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Drapeau Comores

Les Comores (Fiche pays)

Les Comores, en forme longue l’Union des Comores (en comorien : Komori et Udzima wa Komori, en arabe : Djuzur al qamar) est un État d’Afrique australe. L’archipel est  constitué principalement de quatre îles volcanique de l’Océan Indien situées dans la partie septentrionale du canal du Mozambique au sud-est de l’Afrique, entre le littoral du Mozambique et à la pointe nord ouest de Madagascar. Le territoire est divisé en îles autonomes : Grande Comore ou Ngazidja avec pour chef-lieu Moroni, Mohéli ou Moili dont le chef-lieu est Fomboni, Anjouan ou Ndzuwani avec Mutsamudu pour chef-lieu, et Mayotte ou Maoré avec  Mamoudzou pour chef-lieu. Les trois premières forment l’Union des Comores, pays indépendant, tandis que la quatrième composé des îles Grande-Terre et Petite-Terre, située la plus au sud-est est un département français.

On entend souvent que le nom « Comores » serait un dérivé du mot arabe « qamar », qui en français signifie « lune» Les Comores ont d’ailleurs étés surnommées en Français « îles de la Lune »

Le drapeau national des Comores est composé d’un croissant de lune, quatre étoiles et quatre bandes symbolisant les quatre îles principales dont Mayotte. La superficie totale du pays est de 1861km² avec pour Grande Comore 1025km², Mohéli 211 km² et Anjouan 424 km². La capitale située sur Grande Comore, la plus grande des îles est  Moroni.

La langue officielle est le comorien (shikomor) et le français ; la monnaie du pays est le franc comorien.

L’archipel des Comores est extrêmement peuplé, avec une densité moyenne de l’ordre de 460 habitants par km². Sa population d’environ 869000 habitants d’origines ethniques variées, est majoritairement musulmane.

Les comorien profite d’un climat tropical maritime caractérisé par de faibles variations de températures annuelles journalières, autour de 26° au niveau de la mer et par des précipitations abondantes. La température moyenne de l’océan est de 25 °C. Il y a deux saisons aux Comores, la saison chaude et humide de novembre à avril et la saison sèche de mai à octobre.

Dans les quatre îles, la culture bien que semblable est différente, en fonction des îles. Les terres sont à 45% agricoles, à 9% recouvertes par la forêt et 7% sont inexploitées. Les îles sont assez proches (au plus lointaines à 75 kilomètres). L’économie, majoritairement agricole, est marquée par la plantations de fleur de ylang-ylang qui occupent les meilleures terres, et de petites exploitations familiales avec bananes, manioc et riz. La plus grande partie de la population est rurale et vit de la culture vivrière ou de la pêche. Le pays est le plus grand producteur d’ylang-ylang et exporte également de la vanille et des giroflier.

Il existe aux Comores de nombreux écosystèmes tropicaux dont un bon nombre sont endémiques. Ces îles possèdent, comme les autres îles de la région, de nombreuses espèces endémiques comme sur Mohéli et sur Anjouan, une espèce de chauve-souris : les Livingstone, les plus grandes au monde.

La gastronomie comorienne est  riche et variée ; elle est influencée par les nombreuses obédiences historiques ce qui lui donne à la fois une touche créole, arabe et indienne. Les plats, souvent accompagnés de riz, sont généralement en sauce et épicés avec du safran, du cumin et d’autres épices. Les desserts sont  caractérisés par des gâteaux comme le « Mkatre wa siniya », gâteau de farine de riz et de lait de coco Parmi les plats les plus connus on trouve le pilaou (paella).

Le système éducatif est partagé entre un système coutumier avec école coranique privée et un système éducatif français basé sur la gratuité. Les enfants suivent d’abord l’enseignement dans les «mederas» où ils apprennent l’arabe, avec le coran et ensuite, la plupart suivent un enseignement «à l’occidentale» qui se fait en français au moins jusqu’au baccalauréat, qui est reconnu par la France.

L’île la plus récente est l’île de la Grande Comore, et son volcan, le Karthala (2361 mètres) y est toujours actif. C’est un volcan strombolien encore en activité dont la dernière coulée de lave date de 2005. Il possède l’un des plus grands cratères du monde dont la caldeira de 3 kilomètres de diamètre est l’une des plus belles du monde. La porosité du sol de la Grande Comore explique l’inexistence de cours d’eau, contrairement aux autres îles.

Formé il y a environ 9 millions d’années, l’archipel des Comores, d’origine volcanique ne semble pas avoir connu de présence humaine avant le VIIe siècle. Les premières traces de peuplement datent du VIIIe siècle avec des Africains appelé Antalotes. Depuis, de nombreuses ethnies se sont croisées et mélangées. Au XIIIe siècle, l’arrivée d’une population  persane de Chiraz, apporte l’islam dans l’archipel. Ils ont d’abord transité le long des côtes de l’Afrique orientale, colonisant des îles sur les routes commerciales. C’est en explorant  cette région en 1505, que les Portugais trouvent et abordent les îles de l’archipel. Les XVIIe et XVIIIe siècles sont une période particulièrement prospère pour les Comores, idéalement placées sur une route commerciale florissante entre l’Europe et ce qui devient l’empire omanais. Les habitants y développent une culture prospère, vivant du commerce d’esclaves, de l’ivoire et de marchandises africaines pour les marchés occidentaux. Mais cette richesse s’accompagne rapidement  de rivalités politiques entre les îles qui provoquent de nombreuses razzias et guerres ouvertes.

Entre  1841 et 1912, les Français dominent les îles par faits de guerre et de trahisons. Alors qu’à la Réunion, la main-d’œuvre devient de plus en plus chère, les Comores offrent aux sociétés coloniales une main-d’œuvre peu chère dans les plantations et notamment des esclaves. En 1912, l’archipel devient une colonie de « Mayotte et dépendances » La langue officielle devient le français. En 1946, le pays se détache de Madagascar et forme une entité administrative unie et reconnue (TOM). En 1974, a France organise un référendum où trois des quatre îles optent pour l’indépendance (Grande Comore, Anjouan et Mohéli) et forment dès le 6 juillet 1975 un Etat souverain appelé d’abord « Etat comorien » Mayotte reste française et devient une collectivité territoriale.

La présence de la France dans le pays fait l’objet d’un contentieux. Toutefois les deux pays restent  liés diplomatiquement et entretiennent des liens étroits.

 

drapeau taiwan

Fiche pays Taïwan (République de Chine)

L’île de Taïwan a une superficie de 36 008 km2. Elle fait dans sa plus grande longueur 394 km et sur sa plus grande largeur 144 km.  Elle a pour capitale la ville de Taipei. Taïwan en tant qu’état comprend l’île de Taïwan, la province du Fujian et les îles Pescadores.

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drapeau mali

Mali

Le Mali, en forme longue la république du Mali, est un pays d’Afrique de l’Ouest, frontalier de la Mauritanie et de l’Algérie au nord, du Niger à l’est, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire au sud, de la Guinée au sud-ouest et du Sénégal à l’ouest.

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drapeau mauritanie

Mauritanie

Appelée également république islamique de Mauritanie, la Mauritanie est un pays de 1 030 700 km2 comprenant 3 840 429 habitants.

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Cap Vert

Cap Vert

D’une superficie totale de 4033 km2, l’archipel du Cap Vert compte une population de 538 535 habitants répartis sur 10 îles dont une inhabitée.

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Drapeau serbie

Serbie

Etat de l’Europe de l’Est faisant partie des Balkans, la République de Serbie a une superficie de 77 474 km2 pour une population de 7 111 973 habitants.

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drapeau acores

Les Açores

Archipel du Portugal géographiquement et région autonome politiquement, les Açores possèdent une superficie de 2333 km2 pour une population de 250 018 habitants.

La monnaie locale est l’euro, l’archipel faisant partie de l’Union Européenne.

Baigné par l’océan Atlantique, l’archipel des Açores, qui fait partie de la plaque Eurasienne et de la plaque Nord-Américaine est constitué de l’île principale de Sao Miguel, Santa Maria, Faial, Terceira, Graciosa, Sao Jorge, Pico, Flores et Corvo. L’archipel se trouve presque au cœur de l’Océan Atlantique entre l’Europe et le continent Américain.

La capitale des Açores est la ville de Ponta Delgada, située sur l’île principale. Les autres grandes villes sont Horta sur l’île de Faial et Angra do Heroismo sur l’île de Terceira.

Diogo de Silves découvre l’archipel en 1427, mais la reconnaissance complète s’effectue sur plusieurs années à partir de 1432 par Gonçalo Velho Cabral pour se terminer en 1452 par Corvo et Flores. Avant 1427, les îles semblent avoir été dépourvues de population humaine, contrairement aux îles Canaries, colonisées à la même époque par les Espagnols qui y trouvèrent les Guanches.
Dès le milieu du XV èm siècle, un  flamand travaillant pour Henri le Navigateur, Jácome de Bruges, reçoit la mission d’installer des familles flamandes sur l’île de Terceira. Dans les siècles qui suivirent, des colons flamands, mais également français, viennent s’établir sur ces îles. De 1580 à 1640, elles sont sous domination espagnole comme le reste du Portugal et servent de relais lors du retour des navires en provenance de l’Amérique et des Antilles.
En 1583, Philippe II d’Espagne envoit la flotte hispano-portugaise chasser les marchands français installés aux Açores, en pendant les prisonniers aux vergues des bateaux et contribuant à la création d’une légende noire.
Les îles redeviennent portugaises après la guerre de restauration du Portugal.
En 1976, les Açores deviennent une région autonome et les trois anciens districts (Angra, Horta, Ponta Delgada) ont été dissous en 1978, date à laquelle a été mis en application le statut politico-administratif de la Région autonome des Açores.

drapeau madere

Madère

Archipel du Portugal géographiquement et région autonome politiquement, Madère possède une superficie de 801 km2 pour une population de 260 133 habitants.

La monnaie locale est l’euro, l’archipel faisant partie de l’Union Européenne.

Baigné par l’océan Atlantique, l’archipel de Madère, qui fait partie de la Macaronésie est constitué de l’île de Madère, l’île de Porto Santo, les îles desertas et les îles Selvagens.

La capitale de Madère est la ville de Funchal, située sur l’île principale.

Depuis 1976, Madère, comme les Açores, est constituée en région autonome de la République du Portugal (Região Autónoma da Madeira), avec un gouvernement autonome et une assemblée législative régionale. Au niveau local, Madère est subdivisée en onze communes.
L’archipel constitue l’une des neuf régions ultrapériphériques de l’Union européenne.

L’archipel de Madère se trouve non loin de l’île de Tenerife. L’île de Madère se trouve à 647 kilomètres du continent africain et 1000 kilomètres de Lisbonne.

Les Carthaginois furent les premiers à découvrir l’île.
Les vikings font ensuite escale sur l’île de Madère entre IX èm et XI èm siècle. Les premiers navigateurs portugais lancés dans les explorations maritimes organisées par Henri le Navigateur se réfugièrent à Porto Santo en 1419 et en prirent possession au nom du roi du Portugal. Madère fut repéré et abordé l’année suivante par les Portugais.
L’archipel fut un point de relâche important pendant l’époque des grandes découvertes. Christophe Colomb y séjourna, il y épousa Felipa Moniz Perestrello, fille de Bartolomeu Perestrelo. Séjour important, puisque Felipa a pu faire connaître à Colomb les cartes de son père, qui l’ont aidé dans sa découverte.

Drapeau azerbaidjan

Azerbaïdjan

Dotée d’une superficie de 86 600 km2 et peuplée de près de 10 millions d’habitants, l’Azerbaïdjan est un pays du Caucase situé sur la délimitation entre l’Europe et l’Asie.

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Drapeau Haut Karabagh

Haut-Karabagh

Le Haut-Karabagh ou République d’Artsakh est une République autoproclamée de Transcaucasie. D’une superficie totale de 11 430 km2, elle est peuplée de 148 917 habitants.

