Le Nord du Japon, les incontournables du Tohoku : de Tsuruoka à Murakami

Oublié des guides de voyage et préservé du tourisme de masse, le Tohoku  et plus précisément la région de Yamagata est l’un des derniers territoires authentiques et ruraux du pays, doté d’une culture unique et d’atouts majeurs : temples millénaires, paysages sacrés, gastronomie ancestrale, un territoire ayant survécu à l’évolution moderne du pays.

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Alors que j’avais visité le Sud du Japon, de Osaka à Tokyo, il y a quelques années, j’avais trouvé que le pays infesté par des hordes de touristes avait subi une dénaturation qui touchait son caractère intrinsèque : un peu trop hâtivement, j’avais considéré que l’individualisme primait sur le collectif et que si la sécurité était omniprésente, elle conduisait à une société bien trop aseptisé à mon goût.

En effectuant quelques recherches, j’avais également découvert que ce ressenti était partagé par nombre de voyageurs, qui tous bercés par la culture manga découvraient une fois sur place, un pays surprenant, intéressant, mais au combien dépassé par le légendaire qui l’entoure, c’est à dire qu’il ne parvenait jamais à suppléer ce qu’on attendait de lui, le fantasme de s’y rendre ayant été bien plus fort que les émotions vécues sur place.

Ainsi, considérant que mon expérience du Japon avait été imparfaite, il était important pour moi de m’y rendre à nouveau, mais en essayant de vivre au maximum une véritable expérience d’immersion avec la population locale et découvrir ses rituels ancestraux. Il était évident en ce sens de m’éloigner des sentiers battus. Mais qui dit éloignement des sentiers battus, dit également difficulté de s’y rendre, de s’y déplacer et d’y organiser son voyage.

Par chance, je suis tombé sur une agence de voyage qui propose un concept unique : vivre en immersion avec les locaux dans les pays du monde entier : le concept de l’agence promettant entre autres de s’entraîner avec des moines shaolins en Chine, de partager le quotidien des éleveurs de Yak en Mongolie ou d’apprendre le shinto avec les moines Yamabushis dans le Nord du Japon.

Je suis ainsi rentré en contact avec l’agence de voyage Odysway, basé en France et après de nombreux échanges, nous avons convenu d’un voyage découverte dans le Japon du Nord, dans une partie de la région du Tohoku ou également appelée Michinoku, un territoire du Nord-Est de l’île de Honshu, l’île principale du Japon. Une région formée de six préfectures : Akita, Aomori, Fukushima, Iwate, Miyagi et Yamagata, soit toutes les régions qui se trouvent à partir de 300 kilomètres au Nord de Tokyo.

Et ainsi, loin des foules de touristes qui arpentent le Japon tous les ans, hors des sentiers battus, nous avons découvert les préfectures de Yamagata et de Akita, avec une petite escapade dans la préfecture de Nigata. Nous avons ainsi vécu un voyage confidentiel et intimiste en immersion avec les locaux et nous avons partagé avec eux, des traditions uniques dans l’un des derniers terrains vierges du Japon.

Pour découvrir la première partie de notre récit photographique complet immortalisant notre voyage au Japon, n’hésitez pas à vous rendre sur le lien suivant : https://hors-frontieres.fr/japon-nord-partie-1-2-les-monts-sacres-des-moines-yamabushis/

Si vous souhaitez découvrir en photos la deuxième et dernière partie de notre voyage dans le Nord du Japon, il est nécessaire de vous rendre sur le lien suivant : https://hors-frontieres.fr/japon-nord-partie-2-2-de-tsuruoka-a-sakata/

Pour découvrir l’article sur notre immersion avec les moines Yamabushis, n’hésitez pas à vous rendre sur le lien suivant : https://hors-frontieres.fr/nord-du-japon-les-incontournables-du-tohoku-les-moines-yamabushis/

