Comment choisir une assurance voyage ?

Les vacances sont souvent synonymes de bien-être. En les imaginant, les voyageurs se voient déjà déguster des spécialités locales, se détendre aux abords d’une piscine de rêve avec une vue sur l’océan, un cocktail à la main et les rayons du soleil qui leur caressent la peau. Un véritable repos du guerrier bien mérité après une année harassante de travail voire plusieurs années à économiser pour s’offrir un parcours multi-destination.

Antigua Plage

Et dans cette projection, le doute n’est pas permis. Aucun événement ne pourrait venir troubler cette tranquillité d’esprit, sauf peut-être la peur de vivre un épisode pluvieux qui entraînerait un marmonnement dans sa barbe du plus tolérant des voyageurs.

Pourtant, il existe d’autres événements auxquels peu de voyageurs pensent et qui peuvent entraîner des conséquences dramatiques aussi bien humaines que pécuniaires : l’accident ou la maladie. Et en fonction de la gravité de l’événement, le séjour pourra virer au cauchemar, un cauchemar qui pourra avoir des conséquences préjudiciables sur le quotidien des voyageurs bien des années après sa réalisation.

Pour cette raison, une assurance voyage est indispensable lors d’un séjour à l’étranger.

Et étant donné que sur de nombreux sites, j’ai pu prendre connaissance de nombreuses erreurs, je souhaitais vous proposer un article détaillé et pragmatique sur les assurances voyage afin de vous aider à faire le tri entre les promesses farfelues des grands groupes d’assurance et les confusions dilettantes de certains blogueurs et sites d’informations touristiques.

Arabie Saoudite Desert

Comment fonctionne une assurance ?

Une assurance, sans avoir besoin d’en chercher la définition dans le dictionnaire est une structure qui va garantir en contrepartie du paiement d’une prime par un assuré, les risques éventuels pouvant se produire dans le futur.

De facto, une assurance n’est pas une structure philanthropique ; elle fonctionne de manière simplifiée au travers d’un système pyramidal optimiste. C’est à dire qu’elle va espérer que les bénéficiaires n’auront pas besoin d’elle.

En effet, pour schématiser, considérons mille clients qui versent chacun 42 euros de cotisation mensuelle. Sans prendre en considération les frais de gestion et commissions diverses, cela signifierait que l’assureur percevrait 42 000 euros. Si parmi ces mille clients, un des assurés subit un sinistre qui coûte 5000 euros, l’assureur conserve un bénéfice de 37 000 euros (42 000 – 5000) Par contre, imaginons que ces mille assurés subissent tous un dommage coûtant 5000 euros, l’assureur perdrait alors (42000 – 5000 * 1000), soit 4 958 000 euros, ce qui le mènerait irrémédiablement à la faillite.

Une assurance est donc une structure optimiste à grande échelle qui espère secrètement, voire moins secrètement que le souscripteur deviendra un bon client, c’est à dire un client qui honore ses cotisations sans avoir besoin de son intervention.

Il existe en ce sens autant d’assurances qu’il y a de possibilités dans une vie ; il existe des assurances voitures, des assurances habitations, des assurances professionnelles et des assurances voyages en n’énumérant que les plus usitées.

Australie Brisbane Bateau

Comment définir une assurance voyage ?

Une assurance voyage fonctionne comme son nom l’indique pour les voyageurs.

Quatre types d’assurances voyages sont proposées par les assureurs :

  • Le voyageur touristique, dont les séjours à l’étranger n’excèdent pas trois mois ;
  • Les globe-trotteurs dont les séjours sont supérieurs à trois mois ou 90 jours ;
  • Les expatriés, qui vivent à l’étranger ;
  • Les professionnels présents à l’étranger (salariés des grands groupes, stagiaires, étudiants, PVT).

En fonction de la situation du voyageur, le contrat qu’il devra signer comportera des clauses et des garanties spécifiques à son séjour.

Mais, afin de ne pas être exclus de leur assureur ou se voir après un incident, notifier un refus de prise en charge, il convient lors de la souscription du contrat, que les assurés soient les plus honnêtes et les plus fidèles à la réalité possible. Par exemple, en restant scrupuleusement dans leur catégorie de voyageurs ou en ne mentant pas sur la durée effective de leur séjour.

Bolivie 4_4

Avec qui le voyageur signe t’il effectivement son contrat d’assurance ?

Tous les jours, les publicités à la télévision et sur Internet abreuvent les lecteurs et les spectateurs de formules choc émanant de structures différentes. Ces structures généralement aux noms proches ont un fonctionnement propre.