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Drapeau Armenie

Arménie

Dotée d’une superficie de 29 743 km2 et peuplée de 3 045 000 habitants, l’Arménie ou République d’Arménie est un pays du Caucase en Asie Occidentale.

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drapeau georgie

Géorgie

D’une superficie totale de 69700 km2, la Géorgie est peuplée de 4 926 330 habitants.

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kosovo

Kosovo

D’une superficie totale de 10 908 km2, le Kosovo ancien état de l’ex-Yougoslavie est un pays peuplé de 1 895 250 habitants.

Quand bien même le pays ne fait pas partie de l’Union Européenne, il a pour monnaie officielle l’euro.

Il est un territoire au statut contesté, dont l’indépendance de la Serbie est reconnue par une partie de la communauté internationale ; le pays n’est cependant pas membre de l’ONU.

Déclaré indépendant depuis 2008, le Kosovo a pour capitale Pristina ; ses autres grandes villes sont Prizren, Peja, Gjakove. Il a des frontières terrestres avec la Serbie, l’Albanie, la Macédoine, le Monténégro.

D’un point de vue historique, l’histoire du Kosovo débute avec l’apparition d’un peuple : les Illyriens au XX èm siècle avant JC. Par la suite, la chute de l’Empire romain marque le début de nombreuses invasions barbares slaves dans la péninsule balkanique. Au XIV èm siècle, les Ottomans pénètrent et s’installent sur le territoire alors qu’en septembre 1448, une armée de mercenaires venue de l’Europe de l’Est entre sur le territoire les défie mais subit une défaite majeure. En 1878, le congrès de Berlin accorde officiellement l’indépendance à la Serbie et lui accorde les terres au Nord du Kosovo, le reste du pays restant dans l’empire Ottoman. En 1912, les États balkaniques nouvellement affranchis de l’occupation ottomane décident d’unir leurs forces afin de libérer les terres restant sous contrôle ottoman. Soutenus par la Russie, ils repoussent les Ottomans. Mais en 1913, la deuxième guerre balkanique oppose cette fois-ci les alliés lors du précédent conflit. La Serbie en sort victorieuse. En 1918, naît le Royaume des Serbes, Croates Slovènes, qui regroupe les Slaves du sud en son sein. Mais la dictature du roi de Serbie ne fait qu’amplifier les tensions nationalistes. Le Kosovo, après avoir été occupé par l’armée serbe, est incorporé au royaume et formellement rattaché au nouvel État. En 1948, après une dictature établie par le roi de Serbie, Tito qui a accédé au pouvoir inclus le Kosovo dans l’état d’Albanie. Lorsque Tito se détache du contrôle de Staline, l’Albanie prend le parti du camp communiste, ce qui entraîne la fermeture de la frontière entre le Kosovo et l’Albanie. La constitution yougoslave est amendée en vue d’accorder plus de contenu à l’autonomie de Kosovo, la « province socialiste autonome du Kosovo » étant formellement déclarée depuis 1945. En 1974, la République de Serbie perd tout droit de regard sur les affaires internes du Kosovo : celui-ci est directement représenté dans les instances fédérales, « à égalité de droit » des républiques et des provinces autonomes ainsi que des peuples et des nationalités.
En mars 1981, des manifestations d’Albanais réclamant le statut de République sont réprimées dans le sang. Slobodan Milosevic devenu deuxième homme du parti communiste yougoslave supprime l’autonomie du Kosovo en 1989. En 1991, l’indépendance du Kosovo est proclamée unilatéralement par le pays, marquant ainsi son éloignement avec la Serbie.
En 1999, l’Otan procède à des frappes aériennes obligeant la Serbie à quitter le Kosovo. La région passe sous l’administration des Nations unies en vertu de la résolution 1244 du Conseil de sécurité. Jusqu’en 2008, le statut final du pays reste indéterminé, ce qui paralyse son développement politique et contribue à une situation sociale tendue. En 2008, le président du Kosovo fait voter par le parlement officialisant l’indépendance du pays. C’est en 2010 que la Cour internationale de justice juge que l’indépendance du Kosovo ne viole pas le droit international.
Au 28 février 2017, 114 des 193 pays membres de l’ONU reconnaissent l’indépendance du Kosovo. Parmi les 28 États membres de l’Union européenne, 23 ont reconnu le Kosovo et 5 sont opposés. Le Conseil de l’UE a reconnu dès le 18 février 2008 la déclaration d’indépendance du Kosovo tout en soulignant que le Kosovo constitue un cas sui generis. Parmi les dix États membres de la Communauté des États indépendants, un s’est déclaré neutre et huit sont opposés. Le Turkménistan ne s’est pas prononcé. Parmi les treize États membres de l’OCDE qui ne sont pas membres de l’Union européenne, dix ont reconnu le Kosovo et un s’est déclaré « préoccupé ». Parmi les treize États européens qui ne sont pas membres des trois organisations ci-dessus, huit ont reconnu le Kosovo, un s’est déclaré neutre, un s’est déclaré « préoccupé » et trois sont opposés.

malte

Malte

Malte, en forme longue la République de Malte, est un État

insulaire d’Europe situé au milieu de la Méditerranée. Situé à 93 kilomètres au sud de la Sicile, il est constitué d’un archipel de huit îles, dont quatre sont habitées, et de plusieurs îlots et rochers.

Sa localisation stratégique entre la Méditerranée occidentale et la Méditerranée orientale lui a valu les convoitises et l’occupation de nombreuses puissances au cours des âges. Il a acquis son indépendance du Royaume-Uni, et ce pour la première fois de son histoire, le 21 septembre 1964, et est membre de l’Union européenne depuis le 1ermai 2004, ainsi que de la zone euro depuis le 1er janvier 2008.

Avec ses 316 km2, c’est le plus petit État de l’Union européenne. Sa densité est la plus élevée de l’Union européenne, comptant 446 547 personnes, soit 1 413 habitants au km2.

Malte possède une langue nationale, le maltais, et deux langues officielles, le maltais et l’anglais ; l’italien est également compris et pratiqué par de nombreux Maltais. La capitale du pays est La Valette située sur l’île de Malte.

Le territoire maltais est un archipel situé entre mer Méditerranée orientale et occidentale à 88 km des rivages sud-ouest de l’extrême sud sicilien, à 297 km à l’est-nord-est du ras Kaboudia, en Tunisie, à 339 kilomètres au nord-nord-est des faubourgs de Tripoli, en Libye, et 574 km à l’ouest-sud-ouest de l’île de Céphalonie, en Grèce. Sa localisation stratégique au centre de la mer Méditerranée, à la frontière entre la Méditerranée occidentale et la Méditerranée orientale et entre l’Afrique du Nord (cap Bon) et le sud de l’Europe lui a valu les convoitises de nombreuses civilisations au cours des âges. Après avoir été un centre de maintenance naval avec de vastes chantiers, c’est aujourd’hui le relais méditerranéen pour le trafic international des conteneurs.

L’archipel maltais de 316 km2 se compose de neuf îles, dont quatre sont habitées : Malte, Gozo, Comino et l’île Manoel ; quatre autres sont inhabitées.

L’archipel maltais n’est peuplée que vers 5400-5200 av. J.‑C. par des groupes néolithiques d’agriculteurs-éleveurs-pêcheurs venant de Sicile. Ils mettent en place une civilisation préhistorique importante qui est à l’origine des plus anciens monuments, les temples mégalithiques, encore existants, ce sont les plus anciennes constructions monumentales de l’histoire de l’humanité.

Par sa position au centre de la mer Méditerranée l’archipel maltais est un relais évident, compte tenu de ses ports naturels. Les Phéniciens, grands navigateurs, utilisent les ports de Malte à partir du X èm siècle av. J.-C. Des Grecs s’installent également au VII èm siècle et partagent apparemment pacifiquement les îles avec les Phéniciens. Avec le déclin de la Phénicie, l’archipel passe sous le contrôle de Carthage en 480 av. J.‑C. C’est une colonie précieuse dans la lutte que les Carthaginois mènent contre les Grecs et ensuite contre les Romains. À la faveur des guerres puniques, les îles passent sous le contrôle des Romains en 218 av. J.‑C. jusqu’au démantèlement de l’Empire romain en 395.

Probablement vers 455, l’archipel maltais subit l’occupation des Vandales et vers la fin du V èm siècle, celle des Ostrogoths. Il passe ensuite sous le contrôle de l’Empire romain d’Orient également dénommé Empire byzantin. La présence byzantine demeure dans l’archipel jusqu’à la conquête de Malte par les Arabes.

En 870 les Aghlabides s’emparent de l’archipel lors de la conquête de la Sicile. En 1090, les Normands, maîtres de la Sicile, menés par le comte Roger de Hauteville, s’emparent de Malte. En 1127, l’archipel passe sous domination sicilienne. Finalement, entre 1240 et 1250, Frédéric II du Saint-Empire expulse les musulmans, même si beaucoup se convertissent pour rester dans les îles. Pendant cette période, les Maltais se rechristianisent mais conservent leur langue l’arabe maltais proche de l’arabe ifriqiyen, tout en empruntant massivement une partie de leur vocabulaire au sicilien et à l’italien. L’archipel accueille des familles juives chassées d’Espagne en 1492.

Lorsque Charles Quint se rend une première fois en Italie en 1529 pour se faire couronner empereur par le pape Clément VII, ce dernier intercéda en faveur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, un ordre hospitalier et militaire consacré en son temps à la défense du Royaume latin de Jérusalem, pour que celui-ci retrouve une souveraineté après avoir été chassé de l’île de Rhodes par les Ottomans. C’est à Bologne, le 24 mars 1530, que Charles Quint signe le diplôme concédant à l’Ordre « en fief perpétuel, noble et franc, les villes, châteaux et îles de Tripoli, Malte et Gozo avec tous leurs territoires et juridictions », ensemble hérité des possessions de Naples et de Sicile.

Délaissant Mdina, ancienne capitale de l’île de Malte, l’Ordre installe son couvent dans le port de Birgu où le grand maître Philippe de Villiers de L’Isle-Adam fit édifier plusieurs fortifications en vue de mettre l’île en état de défense contre une éventuelle attaque des Ottomans. En 1675 puis de nouveau en 1676, une épidémie de peste frappe les îles, faisant 11 300 victimes sur une population estimée à 60 000 habitants.

Le Grand Siège intervient le 19 mai 1565 quand Mustapha Pacha et Uluç Ali Paşa font débarquer à Marsaxlokk un premier contingent de 40 000 soldats. Le grand maître Jean Parisot de La Valette ne peut opposer qu’environ 9 000 hommes dont 592 chevaliers. Le grand siège de Malte se termine le 13 septembre, après l’arrivée des renforts siciliens du vice-roi Don Garcia de Tolède, par la défaite des Ottomans qui perdent plus de 12 000 hommes, dont le corsaire Dragut. Les pertes maltaises s’élèvent à environ 9 000 personnes dont des femmes, des enfants et des vieillards qui n’avaient pu être évacués en Sicile, et 313 chevaliers. La victoire est célébrée avec éclat et reste une des plus grandes victoires de la chrétienté sur l’Empire ottoman.

La domination de l’Ordre prend fin en 1798 avec la prise de l’archipel par Napoléon Bonaparte lors de sa campagne d’Égypte dont Malte constitue une base.

