Les incontournables de Mauritanie Partie 2

Alors qu’en compagnie d’isselmou, notre guide, nous venons de quitter El Beyyed, un petit village au coeur de l’Adrar, nous nous apprêtons à découvrir encore plus de merveilles du Sahara au travers des cercles de Richât, des villes de Wadâne et de Chinguetti

Depuis plusieurs jours, nous découvrons les trésors de l’Adrar, cette région désertique touristique du pays.

Voici le récit complet de la deuxième partie de ce voyage, un voyage au coeur du Sahara, le désert le plus grand et le plus hostile de la planète.

Pour découvrir le récit littéraire de notre première partie de voyage, qui nous a conduit de Nouakchott à Atar, en développant notre expérience dans les camps de nomades, notre égarement dans le désert, notre ensablement et notre effarement lors de la découverte du sacrifice d’une chèvre, rendez-vous ici : https://hors-frontieres.fr/la-mauritanie-les-incontournables-de-ladrar/

Et ce en partie grâce à notre guide Isselmou, véritable nomade du désert qui nous a accompagné tout du long de notre périple. Pour ceux qui souhaitent le joindre, il est joignable par Whatsapp au 00 222 36 32 58 57 ou sur son mail : agence.isselmou@yahoo.fr

 

Pour découvrir le récit photographique de notre voyage au cœur de la Mauritanie, rendez-vous sur le lien suivant.

 

Pour découvrir l’article vous expliquant les coulisses de l’organisation de notre voyage, il suffit de vous rendre ici.

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Le développement durable à la mode du Sahara

Avant de prendre la direction des cercles de Richat, à près de trois heures de route, Isselmou souhaite nous présenter un jardin basé sur le mode de développement durable.

En périphérie du village d’El Beyyed, nous découvrons un petit potager où les nomades peuvent, grâce à un ingénieux système de pompage alimenté par des panneaux solaires, arroser leurs cultures, ce qui leur permet d’obtenir des légumes frais, ainsi que du blé qui leur sert à fabriquer du pain.

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En outre, ce lieu de rassemblement populaire comprend également un lavoir dans lequel les femmes viennent laver leurs linges.

Isselmou, qui est à l’origine de ce projet, alimenté par des fonds privés européens se fait directement alpaguer par une villageoise qui lui embrasse la main, le remerciant pour ces efforts salvateurs. Les nomades développent ainsi leur mode de vie et colonisent encore un peu plus le désert aride. Leur alimentation, longtemps carencée devient de plus en plus équilibrée.

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La passe de Thanya

Afin de rejoindre les cercles de Richât, nous devons emprunter une route compliquée, qui nous permettra d’atteindre les hauts plateaux de l’Adrar. La route constituée de rochers acérés est difficile, mais elle donne lieu à la découverte de paysages splendides.

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Soumis à la force du vent, nous admirons une vallée désertique, qui nous donne le vertige ; ainsi en hauteurs, le vent qui nous oblige à forcer pour rester debout renforce ce côté de désolation ; sur près de 20 kilomètres à la ronde, pas une voiture, pas un chat ; du sable, des cailloux…la lune à portée de l’objectif…le vent en plus.

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Les cercles de Richât

Alors que nous avions toujours rêvé de découvrir les cercles de Richat, appelé également Guelb Er Richât, nous nous en approchons ; solennellement, Isselmou nous invite à ouvrir nos yeux en nous prévenant cependant ; les cercles de Richât, sont une structure unique au monde ; ils constituent une série de plusieurs cercles naturels façonnés par l’érosion ; néanmoins, ces cercles intégrés dans la structure appelée communément la structure de Richât dévoilent leur potentiel réel uniquement de hauteur, lorsque l’altitude permet d’en avoir une visibilité étendue. Mais depuis la chute du tourisme, plus aucune entité touristique ne propose des vols en montgolfières, moyen d’observation qui permettait auparavant d’en avoir plein les yeux.