Pour découvrir l’article sur notre dégustation de Fugu, n’hésitez pas à vous rendre sur le lien suivant : https://hors-frontieres.fr/nord-du-japon-les-incontournables-du-tohoku-manger-du-fugu/

Pour découvrir notre dernier article sur notre découverte du Nord du Japon, rendez-vous sur le lien suivant : https://hors-frontieres.fr/nord-du-japon-les-incontournables-du-tohoku-de-yamagata-a-akita/

Le trajet et l’arrivée à Tokyo

 

Alors que les paysages monotones autoroutiers de la Belgique défilent, nous entrons dans la périphérie de la ville de Bruxelles afin de rejoindre l’aéroport international de Zaventem d’où nous avons réservé pour 400 euros un vol avec la compagnie Emirates, vol qui se déroule en deux temps.

Nous mettons près de 7 heures pour rejoindre l’aéroport international d’Abu Dahbi aux Emirats Arabes Unis, avant d’y effectuer une escale de deux heures durant laquelle, nous pouvons manger un morceau. Nous reprenons un autre vol de la compagnie pour rallier Tokyo en moins de dix heures.

En tant que résident Français, nous n’avons pas besoin de visa pour nous rendre dans le pays du soleil levant…et ce pour une durée de trois mois. Un billet de sortie du territoire doit néanmoins être en possession du voyageur ; dans notre cas, aucun billet retour ne nous a été demandé. A l’arrivée, nous nous dirigeons vers les contrôles de l’immigration ; des retraités font gagner du temps aux policiers en gravant numériquement les passeports dans leur base de données et en vérifiant si la fiche de débarquement a été bien remplie. Ce qui permet de franchir les contrôles en moins de dix minutes. L’efficacité japonaise dans toute sa splendeur. Pour les passages des douanes, même efficacité. Une interrogation : « Vous venez de quel pays…France…vous pouvez passer »

Un peu fatigués par le voyage, nous procédons au change de notre monnaie à l’aéroport international de Narita dans lequel nous avons atterri. Lorsque nous prenons un peu l’air, nous ressentons immédiatement une chaleur nous envahir, quand bien même nous sommes en fin d’année, la météo nippone est clémente avec nous, pauvres européens qui venons de quitter en ce mois d’octobre, les quelques degrés de nos climats d’automne continental.

Afin de rejoindre le Nord du Japon et plus précisément l’aéroport de Shonai, nous devons rallier l’aéroport d’Haneda. Il nous faut entrer à nouveau dans l’aéroport pour nous rendre au comptoir de la compagnie Limousine bus ; nous achetons un ticket pour la somme de 35 euros environ. Même sans parler le Japonais, le simple fait de mentionner le nom d’Haneda amène la vendeuse à nous fournir le bon ticket et à entourer le numéro d’arrêt qui se trouve juste devant les portes de sorties du hall de l’aéroport. Il nous suffit de nous rendre à la borne indiquée que nous trouvons immédiatement, pour voir deux salariés de la compagnie se saisir de nos bagages et de valider notre ticket en nous enjoignant de nous placer sur la ligne correspondante à notre bus qui arrive quelques minutes plus tard ; il faut dire qu’avec une rotation toutes les trente minutes, il n’est pas difficile de quitter l’aéroport, et ce quelle que soit la destination désirée dans la région de Tokyo.

Dans le bus, nous pouvons souffler un peu durant l’heure de trajet qui s’offre à nous, tout en profitant d’une Wifi gratuite de bonne qualité.

Lorsque nous arrivons à l’aéroport d’Haneda, nous découvrons un autre aéroport de grande taille, tout aussi propre que son voisin, les fumeurs étant obligés de se regrouper dans des zones dédiées. Etant donné que notre vol décolle dans plusieurs heures, nous avons le temps de découvrir le grand centre commercial qui se trouve au cœur de l’aéroport.