En 1800, les Maltais appellent les Britanniques à l’aide sous prétexte du pillage des biens de l’Église par les troupes napoléoniennes, plusieurs lois impopulaires promulguées par Bonaparte et l’attitude peu respectueuse des Français renforcent l’état d’esprit anti-Français. En 1802, le traité d’Amiens décide le rétablissement de la souveraineté de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem sur l’archipel mais rencontre l’opposition du Congrès national. Les Britanniques refusent alors de rendre l’archipel aux Hospitaliers et l’annexent officiellement à l’Empire britannique en 1816 après la signature du traité de Paris de 1814. Toutefois les Britanniques ne sont pas mieux acceptés que les Français : ils imposent unilatéralement leur langue, en interdisant la langue italienne. Ils s’emparent du pouvoir politique et économique. Cette situation d’exploitation coloniale provoque en retour la montée de revendications nationalistes et les Britanniques doivent concéder une nouvelle constitution augmentant le nombre d’élus maltais au Conseil législatif puis reconnaître la langue maltaise (1934), mais pas l’italien comme les nationalistes le demandaient.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Malte joue un rôle important en raison de sa position stratégique qui gêne considérablement le ravitaillement des armées de l’Axe en Afrique du Nord dans leur tentative de s’emparer du canal de Suez. Cela vaut à sa population la Croix de Georges pour sa résistance héroïque face au blocus et aux bombardements incessants (16 000 tonnes de bombes faisant 2 000 victimes), croix qui figure aujourd’hui sur le drapeau national.

L’indépendance du pays est reconnue le 21 septembre 1964, mais Malte conserve la reine Élisabeth II à sa tête comme de nombreux pays du Commonwealth. Ce n’est que 10 ans plus tard, le 13 décembre 1974, sous l’impulsion du premier ministre Dom Mintoff, que Malte proclame la république et élit un président à sa tête.

 

Saint vincent

Saint Vincent et les grenadines

Saint-Vincent-et-les-Grenadines, parfois abrégé par le sigle SVG, en anglais Saint Vincent and the Grenadines, est un État et paradis fiscal des Petites Antilles, dans la région des Caraïbes, situé à l’ouest de la Barbade, entre Sainte-Lucie et la Grenade. Il fait partie, comme ces deux dernières, et quatre autres États de la région, de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale à laquelle il a adhéré en 1981.

Cet État est composé de l’île principale de Saint-Vincent et d’un chapelet d’îles plus petites, les Grenadines, situées au sud. Les principales sont (du nord au sud) : Bequia, Baliceaux, Moustique, Canouan, Mayreau, Tobago Cays, Union et Petit-Saint-Vincent. Cette dernière île marquant la limite avec la Grenade.

Les habitants de Saint-Vincent-et-les-Grenadines se nomment les Vincentais, Saint-Vincentais ou Saint-Vincentais et Grenadins.

Saint-Vincent-et-Grenadines est membre de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) depuis 2009.

La superficie totale du pays est 389 km2, dont 344 km2 pour la seule île de Saint-Vincent, sur laquelle est située la capitale, Kingstown.

L’île de Saint-Vincent est volcanique et comprend quelques hauteurs (mornes). Le point culminant du pays est le volcan de la Soufrière à 1 220 mètres d’altitude. La côte Atlantique est très rocheuse et abrupte, tandis que la côte caraïbe possède davantage de plages de sable et de baies.

Alors que les Britanniques ont été les premiers à revendiquer la possession de Saint-Vincent en 1627, les Français furent les premiers colonisateurs européens de l’île puisqu’ils ont établi leur première colonie à Barrouallie sur le côté sous le vent de Saint-Vincent peu avant 1700.

Les Indiens Caraïbes ont agressivement empêché la colonisation européenne de Saint-Vincent jusqu’au XVIII èm siècle. Des esclaves africains, qu’ils soient naufragés ou échappés de Sainte-Lucie ou de la Grenade ou à la recherche d’un refuge à Saint-Vincent, se sont croisés avec les Indiens Caraïbes pour devenir les black Caribs, les « Caraïbes noirs ». À partir de 1719, des colons français ont importé les cultures du café, du tabac, l’indigo, le maïs et du sucre dans des plantations employant des esclaves africains.

Saint-Vincent, a été cédée à la Grande-Bretagne lors du traité de Paris (1763), restauré à la domination française en 1779 et cédée une nouvelle fois aux Britanniques en vertu du traité de Versailles (1783). Le conflit entre les Britanniques et les Caraïbes noirs a continué jusqu’en 1796, lorsque le général Abercrombie a écrasé une révolte fomentée par le révolutionnaire Français Victor Hugues. Plus de 5 000 Caraïbes noirs ont finalement été expulsés vers Roatán, une île au large de la côte du Honduras.

L’esclavage a été aboli en 1834, les pénuries de main-d’œuvre dans les plantations ont attiré des immigrants portugais dans les années 1840 et d’Inde dans les années 1860. Les conditions sont restées très dures pour les anciens esclaves et les travailleurs agricoles immigrés, conséquence des prix mondiaux du sucre qui ont laissé l’économie stagnante jusqu’au tournant du siècle.

De 1763 jusqu’à l’indépendance, Saint-Vincent est passé par divers statuts coloniaux sous les Britanniques. Une assemblée représentative a été autorisée en 1776, Colonie de la Couronne en 1877, un conseil législatif est créé en 1925, et le suffrage universel des adultes est accordé en 1951.

Au cours de cette période, les Britanniques ont fait plusieurs tentatives infructueuses d’affilier Saint-Vincent avec les autres îles du Vent pour gouverner la région grâce à une administration unifiée. La plus notable a été la Fédération des Indes occidentales, qui s’est effondrée en 1962. Saint-Vincent a obtenu le statut d’État associé le 27 octobre 1969 avec un contrôle complet sur ses affaires intérieures. À la suite d’un référendum en 1979, Saint-Vincent-et-les-Grenadines est la dernière des îles du Vent à accéder à l’indépendance, obtenue le 27 octobre 1979.

Le 25 novembre 2009, un référendum est organisé qui propose de remplacer la Constitution en vigueur depuis 1979. Approuvé par seulement 43,13 % des suffrages, il est rejeté car il aurait fallu une majorité des deux tiers pour qu’il soit adopté. Son adoption aurait entraîné l’abolition de la monarchie et aurait donné plus de pouvoir à l’opposition. C’est le premier référendum de ce genre à être organisé par l’Organisation des États de la Caraïbe orientale.

canaries

Les Canaries

Les îles Canaries sont un archipel de l’océan Atlantique situé au large des côtes du Maroc . Les Canaries font partie de la Macaronésie, un ensemble géographique regroupant les territoires insulaires volcaniques des îles Canaries, de Madère, des Açores et du Cap-Vert. L’archipel des Canaries est le plus grand et le plus peuplé de la région de la Macaronésie.

L’archipel forme l’une des dix-sept communautés autonomes d’Espagne, la communauté autonome des Canaries, divisée en deux provinces, Las Palmas et Santa Cruz de Tenerife, et constitue une région ultrapériphérique de l’Union européenne. Jusqu’en 1927, Santa Cruz de Tenerife est la seule capitale de l’archipel mais cette ville doit, à partir de cette année-là, partager cette fonction, tous les quatre ans, avec la ville de Las Palmas de Gran Canaria

L’archipel est composé de sept îles principales d’origine volcanique réparties d’est en ouest : Lanzarote, au relief fortement marqué par un volcanisme récent et encore actif ; Fuerteventura, assez plate, très aride et la plus proche du continent ; Tenerife, la plus grande, la plus peuplée et la plus élevée avec le volcan Teide, point culminant de l’archipel et de l’Espagne ; Grande Canarie, au relief escarpé à l’intérieur de l’île ; La Gomera, aux vallées encaissées ; La Palma, la plus humide et la plus boisée de l’archipel.

Autour de ses îles principales se répartissent des îles secondaires dont Alegranza, La Graciosa, Montaña Clara, Roque del Este et Roque del Oeste – qui forment l’archipel de Chinijo situé non loin de Lanzarote –, Los Lobos situé entre Lanzarote et Fuerteventura ainsi que plusieurs rochers et îlots, notamment sur les côtes du massif d’Anaga et face à la ville de Garachico à Tenerife.

Avant l’arrivée des aborigènes, les Îles Canaries étaient habitées par des animaux endémiques, disparus depuis, tels que lézards géants (Gallotia goliath), rats géants (Canariomys bravoi et Canariomys tamarani) et tortues géantes (Geochelone burchardi et Geochelone vulcanica).

Les sources gréco-romaines y situent les limites du monde connu (l’« Écoumène »). L’imagination des classiques y place les Champs Élysées, le jardin des Hespérides et l’Atlantide de Platon. Les îles Canaries sont connues depuis l’Antiquité sous le nom d’« îles Fortunées » ou « îles des Bienheureux ».

Les îles Canaries étaient connues des Phéniciens et des Carthaginois.

En 1335 débarquèrent à Lisbonne deux bateaux contenant quatre prisonniers guanches. Ces bateaux étaient affrétés par le roi du Portugal avec un équipage florentin, génois et espagnol. Ces bateaux auraient atteint les îles en juillet de l’année 1341 sous le commandement du Florentin Angiolino del Teggihia de Corbizzi, avec comme pilote le Génois Niccoloso da Recco. Ils y restèrent cinq mois et, à leur retour à Lisbonne, ils apportèrent tant de choses intéressantes que Boccace en personne prit sa plume pour écrire un portrait des Guanches en se fondant sur les données rapportées par Recco.

Dans les années qui suivirent, les îles furent le lieu de prédilection pour les chasseurs d’esclaves de tous les horizons qui les capturaient afin de les revendre aux seigneurs d’Afrique du Nord. Et ceci jusqu’en 1402 et l’arrivée du navigateur dieppois Jean de Béthencourt accompagné d’émigrants français. Béthencourt, qui avait pour but la christianisation des îles, il parvint à s’établir à Lanzarote, puis à Fuerteventura et à El Hierro. Il fut reconnu « roi des Canaries » par Henri III de Castille, mais ne mit jamais pied sur les autres îles, beaucoup plus peuplées et dont les habitants étaient de farouches guerriers.

Pendant des dizaines d’années, Portugais et Espagnols se disputèrent la possession des terres. L’archipel, étape importante sur les routes maritimes conduisant vers l’Afrique australe, l’Asie et l’Amérique, fut finalement attribué à l’Espagne en 1479 par le traité d’Alcáçovas – mais les Portugais bénéficiaient de l’île de Madère, située non loin au nord des Canaries.

 

Jersey

Jersey

Jersey est la plus grande des îles Anglo-Normandes, dont la capitale est Saint-Hélier. Sa superficie est de 118,2 km2 et elle est peuplée de 100 080 habitants. Elle appartient au bailliage de Jersey.

Il y a 180 000 ans, Jersey se présentait comme un plateau rocheux dans la plaine qui s’étendait à la place du nord de l’actuelle Manche. Des chasseurs de mammouths et de rhinocéros fréquentaient certaines cavernes des falaises de Jersey.

Devenue île il y a environ 8 000 ans avec la montée des océans induite par la fonte des calottes glaciaires, elle fut colonisée par des fermiers néolithiques qui y construisirent les dolmens et monuments funéraires et culturels que l’on peut encore admirer aujourd’hui.

Des caches de pièces de monnaie démontrent la colonisation de l’île par des tribus celtiques vers 300 av. J.-C.

De la période gallo-romaine, il reste peu de traces, mais on a trouvé des preuves archéologiques qui témoignent de l’existence de commerce entre les tribus celtiques de l’île et le continent.

Au VI èm siècle, selon l’hagiographie, Saint Hélier aurait évangélisé Jersey, demeurant une quinzaine d’années sur un rocher dans la baie de la ville avant son martyre aux mains de pirates. Le village construit autour de l’église fondée à sa mémoire sur les dunes de la côte voisine est devenu la ville de Saint-Hélier, capitale de l’île. Une chapelle médiévale, l’Hermitage de Saint-Hélier, construite sur le rocher sur lequel le saint est réputé avoir vécu, se visite chaque année le 16 juillet, fête patronale, avec pèlerinage municipal et œcuménique.

Lors de l’émigration massive des Bretons vers les côtes de l’ancienne Armorique au vie siècle, ceux-ci peupleront les îles de la Manche qui étaient sur leur chemin.