Le dôme arasé du Guelb Er Richât, se situe aux confins des noires montagnes de l’Adrâr mauritanien, à l’ouest.

L’étrange système de crêtes concentriques des Richât est si imposant qu’il apparaît aujourd’hui sur toutes les cartes, même à petite échelle. Et ce même s’il a été découvert tardivement par le professeur Théodore Monod qu’en 1934.

Néanmoins, en plus de 70 ans, aucun scientifique n’a pu expliquer l’organisation de ces crêtes basses en un système concentrique aussi parfait, vaguement elliptique de 22 km et 25 km de diamètre, surgissant d’une boutonnière de 45 km, le Taguenzé, ouverte dans le plateau gréseux.

Nous entrons dans la première passe, traversant en quelques minutes le cercle le plus éloigné ; nous redescendons et traversons un plateau rocheux avec un dénivelé moindre avant de nous engouffrer sur la deuxième passe. Nous reproduisons ce paradigme jusqu’à traverser la dernière passe et entrer dans le cratère.

Le moment est fort, pour nous qui souhaitions découvrir cette merveille de la nature, mais malgré cette attente, nous devons dire que le paysage du sol ne varie pas fortement ; tout autour de nous, des cailloux avec pour seule différence, un monticule de rochers un peu plus grand pour les passes en elles-mêmes.

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Lorsque nous parvenons au centre de la structure, nous garons notre véhicule aux abords d’une maison, construite là par un ancien chef d’entreprise mauritanien qui souhaitait y développer un hôtel. Mais devant le faible nombre de clients, ce projet est tombé à l’eau. Reste alors intacte, une maison qui sert d’abri aux rares visiteurs qui font l’effort de découvrir le cercle de Richât.

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Alors qu’Isselmou tente de réparer la roue, dont l’essieu ainsi que je l’avais dit en début de notre périple, commence à lâcher, nous découvrons les alentours ; sur le sol, nous trouvons des pierres surprenantes, brillantes de mille couleurs. La vue sur une sorte de vallée est également splendide.

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Après une heure passée sur place, nous mangeons une bonne soupe, cuite au feu de bois et nous nous abritons dans la structure en dur présente.

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La rencontre avec des nomades

Isselmou et Sidi venant de briser la seule clef disponible, l’essieu ne peut être réparé sur place ; Isselmou décide ainsi de quitter le cercle de Richât et de s’arrêter dans un village de nomades afin de pouvoir téléphoner à un dépanneur qu’il connaît et qui se trouve dans la ville de Wadâne, une ville millénaire que l’on doit rejoindre le soir-même.

Nous circulons avec un bruit avant passager de plus en plus fort, une sorte de taule froissée qui nous inquiète ; une panne au sein de cet endroit perdu obligerait Isselmou à utiliser son téléphone satellite, dont les communications avoisinent les 10 euros de la minute.

Nous quittons successivement chaque passe, en croisant les doigts pour ne pas perdre une roue. La dernière passe franchie, le décor change radicalement : les rochers acérés sont remplacés par du sable ; le bruit de l’essieu se fait moins entendre et comme un mirage, le village de nomades apparaît.

En arrivant sur place, nous sommes accueillis par le chef, qui nous salue et nous invite à entrer sous sa tente pour boire un bon verre de thé. En attendant la préparation, nous distribuons aux enfants présents quelques jouets et quelques friandises.

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Nous achetons une petite pointe de silex et donnons quelques gels douches aux femmes de la famille. Elles nous remercient en nous remettant en échange d’autres pointes de silex.

Lorsque nous donnons quelques bonbons à un vieillard, une femme nous demande de faire de même avec son enfant, âgé de quelques mois ; nous le lui déconseillons, grâce à un langage des signe improvisé, mais elle insiste ; nous donnons quelques bonbons à l’enfant qui contre toute attente aspire les bonbons comme une tétine, en faisant bien attention de reprendre la friandise dans ses mains ; nous sommes surpris de cette réaction et nous imaginons le scandale si nous avions procédé de même en France où chaque enfant est couvé et surprotégé.

