Mauritanie : Les alentours de la ville de Chinguetti

Le festival des villes anciennes est un festival mauritanien qui se déroule dans les villes anciennes du désert du Sahara dans la région de l’Adrar qui a pour centre économique et politique la ville de Atar. Cette année, en 2019, le festival qui dure une semaine se déroule à Chinguetti, un des carrefours culturels et commerciaux les plus importants du territoire. Nous y avons participé en compagnie du président de la République accompagné de ses ministres et avons découvert les alentours de la ville.

Lors d’un précédent voyage, j’ai découvert la Mauritanie en compagnie d’Isselmou, un des plus grands guides du pays, un véritable nomade qui m’avait permis de vivre des expériences émotionnelles fortes et avec lequel, je m’étais lié d’amitié.  Alors que je me trouvais en Guyane française, l’homme m’a invité à découvrir le festival des villes anciennes vise à faire la promotion économique, touristique et culturelle des cités qui se déroule en 2019 à Chinguetti.

Ainsi, après avoir découvert la frénésie du festival durant les premiers jours de notre voyage, nous avons décidé de visiter les alentours de la ville. C’est cette découverte que nous vous contons dans cet article, le deuxième et dernier de notre série sur ce voyage en Mauritanie.

 

Pour découvrir le récit photo complet de notre voyage en Mauritanie, n’hésitez pas à vous rendre sur le lien suivant : https://hors-frontieres.fr/mauritanie-le-9-em-festival-des-villes-anciennes-chinguetti-edition-2019/

Pour découvrir nos précédents articles sur la Mauritanie, rendez-vous sur les liens suivants :

La Mauritanie : De Nouakchott à El Beyyed : https://hors-frontieres.fr/la-mauritanie-les-incontournables-de-ladrar/

La Mauritanie : Des cercles de Richat à Atar : https://hors-frontieres.fr/les-incontournables-de-mauritanie-des-cercles-de-richat-a-atar/

La Mauritanie : Organiser son voyage : https://hors-frontieres.fr/la-mauritanie-organiser-son-voyage-au-coeur-du-sahara/

Pour découvrir le premier article sur ce second voyage en Mauritanie, en immersion dans le cœur du festival des villes anciennes, rendez-vous sur le lien suivant : https://hors-frontieres.fr/mauritanie-le-festival-des-villes-anciennes-de-chinguetti-2019/

La bibliothèque de Chinguetti

Après une deuxième journée du festival qui se solde par un concert à ciel ouvert, nous retournons dans notre auberge, en périphérie de la ville et une nuit de sommeil plus tard, nous nous rendons à nouveau dans la ville de Chinguetti afin de visiter une des bibliothèques sacrées qui se trouve au cœur du centre historique.

Considérée pour les mauritaniens, comme une grande ville sainte de l’Islam, Chinguetti est une cité ancienne qui se trouve au cœur de la région de l’Adrar. Si elle est célèbre pour être toujours une place forte de la région, elle est également connue pour la qualité de ses bibliothèques qui comportent des livres rares.

Chinguetti compte encore aujourd’hui 12 bibliothèques familiales menacés par l’effritement dû au temps qui passe. Les plus vieux manuscrits dateraient du XI èm siècle. C’est dans l’une de ces bibliothèques : la bibliothèque de Saïf, un homme volubile et érudit, que nous nous rendons.

Après être entrés dans le quartier historique, nous effectuons quelques pas, ce qui nous conduit vers une maison dont la porte est ouverte. Nous descendons quelques escaliers à la pente abrupte et faisons la rencontre avec le gardien des lieux : Saïf, qui nous accueille en nous saluant et nous invite à découvrir ce trésor millénaire. Il nous présente quelques objets dans une cour ouverte et nous emmène ensuite dans une salle fermée dans laquelle, il enfile un gant tout en sortant plusieurs types de livres qu’il conserve dans des boîtes afin de les préserver.

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Rédigées pour certains sur des peaux de gazelles à l’aide de plantes (vert), d’indigo (bleu), d’oxyde de fer (rouge), de charbon (noir) et de gomme arabique pour fixer l’écriture, les ouvrages traitent de l’Islam, mais nombre d’entre eux parlent aussi de science ou de littérature.