Ce que les assurés ne savent pas, c’est que la compagnie d’assurance dans laquelle, ils vont souscrire un contrat d’assurance n’est pas l’assureur au sens juridique du terme.

En effet, les compagnies telles que Chapka assurance, AVI, ACS, Go on assurances ne sont pas des assurances, mais des courtiers en assurance.

Et ce que les assurés savent encore moins, c’est que deux contrats émanant de courtiers différents pourront comporter des ressemblances significatives, quand bien même leur prix de souscription sera différent.

Car en réalité, les courtiers chez lesquelles les voyageurs signent leurs contrats ne sont que des intermédiaires.

Par exemple, la compagnie Go On assurances est un partenaire du grossiste en assurance Assur travel (ndlr : Assur travel bénéficie encore d’un régime particulier puisque la structure ne travaille qu’avec des courtiers professionnels tels que Go On assurances) qui est assuré chez Mutuaide, un des leaders des assurances en France. Le courtier Chapka est assuré en ce qui le concerne chez Axa assistance. Le courtier AVI est assuré chez Europe assistance.

Ce qu’il convient également de préciser, c’est que les sociétés Axa, Groupama, Generali ne sont pas des courtiers, mais des compagnies d’assurance. C’est à dire qu’elles font le même travail qu’un courtier, qu’elles sont également assurés chez des assureurs, mais qu’elles dépendent directement de ces assureurs qui les ont créées afin de bénéficier de filiales assistances. Generali a pour filiale Europe assistance ; Axa a pour filiale Axa assistance et Groupama a pour filiale Mutuaide.

A côté de ces compagnies, existent des mutuelles telles que la MAF ou la MAIF, mais à la différence des compagnies, ce ne sont pas des sociétés privées, mais des mutuelles ; une société pouvant avoir des clients et être cotée en bourse, alors que les mutuelles ont des sociétaires. Ces deux mutuelles sont assurées  chez IMA.

Mutuaide, Axa assistance, Europ assistance sont donc les assureurs, mais ils n’ont que peu de contact avec les assurés, seulement en cas de sinistre. Chapka, Assur travel, AVI, Go On assurances  gèrent les dossiers d’inscription et ont en ce sens une délégation de gestion.

Dans les faits et en utilisant une image, une compagnie d’assurance ou un courtier chez qui un assuré signe un contrat est une agence de voyage alors que l’assureur de la compagnie en est le Tour Opérateur.

Quand un voyageur verse une somme à un courtier dans le but de souscrire un contrat, le courtier verse intégralement cette somme à son assureur qui lui reverse une commission de gestion. Dans les faits, cette commission de gestion représente en moyenne 20 % de la somme versée. Les assureurs en conservent alors 80 %.

Quels sont les secteurs géographiques couverts par une assurance voyage ?

Une assurance voyage est une assurance qui couvre les évènements pouvant survenir sur un territoire hors de son lieu d’habitation. Pourquoi un territoire ? Car contrairement à ce que pensent certains voyageurs,  un voyage en France est couvert au même titre qu’un voyage à l’étranger, tout le monde ne partant pas à l’autre bout du monde. Un rapatriement du Sud de la France à son domicile situé dans le Nord aura un certain coût non négligeable.

Néanmoins, dans les contrats d’assurance,les voyageurs peuvent remarquer qu’il est inscrit que les voyages dans le pays de résidence ne sont pas couverts. Il n’est pas question ainsi de ne pas prendre en charge les frais inhérents au rapatriement d’un assuré, mais cette clause indique simplement que les frais de santé ne sont pas couverts étant donné que la sécurité sociale française prend à sa charge les frais d’hospitalisation et de soins.

D’une manière générale, sont exclus les pays en état de guerre civile ou étrangère, d’instabilité politique notoire, subissant des mouvements populaires, émeutes, actes de terrorisme, représailles, restriction à la libre circulation des personnes et des biens sur un motif, notamment sanitaire, de sécurité ou météorologique.

Concrètement, cette exclusion signifie que les assureurs seront dégagés de toute responsabilité s’ils ne peuvent prendre en charge le rapatriement des voyageurs. Néanmoins, cette clause est réduite dans le sens où généralement sont prises en compte les fermetures de frontières avec impossibilité de départ ou d’intervention dans le pays. Ce qui peut être le cas lors d’évènements imprévus. Mais l’assureur devra démontrer devant la justice civile qu’il a tout mis en œuvre pour assurer l’exécution de sa mission.

Cette exclusion peut paraître de primes abords dangereuse, dans le sens où la liste des pays considérés comme en guerre est mise à jour régulièrement : aller dans un de ces pays dont l’assureur possède la liste est soumis à un facteur d’exclusion immédiate de toute prise en charge.