Les incursions des Vikings et l’établissement consécutif de colons anglo-scandinaves ont marqué la toponymie de l’île. L’île qui dépendait traditionnellement de l’évêché de Coutances, lui-même dans l’archidiocèse de Rouen, a été naturellement incorporée au duché de Normandie après 933, tout comme l’Avranchin et le Cotentin qui avant la domination bretonne faisaient partie de la Neustrie. Elle fut donnée par le roi de France (avec l’Avranchin et le Cotentin, dont elle dépendait) au duc de Normandie Guillaume Longue-Épée, à charge pour lui de les conquérir.

La conquête de l’Angleterre en 1066 a lié l’île pour la première fois à la Couronne d’Angleterre. L’humour jersiais relève que les jersiais ont battu les anglais en 1066 et donc que « l’Angleterre appartient à Jersey et non l’inverse ».

En 1155, l’abbaye de Saint-Hélier a été fondée sur l’îlot à côté de l’Hermitage de Saint-Hélier.

En 1204, le roi de France Philippe-Auguste conquiert la Normandie. Les îles de la Manche restent sous le contrôle de Jean sans Terre, roi d’Angleterre et duc de Normandie. Désormais, il y aura une Normandie continentale et une Normandie insulaire, séparées. Le roi d’Angleterre sera considéré comme duc de Normandie dans les îles. Les Constitutions du roi Jean Sans Terre assurent les libertés et l’autonomie des îles – c’est l’origine du gouvernement de Jersey.

Sous le règne d’Élisabeth I d’Angleterre, le Seigneur de Saint-Ouën, Hélier de Carteret, reçoit la seigneurie de Sercq sous condition qu’il colonise l’île inhabitée afin de protéger Sercq contre des bandes de pirates qui se servaient de l’île comme base d’opérations. C’est avec 40 familles de Saint-Ouën que Carteret a établi le petit État, demeuré féodal jusqu’en 2008.

Nommé gouverneur de Jersey, Walter Raleigh (1554-1618) modernise les défenses fortifiées de l’île pour tenir compte de l’usage du canon.

Lors des perturbations de la guerre civile d’Angleterre, Jersey accueille Charles, Prince de Galles, héritier au trône. À la suite de l’exécution de son père, Charles Ier, le prince est proclamé roi sur la place du marché de Saint-Hélier le 17 février 1649. Jersey est donc le premier pays à reconnaître le nouveau roi. Après la restauration de la dynastie en 1660, le roi Charles II montre sa reconnaissance pour l’abri offert par Jersey en offrant la masse en argent que l’on voit aujourd’hui aux séances de la Cour Royale de Jersey et des États de Jersey.

Après la révocation de l’Édit de Nantes en 1685, arrivent nombre de huguenots.

En 1689, le droit de neutralité est supprimé par le Conseil Privé du Roi et de la Reine. En 1736, la bibliothèque publique est fondée.

La bataille de Jersey, le 6 janvier 1781, fut la dernière tentative française de conquérir l’île. Après cette attaque, l’île anglo-normande fut protégée par la construction d’une trentaine de tours rondes.

En 1789, des milliers de réfugiés viennent à Jersey pendant les perturbations de la Révolution française. Au château Mont-Orgueil, le Jersiais Philippe d’Auvergne, duc de Bouillon, organise un réseau d’espionnage contre les autorités révolutionnaires en Normandie et en Bretagne. De nombreux prêtres réfractaires viennent trouver refuge dans l’île.

En 1799 arrivent 6 000 soldats russes.

L’île a été occupée par les troupes allemandes de la Wehrmacht entre 1940 et 1945. Près de 8 000 habitants de l’île ont été évacués vers l’Angleterre, 1 200 habitants de l’île déportés dans des camps en Allemagne et plus de 300 habitants de l’île condamnés à la prison et envoyés en camps de concentration dans l’Europe nazie (principalement à Neuengamme). Vingt de ces déportés y laisseront la vie.

Le jour de la Libération — le 9 mai — est un jour férié, célébré chaque année avec faste. Les îles de Jersey et de Guernesey ont été le seul endroit appartenant à la Couronne occupé par les troupes allemandes pendant la Seconde Guerre.

Guernesey

Guernesey

Le bailliage de Guernesey est une dépendance de la Couronne britannique dans la Manche au large des côtes françaises. En plus de l’île de Guernesey elle-même, il inclut également Aurigny, Sercq, Herm, Jéthou, Brecqhou, Burhou et d’autres petites îles. Avec Jersey, elles forment l’archipel connu sous le nom d’îles Anglo-Normandes.

Au paléolithique, Guernesey était reliée au continent. Peu de vestiges de la période paléolithique ont été découverts. Des niveaux archéologiques attribuables au mésolithique ont été identifiés sur l’île de Lihou accessible à pied à partir de Guernesey à marée basse.

Le néolithique est bien représenté sur l’île avec de nombreux mégalithes.

Lors de la migration des Bretons vers l’Armorique au VI èmsiècle, ceux-ci occupèrent les îles de la Manche (alors appelées îles Lenur) qui se trouvaient sur leur route. À cette époque, Guernesey était appelée Lesia. Elle fit partie du royaume de Bretagne au IX èmsiècle, mais fut soumise aux incursions vikings dès cette époque. En l’an 933, le roi de France donna l’Avranchin et le Cotentin (dont dépendait Lesia/Guernesey) au duc de Normandie Guillaume Longue-Epée, à charge pour lui de les conquérir.

L’île de Guernesey et les autres îles Anglo-Normandes représentent les derniers vestiges du duché médiéval de Normandie, divisé depuis 1204 entre l’Angleterre et la France. Cette année-là, le roi de France Philippe-Auguste conquit la Normandie continentale, le roi d’Angleterre Jean sans Terre conservant quant à lui, les îles de la Manche.

Au début de la guerre civile anglaise, en 1642, les îles d’Aurigny et de Guernesey soutiennent les Parlementaires contre le Roi qui est soutenu par l’île de Jersey. Par la suite, le bailliage de Guernesey change de gouvernances pro ou anti-royalistes ou rivalisent en gouvernant en parallèle de facto (1646-1651).

Durant la Seconde Guerre mondiale, la population de l’île fut évacuée. L’île d’Aurigny fut transformée en un vaste camp de concentration par les nazis durant l’occupation des îles Anglo-Normande. Après la Libération, seule la moitié de la population revint sur son île dévastée par cinq années d’occupation. Les documents officiels et gouvernementaux avaient été détruits et perdus. Le Parlement du Royaume-Uni engagea rapidement une discussion sur le devenir politique et statutaire de l’île d’Aurigny. Le Conseil Privé décida que l’assemblée parlementaire des États de Guernesey devaient prendre en charge les institutions des États d’Aurigny. Une assemblée parlementaire fut constituée à Aurigny et soumise à l’autorité de celle de Guernesey. Depuis 1949, les États d’Aurigny désignent deux de ses membres pour siéger aux séances de délibérations des États de Guernesey. Ces îles furent les seuls territoires dépendants de la couronne britannique occupés par l’Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale et furent le théâtre de l’Opération Ambassador.

Algerie

Algérie

L’Algérie est un pays d’Afrique du Nord faisant partie du Maghreb et, depuis 1962, un État nommé en forme longue la République algérienne démocratique et populaire,

Sa capitale, Alger, la ville la plus peuplée du pays est située au nord, sur le littoral méditerranéen. Avec une superficie de 2 381 741 km2, c’est à la fois le plus grand pays d’Afrique du monde arabe et du bassin méditerranéen. Il partage au total plus de 6 385 km de frontières terrestres, avec la Tunisie au nord-est, la Libye à l’est, le Niger et le Mali au sud, la Mauritanie et le Sahara occidental au sud-ouest, et enfin le Maroc à l’ouest.

Après plus d’un siècle de colonisation française, à l’issue d’une guerre d’indépendance longue et meurtrière et à la suite du référendum d’autodétermination du 1er juillet 1962, l’Algérie proclame son indépendance le 5 juillet 1962.

L’Algérie est membre de l’Organisation des Nations unies (ONU), de l’Union africaine (UA), du Mouvement des non-alignés et de la Ligue arabe pratiquement depuis son indépendance, en 1962.

La Constitution algérienne définit « l’islam, l’arabité et l’amazighité » comme « composantes fondamentales » de l’identité du peuple algérien et le pays comme « terre d’Islam, partie intégrante du Grand Maghreb, pays arabe, méditerranéen et africain ».

Au nord, le long du littoral méditerranéen, s’étend sur environ 1 600 km la bande du Tell, large de 80 à 190 km. Elle est formée de petites chaînes de montagnes : massif des Traras, Dahra, Djurdjura, Titteri, Babors, Bibans, monts de Constantine, monts de la Medjerda. Le point culminant est le mont Lalla-Khadîdja, au sud du Djurdjura, qui atteint 2 308 mètres d’altitude et est recouvert de neige en hiver.

Du fait de ce relief, la côte est surtout constituée de falaises rocheuses, interrompues dans les baies d’Arzew-Mostaganem, de Tipaza, d’Alger, de Skikda et d’Annaba.

Les montagnes sont séparées par des vallées, riches par leur flore et leur faune, arrosées par des cours d’eau dont les principaux sont le Chelif et la Soummam et par des cuvettes (Sebkha d’Oran, Mitidja). Les plaines et vallées du Tell abritent la plus grande partie des terres fertiles du pays. Entre le Tell et le Sahara, s’élèvent l’Atlas tellien et l’Atlas saharien, deux ensembles montagneux parallèles orientés sud-ouest/nord-est, se rapprochant à leur extrémité est, entre lesquels s’intercalent des plaines et hauts plateaux. Entre l’Atlas tellien et l’Atlas saharien, un vaste ensemble de hauts plateaux et de plaines semi-arides s’étend de la frontière marocaine à la cuvette du Hodna. Cette zone est caractérisée par la présence des chotts, étendues d’eau salée asséchées à certaines saisons.

La partie saharienne représente plus de 80 % de la superficie de l’Algérie (environ deux millions de kilomètres carrés) ; les principales formes de relief sont les regs (étendues pierreuses) et les ergs (dunes), avec au sud le massif du Hoggar et le plateau du Tassili. L’aridité ne laisse la place qu’à quelques oasis. Au pied de l’Atlas saharien, les grands ergs (Occidental et Oriental) sont séparés par des plateaux rocheux tels que le Mzab et bordés au sud par le plateau de Tademaït ; ce sont d’immenses mers de sable ponctuées d’oasis dont certaines sont d’importantes palmeraies. Au nord du Grand Erg oriental (au sud de Biskra), une dépression est occupée par des chotts, dont le Chott Melrhir, où se trouve le point le plus bas d’Algérie (−40 m). Au sud-ouest, s’étendent les ergs Iguidi et Chech, immensité de dunes sableuses linéaires largement espacées les unes des autres ainsi que le plateau du Tanezrouft.

Au Paléolithique moyen, les industries lithiques atériennes sont caractérisées par la présence de pièces à pédoncule. L’évolution des formes humaines depuis l’Homo erectus a abouti à l’apparition de l’Homo sapiens de type archaïque, ancêtre de la forme humaine actuelle.

Les derniers chasseurs-cueilleurs sont représentés dans le Nord-Est de l’Algérie par les Capsiens, attestés jusqu’à il y a 8 000 ans. Dans le Sud, au Sahara, le Néolithique est une période florissante en raison d’un climat globalement plus humide que l’actuel et donc d’une flore et d’une faune beaucoup plus riches.

Les Berbères, formés de plusieurs confédérations dont les Gétules, les Garamantes, les Libyens dispersées dans le vaste territoire de l’actuelle Algérie avec les Haratins depuis les temps anciens, vont nouer des relations culturelles avec les Phéniciens (ce qui donnera la civilisation carthaginoise), l’Afrique noire, l’Égypte ancienne, la Grèce antique, l’empire romain.

Les États indépendants de la Numidie commencent avec l’émergence des deux confédérations massyles et massaessyles. La première est à l’origine de la Numidie Orientale, la seconde de l’Occidentale.