Nous l’écoutons nous expliquer son travail et l’histoire de ces trésors de la littérature arabe, cette découverte étant intensifié par le flot ininterrompu d’explications de l’homme, un peu voûté qui partage ainsi son savoir avec des étrangers qui transporteront avec eux, un peu de l’âme des lieux.

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L’auberge Eden

L’auberge dans laquelle nous nous rendons est une des plus belles auberges de Mauritanie : l’auberge est joignable au 00222 46 46 25 96 ou sur le 00 222 36 46 25 96 ou sur le mahmoudeden@yahoo.fr. La nuit coûte 25 euros.

Il s’agit du bâtiment principal duquel, notre auberge de la veille n’est qu’une extension. Nous entrons dans une cour fleurie où Mahmoud, le propriétaire nous demande le suivre jusqu’à un petit patio ; il nous invite à boire le thé, qu’un de ses collaborateurs nous prépare.

Toutes les chambres de l’auberge disposent de tout le confort requis ; un beau lit accueille les résidents et chaque habitation dispose d’une salle de bain avec eau chaude. Cerise sur le gâteau, la Wifi est disponible gratuitement.

Nous effectuons un petit tour du site et prenons grand plaisir à écouter Mahmoud, nous parler de son passé de conservateur de bibliothèque, tout en nous présentant des articles de presse parlant de lui.

Car si Mahmoud est un homme formidable, il est également un excellent communiquant qui a mis en place une politique moderne de marketing. Brillant et intelligent, l’homme agrémente les lieux au travers de son savoir et de ses connaissances.

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Le conteur Yahya Ould Rajel

Nous sommes rejoints par Yahya Ould Rajel, un membre des conteurs du désert qui s’assoit à notre table ; l’homme, petite barbichette grisonnante se propose de nous raconter une histoire.

Étant friands de ce genre de petites scénettes, nous nous installons confortablement sur nos chaises et l’écoutons attentivement.

Il était une fois, des animaux qui étaient sous le haut patronnât du lion. Le roi les réunit tous et leur demanda s’ils connaissaient le plus vieux d’entre eux.   Tous s’exclamèrent : « C’est l’éléphant ». Le lion acquiesça et leur demanda s’ils connaissaient à présent le plus jeune d’entre eux. 

Le singe se leva et se considéra comme le plus jeune, car étant né trois lunes en amont, c’est-à-dire trois mois. Là, le chacal se leva et contesta le singe en affirmant que trois lunes amenaient pour son congénère un âge avancé, lui étant né une lune de cela. La tortue affirma quant à elle être né le jour même, faisant d’elle l’animal le plus jeune.

C’est alors que le lièvre bondit de son arbre pour retomber au plus proche des animaux étonnés : « Mais qu’attendez-vous pour me laver, car je viens de naître »

Même si le niveau du conte n’atteint pas la qualité des fables de La Fontaine, elle provoque en nous un sourire, provoqué essentiellement par la manière dont elle nous est raconté par l’homme : avec une pointe de conviction et légèrement humoristique.

Le village Entkemkemett

En compagnie de Mahmoud et d’Isselmou, nous rejoignons en périphérie de la ville, le village d’Entkemkemett. Dès notre arrivée, nous apercevons des petites huttes traditionnelles devant lesquelles, des dizaines d’enfants jouent au foot.

En descendant de notre véhicule, une jeune femme joue avec son foulard en riant ; le petit garçon qui semble être son frère fait de même. Nous les saluons et rejoignons les enfants avec lesquels Mahmoud joue ; mais rapidement épuisé en courant derrière le ballon, il fait mine de les abandonner avec solennité…sans oser avouer une fatigue trahie par la présence d’un ahanement persistant.

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En nous enfonçant un peu dans le village, nous faisons connaissance avec plusieurs familles, dont un homme qui somnole en attendant de pouvoir manger le repas que sa femme est en train de cuisiner.

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L’oasis Entkemkemett

Il nous faut moins de 10 minutes de route pour rejoindre l’oasis du village, qui se dévoile au travers d’un long chemin entouré de palmiers qui empêchent vu leur grande taille, la lumière de passer.