Néanmoins, comment se passe la prise en charge d’un assuré si le pays est déclaré en guerre durant son séjour ? Dans ce cas, la responsabilité de l’assureur sera engagée s’il avait une possibilité d’évacuer le voyageur par voie aérienne ou voie terrestre et qu’il n’a pas assuré la mission qu’il lui incombait.

Pour un voyage dans des pays dits en guerre, une assurance spécifique doit être contractée. En cas de doute, les voyageurs sont invités à contacter leur courtier sur l’état de sécurité de leur destination.

Dans quels cas intervient la sécurité sociale lors de la prise en charge de frais médicaux ?

La sécurité sociale intervient en France métropolitaine et dans les collectivités territoriales en prenant à sa charge les éventuels frais de soin. Cependant, ces frais, mis à part dans les hôpitaux doivent être avancés par le patient, sauf si le praticien accepte le paiement au tiers ; dans ce cas, le patient n’a qu’à avancer la part de la mutuelle appelée aussi complémentaire (qui est de 30 % dans le reste de la France et de 10 % en Alsace et en Moselle)

A la fin d’un contrat de travail, les droits des assurés sont conservés durant un an ; cette période est réduite à six mois si la caisse est prévenue d’un départ pour un long voyage.

En ce qui concerne l’Europe, tous les frais médicaux devront être avancés par l’assuré et seront remboursés sur la base de la sécurité française avec présentation d’une facture.

Depuis 2004, il existe cependant une carte européenne d’assurance maladie ; elle est délivrée pour deux ans à la caisse d’assurance maladie dont dépend le bénéficiaire et elle est à présenter au prestataire de soins consulté en Europe, pour des soins médicalement nécessaires.

Cette carte donne accès aux soins dans tous les pays de l’Union européenne suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie,Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Slovaquie, Roumanie, Royaume-Uni, Slovénie, Suède et Suisse.

Ainsi, en possession de la carte européenne d’assurance maladie, l’assuré bénéficiera d’une prise en charge selon la législation en vigueur dans cet Etat et pourra être exempté de l’avance des frais et si avance des frais il y a, il pourra demander le remboursement sur place par l’organisme de Sécurité Sociale national du pays dans lequel il a bénéficié de soins.

Pour les zones hors-Europe, il n’existe pas de carte de Sécurité Sociale internationale. Certains contrats IARD proposent cependant une option IMA (Intermutuelles Assistance), qui fait office d’assurance voyage partielle pour un coût de 40 euros à l’année. Cependant, cette assurance peu chère nécessite une affiliation à la Sécurité Sociale et n’interviendra qu’après le remboursement de la caisse maladie et de la mutuelle. Les frais devront être avancé par le bénéficiaire et le remboursement se fera après coup sur la base de la Sécurité Sociale française. Et ce seulement si une convention existe entre la France et le pays dans lequel s’est déroulée la prise en charge médical. En l’absence de convention, aucun remboursement ne sera possible.

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Comment se passe une prise en charge par une compagnie d’assurance en Europe et dans le monde après une maladie ou un accident ?

Dans le monde et en Europe, après un accident ou une maladie, l’assuré doit appeler son assurance au numéro indiqué dans son contrat. A l’autre bout du fil, un conseiller décrochera quelle que soit l’heure, quel que soit le jour. Après lui avoir exposé de la manière la plus précise possible son incident, le conseiller ouvrira un dossier pour l’assuré et posera une série de questions afin de voir si aucune condition d’exclusions peut entraîner un rejet de couverture.

Une fois le dossier validé, deux cas se présenteront :

  • Dans la majorité des cas, l’assureur prendra contact avec son assisteur présent sur place qui se chargera de régler le dossier, l’assisteur étant un habitant du pays ayant une fonction particulière, généralement médical afin de gérer le dossier avec les structures de santé locales. Une fois la prise de contact établie avec l’établissement médical, l’assuré sera pris en charge intégralement sans avoir besoin de faire l’avance des fonds. Cette prise en charge consiste en une prise en charge médicale en une gestion du transport en véhicule privé si l’état de l’assuré le permet et en un rapatriement en classe économique, en première classe si l’état de l’assuré le nécessite ou en avion médicalisé si son état est jugé plus délicat.
  • Dans certains cas, il sera impossible pour l’assureur de régler le dossier en direct avec un établissement médical. Dans ce cas, tous les frais qui en découleront devront être réglés par l’assuré, les factures seront conservées et le remboursement interviendra dès le retour de l’assuré en France.
Bresil Amazone

Quelles sont les exclusions qui peuvent justifier un refus de prise en charge d’un assuré ?