Le christianisme fait son entrée en l’an 256. Durant le siècle suivant, dans une atmosphère de déclin grandissant, les populations des villes côtières algériennes et tunisiennes, ainsi qu’une minorité de la population des campagnes se convertissent à la nouvelle religion. En 313, avec les crises politiques et économiques romaines qui s’éternisent, la nouvelle religion devient l’alibi d’une nouvelle révolte qui sera encore une fois amazigh. En 321, les légions romaines venues réprimer les donatistes se retirèrent.

La chute de Rome, puis des Vandales, et l’instabilité durant la période byzantine entraine la reconstitution de plusieurs principautés berbères. Certaines, notamment dans les Aurès, vont résister à l’arrivée des musulmans entre 665 et 708.

De 644 à 656, la première tribu berbère algérienne à se convertir à l’islam fut les Maghraoua.

À l’ouest, au mois de juillet 1501, les Portugais lancent une expédition pour tenter d’accoster sur la plage des Andalouses. Il faudra attendre le débarquement de Mers-el-Kébir, en 1505, pour voir l’Espagne s’engager dans la première expédition organisée contre Oran.

Au centre, en 1510, Ferdinand le Catholique attaque la ville d’Alger. Les Espagnols l’assiégèrent et bâtissent sur un îlot de la baie d’Alger une forteresse, le Peñón d’Alger, destinée à bombarder la ville et à empêcher son approvisionnement. Cherchant à contrôler leur espace maritime après la Reconquista, les Portugais partent en expédition en Afrique du Nord occidentale au début du XVe (prise de Ceuta en 1415), suivis des Espagnols qui occupent au début du XVI èm siècle des ports méditerranéens (Mers el Kebir, Oran, Béjaïa). En 1556, les Ottomans attaquent les Zianides et prennent Tlemcen.

Mais la France commence à avoir des vues sur l’Algérie. La conquête de l’Algérie fut très violente et longue. Elle s’est traduite par la disparition du tiers de la population algérienne entre 1830 et 1850. L’armée française conquiert l’Algérie village après village. En parallèle de ces opérations militaires une politique de colonie de peuplement est mise en place, pratique corollaire courante des conquêtes.

En 1794, la France révolutionnaire est attaquée par les puissances européennes coalisées, et éprouve des difficultés à nourrir sa population et ses soldats. Le dey d’Alger Hussein offre alors à la Convention toutes facilités pour faire ses achats de blé, consentant aussi par la suite sous le Directoire un prêt d’argent sans intérêts. Une fois la guerre terminée, les régimes qui se succèdent n’honorent pas la dette et, quand la France redevient royaliste, la dette est revue à la baisse. Elle est pourtant payée, mais seulement à Paris, à la Caisse des Dépôts et Consignations.

En 1954, l’Algérie compte huit millions d’Algériens non français et un million de « Français d’Algérie » (Pieds-Noirs et autochtones juifs naturalisés français).

Après la crise au sein des mouvements nationalistes algériens et les autorités françaises, un groupe de patriotes se démarque et envisage le passage à la lutte armée en vue de l’indépendance.

La guerre commence le 1er novembre 1954, après la réunion à Alger des six chefs du Front de libération nationale (Algérie) et anciens membres de l’Organisation spéciale, bras armé du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques et aussi responsables du Comité révolutionnaire d’unité et d’action, et après la déclaration du 1er novembre 1954.

L’action armée a été proclamée pendant la nuit dite de la Toussaint Rouge. Le déclenchement des attentats a été signalé à travers le pays et les premiers attentats eurent lieu dans les Aurès. Les six partagent l’Algérie en 6 Wilayas et le ministre de l’Intérieur François Mitterrand est dépêché dans la région des Aurès pour dénoncer les attentats dans le même mois.

Il s’ensuit une guérilla, des maquis et des affrontements. L’Armée française, qui comprend des unités de supplétifs « musulmans » appelés « Harkis », la Direction de la surveillance du territoire et la police française s’attaquent au FLN et à ses proches. Le FLN organise alors son combat sur deux fronts. Sur le plan interne, il met en place une résistance à travers sa branche armée, l’Armée de libération nationale qui au début fait face au Mouvement national algérien et à de multiples crises internes. Le Congrès de la Soummam organise le mouvement insurrectionnel et dégage les propriétés de la Révolution. L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) sont créées pour organiser des révoltes en 1956. Tandis que sur le front diplomatique, il engage ses activités sous la supervision du gouvernement provisoire de la République algérienne, qui plaide la cause algérienne et aussi vécut plusieurs crises ; il réussit néanmoins en 1958 à introduire pour la première fois dans l’agenda des Nations unies la question algérienne, ce qui représenta un franc succès pour la diplomatie algérienne.

L’Algérie est donc devenue indépendante à l’issue d’une guerre longue et coûteuse contre la présence coloniale, une présence qui dura 132 ans, et qui prit fin officiellement le 3 juillet 1962. Cette indépendance a été acquise politiquement à la faveur du référendum d’autodétermination prévu par les accords d’Évian, et par le biais duquel les Algériens se prononcèrent massivement pour l’indépendance de l’Algérie.

Depuis, l’Algérie panse les plaies de ses blessures et exploite les richesses de son pays ; néanmoins, le régime est policier et le président Boutheflika, malgré son grand âge et sa santé fragile continue d’être élu.

bielorussie

Biélorussie

La Biélorussie est un pays d’Europe centrale.  Il n’a pas d’accès à la mer ; il est bordé par la Pologne à l’Ouest, par la Lettonie et la Lituanie au Nord Ouest, à l’Est par la Russie et au Sud par l’Ukraine.

Le pays est couvert à 40 % de forêts. Il est de climat continental. Le Sud est difficile d’accès surtout pour les occidentaux depuis la catastrophe de Tchernobyl.

Le pays compte près de 9 500 000 habitants et il connaît une des densités les plus faibles du continent.

Sa capitale est Minsk ; les autres grandes villes sont Brest, Gomel et Vitebsk.

La Biélorussie est indépendante de la Russie depuis 1991 ; néanmoins, elle partage avec la Russie des relations étroites étant donné que les deux pays ont la même langue ; par ailleurs, il n’y a pas de frontière fixe entre les deux pays et leurs habitants peuvent aller et venir à leur guise.

La monnaie officielle est le rouble biélorusse.

Durant l’Antiquité, la Biélorussie est le siège des Protoslaves. L’ancêtre de la Biélorussie apparaît officiellement dans les textes à partir du X èm siècle avec la principauté de Polotsk. La principauté est incluse en 1129 dans la Rus de Kiev. Mais cette principauté subit les attaques des Huns et des Mongols, ce qui entraîne son déclin. Ce qu’il en reste intègre par la suite le grand Duché de Lituanie.

En 1386, le grand Duché s’unit au royaume de Pologne. Au début du XVIII èm siècle, à la suite des invasions successives des suédois et des russes, le pays décline ; la Russie, le Prusse et l’Autriche en profite pour se partager son territoire. Par la suite, l’Empire russe parviendra à l’incorporer presque intégralement.

Pendant la première guerre mondiale, le pays voit de nombreux combats se dérouler en son sein. Après le traité de Brest Litovsk entre l’Allemagne et le gouvernement de Lénine, le pays proclame son indépendance en 1918. Mais la Russie ne l’accepte pas et envahit le pays. En 1921, le traité de Riga partage le pays entre la Russie et la Pologne.

En 1941, le pays est envahit par l’Allemagne nazie. En 1945, le pays est entièrement libéré et il adhère à l’ONU.

Le 8 décembre 1991, le pays proclame son indépendance.

Depuis, le pays est considéré bon gré mal gré comme la dernière dictature d’Europe.

 

 

Ukraine

Ukraine

L’Ukraine est un État d’Europe de l’Est, le deuxième d’Europe par sa superficie. Le pays est bordé par la mer Noire et la mer d’Azov au sud, frontalière avec la Russie au nord et à l’est, avec la Biélorussie au nord, avec la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie à l’ouest et avec la Roumanie et la Moldavie au sud-ouest.

Sa capitale est Kiev, sa langue officielle est l’ukrainien et sa monnaie est la hryvnia.

L’Ukraine est le foyer du premier État slave oriental, fondé par des Scandinaves : la Rous’ de Kiev.

Au IX èm siècle, Kiev est prise aux Khazars par les Varègues, des vikings orientaux. Située sur des routes marchandes lucratives, Kiev devient rapidement le centre d’un puissant État slave, appelé « Rus » ou Ruthénie.

Cependant, au XII èm siècle, des conflits éclatent entre différents seigneurs locaux. Ces conflits mènent l’État kiévien au déclin, fractionné en plusieurs principautés rivales. Les tatars mongols finissent par imposer leur souveraineté dans toutes les principautés ruthènes. La cruauté de l’autorité mongole, notamment en matière pénale, pousse les populations autochtones à fuir vers d’autres pays comme la Pologne, la Hongrie ou la Moldavie.

Durant le XIV èm siècle, les Polonais et les Lituaniens combattent les Mongols et finalement toute l’Ukraine du nord-ouest passe sous l’autorité de la Pologne-Lituanie, qui annexe Kiev en 1362.

La culture ukrainienne connaît une renaissance au milieu du XIX èm siècle, en parallèle avec le mouvement régionaliste à la même époque en Europe. Mais la domination russe sur le pays amène un profond changement dans ses structures mêmes. En 1876, l’Empire interdit la langue ukrainienne dans les écoles, et la limite dans les journaux et la littérature. Cette limitation provoque en retour une revendication idéologique qui permet de comprendre l’opposition linguistique actuelle. Les différentes formes d’ukrainien ne sont plus parlées que par une frange de la paysannerie et certains cercles cultivés de régionalistes : instituteurs, universitaires, ecclésiastiques.

De grandes villes sont fondées sous l’Empire russe, comme Odessa — port cosmopolite à forte minorité juive — mentionné plus haut et Ekaterinoslav, Sébastopol qui accueillent des migrants de tout l’Empire, et même d’Europe centrale : de la Pologne autrichienne ou d’Allemagne.

Après la révolution de Février, qui met fin à l’Empire en 1917, l’Ukraine est brièvement indépendante jusqu’en 1920, mais la Rada ne parvient pas à contrôler efficacement le territoire, envahi d’abord par les Allemands puis, à leur retrait, devenu champ de bataille entre le Parti bolchevique, les Russes blancs et les forces de la Triple-Entente.

Le 4 mars 1917, la plupart des partis politiques s’accordent pour former la Rada ukrainienne centrale. Le 17 mars, alors qu’il est toujours à Moscou, Mykhaïlo Hrouchevsky est élu président de la Rada centrale. Sous son impulsion, l’Ukraine proclame son autonomie le 10 juin 1917.

Le 7 novembre 1917, soit treize jours après que le Parti bolchevique russe a renversé le gouvernement social-démocrate de Saint-Pétersbourg — alors capitale de la Russie —, la Rada ukrainienne centrale proclame la république populaire d’Ukraine et sa séparation de la Russie. L’indépendance totale de l’Ukraine est confirmée le 22 janvier 1918 et Mykhaïlo Hrouchevsky est élu officiellement « président de la République populaire ukrainienne » le 29 avril.

Le traité de Brest-Litovsk est signé le 9 février 1918 entre les Bolcheviks russes, les gouvernements des empires centraux menés par l’Empire allemand et la jeune république populaire d’Ukraine, issue de la révolution de Février, dans la ville du même nom, aujourd’hui Brest en Biélorussie. Les 17-19 mars 1918, la république socialiste soviétique d’Ukraine est fondée à l’Est du pays avec pour capitale Kharkov.

Pour combattre l’Armée rouge qui contrôle alors une partie de l’Ukraine, la Rada centrale cherche le soutien des Allemands qui organisent un coup d’État et renversent le gouvernement de Vynnytchenko. Mais l’Allemagne perd la Première Guerre mondiale et Skoropadsky, resté sans soutien, est renversé par le mouvement populaire, guidé par Simon Petlioura. Finalement, le 14 décembre 1918, la république populaire d’Ukraine est rétablie avec Vynnytchenko à sa tête.

