Tuvalu, l’archipel du bout du monde

Perdu au milieu du Pacifique, entre Hawai et les îles Fidji, Tuvalu est un micro-état de 26 km2 baignant dans des eaux territoriales de 750 000 km2. En réalité, Tuvalu est un archipel dont la majeure partie des 12000 âmes qui composent le pays vivent sur l’île de Funafuti, qui y fait aussi office de capitale. Bien que le pays ne possède pas de division administrative, le pays peut être découpé en neuf îles : Funafuti, Nanumea, Niutao, Nanumaga, Niulajita, Nui, Nukufetau, Nukulaelae et Vaitupu.

Sur Funafuti, pour communiquer avec l’extérieur, les Tuvaluans utilisent comme adresse le nom de Vaiaku qui pourrait ressembler au concept de ville sans en être une. De primes abords, peu de touristes dans le monde y placeraient la destination en tête de leur liste de pays à visiter. Non pas que Tuvalu ne possède pas d’attraits, bien au contraire, mais tout simplement, parce que le pays situé en marge des flux touristiques est méconnu et difficile d’accès.

Tuvalu Artisane

Méconnu, enfin, oui et non, car ces dernières années, le pays a fait parler de lui ou du moins a été le sujet de conversation des climatologues le désignant comme le premier pays à être happé par l’océan si la fonte des glaciers continuait son inexorable expansion. Mais, les Tuvaluans, quand bien même se retrouvent le plus souvent lors d’ouragans, les pieds dans l’eau, ont confiance en l’avenir et ne se sentent pas préoccupés par ce risque qui se trouve au-dessus de leur tête telle une épée de Damoclès placée par les pays occidentaux et leur quête insatiable de productivité.

Tuvalu Bateau echoue

Difficile d’accès, certainement. Aller au Tuvalu nécessite de France un minimum de quatre changements d’avion. Il faut se rendre tout d’abord en Australie, puis prendre un vol pour rejoindre les Fidji. Aux Fidji, en provenance des îles du Pacifique Sud, l’avion atterrira à Nadi, alors que le vol vers Tuvalu se prend à Suva, soit une traversée intégrale des Fidjis dans le sens Est-Ouest pour simplement prendre un vol. Et enfin, prendre un vol de la compagnie nationale pour rejoindre Tuvalu. Et encore, si le vol n’est pas en retard, voire tout simplement annulé.

 

Mais, alors que voir au Tuvalu ?

 

Funafuti

Tuvalu Enfants

Après trois heures de vol en provenance des Fidji, le voyageur entre dans un aéroport international de petite taille qui laisse à penser à un aéroport de province, à la seule différence d’avoir les murs en bois. Il se rend ensuite aux contrôles de sécurité durant lesquels le policier de l’immigration inspecte minutieusement le passeport présenté, non pas par suspicion, mais curiosité. Il faut dire que les touristes étrangers ne sont pas nombreux. Par-ci et là, quelques Australiens, encore moins d’Américains et des Européens qui se comptent sur les doigts d’une main amputée de quelques doigts.

Tuvalu Panneaux indicateurs

Après un sourire et un bienvenue adressée en Anglais, une des langues officielles du pays, le voyageur peut récupérer ses bagages qui ne seront même pas inspecté par un douanier qui visiblement préfère assister à cette frénésie précieuse tant rare de ces voyageurs qui dynamisent au travers de leur arrivée, la vie locale à raison d’une à deux fois par semaine.

En quittant l’aéroport, le voyageur a le choix : soit il hèle doucement un des rares taxis de l’île, soit il loue une mobylette, soit il rejoint à pied un des trois hôtels de l’île dans lesquels il a effectué une réservation pour la somme moyenne de 50 dollars australiens la nuit.

Tuvalu Pecheur

Et ensuite, que faire à Funafuti ?

 

Funafuti mérite à elle seule le détour. En étant à la fois une île et une capitale, Tuvalu n’ayant pas de ville, Funafuti offre aux visiteurs un sentiment intense de bout du monde. L’île se traverse dans sa longueur en une heure à peine et le voyageur en quête de tourisme authentique sera comblé. Ici, point de tourismes de masse, le visiteur sera seul, entouré de locaux, tous plus enclins les uns et les autres à discuter avec lui.

Tuvalu Route

Le visiteur croisera bien quelques étrangers, généralement travailleurs expatriés pour quelques mois lorsque les aides internationales auront été assez économisées pour servir à la réfection de l’unique route de l’île, à la construction d’une école ou à la rénovation du bâtiment de l’hôtel de ville ou de la maison du gouverneur, figure politique de l’île. Il faut dire, que Tuvalu fait partie du Commonwealth et a donc pour souveraine, la reine d’Angleterre, même si jamais au grand jamais, un pan de la couronne royale n’a foulé ces terres éloignées. Mis à part en 2015 ou le prince Harry accompagné de son épouse y ont fait le temps d’une escale atterrir leur jet privé.

Tuvalu Vieille femme

La grande richesse de Tuvalu est de pouvoir faire un bond dans le passé, redéfinir les plaisirs simples de la vie. Hospitalité, accueil, fraternité. Faire le vide autour de soi, partager des moments de convivialité dans les quelques bars de l’île et se baigner du matin au soir sans être dérangé. Fusionner avec la nature et faire corps avec une terre préservée. Passer du calme du lagon et de ses eaux bleu-turquoise à la rudesse de l’Océan Pacifique en ayant qu’un brin de route à traverser, nager avec des raies manta qui se risquent à s’approcher de vous, apprendre à pêcher avec un local qui n’hésitera pas à vous donner des conseils sur les manières de tenir sa canne. Rester allongé et ne rien faire… tout un programme.