Lorsqu’un voyageur contracte une assurance, il ne lit pas les garanties d’exclusion présentes dans les conditions générales d’utilisation ; or ces dispositions sont fondamentales car la présence d’une d’entre elles peut suffire à justifier l’absence de prise en charge d’un sinistre par la compagnie.

Ainsi, lorsqu’un assuré victime d’un accident appelle son conseiller assistance, la conversation qui va se dérouler sera fondamentale pour la gestion du dossier ; à ce moment, l’assuré encore sous le choc de l’événement vécu peut omettre des faits ou se tromper dans ses explications. Quand bien même, aucun écrit olographe n’a été rédigé, les paroles dites dans cette conversation seront prises pour argent comptant et aura preuve de foi pour l’assureur. Même si la situation ne l’exige pas, il vaut mieux reprendre si possible ses esprits et chercher sur Internet les conditions générales de son assurance, afin de ne pas mentionner des faits qui pourraient y être englobés. Et ensuite, seulement déclarer son sinistre. La loi obligeant à une déclaration dans les 48 heures en cas de vol ou dans les 5 jours ouvrés pour les autres situations, le voyageur sera ainsi toujours dans les temps.

D’une manière générale, voici les motifs d’exclusion par un assureur de la prise en charge d’un assuré :

  • Les accidents survenus après un non-respect des mesures de sécurité (alcoolémie, drogue, non-port du casque pour un deux-roues)
  • Les frais engagés sans l’accord de l’assureur
  • Les conséquences d’une maladie préexistantes au départ
  • Les frais liés à la contraception, l’IVG, la grossesse
  • Les soins préventifs, de contrôles ou de conforts
  • Les frais dermatologiques, l’ostéopathie, les médecines alternatives, les traitements non urgents, les MST, les allergies
  • Le remplacement des lunettes ou de prothèses qui ne résulterait pas d’un accident
  • Les frais médicaux et d’hospitalisation dans le pays de domicile du bénéficiaire
  • Les conséquences d’actes dolosifs, l’ivresse, le suicide ou la tentative de suicide et leurs conséquences
  • Toute mutilation volontaire du bénéficiaire
  • Les maladies et/ou blessures préexistantes diagnostiquées et/ou traitées ayant fait l’objet d’une hospitalisation ambulatoire dans les 3 mois précédant la date du départ en voyage, qu’il s’agisse de la manifestation ou de l’aggravation dudit état
  • 
 Les événements liés à un traitement médical ou à une intervention chirurgicale qui ne présenteraient pas un caractère imprévu, fortuit ou accidentel,
  • Les dommages provoqués intentionnellement par le bénéficiaire et ceux résultant de sa participation à un crime, à un délit ou à une rixe, sauf en cas de légitime défense
  • Le montant des condamnations et leurs conséquences,
  • L’usage de stupéfiants ou drogues non prescrits médicalement
  • L’état d’imprégnation alcoolique et ses conséquences
  • La pratique, à titre professionnel ou compétitive, de tout sport (sauf si une option a été incluse dans le contrat)
  • La pratique de sports extrêmes (sauf si une option a été incluse dans le contrat)
  • Les conséquences du non-respect des règles de sécurité reconnues liées à la pratique de toute activité sportive de loisirs
  • L’inobservation volontaire de la réglementation du pays visité ou de la pratique d’activités non autorisées par les autorités locales,
  • Les sinistres survenus dans les pays exclus de la garantie ou en dehors des dates de validité du contrat, et notamment au-delà de la durée du déplacement prévu à l’étranger
  • Les recherches de personnes dans le désert et les frais s’y rapportant,
  • Les frais non justifiés par des documents originaux,
Namibie Desert de Namib

Dans quels pays l’assurance voyage est obligatoire ?

Si dans une grande majorité des pays de la planète, l’assurance voyage est facultative, quelques pays l’exigent lors du passage frontière ou lors de la délivrance du visa. Ces pays au nombre de 5 sont : la Chine, la Mongolie, Cuba, l’Algérie et la Russie.

Cette obligation est ainsi exigée afin de garantir au pays hôte, la prise en charge d’éventuels problèmes pouvant survenir dans le pays et une économie non substantielle de la prise en charge des frais d’hospitalisation et de rapatriements.

Pour info, un étranger qui se rend dans l’espace Shengen doit pour obtenir son visa, justifier d’une assurance couvrant les frais de santé en cas d’hospitalisation ; cette assurance doit couvrir un plafond minimum de 30 000 euros)

Algerie Desert du Sahara Bergere

Quelles conséquences pour les voyageurs qui voyagent sans assurance ?