Mais, afin de ne pas nous encombrer avec des bagages trop lourds et quand bien même notre vol est dans plus de quatre heures, avec la compagnie nationale ANA (avec laquelle nous avons réservé un billet pour la somme modique de 49 euros, ces prix étant pratiqués pour les étrangers afin de les faire préférer l’avion au train), nous avons la possibilité de déposer nos bagages et de récupérer au travers des bornes automatiques disséminées dans l’aéroport, nos tickets d’enregistrement.

Délestés de nos bagages, nous pouvons découvrir cet aéroport, ses nombreuses boutiques et son centre commercial, dans lequel, nous mangeons un morceau afin de nous familiariser avec la cuisine japonaise ; le restaurant n’est pas un gastronomique et nous trouvons que ses prix sont un peu élevés, mais nous nous régalons tout de même.

A l’étage, nous avons la possibilité de sortir sur une terrasse extérieure afin d’admirer le ballet hypnotique des avions dont les mouvements démontrent l’activité intense de l’aéroport.

A quelques heures du décollage, nous franchissons les contrôles de sécurité, mais étant donné que nous transportons un trépied, l’agent de sécurité nous demande gentiment si nous avons la possibilité de le déposer en soute ; il nous accompagne au comptoir de la compagnie ANA, qui nous apprend également que des briquets ont été découvert dans un de nos sacs et que la législation japonaise n’autorise qu’un briquet par passager…et encore en cabine. Nous devons abandonner nos briquets, déposer notre trépied qui est placé dans une grosse caisse, entouré de plusieurs couches de papiers bulles. Nous expliquons à la guichetière qu’il n’est pas nécessaire de l’entourer de tant de précautions, mais elle n’en démord pas ; elle souhaite qu’il soit protégé correctement, obligeance japonaise oblige. Pour elle, le fait de nous retirer nos briquets ainsi que le soi-disant désagrément causé par le dépôt de notre trépied nécessite bien une attention supplémentaire. Elle nous remet également une bouteille d’eau, en nous expliquant que la législation sur les vols domestiques autorise le transport d’une bouteille à la contenance supérieure à 100 mL.

Nous franchissons les contrôles de sécurité et pouvons patienter jusqu’au départ de notre vol en nous adonnant à quelques séances de shopping, les Japonais se précipitant quant à eux sur les nombreux stands proposant de la nourriture, essentiellement des gâteaux et du chocolat dont ils sont friands.

Après un vol d’une heure et trente minutes, nous atterrissons tard dans la nuit à l’aéroport de Shonai, un petit aéroport qui permet quand même de rejoindre quelques pays d’Asie plus ou moins voisins, dont Taïwan.

Nous récupérons nos bagages ainsi que notre trépied qui n’a jamais été aussi bien protégé durant un vol et rejoignons l’extérieur de l’aéroport où nous retrouvons Hiroaki Yabushita, que nous appellerons Hiro San, notre réceptif local qui travaille pour la prestigieuse agence Shoko travel.

Nous découvrons un homme affable, la cinquantaine qui se prosterne plusieurs fois pour nous accueillir à grand coup de : « Konbanwa », qui signifie littéralement : « bonsoir » Le visage apaisant de l’homme nous inspire immédiatement confiance. Dans un Anglais pas toujours compréhensif, dû à un accent à couper au couteau, l’homme nous conduit à notre hôtel et nous demande si nous souhaitons manger un morceau. Nous lui répondons par l’affirmative en sanctionnant notre acceptation, de la formule de politesse la plus usitée dans le pays : « Arigato Gozaimasu » ou autrement : « merci infiniment », en prosternant nonchalamment notre tête en avant ; nous reproduisons à plusieurs reprises ce geste, jusqu’à nous arrêter, prenant conscience qu’après chaque prosternation, Hiro San, en effectue une autre.

