sommeille en ses profondeurs, un peu comme si l’accalmie naissante n’était qu’illusion.

L’arrivée à Mohéli par avion

Pour nous rendre à Mohéli, nous choisissons de prendre un vol avec la compagnie Air Komor. Le vol dure moins d’une heure, décollage et atterrissage compris.

Après avoir récupéré nos billets et franchi les contrôles de sécurité, nous embarquons dans un petit avion, qui nous permet une fois dans les airs de bénéficier d’une vue globale sur l’île de Grande Comore. Le vol se déroule sans encombre et nous permet de bénéficier d’un service irréprochable, l’hôtesse circulant entre les passagers pour offrir une bouteille d’eau et un petit gâteau. Mais à peine le temps de nous installer, que l’atterrissage est annoncé, lorsque nous survolons les côtes sableuses de Mohéli qui se dessine sous nos pieds.

Fomboni (Mohéli)

Capitale de l’île de Mohéli, Fomboni, peuplée de 20 000 habitants, soit près d’un tiers de la population insulaire, se situe à proximité de l’aéroport Bandar Es Salam. En entrant dans la ville et en parcourant sa rue principale composée de bâtisses à un seul étage se succédant, nous nous rendons au marché qui se trouve non loin de la place principale composée d’une pharmacie, d’une banque et d’une poste.

Le marché de la ville est bien achalandé. Il comporte de nombreux stands, tenus principalement par des femmes vêtues aux couleurs locales. Les fruits peuplent majoritairement les étals, lesquels englobent également des vêtements ou des produits d’hygiènes du quotidien.

L’accueil au marché par les vendeuses est détendu. Le sourire prime et plusieurs femmes n’hésitent pas à entamer la conversation avec nous, semblant même surprise de nous trouver dans la ville, généralement exclue des circuits de visite traditionnels.

En traversant le marché, une belle plage mène à un petit port débouchant sur une jetée qui accueille un chantier naval désuet. Nous profitons de la brise marine et perdons nos regards vers l’horizon d’une mer bleu azur qui semble imperturbable.

La ville à l’ambiance placide comporte également une école primaire publique, un hôtel, un centre hospitalier, une station-service, une antenne permanente de l’Alliance française, un terrain de football, deux mosquées et quelques modestes boutiques et auberges.

 La plage de Mbaisé (Mohéli)

Située sur la côte Nord, la plage de Mbaisé n’est pas en ce qui la concerne une plage touristique. Ici, point de sable fin, mais plutôt, des écorces des nombreux cocotiers qui échouent sur le sable, certaines tombant des arbres proches, d’autres étant charriées par l’Océan.

Longeant la plage, le petit village de Mbaisé constitué de petites maisons dont les murs en plaques de bois dénotent un côté archaïque rudimentaire. Alors que nous arpentons la plage, parsemée de petites embarcations traditionnelles, nous sommes rejoints par plusieurs enfants qui nous sourient. Si certains d’entre eux effectuent certains gestes pouvant être considérés comme…vulgaires, il n’en est rien et au travers de leur sourire, ils dévoilent leur positivité, accentuée par notre présence.

Niamachoua (Mohéli)

Nous arrivons à l’hôtel Vanilla Lodge, un petit hôtel situé bien en amont de la ville de Niamachoua, qui se trouve sur la côte Sud de l’île. Nous découvrons un site verdoyant, dans lequel, les propriétaires nous accueillent avec le sourire pour nous servir notre repas : une série de plats succulents préparés avec soin. Nous en profitons également pour découvrir l’hôtel, constitué de plusieurs chambres intégrées dans une sorte de jardin biologique, dont les fruits de la récolte sont utilisés par les hôteliers pour leurs clients.

Pour réserver une chambre au Vanilla Lodge, il vous suffit de contacter le 00269 356 34 88 ; le prix d’une chambre est d’environ 25 euros par nuitée.