Dans l’oasis, Mahmoud nous présente la parcelle de terre qu’il souhaite voir accueillir prochainement des touristes pour y dormir dans des tentes, au milieu des arbres fruitiers.

Car si l’homme est un formidable communiquant, il est aussi talentueux pour faire pousser des fruits et transformer une terre de palmiers en une terre fertile pouvant accueillir des orangers, des citronniers et des grenadiers. D’ailleurs, pour bien nous le prouver, il nous cueille un gros citron d’un arbre, tandis qu’Isselmou se rabat sur une des dernières grappes de dattes qui en cette saison avancée n’a pas encore été cueillie.

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Nous effectuons un petit tour dans l’oasis en imaginant le site paradisiaque qu’il pourrait devenir, avant de rejoindre notre véhicule pour nous conduire jusqu’à notre chambre dans l’extension du désert de l’auberge Eden.

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L’oasis Mheirth

Le lendemain matin, après un bon petit-déjeuner, nous prenons la route en effectuant une halte afin de charger le véhicule en carburant. Afin de pallier les restrictions dues au festival et les nombreux véhicules présents, Isselmou a fait venir de Atar, plusieurs bidons d’essence, qu’Ahmed insère dans le réservoir avec plus ou moins de mal, il convient de le préciser.

Après vingt minutes d’essais infructueux, il parvient enfin à transvider les 25 litres de Diesel, ce qui nous donne la possibilité de partir.

Après une heure de route, arrivés aux abords de l’oasis, nous nous arrêtons afin de profiter d’une belle vue, alors que nous surplombons la vallée qui se dessine en contrebas.

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Lorsque nous rejoignons l’intérieur de l‘oasis, nous traversons un petit village avant de nous arrêter aux abords d’un plan d’eau…où afin de nous prouver qu’il est un véritable nomade, Isselmou n’hésite pas à s’abreuver grâce à ses mains qu’il plonge dans l’étendue.

Nous plaçons une couverture sous un acacias et tandis qu’Ahmed prépare le repas, Isselmou nous fait du thé. C’est alors qu’une agence concurrente arrive, avec une dizaine de Français, lunettes de soleil sur le nez et chapeau de cow-boy sur la tête. Les guides nous reprochent de les avoir devancés et de nous trouver à l’emplacement qu’ils souhaitent. Étant donné que de tels guides ont les voyageurs qu’ils méritent, les voyageurs français sont tout autant vaniteux. Nous refusons de bouger de notre place confortable, ce qui amène tout le troupeau de voyageur retourner paître leur prairie et s’installer en plein soleil.

Nous pouvons profiter d’un long moment de détente et de relaxation dans un cadre idyllique, le sentiment galvanisant d’avoir remis à leur place, plusieurs têtes vides.

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La crevaison

Sur la route du départ, nous sentons une détérioration des conditions de conduite. Ayant déjà vécu cette situation à de nombreuses reprises durant mes voyages autour du monde, je préviens Isselmou d’une suspicion de crevaison.

En descente d’une grande pente, juste aux abords d’un petit campement de nomades, nous remarquons effectivement une crevaison côté conducteur.

Afin de nous abriter du soleil, Isselmou gare son véhicule sous un arbre pendant qu’Ahmed dévisse les écrous maintenant la roue. Si les habitantes du camp de nomade nous proposent des pierres et des pointes de flèche à l’achat, elles nous rejoignent surtout pour nous regarder de plus près, les étrangers étant rares en cette partie du désert.

Hospitalité du Sahara oblige, elles nous proposent également un verre de thé ainsi que du lait de chèvre à Isselmou, lait mélangé avec de l’eau, que l’homme boit d’un trait, son estomac y étant habitué.

Ahmed parvient à retirer la roue, mais il subit de lourdes difficultés à soulever le véhicule, le cric s’enfonçant dans le sable meuble. Il a alors l’idée de placer sous la voiture une pierre, débloquant ainsi la situation.

Quelques tergiversations et problèmes plus tard, il parvient à retirer la roue de secours en bloquant un écrou mouvant attaqué par la rouille et effectuer le changement qui nous permet de repartir.