L’absence de la prise en charge des frais médicaux à l’étranger ou un éventuel rapatriement par une assurance peut entraîner des conséquences dramatiques pour le voyageur. Ces conséquences sont d’abord pécuniaires. Si effectuer une consultation médicale ou soigner un petit bobo reste relativement accessible dans le monde (aux alentours d’une cinquantaine d’euros en moyenne), certains actes médicaux génèrent des sommes astronomiques. Et ce sans parler d’une hospitalisation ou d’un rapatriement en avion médicalisé.

Voici quelques exemples de montants générés par une hospitalisation ou par une prise en charge dans le monde :

  • Le Caire (Egypte) : consultation médicale, 250 euros
  • Séville (Espagne) : consultation médicale, 300 euros
  • Madrid (Espagne) : rapatriement, 30 000 euros
  • Chicago : un mal de ventre, 8000 €
  • Saint-Domingue (République dominicaine) : une tourista, 4250 euros
  • Los Angeles (Etats-Unis) : Passage aux urgences, 62000 €
  • Grèce : une épaule déboitée à Corfou, 3223 €
  • Antalya (Turquie) : fracture du col du fémur à Antalya, 18500 euros
  • New York (Etats-Unis) : accouchement : 700 000 euros
  • Johannesburg (Afrique du Sud) Rapatriement, 60 000 euros
  • Moscou (Russie) : Grippe, 1026 euros
  • Pékin (Chine) : séjour hospitalier de trois jours, 12 000 euros
  • Dakar (Sénégal) : Extraction d’une dent, 1200 euros

Et ce, sans compter que dans la majorité des pays, ces frais seront majorés du fait que les voyageurs sont étrangers. Le déplacement d’un médecin dans un hôtel : 100 euros en moyenne, la consultation d’un médecin sur un bateau de croisière : 90 euros, une prise de sang sur un bateau de croisière : 400 euros. Des frais ainsi multipliés, et ce sans compter un transport aérien assez onéreux : en moyenne 60 000 euros pour un avion médicalisé ou4000 euros pour un billet en première classe  si le voyageur rapatrié a nécessairement besoin de plus de place que le permet la classe économique.

Si l’assurance voyage reste ainsi facultative, elle en est néanmoins indispensable.

Dans un autre registre, l’absence d’assurance peut avoir des conséquences inattendues : l’absence de soin ou la prison. En effet dans certains pays, l’urgence de la situation n’y changera rien ; si le voyageur n’est pas en mesure de garantir le paiement de ses soins, il ne sera tout simplement pas soigné. Et s’il est soigné et qu’il ne peut payer lors de sa convalescence, les soins effectués, il se verra poursuivre par le personnel médical ou l’établissement. Et à la différence de l’Europe, dans de nombreux pays de la planète, une dette peut conduire en prison.

Algerie Parc de l Ahaggar

Concrètement, quelle assurance choisir ?

Pour plus de lisibilité, voici un tableau récapitulatif des différentes garanties proposées par les assureurs les plus représentatifs de la profession au 01 juin 2018 :