Une fois rassasiés, nous reprenons la route et traversons cette petite ville de Niamachoua, qui ressemble à tant d’autres; néanmoins, nous ne nous attendons pas à découvrir une des plus belles plages du pays qui se situe aux abords du Laka lodge, l’hôtel le plus beau de l’île, dans lequel nous séjournons.

L’hôtel est intégré également dans un site verdoyant, mais avec les pieds dans l’eau ; il est constitué de plusieurs bungalows refaits à neuf, dont la vue donne directement sur la mer. Les habitations entourent un bâtiment central qui englobe la réception, le bar et le restaurant. L’hôtel comporte également un centre de plongée et peut organiser de nombreuses excursions en voiture ou en bateau.

Réserver une chambre au Laka Lodge : il vous suffit de joindre le 00269  772 60 38 ; la nuitée coûte entre 80 et 169 euros, en fonction du type de chambre. Vous pouvez vous rendre également sur le site de l’hôtel : https://www.lakalodge.com/

Après avoir posé nos affaires, nous faisons connaissance avec la plage paradisiaque qui se trouve aux pieds de notre bungalow, un véritable paradis tropical à la diversité de la faune et de la flore très abondante.

Immédiatement, nous nous prélassons sur un sable blanc, d’une finesse absolue, sable sur lequel, nous n’avons qu’à tendre nos bras pour ramasser des coquillages d’une beauté exceptionnelle. Le soleil qui caresse nos peaux ne nous empêche pas de découvrir les alentours à la végétation surprenante, une sorte de bout du monde tel que nous l’escomptons dans nos rêves les plus fous.

Au loin, les ilots qui se dévoilent cassent la monotonie d’une mer sans vague, une mer d’huile qui attire à la sérénité, partagée par des couleurs vives associées généralement au farniente.

Dans la soirée, alors que la lune profite des premières heures du crépuscule, nous sommes rejoints sur la plage par une vingtaine de femmes du village, vêtues de leurs habits traditionnels.

Elles se placent avec en arrière fond le spectre d’un décor onirique, sur le bord de plage et commencent à entonner des chants locaux, dont les notes résonnent comme des instruments de musique.

Subjugués, nous les écoutons patiemment, durant de longues minutes qui s’écoulent à la vitesse de secondes. La nuit qui tombe les remplace par d’autres villageois, qui se livrent à présent à une danse endiablée, constituée de positions statiques alternant avec des mouvements brusques et dynamiques. Durant le spectacle, un villageois qui a un peu trop bu, est écarté, mais le vieil homme qui possède des airs d’un personnage ubuesque créé par Hergé revient à la charge, donnant une touche d’humour non négligeable à la scène.

 

La balade en bateau dans le parc marin (Mohéli)

Protégeant les eaux du canal du Mozambique situées le long de la côte sud de l’île de Mohéli près de la commune de Nioumachoua, le parc de Mohéli est un des deux parcs du pays, placé sous le contrôle du gouvernement, mais géré par les associations locales.

Lorsque l’hôtel Laka Lodge nous enjoint à rejoindre la plage sur laquelle sont stationnés, deux bateaux comprenant chacun deux gros moteurs, nous nous dépêchons pour être sûrs d’être placés au-devant des embarcations.

Le capitaine et son copilote font vrombir les moteurs et les bateaux, en parallèle commencent à s’engouffrer dans le parc. Progressivement, nous quittons la zone de corail marquée par une profondeur d’eau peu haute pour rejoindre la haute mer qui dévoile un bleu sombre inquiétant. Mais fort heureusement, toutes les conditions de sécurité sont réunies pour nous assurer une promenade en toute quiétude. Et ce même lorsque les deux bateaux se lancent dans une sorte de petite course dans laquelle notre embarcation sort perdante.

La guide qui nous accompagne, une jeune Française de 22 ans, téméraire et courageuse pour avoir quitté sa France natale pour se retrouver seule sur cet île paradisiaque nous annonce que nous allons faire un arrêt sur une des îles.