Quand Staline déclenche sa révolution industrielle vers la fin des années 1920, l’Ukraine devient l’une des sources indispensables de son financement.

Après une brève période d’ukrainisation (campagne dite de korenizatsiya) dans les années 1920, se traduisant par le retour à l’ukrainien dans les publications, la réouverture des écoles et des universités avec un enseignement en ukrainien et la promotion des cadres nationaux, Staline ne ménage pas les efforts pour réprimer le moindre signe d’un réveil nationaliste ukrainien, interprété comme un rejet du pouvoir bolchevik et une menace à l’intégrité de l’URSS. De plus des oblasts russes, comme celle de Kharkov, sont intégrées à la RSS d’Ukraine pour renforcer le poids des russophones.

Entre 1931 et 1933, une série de famines et l’intensification de la dékoulakisation frappent l’Union soviétique et ravagent particulièrement l’Ukraine, alors que cette région était la plus fertile de toute l’URSS.

Des exécutions et des déportations de nationalistes ukrainiens sont orchestrées durant les purges staliniennes de 1937-1939.

En septembre et octobre 1939, après l’invasion de la moitié occidentale de la Pologne par les troupes allemandes puis, de sa partie orientale, par les troupes soviétiques, certaines régions polonaises à forte minorité ukrainienne (comme la Galicie et Lwow, aujourd’hui Lviv) sont annexées par l’Union soviétique et incorporées au sein de l’Ukraine occidentale.

À l’été 1941, l’Ukraine est envahie par les armées allemandes. À leur arrivée, les Allemands sont reçus en libérateurs par une partie de la population ukrainienne, surtout par la population de la partie de la Pologne envahie par Staline en 1939 puis intégrée à l’Ukraine. Mais, au fur et à mesure de leur progression vers l’est du pays, et notamment en raison des mauvais traitements infligés à la population, les nazis rencontrent une forte résistance de la part de la population locale, laquelle perdure jusqu’au retour des Soviétiques en 1944. En représailles, les Allemands traquent les partisans, et brûlent des centaines de villages et des milliers de maisons avec leurs habitants. La population juive d’Ukraine est anéantie par l’application de la solution finale. En 1944, l’Armée rouge libère la plus grande partie de l’Ukraine.

À la fin du conflit, le bilan des pertes ukrainiennes est de 8 millions de morts dont 1,377 million étaient des militaires.

Le 26 juin 1945, l’Ukraine devient l’un des membres fondateurs de l’ONU, en y obtenant, en soulignement de son rôle dans la victoire sur le nazisme, avec la Biélorussie, une place distincte de l’URSS. Cette disposition particulière permet à l’Union soviétique de bénéficier de voix supplémentaires dans les votes de l’assemblée générale de l’ONU.

C’est seulement vers 1989 que la libéralisation du régime soviétique et la libération des détenus politiques permettent aux Ukrainiens de s’organiser pour défendre leurs droits à la souveraineté. En 1989, le Mouvement national ukrainien, Roukh, est créé. Lors des élections de mars 1990, les partis ukrainiens du bloc démocratique obtiennent alors environ 25 % des sièges au Parlement. Sous l’influence des députés démocrates, le Parlement adopte, le 16 juillet 1990, la Déclaration sur la souveraineté politique de la République d’Ukraine. C’est le premier pas vers l’indépendance complète de l’Ukraine. Celle-ci est proclamée le 24 août 1991 et confirmée par le référendum du 1er décembre 1991 : 90,5 % des électeurs votent en faveur de l’indépendance.

Le 8 décembre 1991, la dislocation de l’URSS est actée par l’Accord de Minsk, signé par les dirigeants russe, ukrainien et biélorusse. L’Ukraine devient l’un des membres fondateurs de la Communauté des États indépendants.

Par le Mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité, signé le 5 décembre 1994, l’Ukraine abandonne son arsenal nucléaire en échange de la garantie par les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie de son intégrité territoriale.

À la suite du refus du gouvernement Ianoukovytch de signer des accords de rapprochement avec l’Union européenne, le renforcement du mouvement Euromaïdan provoque un renversement du pouvoir. Très rapidement, une crise éclate entre les territoires majoritairement russophones du sud-est du pays et le nouveau pouvoir central de Kiev.

Le 11 mars 2014, la Crimée proclame son indépendance, puis à la suite d’un référendum est rattachée à la Russie le 18 mars. Ce référendum et le rattachement qui a suivi ont été condamnés par l’Ukraine et une large part de la communauté internationale.

Une guerre civile, dite Guerre du Donbass, éclate ensuite dans l’Est de l’Ukraine majoritairement russophone, qui entraîne plus de dix mille morts.

En 2016, l’OSCE une organisation chargée notamment d’observer le cessez-le-feu en Ukraine a été la cible d’une attaque de grande ampleur attribuée à Moscou. L’OSCE est le seul acteur indépendant capable de documenter des exactions ou de vérifier si les promesses faites par Kiev, les prorusses ou le Kremlin sont mises en application.

Moldavie

Moldavie

La Moldavie, est un pays d’Europe orientale situé entre la Roumanie et l’Ukraine, englobant des parties des régions historiques de Bessarabie et de Podolie méridionale (dite Transnistrie).

La Moldavie est membre-signataire de l’Accord de libre-échange centre-européen et de l’Organisation pour la démocratie et le développement (GUAM). Elle a signé un accord d’association avec l’Union européenne, qu’elle souhaite intégrer.

L’adjectif géographique moldaves se réfère à tout ce qui concerne le territoire historique de la Moldavie.

La capitale de la Moldavie est la ville de Chișinău.

Des traces d’habitat existent dès le Paléolithique et se multiplient au Néolithique, avec notamment la civilisation de Coucouténi-Tripolié. Durant l’Antiquité, on note dans la région la présence des Daces, des Scythes et des Bastarnes. La région échappe à la conquête de la Dacie par l’Empire romain : seul le Sud (département de Cahul) est intégré à la province romaine de Scythie mineure.

Après l’effondrement de l’empire des Huns, la région est disputée entre les Avars et les Onogoures, tandis que les tribus Slaves migrent vers le Sud, traversant le Danube pour s’installer dans les Balkans.

À chaque période sèche, les populations autochtones, des Gétodaces jusqu’aux Moldaves roumanophones actuels, se sont réfugiées sur les piémonts des Carpates orientales ou dans le Codru (plus arrosés en raison de leur altitude). Les pluies revenues, elles ont repeuplé le pays en creusant des puits et en refondant des villages, des villes, tout en assimilant au passage les minorités installées lors des invasions. L’avant-dernière grande invasion ayant dépeuplé le pays fut celle des Tatars/Mongols au XIII èm siècle, puis le repeuplement moldave s’est effectué au XIV èm siècle, conclu par l’unification des petits voïvodats en une Principauté de Moldavie.

En 1812, la Moldavie orientale devient une « goubernia » de l’Empire russe sous le nom de gouvernement de Moldavie-et-Bessarabie, peu après abrégé en Bessarabie. Les autorités impériales considèrent que la Bessarabie doit devenir une terre russe y compris sur les plans démographique et culturel, et elles en prennent les moyens, mais en plusieurs étapes.

Sur le plan politique et linguistique, au début l’autonomie de la Bessarabie est garantie en 1816, et le prince moldave Scarlat Sturdza, est nommé gouverneur. Mais l’autonomie est abolie en 1828 et Sturdza, destitué, doit s’exiler et est remplacé par des gouverneurs russes. En 1829, l’usage de la « langue moldave » (nom russe du roumain parlé par les Moldaves) est interdit dans l’administration au profit du russe. En 1833, le « moldave » est interdit dans les églises et, en 1842, dans les établissements d’enseignement secondaire, puis dans les écoles primaires en 1860. Enfin en 1871 le moldave/roumain est purement et simplement interdit dans toute la sphère publique par ukase impérial.

Pour l’Empire russe, la Bessarabie est d’abord une région agricole et des voies ferrées sont construites pour la relier au port d’Odessa afin d’exporter les céréales et le bois moldaves. Sur le plateau au-dessus du vieux bourg moldave de Chișinău, une ville nouvelle russe au plan en damier est construite : là se trouvent administrations, casernes, cathédrale et manufactures.

À l’ouest du Prout, en 1859, la Moldavie occidentale et la Valachie s’unissent

pour former la Roumanie : dès lors, les roumanophones des pays voisins (Banat, Transylvanie, Marmatie, Bucovine, Bessarabie et Dobroudja) réclament leur rattachement à ce pays. En 1878, à la suite de la guerre que Russes et Roumains ont mené ensemble contre l’Empire ottoman, la Russie récupère le sud de la Bessarabie mais l’indépendance de la Roumanie est internationalement reconnue.

Pendant la Première Guerre mondiale, le 2 décembre 1917, l’indépendance de la République démocratique de Moldavie est proclamée par le Soviet moldave. Celui-ci, à majorité menchévique et roumanophone, mais menacé de mort par les Bolcheviks (qui mettent à prix la tête des députés), appellent à la rescousse une division roumaine épaulée par la mission française Berthelot puis, le 27 mars 1918, vote, par 86 voix contre 3 et 36 abstentions, le rattachement à la Roumanie, à condition que celle-ci respecte les réformes démocratiques qu’il avait promulguées et l’autonomie du pays.

En 1924, l’URSS qui reprend à son compte les ambitions géopolitiques des tsars, refuse de reconnaître ce vote et fonde en Ukraine une Région socialiste soviétique autonome moldave.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, le 2 août 1940, alors que le roi Carol II, autoritaire et pro-allié, est encore au pouvoir, l’URSS, en application du Pacte germano-soviétique, envahit le territoire, que les Roumains évacuent sans combattre. Les Soviétiques rattachent à la RSSAM (qui perd la moitié de son territoire de 1924 au profit de l’Ukraine) les deux tiers de la Bessarabie (le tiers restant va à l’Ukraine) et déportent 110 000 roumanophones instruits (même politique qu’en Pologne et dans les pays baltes).

En juin 1941, la Roumanie, cette fois dirigée par Ion Antonescu, le « Pétain roumain », attaque l’URSS aux côtés de l’Axe (opération Barbarossa) et récupère le territoire : déportation de 140 000 Juifs.

Entre mars et août 1944, l’URSS récupère à son tour le territoire.

Sous le régime soviétique, une intense colonisation slave se développe et les roumanophones continuent à être dispersés hors de Moldavie par le jeu des attributions de postes et des déplacements de main-d’œuvre pour les grands travaux.

Entre 1985 et 1991, sous Gorbatchev, la politique de perestroïka se traduit en Moldavie par une revendication de reconnaissance de l’identité roumaine des autochtones et par un retour à l’alphabet latin, le roumain devenant officiel à côté du russe.

Le 27 août 1991, la République de Moldavie proclame son indépendance, immédiatement reconnue par la Roumanie, puis par la communauté internationale. En décembre 1991, la « République moldave du Dniestr » dite improprement « Transnistrie » proclame son indépendance par rapport à Chișinău.

Transnistrie

Transnistrie

La Transnistrie, en forme longue la République moldave du Dniestr (RMN),  est un État non reconnu, indépendant de fait depuis la dislocation de l’URSS en 1991.

Sa capitale est Tiraspol et son territoire situé rive gauche du Dniestr est constitué, selon le droit de la Moldavie et selon l’Organisation des Nations unies, par cinq raionsautonomes et la municipalité de Tiraspol, dénommés Unités administratives territoriales de la rive gauche du Dniestr. Mais en fait le territoire qu’elle contrôle est un peu différent, car la moitié de l’un des cinq rayons autonomes (celui de Dubăsari) a choisi l’obédience du gouvernement légal de Chișinău, alors qu’en revanche la RMN tient la ville et la citadelle de Bender/Tighina sur la rive droite du Dniestr.