 GO ON ASSURANCEACSCHAPKAAVIExtension de garantie assurance habitation Axa
FORMULE (sur 12 mois)
Voyage jusqu'à 12 mois dont USA et Canada (Offre premium)Voyage jusqu'à 12 mois dont USA et Canada (Globe Partner)Voyage jusqu'à 12 mois dont USA et Canada (Cap Aventure) Voyage jusqu'à 12 mois dont USA et Canada (Marco Polo)Voyage jusqu'à 90 jours consécutivement et supérieur à 30 kilomètres du domicile (Assistance aux personnes)
Tarif mensuel 49 eurosMoins de 36 ans : 34 euros
Entre 36 et 69 ans : 40,60 euros
Moins de 35 ans : 62 euros
De 36 à 49 ans : 86 euros
De 50 à 64 ans : 118 euros
De 65 à 69 ans : 168 euros
De 70 à 79 ans : 232 euros
moins de 35 ans : 60 euros0 euros (compris dans le contrat assurance habitation)
HOSPITALISATION
Plafond du remboursement200 000 euros (franchise de 30 euros) (offre premium et summum)
500 000 euros pour les USA et le Canada (option summum)
150 000 euros200 000 euros dans le reste du monde
1 000 000 euros aux USA et au Canada (franchise de 35 euros)
300 000 euros dans le reste du monde
100 000 euros en Europe
76 225 euros en Asie, Amérique et Océanie (franchise de 23 euros)
7623 euros dans le reste du monde
FRAIS MEDICAUX
HospitalisationFrais réels jusqu'au plafond de remboursementFrais réels jusqu'au plafond de remboursementFrais réels jusqu'au plafond de remboursementFrais réels jusqu'au plafond de remboursementFrais réels jusqu'au plafond de remboursement
Actes médicauxFrais réels jusqu'au plafond de remboursementFrais réels jusqu'au plafond de remboursementFrais réels jusqu'au plafond de remboursement300 000 euros dans le reste du monde
100 000 euros en Europe
Frais réels jusqu'au plafond de remboursement
Soins dentaires d'urgence153 euros300 euros600 euros150 euros77 euros
PharmacieFrais réelsFrais réelsFrais réelsFrais réelsFrais réels
Optiquenon inclus0 euros400 euros (après un accident)400 euros (après un accident)Non inclus
Soins dentaires suite à accident153 euros600 euros1300 euros500 euros77 euros
ASSISTANCE
Transport médicalFrais réelsFrais réelsFrais réelsFrais réelsFrais réels
Rapatriement sanitaireFrais réelsFrais réelsFrais réelsFrais réelsFrais réels
Retour d'un procheBillet retour en classe économiqueBillet retour en classe économiqueBillet retour en classe économiqueBillet retour en classe économiqueBillet retour en classe économique
Présence d'un membre de la familleBillet Aller-retour + 80 euros/nuit (limité à 10 nuits)Billet Aller-retour + 80 euros/nuit (limité à 8 nuits)Billet Aller-retour + 80 euros/nuit (limité à 10 nuits)2000 euros en transport et 525 euros pour les nuitésBillet aller-retour en classe économique et 60 euros / jour pour les nuits (limité à 10 nuits)
Retour anticipé suite au décès d'un procheBillet aller-retourBillet retourBillet retourBillet retour ou billet aller-retour si séjour supérieur à 5 moisBillet retour
Envois des médicaments indispensables et introuvablesFrais réelsFrais réelsFrais réelsFrais réelsFrais réels
Transmission des messages urgentFrais réelsFrais réelsFrais réelsFrais réelsFrais réels
Frais de rechercheNon inclus3000 euros3500 euros2000 euros
Avance de fonds en cas de volNon inclus700 euros150 euros1000 euros763 euros
Assistance juridique3049 euros3000 euros13 000 euros3000 euros1525 euros
Avance sur caution pénale15 245 euros7000 euros7500 euros7500 euros11 434 euros
Rapatriement du corps en cas de décèsFrais réelsFrais réels Frais réelsFrais réelsFrais réels
RESPONSABILITÉ CIVILE
Dommages corporels causés à autrui7 500 000 (option summum)4 500 000 euros4 500 000 euros
1 500 000 euros si l'incident a lieu aux USA ou au Canada
750 000 euros20 000 000
Dommages matériels causés à autrui750 000 euros (option summum)450 000 euros450 000 euros450 000 euros20 000 000
ACCIDENT ET PREVOYANCE
Capital décès accidentelNon inclus8000 euros12 000 euros15 000 eurosNon inclus
Frais cercueil1500 euros1500 euros2000 euros2000 euros723 euros
Capital incapacité permanenteNon inclus30 000 euros50 000 euros75 000 eurosNon inclus
ASSURANCE TRANSPORT
Vol et perteNon inclus1150 euros (en complément de la compagnie de transport)2000 euros (sur toute la durée du séjour)2000 euros (sur toute la durée du séjour)Non inclus
Indemnité de retardNon inclusNon inclus150 euros (retard bagage)Non inclusNon inclus
Objets précieuxNon inclusNon inclus1000 euros max correspondant à 50 % de la valeur (Appareils photo, camera, ordinateur et téléphone portable sont exclus)300 eurosNon inclus
Annulation volNon inclusNon inclusNon inclusNon inclusNon inclus
Annulation séjourNon inclusNon inclusNon inclusNon inclusNon inclus
Rapatriement de l'assuréFrais réels (classe économique ou classes supérieures si nécessité de plus de place)Frais réels (classe économique ou classes supérieures si nécessité de plus de place)Frais réels (classe économique ou classes supérieures si nécessité de plus de place)Frais réels (classe économique ou classes supérieures si nécessité de plus de place)Frais réels (classe économique ou classes supérieures si nécessité de plus de place)

En ce qui concerne les cartes bancaires, leur cotisation inclus certaines prises en charge, mais généralement, ces prises en charge sont limitées. Les cartes bancaires couvrent le titulaire de la carte, son conjoint ou concubin, ses enfants et ceux de son conjoint de moins de 25 ans fiscalement à charge, voyageant ensemble ou séparément et les petits-enfants célibataires de moins de 25 ans voyageant avec le grand parent titulaire de la carte et ses ascendants.