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Nous nous rapprochons de la famille qui nous considère maintenant comme des membres à part entière de leur groupe, une femme n’hésitant pas à retirer son voile et à allaiter son enfant devant nous, la religion musulmane exigeant normalement une distance entre les femmes et les étrangers.

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A un moment, nous remarquons qu’Isselmou se rapproche d’un poteau sur lequel un fil de fer est dressé : il capte un signal pour téléphoner à la mauritanienne.

Après une heure, le garagiste arrive sur place avec les outils nécessaires pour la réparation ; nous distribuons quelques bananes aux membres de la famille. Un vieil homme de près de 90 ans mange devant nous le fruit en expliquant que la dernière banane qu’il avait mangée fut partagée avec son père, il y a plus de trente ans. Nous nous amusons tendrement à le voir savourer ce fruit.

Pour nous remercier, la matriarche et la jeune fille nous offrent de nombreux présents : des pierres contenant des gravures préhistoriques, des pointes de silex. Nous refusons, mais elles insistent. Isselmou nous demande d’accepter pour leur faire plaisir ; nous sommes gênés face à tant de gentillesse, mais nous acceptons. Nous terminons cette immersion familiale dans la bonne humeur et nous sommes tristes de devoir la quitter pour rejoindre la ville de Wadâne.

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L’ancien fort portugais d’Aguadir

Pour deux euros l’entrée, Isselmou souhaite que nous fassions une halte à l’ancien fort portugais : Aguadir ; en entrant, nous découvrons un emboitement de briques orange symbolisant ce qui fut d’antan, une fortification occidentale, la présence portugaise qui dura plusieurs décennies fit face à une révolte croissante des groupes nationalistes à la soumission d’autres puissances coloniales.

Sur le sol, nous découvrons des milliers de morceaux de poteries antiques que le vent est parvenu à faire émerger.

La nuit à Wadâne à l’auberge Agoueidir

Epuisés par une longue journée, en arrivant dans Wadâne, nous nous dirigeons immédiatement vers notre auberge, une des plus belles de la ville : Agoueidir. Les réservations peuvent se faire au 00222 46 49 10 10 ou sur le 00222 36  30 4508. Ou sur le aubergeagoueidir@gmail.com La chambre coûte 25 euros, le repas et le petit-déjeuner, près de dix euros.

Le propriétaire nous accueille en compagnie de sa femme ; il récupère nos vêtements pour les laver et nous présente notre chambre.

Nous sommes appelés pour le dîner vers 19 h 30 ; nous nous rendons sous une tente et devons nous agenouiller pour nous asseoir sur le sol, notre table ne comprenant pas de chaise, le repas se fera à la mauritanienne ; du poulet nous est servi et en dessert des dates.

Le propriétaire vient nous rejoindre pour partager quelques réflexions métaphysiques. Cette discussion nous fait du bien, surtout elle provoque un grand éclat de rire quand son fils de 14 ans arrive, un T-shirt d’un groupe de rap américain sur le dos ; il ne souhaite pas reprendre l’activité familiale et souhaite émigrer aux Etats-Unis pour devenir chanteur, provoquant le désarroi de son paternel ; dans chaque partie du monde, les relations parents enfants se ressemblent ; même dans le cœur du désert du Sahara.

Le lendemain matin, nous prenons un solide petit-déjeuner, avant de remonter dans notre véhicule, Isselmou, notre guide s’étant présenté à la réception un peu en avance.

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La vieille ville de Wadâne

Après un contrôle de sécurité, nous rejoignons l’entrée de la vieille ville de Wadâne, où nous attend un guide que nous payons moins de trois euros ; nous découvrons une ville millénaire, véritable trésor merveilleusement bien conservé.