Le territoire de 4 163 km2 contrôlé de facto par le gouvernement de Tiraspol a une superficie équivalente à celle du département français des Pyrénées-Orientales ou de la province belge de Luxembourg, mais s’étire, tel un Chili miniature, entre le fleuve Dniestr et la Frontière entre la Moldavie et l’Ukraine.

Le point culminant de la Transnistrie (273,9 m) se situe sur les hauteurs de la commune de Plopi.

La République moldave du Dniestr (RMN) s’étend sur les régions historiques ukrainiennes de Podolie et du Yédisan : à l’exception des villes de Dubăsari et de Bender/Tighina, son territoire n’a appartenu ni à l’ancienne Principauté de Moldavie ni à l’ancienne Bessarabie.

Le 28 juin 1940, à la suite de l’ultimatum russe du 26 juin 1940 avec délai de 24 heures, l’URSS annexe la Bessarabie qui est alors incluse dans la République autonome de Moldavie, transformée en République Socialiste Soviétique de Moldavie. Du 28 juin 1940 au 2 août 1940, pendant 5 semaines, la RSSM comprend l’ex-RSSA de Moldavie et la Bessarabie (soit 52 710 km2).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en juillet 1941, la Bessarabie est réoccupée par la Roumanie devenue fasciste dans le cadre de l’invasion forces de l’Axe en Union Soviétique.

L’Armée rouge revient en mars 1944 et la Transnistrie est réintégrée à l’Union soviétique qui déporte la moitié des roumanophones, accusés de collusion avec l’occupant fasciste. Dans les années 1960, la rive gauche du Dniestr s’industrialise : centrale hydroélectrique de Dubăsari, arsenal de Colbasna, industries mécaniques et autres de Tiraspol. De nombreux russophones s’y installent.

La RMN fait sécession de la Moldavie en 1991 lorsque cette dernière prend son indépendance vis-à-vis de l’URSS (au sein de laquelle la RMN souhaite demeurer).

Alors que l’Union soviétique commence à se démocratiser à la fin des années 1980, il se produit en Moldavie, avec la future RMN et la Gagaouzie, un phénomène similaire à celui observé ultérieurement en Ukraine avec la Crimée et le Donbass, en Géorgie avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, ou en Azerbaïdjan avec le Haut-Karabakh : face aux mouvements centrifuges et indépendantistes des Républiques unionales (Moldavie, Ukraine, Géorgie, Azerbaïdjan), le pouvoir russe encourage et soutient l’autonomie des minorités locales (russe en Ukraine et Moldavie, abkhaze et ossète en Géorgie, arménienne en Azerbaïdjan). Cela a pour effet de dresser les habitants les uns contre les autres, et de poser l’armée soviétique en arbitre.

Les tensions augmentent d’autant et en juin 1990, lorsque le Parlement de la République de Moldavie adopte l’utilisation du roumain (langue de la majorité autochtone) comme seule langue officielle de la république, les Russo-Ukrainiens, déjà alarmés depuis 1989 par la réintroduction de l’alphabet latin et la volonté moldave de sortir du giron soviétique, expriment leur refus de devoir apprendre la langue locale et leur crainte de perdre leur situation privilégiée pour raison linguistique, comme dans les pays baltes. De plus, une éventuelle réunification entre la Roumanie et la Moldavie paraît inacceptable pour les slavophones (25,4 % de la population en République de Moldavie, mais qui ne seraient plus que 8 % dans une Roumanie-Moldavie unie). Aussi, les slavophones de Transnistrie rassemblés par Igor Smirnov, réclament le maintien de leur région au sein de l’URSS et son rattachement à la République soviétique de Russie, comme l’enclave de Kaliningrad. Le 2 septembre 1990, ils proclament une « République socialiste soviétique moldave du Dniestr » qui n’est pas reconnue par le Soviet Suprême de l’URSS, car elle n’existait pas auparavant, la Moldavie ayant une structure unitaire au sein de l’URSS.

En novembre, des violences éclatent entre les forces armées de la République de Moldavie et les milices russophones de la RMN, ces dernières étant alors appuyées par la XIVe armée russe qui est stationnée en permanence sur le territoire. La nouvelle République moldave du Dniestr choisit Tiraspol comme capitale et demande son rattachement à la Russie.

En novembre 1991, dans le contexte de la dislocation de l’URSS et de l’abandon du communisme, le pays est renommé par les autorités de Tiraspol en « République moldave du Dniestr » (RMN) et abandonne officieusement et partiellement l’idéologie communiste (du moins dans le domaine économique) pour s’orienter vers un passage progressif à l’économie de marché. À l’occasion d’un premier référendum organisé en décembre 1991, la population de la RMN se prononce pour l’indépendance du territoire.

En juin 1992, les combats reprennent. Le 3 juillet 1992, un violent tir d’artillerie sur les gardes-frontières moldaves fait 112 morts dans les rangs moldaves et signe la fin effective des hostilités à la suite de cette démonstration de force.

Une force trilatérale de la mission PFK de maintien de la paix de la CEI (russe, moldave et transnistrienne) est déployée le 29 juillet 1992 le long du Dniestr et autour de Tighina. Dans cette force, Russes et Transnistriens sont 894 (402 soldats russes et 492 transnistriens), les Moldaves sont 355, et il y a aussi 10 observateurs militaires ukrainiens.

À l’automne 1992, les négociations aboutissent à un accord entre le président de la République de Moldavie Mircea Snegur et le président de la Fédération de Russie, Boris Eltsine : la Russie resterait neutre si la RMN bénéficiait d’un statut de région autonome dans le cadre de la République de Moldavie : c’est la naissance de l’« Unité territoriale autonome de la rive gauche du Dniestr » (UTAN). En échange, la République de Moldavie s’engage à ne plus revendiquer son identité roumaine, à ne pas demander son rattachement à la Roumanie ou, dans ce cas, à accorder le droit à l’autodétermination à l’UTAN.

La position du président russe, Vladimir Poutine, soutient aussi la création d’une région intégrée à la République de Moldavie, à condition que cette dernière soit bilingue russe-moldave, ne revendique pas sa roumanophonie et reste liée à la Fédération de Russie par des accords bilatéraux.

En décembre 2011, le nouveau président Evgueni Chevtchouk déclare qu’il cherchera « la reconnaissance internationale de l’indépendance de la RMN » mais en mars 2014 il déclare vouloir rattacher la RMN à la Fédération de Russie.

En décembre 2014, les média transnistriens et gagaouzes se rallient aux revendications de Pavel Goubarev pour une « Nouvelle-Russie » incluant la partie sud-est de l’Ukraine, la Transnistrie et la Gagaouzie tandis qu’en 2015 le général moldave Ion Costaș, ancien ministre de la défense de Moldavie durant la guerre du Dniestr, déclare que la « solution des conflits serait que la Moldavie cède la Transnistrie et la Gagaouzie à la Nouvelle-Russie ou à l’Ukraine en échange de l’accord définitif de Moscou et de Kiev pour une entrée de la Moldavie dans l’Union européenne et l’OTAN et/ou une union avec la Roumanie ».

En 2003, Dmitri Kozak, l’envoyé du président russe Vladimir Poutine, appuie une « fédéralisation » de la République de Moldavie garantie par la Russie et l’Ukraine.

Toutefois, la RMN n’a reconnu aucune de ces dispositions, et c’est pourquoi elle n’est à son tour reconnue par aucun état membre de l’ONU et n’existe donc que de facto : seule l’UTAN bénéficie d’un statut de jure. Pour tenter de débloquer la situation après que les communistes ont également acquis la majorité à Chișinău, une première rencontre directe entre les deux présidents communistes de Moldavie (Vladimir Voronine) et de la République moldave du Dniestr (Igor Smirnov) a lieu à Bendery (Tighina) (ville sous administration de la RMN) le 11 avril 2008. Mais la relance du processus de négociations dit « 5+26 » échoue, car Smirnov, son gouvernement et, pour autant qu’ils puissent s’exprimer, ses électeurs souhaitent un rattachement à la Russie, que ni le Kremlin ni la Moldavie, ni l’Organisation des Nations unies n’admettent. L’intransigeance de la RMN se durcit à l’été 2013 en même temps que la crise de Crimée et pour la même raison : l’approche de la signature d’un accord d’association avec l’Union européenne dont la Russie ne veut pas.

De jure, la Transnistrie reste un état fantôme non reconnu par la communauté internationale.

Norvege

Svalbard

Le Svalbard est un archipel de la Norvège situé dans l’océan Arctique, entre le Groenland à l’ouest, l’archipel François-Joseph à l’est et l’Europe continentale au sud. Il constitue la terre la plus septentrionale de la Norvège et l’un de ses territoires. À l’exception de neuf habitants sur l’île aux Ours située à 238 km plus au sud, ses 2 321 habitants se trouvent sur Spitzberg, la seule autre île habitée et la plus grande de l’archipel.

Territoire norvégien autonome et démilitarisé, il n’est pas soumis à la fiscalité norvégienne. Sa superficie n’est pas incluse dans celle de la Norvège et il n’est membre ni de l’espace Schengen, ni de l’AELE. Le statut de neutralité du Svalbard permet à n’importe quel pays d’exploiter librement les ressources locales, ce que fit longuement l’URSS en établissant et en administrant une colonie russe dans l’archipel norvégien pour exploiter une mine. La population russe dépassait même la population norvégienne jusque dans les années 1990.

Distant de 447 km du Nordostrundingen, au Groenland, le Svalbard est un archipel de l’océan Arctique, s’étendant entre 74° et 81° de latitude nord et entre 10° et 34° de longitude est, et formant la partie la plus au nord de la Norvège. L’extrémité septentrionale de la Norvège métropolitaine, Knivskjellodden, se trouve à 660 km de là. Les îles s’étendent sur 62 050 km2.

Les trois îles principales sont Spitsbergen (ou Spitzberg) (39 000 km2), Nordaustlandet (14 600 km2) et Edgeøya (5 000 km2).

Des pans entiers du Svalbard sont recouverts par des glaciers, en particulier l’Austfonna sur Nordaustlandet. Environ 60 % du Svalbard sont recouverts de glaciers qui restent relativement peu épais, 3 à 400 m maximum, en raison de la relative sécheresse du climat. Cependant, le courant nord atlantique tempère le climat arctique, rendant les eaux navigables quasiment toute l’année.

L’archipel est montagneux, avec deux points culminants situés à 22 kilomètres l’un de l’autre : le Perriertoppen et le Newtontoppen, respectivement de 1712 et 1713 mètres d’altitude selon les mesures les plus récentes. Les côtes de cet archipel sont très découpées car il a été entièrement recouvert de glaciers pendant les glaciations. Les plus grands fjord du Svalbard mesurent une centaine de kilomètres de long, comme le Storfjord au sud, et le Wijdefjord au nord.

Le Svalbard est situé au-delà du cercle polaire arctique. À Longyearbyen, le soleil de minuit dure du 20 avril au 23 août et la nuit polaire du 26 octobre au 15 février.

Le jour permanent commence vers la fin avril pour finir fin août. Au début de cette période, la température est proche de −10 °C à −5 °C. Toutefois, lors de tempêtes polaires ou bien lorsque le soleil se cache quelques heures derrière un pic ou un nuage, la température peut vite descendre à −15 °C et même −20 °C (dans ce cas extrême, seulement en bas des glaciers, car le vent s’y engouffre et se refroidit). Au cours de l’été, la température est normalement faiblement positive, habituellement comprise entre 0 et 10 degrés. Au mois de juillet, il gèle rarement à Longyearbyen. Le ciel est très souvent couvert et les tempêtes y sont moins fréquentes.

Svalbard a un climat de type polaire avec comme record de chaleur +21,3 °C le 16 juillet 1979 et comme record de froid −46,3 °C le 4 mars 1986. La température moyenne annuelle est de −5,7 °C.