Alors que les bateaux sont dirigés manuellement par le biais des copilotes n’ayant pas hésité à se jeter à l’eau, nous posons un pied sur la terre ferme et découvrons une île encore plus paradisiaque que Mohéli qui nous fait face.

Le crissement de nos pas sur le sable blanc, le bruit de la mer, les palmiers et la végétation dense qui nous entoure…nous n’avons qu’une envie : être abandonnés, tels que nous sommes…ici…sur cette terre du bout du monde.

Nous en faisons le tour et apercevons au loin, d’autres îles, semblant encore plus mystérieuses, plus attractives, mais après quelques photos avec des locaux qui jouent le jeu de la pose, il est l’heure de repartir.

Chaque île possède ses propres spécificités. Si certaines d’entre elles sont adaptées à la bronzette et au farniente, d’autres sont un véritable trésor pour la découverte d’espèces uniques, le parc comptant près de 500 espèces de plantes, 21 espèces d’oiseaux et neuf espèces de reptiles.

Dans l’îlot de Mchaco, dans la partie Est du parc, niche une colonie qui comprend plusieurs milliers de Noddi brun mais aussi des sternes fuligineuses, des fous à pieds rouges et des fous masqués. Le parc en lui-même comporte quelques espèces endémiques les plus menacées sur Terre.

Et c’est avec ces explications de la guide, que nous retournons à Niamachoua, sous un coucher de soleil magnifique qui ne laisse que de la place à l’émerveillement.

L’arrivée à Mohéli par bateau de pêcheurs

Étant donné que nous souhaitons assister à la ponte des tortues de mer, nous décidons de retourner sur l’île de Mohéli. Néanmoins, nous voulons tenter un autre moyen de transport et éviter de devoir effectuer deux heures de route depuis l’aéroport de l’île pour rejoindre Niamachoua qui se trouve à l’extrême Sud.

Nous nous rendons ainsi à Chindini, sur l’île de Grande Comore afin de prendre une embarcation de pêcheurs et d’effectuer cette traversée à la locale, une traversée empruntée seulement par des locaux et quelques touristes.

A Chindini, après avoir présenté nos passeports et payé la somme de 20 euros par passager, nous sommes conviés à monter sur une barque comprenant un seul moteur.

Malheureusement, nous commettons l’erreur de ne pas demander de gilets de sauvetage et mal nous en prend. Immédiatement, après avoir navigué quelques minutes, des vagues importantes commencent à se former, à un croisement marin assez compliqué. Le capitaine n’y prête pas attention, ce qui nous rassure un peu. Mais cette conceptualisation morale disparaît lorsque des vagues de plusieurs mètres se forment. Nous nous trouvons alors au cœur de l’Océan, en plein centre entre Grande Comore et de Mohéli, dont nous voyons concomitamment les côtes.  Mais remués et ballotés violemment, avec nos fesses et nos dos qui s’écrasent contre les parois de la barque dont nous apercevons tous les défauts, nous ne parvenons pas à garder le sourire. Surtout lorsque des centaines de poissons volants profitent des vagues pour se projeter en avant en nous demandant ce que nous sommes venus faire dans cette galère. 

Le capitaine, dans un calme stoïque commence à douter ; il s’allume cigarette sur cigarette et nous en sommes au stade d’imaginer sur le bateau, les éléments à récupérer si naufrage il y avait. En gros, quelques morceaux de bois qui ne nous serviraient pas à grand-chose, le vent soufflant vers le large en direction des côtes du Mozambique. 

Fort heureusement, après quelques soubresauts dangereux, en entrant dans les eaux de Mohéli, après deux heures de navigation, l’Océan se calme et nous pouvons profiter de la beauté du parc marin, avant de parvenir jusqu’à la plage paradisiaque de Niamachoua.

La plongée sous-marine dans le parc marin (Mohéli)

Afin de pouvoir découvrir le parc marin en profondeur, dans son sens propre et figuré, nous décidons d’effectuer une plongée, avec le centre de plongée de l’hôtel Laka Lodge.

Il est possible également de réserver une plongée avec Ibou, un jeune homme dynamique qui possède un centre qui lui est propre.