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L’hôtel Dai Ichi à Tsuruoka

 

Situé au cœur de la ville, le Dai Ichi hotel est un établissement quatre étoiles, dont le prix des chambres est de 100 euros pour deux personnes. L’hôtel se trouve 2-10 錦町 Tsuruoka, Yamagata 997-0031, Japon et peut être joint au 00 81 235 24 7611 ou sur le site : http://www.tdh-tsuruoka.co.jp

Avec ses chambres équipées d’une climatisation, l’hôtel propose un service qualitatif, le personnel étant toujours à la disposition de ses clients ; la réservation inclus un accès illimité aux thermes de l’hôtel qui se trouvent au dernier étage du bâtiment annexe. Suivant les réservations, un petit-déjeuner buffet peut être inclus dans le prix de la chambre.

Sa position à proximité de nombreux bars et restaurants est utile pour les visiteurs qui ne possèdent pas de voiture personnelle.

Une petite précision, posséder une voiture personnelle ou de location nécessite de disposer d’un permis traduit en Japonais. Pour ce faire, un mois avant le voyage, il convient de contacter une agence de voyage spécialisée dans le Japon ; la procédure coûte 80 euros ; l’agence de voyage enverra le permis à l’organisme certifiant les permis étrangers en les traduisant. Une fois la traduction en poche, elle devra être présentée à l’agence de location. La démarche peut être réalisée directement au japon, ce qui nécessite un déplacement dans le centre de Tokyo, siège de l’organisme en question.

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Le bar à saké Banya Seijiro à Tsuruoka

 

Après avoir déposé nos affaires dans notre chambre, nous rejoignons Hiro San qui patiente dans le hall de l’hôtel ; nous le suivons et il nous conduit dans un bar à saké, une véritable institution dans le pays, les bars étant généralement fréquentés par des hommes, qui peuvent retrouver soit des amis, soit des collègues de travail, afin de passer un bon moment, en mangeant ou en dégustant du saké, autrement appelé Nihonshu, boisson emblématique du pays du soleil levant issue de la fermentation de riz et titrant environ 15% d’alcool.

Lorsque nous entrons dans le bar : Banya Seijiro, ouvert jusqu’à tard et joignable au 00 81 235 33 8751, nous nous asseyons et commandons au milieu de convives déjà bien en fête, un assortiment de sashimis et de sushis, que le chef prépare devant nous.

Alors que nous faisons connaissance avec Hiro San, il nous explique le programme de la semaine qui va nous faire découvrir les trésors de cette région peu touristique ; il nous explique ensuite, alors que le patron du bar vient nous servir à plusieurs reprises, du saké dans un verre sorti tout droit du congélateur, que Tsuruoka est une des capitales culinaires du Japon, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, ce qui laisse présager pour la semaine, une découverte culinaire de toutes les spécialités du pays. Nous trinquons à base de : « Kampaï », juste au moment où en tant que Français, nous allions dire : « Tchin-Tchin », l’expression désignant le pénis.

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Le trajet Tsuruoka Murakami

 

Le lendemain matin, à 09 h 00 précise, ainsi que convenu la veille, Hiro San nous attend à la réception de l’hôtel que nous avons réservé pour deux nuits. Dans sa petite voiture, il nous conduit à la gare de Tsuruoka ; en sa compagnie, nous allons pour moins de 20 euros, retirer deux billets aller-retour pour la ville de Murakami, une petite ville ancestrale de la préfecture de Nigata, nous faisant sortir un peu de la région du Shonai.

Nous montons dans le train…qui est à l’heure à la minute près et pouvons contempler durant le trajet, les paysages de bord de mer que nous longeons.

Nous arrivons à Murakami à l’heure prévue, ce qui s’avèrera être une habitude au Japon, durant notre séjour.

Le centre-ville de Murakami

 

Ville de 66 000 habitants, Murakami est le siège de la transformation du saumon, qui y est séché selon un mode de salaison ancestral. En descendant du train, nous faisons la connaissance d’une quinzaine d’enfants que deux maîtresses ont placé ingénieusement dans des chariots qu’elles tirent.