Voici un récapitulatif des garanties au 01 juin 2018 proposées par les principales cartes bancaires :

 VISAVISA PREMIERMASTERCARDMASTERCARD GOLD
FORMULEPaiement voyage avec carte bancaire et séjour de moins de 90 jours Paiement voyage avec carte bancaire et séjour de moins de 90 jours Paiement voyage avec carte bancaire et séjour de moins de 90 jours Paiement voyage avec carte bancaire et séjour de moins de 90 jours
Tarif mensuel 0 euros 0 euros 0 euros 0 euros
HOSPITALISATION
Plafond du remboursement11 000 euros (franchise de 50 euros) 156 000 euros (franchise de 50 euros) 11 000 euros (franchise de 50 euros) 156 000 euros (franchise de 50 euros)
FRAIS MEDICAUX
HospitalisationFrais réels jusqu'au plafond de remboursement Frais réels jusqu'au plafond de remboursement Frais réels jusqu'au plafond de remboursement Frais réels jusqu'au plafond de remboursement
Actes médicauxFrais réels jusqu'au plafond de remboursement Frais réels jusqu'au plafond de remboursement Frais réels jusqu'au plafond de remboursement Frais réels jusqu'au plafond de remboursement
Soins dentaires d'urgence500 euros (franchise de 50 euros) 700 euros (franchise de 50 euros) 500 euros (franchise de 50 euros) 700 euros (franchise de 50 euros)
PharmacieFrais réels Frais réels Frais réels Frais réels
OptiqueNon inclusNon inclus Non inclus Non inclus
Soins dentaires suite à accident500 euros (franchise de 50 euros)700 euros (franchise de 50 euros) 500 euros (franchise de 50 euros) 700 euros (franchise de 50 euros)
ASSISTANCE
Transport médicalFrais réels Frais réels Frais réels Frais réels
Rapatriement sanitaireFrais réels Frais réels Frais réels Frais réels
Retour d'un procheBillet retour en classe économique Billet retour en classe économiqueBillet retour en classe économique Billet retour en classe économique
Présence d'un membre de la familleBillet Aller-retour + 65 euros/nuit (limité à 10 nuits) Billet Aller-retour + 125 euros/nuit (limité à 10 nuits) Billet Aller-retour + 65 euros/nuit (limité à 10 nuits) Billet Aller-retour + 125 euros/nuit (limité à 10 nuits)
Retour anticipé suite au décès d'un procheBillet aller-retour Billet aller-retour Billet aller-retour Billet aller-retour
Envois des médicaments, lunettes, prothèses indispensables et introuvablesFrais réels Frais réels Frais réels Frais réels
Transmission des messages urgentFrais réels
100 euros de remboursement téléphonique lié au sinistre
Frais réels
100 euros de remboursement téléphonique lié au sinistre
Frais réels
100 euros de remboursement téléphonique lié au sinistre
Frais réels
100 euros de remboursement téléphonique lié au sinistre
Frais de rechercheNon inclus
5000 euros de frais de secours sur piste de ski
Frais réelsNon inclus
5000 euros de frais de secours sur piste de ski
Frais réels
Avance de fonds en cas de vol Non inclus 2000 euros Non inclus 2000 euros
Assistance juridique 800 euros
3100 euros d'avance des frais d'avocat
3100 euros
16 000 euros d'avance des frais d'avocat
800 euros
3100 euros d'avance des frais d'avocat
3100 euros
16 000 euros d'avance des frais d'avocat
Avance sur caution pénale 7770 euros 16 000 euros 7770 euros
Rapatriement du corps en cas de décès Frais réels Frais réels Frais réels Frais réels
RESPONSABILITÉ CIVILE
Dommages corporels causés à autrui Non inclus 2 000 000 euros par sinistre Non inclus 2 000 000 euros par sinistre
Dommages matériels causés à autrui Non inclus 2 000 000 euros par sinistre Non inclus 2 000 000 euros par sinistre
ACCIDENT ET PREVOYANCE
Capital décès accidentel 95 000 euros si transport public par famille
46 000 euros si transport privé par famille
310 000 euros si transport public par famille
46 000 euros si transport privé par famille
95 000 euros si transport public par famille
46 000 euros si transport privé par famille
310 000 euros si transport public par famille
46 000 euros si transport privé par famille
Capital incapacité permanente 95 000 euros si transport public par famille
46 000 euros si transport privé par famille
310 000 euros si transport public par famille
46 000 euros si transport privé par famille
95 000 euros si transport public par famille
46 000 euros si transport privé par famille
310 000 euros si transport public par famille
46 000 euros si transport privé par famille
ASSURANCE TRANSPORT
Vol et perte Non inclus 850 euros Non inclus 850 euros
Indemnité de retard Non inclus 450 euros
450 euros pour les retards de bagage
Non inclus 450 euros
450 euros pour les retards de bagage
Objets précieux Non inclus 300 euros Non inclus
Annulation vol Non inclus 5000 euros Non inclus 5000 euros
Annulation séjour Non inclus 5000 euros Non inclus 5000 euros
Rapatriement de l'assuréFrais réels (classe économique ou classes supérieures si nécessité de plus de place) Frais réels (classe économique ou classes supérieures si nécessité de plus de place) Frais réels (classe économique ou classes supérieures si nécessité de plus de place) Frais réels (classe économique ou classes supérieures si nécessité de plus de place)
Frais de cercueil800 euros800 euros800 euros800 euros