L’oasis de Terjit

Après une heure de route, nous bifurquons en direction de l’oasis de Terjit, une oasis appréciée pour sa disposition au cœur d’un canyon. Nous garons notre véhicule aux abords d’un petit village que nous traversons et entrons sur un site où un long chemin serpente entre les palmiers.

Nous rejoignons le sein de l’oasis constitué d’un ensemble de tentes dans lesquelles les visiteurs peuvent dormir ; malgré une odeur de stagnation hydraulique un peu prononcée, le lieu est splendide, alternant les arbres verdoyants et le petit court d’eau qui traverse l’oasis, le tout sous couvert de grandes falaises qui s’étirent hauts vers le ciel.

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En continuant notre avancée, nous arrivons jusqu’à un petit bassin dans lequel s’écoule une belle chute d’eau en étage ; les algues vertes trouvant un décor de vie nutritif  se sont développées pour être omniprésentes, ce qui donne au site un côté naturel et sauvage préservé.

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L’auberge l’étoile du Nord à Atar

Pour la nuit, nous avons réservé une chambre à l’auberge l’étoile du Nord dans la ville d’Atar. L’auberge se trouve un peu en périphérie de la ville, sur une route ; elle est joignable au 00 222 48 66 11 11

Alors que la soirée vient d’émerger, que la lumière a totalement disparu, nous entrons dans l’auberge ou du moins sur une grande place entourée par de nombreuses petites habitations. Nous sommes conduits par un des employés à tout faire travaillant sur place, dans notre chambre ; nous découvrons un appartement spacieux aux meubles modernes.

La chambre est séparée d’une salle de bain moyennement propre dans laquelle nous pouvons enfin prendre une douche chaude. Revigorés, nous rejoignons notre terrasse sur laquelle une table a été dressée afin de nous permettre de dîner.

Une fois le repas terminé, nous avons la surprise de voir arriver Isselmou, avec dans les mains un gâteau d’anniversaire. Émus par cette attention durant ce jour spécial où je fête mes quarante ans, l’homme s’est démené pour trouver dans la ville d’Atar un gâteau qu’il a agrémenté d’une citation chaleureuse.

Quand bien même le mot joyeux est écrit : « jayeux » et anniversaire, « anniversire », l’attention me touche profondément, me montrant à quel point Isselmou est un ami sur qui je peux compter.  Jusqu’à tard dans la nuit, nous profitons de ce moment de joie et de fête.

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La STM, la société nationale de dattes mauritaniennes

Le lendemain matin, nous nous rendons à la société de datte mauritanienne, ainsi que nous avions décidé en début de festival lorsque nous en avions rencontré son directeur. Nous sommes accueillis dans son bureau et il nous présente son chargé de communication, qui nous accompagne lors d’une visite privative de l’usine, nouvellement construite.

La Mauritanie, souhaite ainsi, au travers de cet établissement flambant neuf, inonder le marché européen avec des dattes hyper qualitatives et aux prix concurrentiels.  Nous entrons dans l’usine, vide de ses ouvrières, étant donné que cette période de l’année est synonyme d’une production terminée ; nous découvrons la section du grand frais, qui permet de conserver les dattes dès leur réception.

Les dattes passent ensuite dans une trieuse où elles sont empaquetées en fonction de leur calibre, dans trois types de boîtes. Les boîtes ainsi constituées, elles sont placées dans une autre chambre froide pour ensuite être expédiées dans tout le pays.

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La mine d’or, de cuivre et de fer d’Akjoujt

Près de deux heures de route sont nécessaires pour rejoindre Akjoujt dans laquelle nous mangeons en compagnie du frère d’Isselmou. Et ce avant de rejoindre la mine d’or et de fer où nous avons un rendez-vous avec un des directeurs pour une visite exceptionnelle et rare, les mines du pays n’accordant jamais de visite.

Néanmoins, grâce à Isselmou, nous avons pu, sans avoir besoin de passer par le ministère des énergies, obtenir un laissez-passer ainsi qu’une autorisation de filmer.

Nous arrivons devant la mine et après avoir remis nos passeports, nous nous voyons attribuer une carte de visiteurs. Ainsi détenteurs de ce sésame, nous rejoignons le directeur qui nous attend dans son 4/4 flambant neuf ; nous sommes immédiatement surpris de découvrir une mine d’une telle grandeur, concession d’exploitation qui avant d’appartenir à des Canadiens a été développée par des Australiens, moyennant une certaine somme à plusieurs zéros.