La place centrale qui se trouve juste en face de la gare permet au choix de rejoindre le centre ou de se rendre au siège de l’office de tourisme, option que nous prenons et grâce à laquelle, nous faisons connaissance avec son directeur. L’office est joignable au 00 81 2 54 53 23 47 ou sur le katano@sake3.com

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Nous découvrons un centre-ville traditionnel d’une ville qui a su conserver ses traditions et son architecture d’antan. Au milieu des maisons tout en bois, un marché local au sein d’un bâtiment en dur accueille les locaux qui souhaitent bénéficier de fruits et de légumes frais.

Mais à la différence d’autres marchés de fruits et de légumes que nous avons déjà découvert autour du monde, ici, point de frénésie, de vendeurs aux poumons déployés. Le calme, la rigueur et l’ordre prédominent, chaque client, patiemment attendant son tour pour effectuer ses achats.

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Le restaurant traditionnel Sennensake Izutsuya

 

Situé au 1-12 Komachi, Murakami, Niigata 958-0841, Japon et joignable au 00 81 254-53-7700 ou sur le site Internet : https://www.murakamiidutsuya.com/, le restaurant traditionnel Sennensake Izutsuya propose à ses clients une expérience culinaire unique.

Nous franchissons trois bandes de tissus accrochées au-devant d’une porte coulissante, qui dévoilent un patio aéré dans lequel patientent les clients qui ont fait l’erreur de ne pas réserver dans ce restaurant conseillé par les guides du monde entier. Une serveuse se présente à nous et nous propose de regarder un petit film qui explique la salaison des saumons en nous expliquant ou du moins à Hiro San qui nous le traduit, que les morceaux servis dans le restaurant ont subi un fumage ancestral.

En moins de 2 minutes, la serveuse nous conduit à notre table à l’étage, en nous faisant franchir une grande salle du restaurant dans laquelle, plusieurs convives, accroupis sur le sol mangent une sorte de barbecue portatif posé devant eux et sur lequel, une autre femme place des morceaux de saumons.

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Difficile est la première rencontre avec une table basse devant laquelle je dois également me placer…pieds croisés, tendus, en étoile, je ne parviens pas à trouver une position qui me soit agréable. Il me faut l’aide de la serveuse, qui arrive rapidement en portant deux sortes d’amuse-bouche à base de riz, pour trouver enfin la position adéquate : sur les genoux…et ce même si la position n’est pas usuelle.

Après quelques minutes de la dégustation d’une bonne bière locale, la serveuse revient en tenant dans ses mains, deux barbecues qu’elle pose devant nous ; pour tester la puissance de chauffe de ces barbecues, elle place à l’aide de deux baguettes, une des pièces de l’assiette servie : un mince filet de peau de saumon fumé et deux morceaux de bonnes consistances.

La cuisson commence immédiatement à faire effet. Mais alors que je croyais devoir manger ces pièces de saumons, elle nous porte deux bols vides accompagnés de plusieurs herbes et d’un contenant d’eau bouillante.

Délicatement, elle verse l’eau bouillante dans le bol agrémenté de riz et de diverses herbes. Les pièces de saumons grillées à point viennent garnir cette soupe…dont le goût exceptionnel me fait lâcher un : « Wow » d’étonnement.

Les thermes Senami onsen

 

Si les thermes, ou appelés également Onsens sont une institution au Japon, étant présents quasiment au sein de chaque hôtel du Nord du pays, certains d’entre eux sont véritablement des places de détentes qui appellent à une visite nécessaire. Les thermes Senami onsen qui se trouvent un peu excentrés de la ville et joignable au 00 81 254-52-2656 ou sur le site : http://www.senami.or.jp en sont une véritable recommandation.

Je fais ainsi connaissance avec les onsens japonais au sein de ces thermes après avoir payé les quelques euros de l’entrée, étant donné que pour moins de 5 euros, il est possible de s’y baigner sans être client de l’hôtel. Le location d’une grande serviette de bain ainsi que d’une petite serviette de toilette coûte 1 euro.