Le ksar de Wadâne, appelé également Ouadâne  a été fondée, dit-on, la même année que Tichîtt en 1141 et tiendrait son nom du mot arabe signifiant «deux lits de rivières»

L’ancienne cité est mentionnée par écrit au milieu du XVème siècle dans un rapport de voyage portugais mais il reste difficile de se faire une idée précise des débuts de la cité. Par contre, il est facile de connaître sa chute, provoquée essentiellement par le détour des caravanes traversant le Sahara.

Wadâne est un centre urbain dense, de type ksourien, autrefois entouré d’une enceinte fortifiée très sûre qui résista à toutes les forces étrangères jusqu’à l’arrivée des Français.

Nous arpentons un chemin de terre et prenons de la hauteur ; de notre point de vue, nous apercevons l’immensité des ruines, étalées sur le sol et figées pour l’éternité.

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Dans la rue principale, nous suivons un chemin qui nous permet de dépasser les maisons des trois pères fondateurs.

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La visite, quand bien même guidée est libre ; nous avons accès à toute les maisons, tous les sites ; archéologiquement, cette découverte est fort intéressante. Nous pouvons au travers de la disposition de la ville, imaginer quelle fut sa splendeur passée.

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La bibliothèque de Wadâne

Il est temps pour nous de rejoindre un érudit qui vit non loin du ksar ; l’homme, portant ses lunettes et une longue djellaba, nous reçoit dans une petite pièce qui lui sert également de pièce à vivre : il est bibliothécaire et a pour rôle de numériser tous les livres ayant été retrouvés dans le cœur de la cité.

Patiemment, le conservateur nous explique son travail de fourmi, certains livres ayant été fortement abîmé par le temps qui passe. Nous l’écoutons attentivement, buvons ses mots, ses phrases correctement prononcées en Français teintées par une pointe d’accent lui donnent un côté savant mystérieux.

Le conservateur qui est à la recherche de fonds pour son projet de sauvegarde numérique du patrimoine est joignable sur le 00222 36 46 20 80 ou sur le 00 222 44 44 63 80. Son email est le ouldabidinesidi@gmail.com

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La ville de Wadâne

Etant donné que nous retournons dans le désert, nous devons effectuer quelques courses ; nous en profitons pour découvrir la ville moderne de Wadâne qui se trouve accolée à l’ancienne partie de la cité. Nous découvrons une ville qui présente peu d’intérêts, étant semblable à de nombreuses villes du désert.

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Nous entrons dans une épicerie afin d’acheter un poulet et un morceau de pain, que nous trouvons dans une sorte de glacière qu’entourent quatre hommes qui sourient à notre vue ; le pain est ainsi conservé comme un trésor ; une fois les pattes blanches montrées, un des protecteurs regarde un de ses collègues qui lui fait un signe de la tête ; le couvercle de la glacière est ouvert ; il extirpe délicatement une miche de pain qu’il coupe en me la tendant ; je lui remets quelques centimes d’euros convertis en monnaie locale. Le deal est effectué ; j’ai l’impression d’avoir commis un acte illégal ; la scène est surréaliste.

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L’oasis de Tanouchert

En moins de deux heures de route, nous entrons dans l’oasis de Tanouchert, une palmeraie ancrée dans un écrin de dunes. Isselmou parcourt l’oasis et tel un prédateur à l’affut de sa proie, l’oreille tendue, il entend un bruit qui lui fait faire demi-tour et s’engager en sortie de l’oasis.

Face à nous, des centaines de dromadaires, accompagnés de leur propriétaire, qui patientent pour boire autour d’un plan d’eau. Chaque mois, après une tournée dans le désert, les propriétaires de dromadaires se regroupent en ce point d’eau, un des seuls de cette envergure à des kilomètres à la ronde ; chaque troupeau est ainsi géré par un gardien, qui comme un maître de classe tente de canaliser la fougue des éléments perturbateurs.