Nous nous rendons tout d’abord vers le sommet de la mine, là où une foreuse est en train de construire une nouvelle zone d’exploitation ; à tour de rôle, de gros camions chargent des tonnes de terre, le tout dans une fumée qui souvent nous empêche de voir à quelques dizaines de mètres.

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Mais cette opacité due aux remontées de particules microscopiques n’est rien comparée à celle que nous découvrons dans le fond de la mine dans lequel il nous faut bien dix bonnes minutes en voiture pour le rejoindre.

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Nous nous garons furtivement et avons juste le temps de voir deux grosses excavatrices, fissurer le sol, que le directeur nous enjoint à rejoindre notre véhicule pour nous protéger d’un gros nuage de poussières arrivant à grande vitesse sur nous.

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En sa compagnie, nous découvrons ensuite le gros concasseur ainsi que l’atelier dans lequel, des ouvriers et des employés assurent la maintenance de plus d’une centaine de véhicules de pointe.

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Le désert du Sahara

Alors que nous retournons à Atar, nous remarquons sur le bas-côté un convoi de plusieurs dromadaires ; nous décidons de le rejoindre ; les animaux peu téméraires défilent à notre arrivée, mais nous laissent la possibilité de découvrir une série de dunes tout aussi magnifiques les unes que les autres ; nous continuons notre route pour les rejoindre.

Nous nous arrêtons aux pieds des dunes et commençons leur ascension ; une fois les premières dunes gravies, nous nous trouvons sur un plateau aride qui nous conduit vers une autre série de dunes dans lesquelles nous marchons avant de rejoindre une étendue de sable composée de pierres et de restes de poteries antiques.

En arrière-plan, les paysages rocheux de la vallée se dévoilent dans un flux de lumière majestueux ; nous en profitons pour nous détendre en nous couchant dans le sable en attendant que la lumière soit au plus bas avant de quitter ce décor exotique.

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L’auberge l’étoile des Maures à Atar

Nous rejoignons la plus belle auberge de Atar : l’étoile des Maures. Le site est tenu par Cheibany Med Moustapha qui propose également des voyages dans le désert. Il est joignable au 00222 46 55 35 35. Ou sur le site www.lestoilesmaures.net

Nous retrouvons le propriétaire du campement : Cheibany Med Moustapha, un érudit que nous avions rencontré lors de notre précédent séjour dans le pays ; immédiatement, après les embrassades chaleureuses, nous nous reposons quelques instants dans notre chambre, une pièce basique comportant deux lits simples séparés mais disposant de tout le confort requis.

Nous sommes rapidement appelés pour le dîner. En entrée, quelques beignets et en plat, des gambas cuisinées par un chef ayant été formé par des cuisiniers français. Nous mangeons des gambas cuisinées dans le désert. Une agréable surprise surtout lorsque nous goûtons la sauce qui les accompagne. En dessert, nous mangeons une île flottante véritablement succulente, prouvant que la table de l’étoile des Maures en est une des meilleures de la région de l’Adrar.

Après une nuit réparatrice, nous nous levons et nous nous dirigeons vers la tente centrale autour de laquelle sont érigées plusieurs habitations en dur ainsi qu’une dizaine de tentes. Nous prenons un bon petit-déjeuner constitué de Nutella et de petits beignets, le tout accompagné de jus de fruits frais.

Nous passons la matinée à découvrir l’auberge, son petit jardin, ses alentours constitués de belles dunes…et nous en profitons pour nous reposer, bercés ainsi des rayons du soleil qui caressent nos visages.

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Le centre-ville d’Atar

Nous rejoignons en fin d’après-midi, après un bon repas au sein de l’auberge, le centre-ville d’Atar. Nous effectuons quelques emplettes et découvrons le rythme effréné de cette grande ville toujours en perpétuel mouvement. Nous découvrons une nouvelle fois le marché central de la ville, dans lequel de nombreux vendeurs proposent les fruits et les légumes qu’ils ont achetés dans la capitale et fait venir en transport collectif pour la plupart.