Pour réserver une plongée avec Ibou, il vous suffit de le contacter au 00269 373 73 37

Mais en l’instant, nous rejoignons la monitrice de plongée qui travaille au Laka Lodge sur la plage de Niamachoua, afin de revêtir notre combinaison. Une fois la tenue vestimentaire adaptée enfilée, nous pouvons embarquer afin de nous diriger vers un secteur du parc marin, considéré par la guide comme un bon spot.

Arrivés sur place, nous plaçons sur nos dos, les bouteilles de plongées et pouvons après quelques explications rapides, sauter dans l’eau.

Dès les premiers mètres, le fond marin qui se dévoile nous en met plein la vue. Des poissons en grand nombre tournent autour de nous, dans une valse infinie. Malheureusement, en ce jour, le courant marin est si fort qu’en quelques secondes, il nous éloigne du spot sans que nous parvenions à lutter.

Le bateau nous emmène dans un autre endroit, dans lequel nous pouvons enfin descendre dans les profondeurs de l’océan. En quelques instants, outre des fonds exceptionnels, composés de rochers et de coraux, nous croisons plusieurs raies, une tortue ainsi qu’un requin, qui nous frôle sans s’intéresser à nous.

Le sentiment qui nous domine est une ode à la liberté ; nous avons l’impression d’être seuls au monde, mais paradoxalement, jamais nous ne nous sentons esseulés. Le paradoxe ultime permis par l’océan.

Itsamia (Mohéli)

Immédiatement après la plongée, le capitaine décide de nous emmener à Itsamia, pour assister à un spectacle unique au monde : la ponte des tortues marines, qui choisissent cette plage de l’extrême Est de l’île, pour venir pondre, protégées par les membres du village, qui lutte ainsi contre les braconniers qui ont décimé les différentes tortues sur les autres plages de l’Océan Indien.

Normalement, la plage d’Itsamia se rejoint en effectuant le grand tour de l’île, par sa côté Nord, soit un périple de 3 heures en voiture depuis Niamachoua, mais le site peut se rejoindre en une heure en partant en bateau de l’hôtel Laka Lodge.

Alors que nous nous trouvons sur le bateau, nous pouvons profiter pleinement du parc marin dont nous apercevons les ilots qui émergent tels des pics acérés dressés vers le ciel et c’est avec un coucher de soleil magnifique que nous arrivons à Itsamia.

Sur place, alors que nous poussons la barque sur le sable, nous rejoignons le petit village du même nom, afin de patienter et d’attendre la nuit tombante, car comme un des membres de la communauté nous explique, les tortues pondent la nuit, lorsque la mer est haute. Néanmoins, en ce jour de visite, la marée place la mer dans des conditions idéales pour permettre aux tortues de venir pondre dès le début de la nuit, ce qui nous évite de devoir patienter des heures pour assister à ce spectacle.

Nous faisons également connaissance avec : « la force » le surnom donné à un guide qui nous prend en main et nous présente les bungalows communautaires que le village a créés afin de permettre aux touristes d’assister à la ponte des tortues.

Réserver une chambre dans un bungalow communautaire : il vous suffit de contacter le 00269 358 77 49. Le prix d’une nuit est de 20 euros. A ce prix, il convient de rajouter une trentaine d’euros supplémentaire pour assister à la ponte des tortues.

Alors que la nuit est tombée, le guide d’Itsamia nous demande de le suivre afin de rejoindre la plage sur laquelle les tortues commencent à arriver. Progressivement, nos yeux s’habituent à la pénombre ; nos sens sont en éveil ; nous tentons de capter le moindre son, mais nous ne parvenons à entendre que le bruit des vagues. C’est alors, que sans savoir comment il fait, la force nous demande de nous concentrer ; à l’aide d’une lumière infrarouge, il nous dirige le regard vers une sorte de masse qui grimpe la petite pente créée par le sable ; il s’agit de notre première tortue.