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Chaque troupeau doit patienter, en attendant que le groupe le précédant ait terminé de boire…et ce afin de ne pas se mélanger. Dans un des groupes plus en retrait, un jeune dromadaire un peu plus instable que ses congénères tente à plusieurs reprises de filer en douce ; il est rattrapé in extrémis par le gardien et tout honteux de s’être fait prendre la main dans le sac…ou du moins le sabot, il retourne dans les rangs, impatient lui aussi de boire.

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Le repas dans l’oasis de Tanouchert

Nous rejoignons une tente dans l’oasis de Tanouchert ; après avoir découvert l’oasis, sa palmeraie et les familles qui y vivent, nous donnons notre poulet à une femme qui se présente à nous comme étant la responsable d’une maison d’hôte qui accueille des touristes.

Nous lui remettons le poulet, qu’elle nous ramène préparé et cuit une vingtaine de minutes plus tard ; nous en profitons pour nous reposer, protégés du soleil ambiant dans une tente, ouverte de tous côtés, une climatisation naturelle revigorante optimale.

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La ville de Chinguetti

En entrant dans la ville de Chinguetti, nous rejoignons sa partie moderne afin de visiter un hôtel ; nous lui préférons cependant une de ses annexes qui se situe en banlieue proche de la ville ; le temps de réserver notre chambre, nous rejoignons la vieille ville.

Chinguetti, fondée en 1525 par Ida Ouali fut le centre commercial le plus actif du Sahara ; considérée ainsi comme la 7 ème ville de l’islam avec ses 11 mosquées, ses puits et son cercle de savants ; aujourd’hui, la vieille ville est articulée autour d’une mosquée.

Nous nous garons aux abords de l’entrée du vieux ksour ; face à nous, plusieurs vendeuses à la vente un peu agressive, un comportement bien différent de ce que nous avons connu jusqu’à présent où les vendeuses faisaient plus état d »esprit généreux que mercantile.

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Mais Chinguetti se trouvant à moins de deux heures de la ville d’Atar, les touristes qui s’y pressent sont nombreux, bien plus qu’à Wadâne ou à Richât, deux sites bien plus éloignés.

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Nous empruntons des ruelles étroites et tortueuses pour nous perdre dans les rues de la vieille ville ; un panneau humoristique attire notre attention…ou du moins, j’espère qu’il est humoristique.

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Après plus d’une heure de découverte de la ville, il est temps pour nous de rejoindre notre hôtel.

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La nuit à l’auberge Eden

L’auberge dans laquelle nous nous rendons est une des plus belles auberges de Mauritanie : l’auberge est joignable au 00222 46 46 25 96 ou sur le 00 222 36 46 25 96 ou sur le mahmoudeden@yahoo.fr. La nuit coûte 25 euros.

Nous rejoignons notre chambre et après une douche effectuée grâce à une louche posée dans un tonneau : en eau froide bien entendu, nous montons sur le toit de notre chambre en empruntant une petite échelle posée sur un des murs extérieurs de la pièce.

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Nous assistons ainsi à un coucher de soleil magnifique ; les couleurs flamboyantes du ciel se laissent admirer jusqu’à ce que le dernier rayon disparaisse derrière l’horizon.

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Le repas étant préparé, nous sommes appelés ; les portions sont gargantuesques et les produits travaillés, succulents.

Il est temps pour nous de rejoindre notre lit et de pouvoir enfin nous abandonner aux bras de Morphée.

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Les gravures rupestres d’Agrour

En partance de Chinguetti, après une heure de route, Isselmou décide de bifurquer vers le site des gravures rupestres d’Agrour.

Nous nous garons sur un parking vide et rejoignons le conservateur, un jeune homme d’à peine vingt ans qui était en train de somnoler avant notre arrivée. Alors que le vent souffle fortement, il se tient à un rocher pour descendre les escaliers et se présenter à nous ; nous lui donnons les deux euros par entrée qu’il nous demande et il nous accompagne dans une sorte de cavité sur laquelle se trouvent de nombreux dessins préhistoriques.