Le Bilan

Cet article fut difficile à écrire, tant les informations sur les assurances voyage que les voyageurs peuvent trouver sur Internet sont obscures et difficilement compréhensibles. Les assurances communiquent généralement sur les garanties qu’elles proposent, mais omettent de préciser les exclusions et la relation clientèle qui finalisent pourtant la gestion d’un sinistre.

Il est vrai que les assurés regardent généralement le prix d’une mensualité avant de souscrire un contrat et uniquement le prix, mais cette méthode n’est pas optimale, tant le coût d’une assurance peut être un moyen mais surement pas une fin en soi. Entre payer 40 euros mensuellement pour sa prime et voir son dossier mal pris en charge lors d’un sinistre et 42 euros tout en sachant que son dossier sera considéré humainement de manière optimale ne laisse pas de doute possible quant à la pertinence d’un tel choix.

La relation avec son assureur est fondamentale puisque la méconnaissance du fonctionnement de son contrat peut donner lieu à un rejet de couverture qui est synonyme d’un paiement des mensualités pour rien, et ce sans le savoir.

Afin de globaliser les informations, trois points sont ainsi à prendre en compte : le prix, les garanties et la relation clientèle ce dernier point étant à mon sens fondamental ;

D’un point de vue tarif, mis à part les extensions du contrat habitation proposé par Axa et les assurances carte bancaire qui ne coûtent rien pour des voyages de moins de trois mois, ACS et Go on assurances proposent les tarifs les moins chers du marché (en moyenne pour l’ensemble des tranches d’âge) pour un voyage Globe trotter sur 12 mois (pour un voyage tourisme de moins de trois mois, ils sont également les plus concurrentiels). L’assurance CHAPKA est en ce qui la concerne la plus onéreuse, surtout en ce qui concerne les plus de 36 ans.

D’un point de vue garanties, généralement, les contrats se valent entre les différents assureurs.  Tous proposent des rapatriements, des accompagnements et des prises en charge des soins avec des plafonds un peu plus bas pour certains. En ce qui concerne les garanties, CHAPKA s’en sort le mieux. ACS possède quant à elle des plafonds un peu plus limités en remboursement de soins.

D’un point de vu relation clientèle, pour avoir contactées toutes les assurances étudiées en me faisant passer pour un touriste souhaitant partir en vacance pour une durée de douze mois, je dois dire que toutes les assurances ont été à l’écoute.

Néanmoins, dans de nombreuses structures, les intervenants travaillent au sein de plateformes téléphoniques et chaque appel d’un assuré se verra attribué un conseiller aléatoirement avec le sentiment dans certains cas de ne pas être écouté, ni compris, rajoutant ainsi une pression à un assuré qui lors d’un sinistre n’a pas besoin de ce handicap. En outre, il suffit de tomber sur un conseiller qui n’adhère pas à son histoire ou qui n’est pas professionnel pour voir le chaos d’une prise en charge de son dossier émerger et un éloignement du remboursement pourtant dû.

Et dans ce cas, il est nécessaire de contester la décision de ce conseiller en envoyant un courrier à son assureur, puis de se voir notifier une confirmation du refus de la prise en charge, les assureurs dans leur grande majorité ne remettant pas en cause la décision d’un conseiller. Ensuite, l’assuré lésé entre dans une procédure administrative longue et complexe : saisi du médiateur des assurances, constitution d’un dossier, saisi de la justice civil, appel, cassation, cour européenne des droits de l’homme Et durant les longues années que durera la procédure, aucun remboursement n’aura été effectué et les sommes avancés, quasiment perdues.

Alors avant d’en arriver à ces extrémités et justement pour ne pas avoir besoin d’y arriver, il convient de bien choisir son assurance en se basant sur ce critère humain et d’écoute.