Afin de nous prouver que les tortues ne supportent pas la lumière blanche, caractéristique des lampes générales, il en allume une ; immédiatement, la tortue fait demi-tour et retourne dans l’océan.

Il nous emmène un peu plus loin et repère toujours dans le noir, une autre tortue que nous suivons discrètement jusqu’à un gros trou dans lequel elle commence à creuser.

Une fois installée confortablement, elle pond ; nous assistons à ce spectacle, émerveillés ; de son appareil reproducteur, les œufs sortent deux par deux et commencent à remplir le petit trou creusé auparavant.

A ses côtés, une, puis une autre, puis des dizaines de tortues rejoignent chacune leur tour, des trous dans lesquels elles s’engouffrent, puis pondent. Le guide, exceptionnellement allume la lumière blanche afin que nous puissions assister en réel à ce moment phare de la vie.

Le naufrage

Toujours sur la plage d’Itsamia, après 30 minutes…et le dernier œuf pondu, la tortue que nous suivons depuis le début commence à l’aide de ses nageoires, à recouvrir les œufs de sable, avant de remonter hors du trou, difficilement, et de rejoindre l’Océan, disparaissant dans la nuit noire.

Galvanisés, nous saluons notre guide et retournons à notre embarcation. Mais avant de parvenir à rejoindre l’Océan, le vent s’étant levé brusquement, plusieurs vagues scélérates remplissent le bateau, recouvrant toutes nos affaires du liquide salée. Fort heureusement, le sac contenant la caméra a été entouré d’un sac plastique, qui quand bien même n’étant pas hermétique freine la progression de l’eau. En quelques instants, les vagues se succèdent et projettent toutes les autres affaires hors de l’embarcation, tout en la poussant violemment comme un morceau de polystyrène sur le capitaine qui tentait de sauver le peu d’affaires pouvant l’être.

C’est alors qu’une énième vague projette le bateau sur ses jambes qui se font écraser, en même temps que les dernières affaires qui sont expulsées sur la plage.

Le capitaine hors de danger, ses collaborateurs parviennent miraculeusement à réunir toutes les affaires emportées par les flots et fort heureusement, poussées sur le sable : vêtements, chaussures, affaires de plongées…et alors qu’ils extraient les moteurs pour éviter qu’ils se noient, nous sentons grouiller sous nos pieds, des mouvements dont nous ne soupçonnons pas la provenance.

Un peu partout sur la plage, au milieu du chaos, des centaines de naissances de bébés tortues amoindrissent notre effarement, les bébés perdus par cette prise à la vie, tourbillonnant en effectuant des mouvements erratiques et désordonnés. Et alors que le désespoir nous avait gagné, que nos affaires trempées nous avaient laissé le goût amer d’une soirée qui avait merveilleusement bien commencée, nous nous abandonnons à ce spectacle unique qui nous marquera à jamais.

 

Faire une randonnée dans la forêt primaire (Mohéli)

Alors que nous circulons sur une route traversant un paysage verdoyant, nous faisons une halte afin de découvrir une partie de cette forêt qui nous accompagne depuis notre arrivée sur l’île et au cœur de laquelle, nous avons successivement aperçu des côtes sublimes, des champs de palmiers et des villages accueillants.

Sur le chemin, nous effectuons une halte aux abords d’une rivière et alors que des villageois nous rejoignent et nous saluent, nous entrons dans la forêt pour une petite randonnée, accompagnés par un guide local qui, impatient de faire notre connaissance, nous présente le monde dans lequel il vit.

Sur un chemin de terre, nous pénétrons ce paysage touffu et authentique, dérangés par les nombreux moustiques qui tentent de percer notre peau afin de se nourrir de notre sang frais et gorgé de sucre.

Nous longeons la rivière et patiemment, le guide nous explique les spécificités de ces plantes dont nombre d’entre elles sont endémiques. A une intersection, nous faisons la connaissance d’une villageoise qui se repose ainsi que d’un jeune homme qui à l’aide d’un bâton de bois planté dans le sol, ouvre des noix de coco, qu’il récolte afin de les vendre au marché de la ville.