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Le site que l’on peut apercevoir de près symbolise un pan de l’histoire humaine ; les représentations d’animaux ont été façonnées par des hommes, il y a plus de 10000 ans, apposant ainsi sur la roche les éléments les plus importants de leur histoire ; face à ces merveilles séculaires, nous nous sentons petits et nous nous prenons même au travers des explications données par le conservateur, à imaginer ce que nos futurs descendants trouveront de nous.

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La région d’Atar

En arrivant aux abords de la ville d’Atar, nous traversons un massif montagneux ; la route curviligne serpente autour de hauts sommets qui coupent à la serpe les étendues désertiques dont nous avions l’habitude jusqu’à présent. Sur la route, nous sommes contrôlés par la gendarmerie, qui vérifie, au travers de ces contrôles, si nous sommes pleinement en sécurité ; avec un guide comme Isselmou, il ne peut en être autrement.

Nous faisons une halte pour admirer le paysage et devons lever nos regards haut vers le ciel pour atteindre les sommets de ces tables rocheuses qui nous entourent, un peu comme si le vent ambiant ne creusait pas des montagnes en pointes, mais les allongeait sur plusieurs centaines de mètres.

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Atar et l’association  « Les enfants du désert »

Arrivés à Atar, nous retrouvons Ahmed avec lequel les salutations sont chaleureuses ; en sa compagnie, nous nous rendons au siège de l’association : « Les enfants du désert » présidée par Geneviève Courbois, une femme d’une gentillesse hors norme qui a dédié sa vie aux femmes et aux enfants en difficulté.

Elle manque de bénévoles et de fonds pour continuer à oeuvrer pour le bien de tous. Elle mérite absolument et sans restriction d’être aidée. Pour la joindre, il faut contacter le 06 73 34 47 82 ou se rendre sur le site www.lesenfantsdudesert.org

Geneviève est également joignable sur le genevieve.courbois@orange.fr

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Ainsi, dés notre arrivée, chaleureusement, nous embrassons Geneviève qui nous entraîne dans le premier centre  qu’elle gère; Murielle, émotive commence déjà à avoir les yeux qui brillent. Une brillance renforcée par la vue des plus jeunes enfants assis dans une salle de classe qui nous saluent de la main.

En entrant dans une autre classe, nous découvrons une dizaine d’enfants qui tente de lire sur le tableau quelques phrases écrites en arabe.

Geneviève souhaite nous présenter l’ensemble des centres que son association gère, grâce uniquement à des financements privés…et ce depuis plus de vingt ans. Respectée éminemment par la population locale, elle est à chaque instant encensée pour son action. Grâce à elle, près de dix mille enfants ont ainsi pu bénéficier de soins ou d’éducation…aide qu’elle a depuis étendu aux mères de famille, qui au sein du centre, trouvent réconfort et chaleur. Ainsi que les bons gestes à avoir pour élever correctement leurs progénitures.

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Lorsque nous entrons dans le deuxième centre, nous assistons au soin de la teigne ; un enfant est agenouillé, sa tête étant placée au-dessus d’une bassine ; un soin lui est appliquée sur les cheveux, puis le crâne est rincé abondamment.

Lorsque nous quittons le jeune enfant, il est souriant et détendu ; nous retrouvons Geneviève qui nous présente deux volontaires qui s’occupent d’une vingtaine de jeunes enfants. Des dessins sont effectués ainsi que de la découpe de masque, le tout chapeauté par une femme mauritanienne analphabète mais au combien généreuse, qui s’occupe depuis plus de 5 ans de ces enfants comme s’ils étaient les siens.