Les bains du Senami View Hotel ouverts au public de 15h jusqu’à 20h, avec une fermeture entre 10h et midi pour entretien proposent deux types de bain : un bain intérieur et un bain extérieur appelé rotenburo 露天風呂.

Après avoir acheté notre billet à l’entrée nous nous rendons au sous-sol de l’hôtel en suivant l’entrée réservée aux hommes marquée par la présence d’une bande de tissu bleu, le rouge étant réservée à la gente féminine, les bains étant non mixtes.

Je me déchausse et apprends que je dois me déshabiller intégralement, les onsens étant réservés aux clients entièrement nus. Passé la première hésitation, je m’exécute et laisse mes affaires dans des cagettes en osier qui se trouvent à l’entrée des bains intérieurs que nous devons traverser pour rejoindre les bains extérieurs face à la mer. Les objets de valeur peuvent être laissés à l’accueil ou dans des petits coffres qui se ferment à clef.

Le directeur qui m’a accompagné m’explique ensuite qu’il est important pour l’hygiène que je prenne une douche assis, car prendre une douche debout peut être impoli. Je m’exécute et teste immédiatement l’eau du bassin intérieure qui varie aux alentours de 41 degrés. Immédiatement, un sentiment de bien-être m’envahit…je me détends.

Le directeur me rejoint et me donne les derniers conseils pour bien profiter des lieux : les articles de toilettes ainsi que les savons et shampoings sont donnés gracieusement aux clients ; pour se savonner, il convient de le faire en dehors du bain, dans les petits emplacements prévus à cet effet ; ces derniers étant présents à l’intérieur, juste à côté des bassins. Il m’explique également qu’il est important de cacher ses tatouages, qui dénotent dans le pays, un lien avec les Yakuzas, la mafia japonaise. Néanmoins, un petit tatouage sur le bras est aujourd’hui accepté par les japonais, habitués à en voir du fait de la présence massive de touristes étrangers dans le pays.

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Nous le remercions et sortons à l’extérieur pour profiter d’un décor sublime ; face à la mer, nous rejoignons un bassin tout de pierres constituées et comportant la présence de matériaux en bois qui en souligne le côté traditionnel. L’eau étant puisé dans la source à 95 degrés de la ville, elle est encore plus chaude ; une légère brume due à la chaleur ambiante me plonge encore un peu plus dans une sorte de léthargie vivifiante. Et c’est fourbu, après une trentaine de minutes de détente que je me décide à quitter ce véritable paradis.

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Le musée du saumon

 

Dans la foulée, le musée du saumon nous ouvre ses portes ; au cœur d’un environnement dédié au saumon, le directeur, nous en fait l’éloge et la présentation, vêtu d’un costume, qui sans savoir s’il est authentique ou traditionnel a au moins le mérite d’attirer notre regard. Le musée se trouve Iyoboya Kaikan13-34 Shiomachi , Murakami 958-0876.

De grandes allées permettent d’en apprendre beaucoup sur les outils et les techniques traditionnels de pêche (Iguriamirryo) ainsi que sur la maturation des œufs et sur le processus de reproduction assistée des saumons.

Sous un bras de de la rivière Miomote une salle d’observation permet d’observer le fond de l’eau grâce à une série de vitres et de découvrir des centaines de petits saumons.

Dans une dernière salle, ce complexe immersif prend réellement tout son sens. Une vitre permet d’assister à la vie naturelle de la rivière, partagée entre les déambulations des petits animaux d’eau douce et des saumons qui nagent avec vigueur pour suivre le lit du cours d’eau.