La cascade de Ouallah 2 (Mohéli)

Alors que la plage de Ouallah 2 au travers de son sable fin et de son eau turquoise est un des plus beaux sites de l’île, ce petit village situé dans l’Est de Mohéli possède un autre trésor : la cascade Ouallah 2, qui s’étend sur plusieurs niveaux.

Aux abords de la plage, il est possible de réserver des chambres dans la construction communautaire des villageois qui tentent eux-aussi de profiter de la manne touristique de l’île.

Réserver une chambre dans un bungalow communautaire : il vous suffit de contacter le 00269 327 09 97. Le prix d’une nuit est de 20 euros.

 

Lorsque notre véhicule nous conduit aux abords d’une vieille distillerie, nous quittons le chauffeur qui en profite pour laver son véhicule dans l’eau de la rivière que nous longeons, pieds nus afin de ne pas nous mouiller.

Nous traversons un champ dans lequel sont cultivés des cocotiers et faisons la connaissance avec un agriculteur qui l’ensemence pour préparer les prochaines récoltes. Nous retournons dans la rivière quittée auparavant et parcourons une centaine de mètres entre les cailloux pour parvenir finalement jusqu’à la cascade qui nous fait face.

Dans un vrombissement ahurissant, l’eau s’écoule après s’être projetée sur plusieurs anfractuosités et laisse émerger dans l’air ambiant lourd d’humidité, quelques embruns rafraîchissant.

Les chauve-souris Livingstone (Mohéli)

La Roussette de Livingstone (Pteropus livinstonii ) est une espèce de chauve-souris du genre Pteropus. Elle fait partie de la liste des 100 espèces les plus menacées au monde et se trouve sur l’île de Mohéli, aux abords de la ville de Ouallah 2. Ayant une envergure de ses ailes de 1,40 mètres, elle est endémique à l’île et vit dans la forêt tropicale humide.

Pour la rejoindre, il convient d’effectuer une randonnée approximative d’une heure. Après le suivi d’un chemin de terre, accompagnés par un guide, les chauves-souris se dévoilent dans les cimes des arbres Ficus esperata, Girostpula comoriensis, Gambeya spp., Ficus lutea et Nuxia pseudodentata. Regroupés en une sorte de grappe composée de dizaines de membres, les animaux qui volent de nuit se reposent lorsque le soleil est au zénith. Dérangées par le bruit, elles se réveillent subitement, tournent autour de leur habitat avant de se poser à nouveau et d’attendre la luminosité parfaite pour se livrer à leur activité préférée : la chasse.

 

Conclusion

Rarement, un pays nous avait autant attirés. Les Comores représentent ainsi tout ce que nous pouvons rechercher dans une découverte : un peuple généreux, des paysages sublimes, une gastronomie fine, des expériences uniques.

Si le pays s’ouvre au tourisme, néanmoins, force est de constater qu’il ne développera jamais un tourisme de masse, dans le mauvais sens du terme, avec ses hordes de touristes, claquettes aux pieds et casquettes vissées sur la tête. Non, le pays deviendra une destination de qualité dans laquelle, les voyageurs qui feront le choix de le découvrir, seront conscients que chaque jour leur apportera non pas une monotonie, mais une possibilité de penser leurs rêves et de les réaliser.

En outre, chaque jour qui passe, le pays se développe et améliore ses infrastructures. Si toutes les routes ne sont pas encore réhabilitées, elles le deviennent progressivement. Les hôtels ne sont pas nombreux, mais ceux qui existent sont de qualités, pour des voyageurs qui considèrent un voyage d’un point de vue global et non pas au travers de détails. La restauration, en ce qui la concerne permet d’alterner entre des produits locaux peu chers et des plats internationaux servis dans des restaurants pouvant rivaliser avec les établissements occidentaux. Aussi bien dans la forme que dans le fond.

Les Comores sont ainsi une destination coup de cœur, que nous vous conseillons sans restriction.