Nous quittons le centre et grimpons dans le véhicule de Geneviève, non sans avoir au passage été entourés par de nombreux enfants des rues qui ont entendu parler de notre présence ; ainsi que cette situation se reproduit dans les nombreux pays d’Afrique dans lesquels nous nous rendons, ils s’amusent à nous approcher et à rire…avec nous…de nous…nous ne le savons pas, mais quoi qu’il en soit, ces rires nous font du bien…tant de bien que nous rions avec eux.

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Le troisième centre qui nous accueille est un des centres les plus difficiles de la ville ; non pas qu’il soit dangereux, mais la population qui y est soignée est la plus pauvre, donc plus soumise aux difficultés de la vie ; néanmoins, les enfants qui y sont intégrés sont soignés et nourris tout comme leurs mères sont formées à l’éducation ; elles apprennent les bases de la maternité et développent les instincts qui leur permet d’élever leurs enfants dans les meilleures conditions.

Le concert improvisé

Ahmed, qui nous a accompagné durant cette visite des différents centres gérés par l’association, nous arrange un rendez-vous dans une maison des faubourgs de la ville qui appartient à un groupe de chanteuses qui y donne des concerts privés.

Nous sommes installés à notre arrivée, dans une sorte de salle de réception ; après avoir longuement conversé avec Geneviève qui nous conte les difficultés rencontrées lors de la création de son centre, Murielle, ma collaboratrice fond en larme ; elle est réconfortée par Geneviève qui fait à ce moment preuve d’une grande empathie.

Alors qu’une jeune femme nous prépare un thé, la troupe arrive et s’installe ; les notes de musique s’enchaînent ; une percussionniste donne le ton d’une musique entraînante, à la limite lancinante.

Les chanteuses arrivent. Le spectacle peut être réservé au 00222 46 55 91 33.

Lorsque la chanteuse arrive, il émerge d’elle un charisme indéniable, un charme fou opère sur nous ; subjugués, nous ne perdons pas une miette de ce spectacle auquel nous assistons et qui nous transporte dans le désert du Sahara, un rythme incessamment percutant mais somme toute mélodieux.

La rencontre avec le gouverneur de la ville

Isselmou nous fait la surprise en nous rejoignant de nous avoir organisé un rendez-vous exclusif avec le gouverneur de la province de l’Adrar : Cheikh Abdallahi Ewah, appelé plus communément Wali de l’Adrar. Accompagnés de Geneviève, nous entrons dans un bâtiment administratif fortifié ; après avoir passé plusieurs contrôles de sécurité, nous pénétrons dans une pièce dans laquelle patientent le gouverneur, ainsi que le maire d’une petite ville voisine.

Avec un portrait du président du pays accroché sur le mur, le bureau est bien ordonné ; dans un des coins de la pièce, plusieurs fauteuils sont réunis autour d’une table où le gouverneur nous invite à nous asseoir.

Une fois les salutations effectuées, nous présentons les photos de notre séjour dans le désert au gouverneur, qui les larmes aux yeux, nous apprend le passage, suite à la visite de l’ancien président français : François Hollande, que le territoire de l’Adrar n’est plus inscrit par le ministère des affaires étrangères françaises comme étant formellement déconseillé ; la région désormais peut s’ouvrir au tourisme.

Le gouverneur, un homme charmant et à la grande érudition maîtrise parfaitement le Français. Il aime profondément sa région et nous en parle avec déférence, tant il la respecte. Durant la conversation, nous lui présentons la joie d’avoir pu être plongés ainsi, dans le coeur de son pays, en immersion avec les habitants ; il nous invite à revenir une prochaine fois pour découvrir les trésors encore peu connus qui se trouvent dans le Sud.

Geneviève en profite pour parler un peu de son association ; le gouverneur la remercie pour le travail qu’elle effectue, les autorités mauritaniennes l’ayant toujours soutenue en lui facilitant les démarches administratives requises lors de l’établissement d’un travail humanitaire.