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Ahmed nous apprend qu’un marché de tissus se déroule dans une autre partie de la ville et que ce marché aux tissus n’est présent qu’une fois par mois ; nous traversons la ville pour nous y rendre.

A l’entrée du marché regroupées autour d’une petite place, des dizaines de stands accueillent de belles femmes vêtues de leur traditionnel habit du désert ; elles se penchent vers les habits qu’elles observent d’un coin de l’œil essayant autant que faire se peut, de ne pas montrer leur intérêt dans le but de faire chuter les prix.

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Alors que les rues sont bondées, nous traversons une route cahoteuse sur laquelle se croisent véhicules à moteur et calèches tirées par des ânes.

Nous entrons dans le marché aux tissus et nous ne savons pas où donner de la tête, tant les couleurs nous attirent ; nous sommes aussi les centres d’attention, les étrangers n’étant pas nombreux dans cette partie de la ville. Globalement, les paroles sont amicales, même lorsque nous prenons des photos ; les femmes, par pudeur se couvrent pour certaines d’entre elles le visage, mais on parvient avec quelques conversations sympathiques, à les faire se dévoiler.

Avant de retourner à la place centrale, nous nous arrêtons chez un petit artisan qui se plaint de ne pas avoir d’électricité, le réseau étant surchargé. Mais, méticuleusement, il parvient alors que la luminosité en est à son minimum, à frapper plusieurs morceaux de métal à qui il donne la forme de bijoux.

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La soirée feu de camp

Pour notre dernière nuit sur place, Ahmed a souhaité nous faire partager une soirée devant un feu de camp. A l’aide de bûches qu’il a récupérées, il nous allume un feu, qui rapidement prend son envol.

Il nous présente ensuite deux de ses amis, dont un percussionniste de djembés et un chanteur qui commencent à nous faire l’étalage de leur talent. A grands renforts de mains s’écrasant sur l’instrument, les voix se délient et percent la nuit noire qui nous entoure.

Les voix se perdent dans la nuit et illuminés par la chaleur du feu de camp, les ombres des danseurs projetées sur le sol dans une atmosphère bon enfant amène un côté fantasmagorique au moment.

Les cris hypnotiques résonnent ainsi dans la nuit et nous ne pouvons pas nous empêcher de suivre avec nos mains le rythme des chants anciens, dévoilés avec une certaine forme de dextérité, par notre ami que nous méconnaissons, dans cette posture de maître de scène.

Les habits traditionnels servent d’éléments de jeu et ils sont retirés au gré de la musique. Ahmed met le feu à la place au sens propre et au sens figuré et lorsque nous apercevons le sourire qui illumine son visage, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que même ici, au cœur du désert, un humain reste un humain. Comme tous les jeunes de son âge, il aime faire la fête en compagnie de ses amis. Et il nous le prouve, tout comme il nous prouve son amitié en nous faisant passer une merveilleuse soirée.

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Le départ

Le lendemain, après une courte nuit, nous nous levons et sommes rejoints par Isselmou afin de petit-déjeuner tous ensemble. Ahmed nous retrouve dans la foulée. Après de longues embrassades avec Isselmou qui doit nous quitter pour rejoindre un ministre en pleine inspection de ses entreprises, nous sommes conduits à l’aéroport par Ahmed, qui nous accompagne au comptoir d’enregistrement.

Alors que nous déposons nos sacs, nous apprenons que l’aéroport ne possédant pas d’ordinateur, les billets d’avion ont été émis à Nouakchott, la capitale et que nous serons placés en free seat, c’est-à-dire que nous pourrons nous installer où nous voulons dans l’avion.

Nous franchissons des contrôles de sécurité rapides et rejoignons le tarmac de l’aéroport où nous devons avant de monter dans l’avion, placer nous-mêmes nos sacs sur la carriole qui les transférera dans la soute…et ce afin d’éviter les vols nous apprends-t-on.

Après plusieurs dizaines de minutes de cacophonie, due essentiellement aux passagers qui tergiversent pour choisir leur place, nous pouvons décoller et quitter le Sahara qui s’éloigne au fur et à mesure de notre ascension, provoquant en nous quelques pincements au cœur, mais une forte envie d’y retourner.