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L’usine Kikkawa

 

Nous nous rendons ensuite à l’usine Kikkawa qui se trouve 1-20 Omachi, Murakami, Niigata 958-0842, Japon ; l’usine de fabrique de saumons séchés possède également une boutique et un restaurant et peut être jointe au 00 81 254 53 2213. Le site Internet est le : https://www.murakamisake.com

En traversant la salle qui jouxte l’entrée, nous sommes irrésistiblement attirés par une odeur forte de salaison qui nous hypnotise et nous conduit dans l’arrière salle sans que nous prenions le temps de nous intéresser aux divers produits à base de saumon proposés par la boutique de l’usine.

Des centaines de saumons pendus par la queue aux nombreuses poutres en bois semblent imperturbables, momifiés et respectés au travers d’un art maîtrisé par des employés qui les vident grâce deux incisions ventrales successives et les attachent de cette manière en guise d’un signe de considération sans borne qu’ils leur vouent.

Durant une année complète, les saumons ainsi figés seront la figure de proue des visites de l’usine dont la découverte s’arrête, hygiène oblige aux portes du sarcophage laborantin.

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L’artisanat de la ville : la boutique Asahi-mura Mayu no Hana no Kai

 

Il nous faut reprendre notre véhicule pour rejoindre la périphérie de la ville et faire une halte avant de reprendre notre train vers Tsuruoka, dans une boutique traditionnelle de travail de la soie…ou du moins de son élaboration.

La boutique Asahi-mura Mayu no Hana no Kai se trouve 1215 Sarusawa Murakami-shi 958 0261 Japon. La boutique est joignable au 00 81 2 54 72 03 87 ou sur le info@mayuhana.com ; le site Internet est le www.mayuhana.com

Pousser la porte de la boutique dévoile des couleurs vives de petites boules placées dans des pots transparents, au milieu de fleurs factices, dont nous apprendrons lors de notre rencontre avec la responsable, une élaboration unique de cocons provenant de vers divers et importés de Chine.

La responsable, une dame d’un certain âge qui travaille avec une employée plus jeune nous explique alors que les vers à soie sont élevés et récoltés lorsqu’ils se trouvent à l’état de larve dans un cocon ; ces cocons sont séchés et vendus un peu partout dans le monde.

Devant nous, alors que son employée s’attèle à découper des cocons pour en extirper les parties qui constitueront les pétales de fleurs factices, la patronne chauffe de l’eau dans laquelle elle place plusieurs cocons. Grâce à une pince à épiler, elle en saisit un bout de fil de l’ordre du millimètre qu’elle tire et place sur un écheveau. Le moulinage prépare le fil au tissage et permet de modifier son aspect et sa résistance grâce à un jeu de dévidage, de doublage et de rembobinage.

Le tissage est la dernière étape de finalisation de la soie ; les fils ainsi recueillis sont entrelacés dans le but d’obtenir différents tissus : mousseline, taffetas, crêpe, velours et satin.

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Le bar restaurant Saiyo Kabre Crazy western culture mania

 

Après un trajet retour sans encombre et une immersion dans les onsens de l’hôtel Dai ichi, Hiro San vient nous récupérer pour nous conduire dans un bar typique, apprécié de la jeunesse de la ville.

Le bar restaurant Saiyo Kabre Crazy western culture mania ne propose pas de cuisine japonaise, mais une cuisine internationale au cœur d’un décor déjanté dont seul le Japon a le secret. Ainsi, tout se mélange dans un joyeux désordre : l’art italien, le renouveau newyorkais et la finesse de la France. Pour les plats, la même similarité s’observe : frites avec fromage et sauce, pizzas, pâtes, brochettes…Le tout accompagné par une musique pop rock américaine entraînante.

Le bilan

 

La première découverte de ce territoire fut enrichissante ; non content d’avoir pu découvrir la région du Shonai avec la ville de Tsuruoka, nous avons pu effectuer une escapade intéressante dans la préfecture de Nigata avec la ville séculaire de Murakami.

Outre ses qualités culinaires, la ville permet de découvrir des techniques ancestrales de préparation du saumon, déclinés sous toutes les formes par des employés dont le savoir-faire se transmet de génération en génération.