Tuvalu Ocean Pacifique

Mais Funafuti offre également des moments uniques qui ne peuvent être vécus ailleurs. Et ce moment arrive dès l’embarcation pour quitter l’île. Tous les jours, les familles se regroupent sur la place centrale de l’île. Les enfants jouent au foot, les plus grands, au rugby, un des sports fétiches du pays. Les anciens se promènent. Normal, pensez-vous ! A l’instar de ce qui se passe partout dans le monde sur les places centrales des villes et des villages. Mais au Tuvalu, ce regroupement a lieu sur la piste d’atterrissage de l’aéroport qui fait office de terrain de jeu. Une longue ligne droite, bétonnée, suffisante pour accueillir les habitants de l’île. Mais, au moment de recevoir l’atterrissage d’un avion, l’ubuesque de l’évacuation prend tout son sens. Un camion de pompier toutes sirènes hurlantes effectue plusieurs aller-retours. Les habitants s’éloignent nonchalamment. Le camion de pompier est obligé de refaire plusieurs passages pour finalement voir les derniers retardataires quitter les lieux. Juste à temps pour découvrir au plus près l’atterrissage d’un avion de la compagnie Air Fidji. Après son redécollage, la piste servira une nouvelle fois le reste de la semaine durant à accueillir les rires des enfants Tuvaluans.

 

Funafuti atoll

Tuvalu Travailleurs

Les Tuvalu possèdent une disposition spécifique. Funafuti est constitué d’une sorte de fine bande de terre de quelques mètres de largeurs sur une trentaine de kilomètres de longueur. L’île est entourée de plusieurs autres îles, l’ensemble représentant une sorte de barrière naturelle entourant un lagon, qui fait depuis quelques années, l’objet d’une préservation gouvernementale et porte le nom de Funafuti réserve marine.

Tuvalu Ile deserte

Ainsi, en se rendant à l’hôtel de ville, le visiteur pourra réserver une découverte de cette réserve pour la somme fixe de 200 dollars australiens. Pour ce faire, le visiteur sera durant une journée, accompagné d’un ranger et à l’aide d’une petite barque motorisée en aluminium, il pourra découvrir nombre des petites îles entourant le lagon, tout en découvrant des fonds marins d’une beauté inénarrable.

Tuvalu Plage de sable fin

Avec entre autres, des plongées avec masque et tuba pour nager avec des raies manta, une pêche traditionnelle, une découverte de plusieurs îles désertes, dont l’île aux oiseaux, un repas authentique, une recherche des œufs de tortues. Mais l’aluminium réverbérant les rayons du soleil, attention à bien se protéger sous peine d’être victime d’une insolation gravissime.

Il est possible également de faire la connaissance de pêcheurs traditionnels, qui pour une somme équivalente, accepteront de vous conduire sur le lagon.

Tuvalu Rangers
Tuvalu Recherche des oeufs de tortues
Tuvalu Oeufs de tortues

Infos pratiques


Comment s’y rendre ?

Avec Air Fidji. Un à deux vols par semaine. D’une durée de trois heures, le prix du billet aller-retour coûte aux alentours de 400 euros.

 

Où dormir ?

Le pays ne possède pas une capacité hôtelière importante. Mais vu le nombre de touristes, les hôtels ne sont généralement pas complets. Pour plus de sécurité et étant donné que l’entrée dans le pays se subordonne à une réservation hôtelière couvrant la durée du séjour, il est plus qu’indispensable de réserver vos nuitées en amont de votre voyage. La nuitée coûte en moyenne entre 30 et 80 dollars australiens en fonction de l’hôtel et de sa classification.

Vaiaku Langi hotel
Adresse : Vaiaku
Téléphone : 0091 8689860111

Warmasiri lodge
Adresse : Vaiaku
Téléphone : 00688 7004012

Afelita
Adresse : Te Auala O Fongafale Vaiaku
Téléphone : 00688 20592

 

Que faire ?

  • Nage dans le lagon
  • Assister à la danse locale Fatele
  • Se restaurer des produits de la mer pêchés la journée
  • Farniente sur les plages désertes de l’île
  • Découverte des bateaux échoués sur la plage de Funafuti
  • Se promener sur la piste de l’aéroport utilisé par les locaux comme une piste de jeu
  • Découvrir la réserve Funafuti et ses fonds marins
  • Accompagner un pêcheur traditionnel
  • Boire un verre avec les locaux dans les quelques bars de l’île de Funafuti

 

Comment changer de l’argent ?

L’île de Funafuti ne possède pas de distributeurs ; une banque seule est disponible. Il faut bien que le visiteur emmène avec lui l’argent nécessaire pour son séjour. La monnaie nationale est le Dollar australien. Seules les pièces de monnaie sont locales. Les cartes bancaires ne sont généralement pas acceptées.

 

Formalité administrative

 Pour les voyageurs provenant de la majeure partie des pays du monde, aucun visa n’est nécessaire pour se rendre pour une durée de trente jours au Tuvalu. Un billet de sortie du territoire ainsi qu’une réservation d’hôtel peuvent néanmoins être exigées à l’arrivée.

 

Sécurité

Mis à part une insolation, aucun risque pour votre sécurité dans tout le pays. A se méfier quand même des coraux acérés et de l’eau qui n’est pas toujours potable. A privilégier les eaux minérales en bouteille.

 

Se déplacer

Un système de ferry est mis en place pour rejoindre les îles éloignées. Mais la ponctualité de ce mode de transport n’est pas toujours fiable et des retards et des annulations peuvent survenir à tout moment.

Dans les îles, la marche à pied est à privilégier ; les distances sont courtes. Mais pour plus de mobilité, des scooters ou des vélos peuvent être réservés à la journée pour la somme de 20 dollars australiens.