Nous saluons le gouverneur, puis rejoignons un restaurant du centre-ville dans lequel nous partageons tous ensemble un bon repas.

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La soirée d’adieu et le départ

Tous les hôtels de la ville étant complets, Isselmou nous a dégoté un petit hôtel sans prétention, mais néanmoins agréable ; une suite nous est attribué pour le prix d’une chambre double ; nous en profitons pour nous reposer le reste de la journée.

Le soir, Isselmou qui a réceptionné dans la journée, de nouveaux clients, responsables d’une association humanitaire, nous invite à manger avec eux, le mouton ; l’association s’occupe de permettre aux villages reculés de bénéficier de puits d’eau ; l’association est basée en France et elle est joignable au : 05 65 68 76 41 ou sur le 06 38 78 70 33.

Durant la soirée, la fille d’Isselmou nous rejoint, mais épuisée par l’heure tardive, elle s’endort rapidement dans les bras de son père.

Après une courte nuit, Isselmou vient nous rejoindre et nous met à disposition Ahmed pour nous raccompagner à Nouakchott ; nous embrassons Isselmou et prenons la route à laquelle, nous ne participons que très peu ; nous en profitons pour nous détendre, le paysage défilant nous endort.

En entrant dans la ville de Nouakchott, nous tentons de réserver une chambre à l’hôtel Jeloua, mais le réceptionniste nous apprend de manière un peu incongrue que l’hôtel est complet ; nous tentons notre chance dans un autre hôtel de la ville et parvenons à réserver une chambre au prix de 25 euros à l’hôtel Sahara.

Juste face à nous, nous mangeons une pizza dans un restaurant contemporain, qui comprend un écran géant laissant défiler des matchs de football.

Etant donné que le lendemain matin, notre vol en direction de Bamako décolle de bonne heure, nous ne tardons pas avant d’aller au lit.

Ahmed, nous récupère quelques heures plus tard et nous emmène à l’aéroport ; nous l’embrassons chaleureusement et après avoir dépassé les contrôles de sécurité, nous embarquons ; lorsque le sol mauritanien défile sous nos pieds, alors que la noirceur nous empêche de voir, nous nous remémorons les souvenirs de ce périple qui restera à jamais gravé dans nos mémoires.

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Le bilan

Alors que le pays a été présenté comme dangereux…ou du moins jusqu’à ce que les ministères des affaires étrangères occidentaux décident de lui attribuer une fiabilité établie, nous n’avons jamais ressenti aucune insécurité ; bien au contraire, mis à part peut-être dans la capitale où les gens étaient plus distants, partout où nous sommes allés, nous avons été accueillis avec force et générosité, le peuple mauritanien ayant pour coutume de respecter les étrangers comme des frères. Ainsi, nous avons pu faire la connaissance de véritables nomades du désert et vivre avec eux, possibilité permise en partie grâce à Isselmou, notre guide qui s’est avérée être un des guides les plus formidables que nous ayons pu rencontrer au cours de nos voyages.

Le pays dispose également des plus beaux paysages désertiques dans lesquels nous sommes allés ; la température, chaude mais supportable nous a accompagné tout du long de notre voyage et nous avons alterné les plaines rocheuses et les montagnes acérées. Nous avons vécu des émotions fortes, même lors des moments les plus difficiles de notre périple : égarement dans le désert, sacrifice d’une chèvre.

La Mauritanie, pays encore méconnu ne le restera certainement pas longtemps ; ses prix sont bas et la nourriture est de qualité. Le pays dispose d’infrastructures correctes pour les transports et les hébergements ; les contrôles de la police sont nombreux mais pas intrusifs et la protection des touristes est l’étendard de la philosophie du président de la République ; la communication en Français étant possible presque partout, des liens solides peuvent être établis entre les locaux et les étrangers.

Ainsi, de manière concise, un pays à découvrir absolument et dans lequel, nous retournerons très prochainement.

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