Les sagas islandaises font référence à une terre qu’elles désignent sous le nom de Svalbard – littéralement « côte froide » – et qui se situerait à quatre jours de voile de l’Islande. Il y a environ 900 milles nautiques entre l’Islande et le Svalbard, impossible à parcourir en quatre jours de voile surtout à cette époque. Seule l’île Jan Mayen pourrait correspondre. D’autres avancent que des trappeurs russes auraient pu aborder le Spitzberg dès le XIII èm siècle.

La première découverte incontestable de l’archipel fut réalisée par le navigateur néerlandais Willem Barents en 1596. Les îles servirent de base internationale pour la pêche à la baleine. Elles servent également comme base arrière pour de nombreuses expéditions d’exploration de l’Arctique.

Au début du XX èm siècle, des compagnies américaines, anglaises, suédoises, russes et norvégiennes commencèrent l’extraction de charbon.

La souveraineté de la Norvège a été reconnue par le traité du Spitzberg le 9 février 1920 avec une clause qui limitait l’utilisation militaire du territoire et une autre qui tolérait les colonies créées par les autres nations. Cinq ans après, la Norvège contrôle officiellement le territoire. Le Svalbard fut le théâtre d’une lutte méconnue entre le Troisième Reich et les Alliés pour l’implantation de stations météorologiques lors de la Seconde Guerre mondiale.

 

Aaland

Aaland

Åland (prononcé /’oːland/) est une province historique de Finlande et la seule entité territoriale de ce pays à jouir d’un statut d’autonomie gouvernementale. Elle est constituée de l’archipel du même nom comprenant environ 6 500 îles situées entre la Finlande et la Suède, à l’extrémité sud du golfe de Botnie. D’une superficie totale de 1 527 km2, l’archipel compte quatre-vingts îles habitées et une population de 28 355 habitants en 2011. L’archipel est relié à la Finlande par une chaîne d’îlots alors que le golfe de Botnie le sépare plus nettement de la Suède.

Le territoire d’Åland comprend plus de 6 500 îles et forme un archipel à l’extrémité méridionale du golfe de Botnie, en mer Baltique. Åland est éloigné d’environ 29 km des côtes suédoises (depuis l’île de Signilskär) et 20 km des côtes finlandaises (depuis l’île de Norröna). L’île principale, Fasta Åland, compte environ 90 % des habitants et se trouve à l’ouest, à 49 kilomètres de la côte suédoise et 73 kilomètres des côtes finlandaises.

Les îles ont une superficie totale de 1 554 km2 et une population de 28 355 habitants. La densité est de 17,1 habitants par km2. Åland est un groupe d’îles relativement plat. Le point culminant est l’Orrdalsklint, au nord de Fasta Åland, qui culmine à 129 m. L’île Märket a la particularité d’être la seule île de l’archipel à être territorialement partagée entre la Finlande et la Suède.

Des pêcheurs et des chasseurs de phoques s’installent sur les îles durant l’âge de pierre, il y a environ 5 000 ans. Les premiers objets en bronze, d’abord des bijoux, puis également des armes, atteignent Åland durant le I er siècle av. J.-C. et marquent ainsi de manière tardive pour cette partie de l’Europe le début de l’âge du bronze. Cette période dure jusqu’au IV èm siècle.

Par la suite, les îles restent apparemment inhabitées pendant environ 200 ans, aucune trace de vie humaine datant de cette période n’ayant pu être retrouvée. Les raisons de cette dépopulation ne sont pas éclaircies.

Une nouvelle vague de colons sacandinaves atteint les îles au VII èm siècle et jette les bases de la population actuelle d’Åland.

Lors de la fondation du Royaume de Suède entre 1000 et 1300, Åland est sous la domination de l’évêché de Linköping. En tant que partie de ce diocèse, Åland fait partie du royaume suédois bien avant que l’influence de ce royaume ne s’étende sur le reste du territoire finlandais actuel. C’est à cette époque également que les îles sont christianisées.

L’histoire d’Åland se confond ensuite avec celle de la Suède. En raison de sa situation, Åland acquiert une grande importance stratégique. Cela conduit à l’édification du château de Kastelholm par Bo Jonsson Grip. Le château est mentionné pour la première fois en 1388.

Durant les troubles de l’Union de Kalmar, le château change plusieurs fois de maître. Il est repris par Karl Knutsson en 1440, qui deviendra le roi Charles VIII. Svante Nilsson s’empare de Kastelhom en 1480 pour le roi de Danemark. Après avoir changé de camp, Svante Nilsson remet le château à Sten Sture le Vieil, qui le remettra lui-même à Gustave Vasa. Après de violentes attaques danoises, la propriété du château est donnée au Danemark à la suite d’un duel en 1502 entre le général danois Lyder Frisman et le représentant suédois Henning von Brockenhus. Le Danemark doit toutefois rendre le château à la Suède deux ans plus tard.

Dans les siècles qui suivent, Åland retourne au second plan, la possession du château ayant perdu en importance. Les habitants des îles sentent toutefois les effets des nombreuses entreprises guerrières du Royaume suédois en expansion. Ils doivent payer des impôts élevés et loger des soldats principalement pour la flotte suédoise.

Après la Grande Guerre du Nord, en 1714, la plus grande partie de la Finlande actuelle, dont Åland, est occupée par la Russie sous le commandement de Fiodor Apraxine. Pendant cette domination violente de la marine russe, qui dure jusqu’en 1721, et est marquée par la bataille de Grengam, une grande partie de la population des îles fuit vers la Suède. Une nouvelle occupation a eu lieu entre 1741 et 1743. De nombreux habitants fuient à nouveau, mais cette occupation est marquée par nettement moins d’actes de violence que la précédente.

Les Îles Åland sont cédées à la Russie avec le reste de la Finlande lors du traité de Fredrikshamn de 1809. Elles sont alors rattachées au Grand-duché de Finlande. La Russie édifie sur les îles la forteresse de Bomarsund.

Pendant la Guerre de Crimée, les troupes françaises débarquent à Åland le 8 août 1854. Elles assiègent et bombardent la forteresse durant huit jours avant de pouvoir l’occuper. Avant leur départ, les Français détruisent complètement la forteresse. Après la guerre, l’Angleterre et la France exigent que les îles soient démilitarisées. Lors du traité de Paris de 1856, les Russes s’engagent à ne pas fortifier l’île.

Pendant la Première guerre mondiale, la Russie amène à nouveau des troupes sur les îles Åland et recommence à les fortifier, mais cette fois-ci avec l’accord de la France et de l’Angleterre qui sont ses alliés. Des cercles nationalistes suédois (les « Activistes ») en prennent prétexte pour demander, sans succès, l’entrée en guerre de la Suède aux côtés de l’Allemagne et l’annexion d’Åland au Royaume.

Après la révolution russe de 1917, la Finlande retrouve sa souveraineté et proclame son indépendance. L’année suivante, Åland se trouva confronté à la guerre civile qui sévissait en Finlande. Les habitants de l’archipel en profitèrent pour demander leur rattachement à leur ancienne mère-patrie, le royaume de Suède. D’ailleurs, pendant la guerre d’indépendance, la Suède avait occupé militairement Åland qui, selon le traité de Paris, était pourtant démilitarisé, en revendiquant ces îles sur la base de considérations politiques et ethniques mais surtout sur le fait que les Ålandais avaient réclamé leur réunion à la Suède. La Finlande n’accepta ni cette requête ni cette occupation et fit appel, sur initiative du Royaume-Uni, à la Société des Nations : le Conseil de la SDN décida le 25 juin 1921 de l’appartenance définitive à la Finlande, qui entre-temps avait accordé à l’archipel, en 1920, une large autonomie politique dans les affaires intérieures et la dispense du service militaire.

L’État finlandais devait s’engager à respecter et à garantir aux Ålandais l’usage de leur langue suédoise, de leur culture et de leurs coutumes locales.

Les premières élections ont eu lieu à Åland en 1922. Le parlement ålandais est entré en fonction le 9 juin 1922. Le 9 juin est depuis la fête nationale des îles.

Cette autonomie fut confirmée au fil des années par de nouvelles lois, notamment l’octroi d’un droit de veto à l’application dans l’archipel des lois promulguées par le pouvoir central. Dans presque tous les domaines, sauf la politique extérieure, les douanes (ce qui inclut l’appartenance au marché unique européen), la monnaie (donc l’euro depuis 1999) et la justice, le conseil d’Åland dispose d’un pouvoir législatif autonome (qui lui permet de continuer à fixer librement la politique économique et la fiscalité locale, dans les limites permises par l’Union européenne).

Aujourd’hui, la province d’Åland reste un territoire démilitarisé (hors de l’OTAN et de l’UEO), membre de l’Union européenne depuis 1995 et, à l’instar de Porto Rico, bénéficie d’un statut très privilégié, celui d’un « État libre associé » à la Finlande.

On pourra cependant comparer ce statut d’autonomie à celui des possessions européennes de la Couronne britannique (Jersey, Guernesey, île de Man…) qui ne font pas partie du Royaume-Uni mais tout en étant des États très largement autonomes bien que non totalement indépendants, car sous l’autorité directe de la Couronne.

 

Congo kinshasa

République démocratique du Congo

La République démocratique du Congo est un pays d’Afrique centrale. C’est le quatrième pays le plus peuplé d’Afrique (derrière le Nigeria, l’Éthiopie et l’Égypte) ainsi que le pays francophone le plus peuplé.

Le pays est aussi appelé plus simplement Congo, ou plus souvent RDC, Congo-Kinshasa ou RD Congo pour le différencier de la République du Congo voisine, elle-même appelée « Congo-Brazzaville » pour la même raison. De 1908 à 1960, cette ancienne colonie était appelée Congo belge mais aussi « Congo-Léopoldville » jusqu’en 1966, date du changement de nom de la capitale en Kinshasa. Avec la zaïrianisation, le pays s’est appelé Zaïre de 1971 à 1997.

La RDC est le deuxième plus vaste pays d’Afrique après l’Algérie. Il s’étend de l’océan Atlantique au plateau de l’Est et correspond à la majeure partie du bassin du fleuve Congo. Le nord du pays est un des plus grands domaines de forêt équatoriale au monde, l’est du pays borde le Grand rift est-africain, domaine des montagnes, des collines, des Grands lacs mais aussi des volcans. Le sud et le centre, domaine des savanes arborées, forment un haut plateau riche en minerais. À l’extrême ouest, une quarantaine de kilomètres au nord de l’embouchure du fleuve Congo s’étale une côte sur l’océan Atlantique. Le pays partage ses frontières avec l’enclave de Cabinda (Angola) et la République du Congo à l’ouest, la République centrafricaine et le Soudan du Sud au nord, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie à l’est, la Zambie et l’Angola au sud4. La RDC est membre de l’Organisation internationale de la Francophonie depuis 1977.

Plusieurs centaines d’ethnies forment la population du pays ; le français est la langue officielle et quatre langues bantoues : le lingala, le kikongo, le swahili et le tshiluba ont le statut de langue nationale. L’économie repose principalement sur le secteur primaire (agriculture et exploitation minière).

Le pays est instable, et après deux guerres civiles, il voit depuis 2016 la résurgence de plusieurs milices.

La République démocratique du Congo s’étend de l’océan Atlantique au plateau de l’Est et correspond à la majeure partie du bassin du fleuve Congo, véritable colonne vertébrale du pays. Grand comme quatre fois la France, quatre-vingt fois la Belgique. C’est le 11e État du monde par sa taille avec ses 2 345 409 km2.

En raison de sa grande superficie, de sa localisation au centre de l’Afrique, de ses énormes richesses naturelles et de son importante population, la République démocratique du Congo est l’un des « géants » de l’Afrique. Le pays est traversé par l’équateur et comprend trois climats : le climat équatorial, le climat tropical et le climat de montagne.

Le territoire de la République démocratique du Congo était anciennement peuplé uniquement par des chasseurs-collecteurs, peut-être en partie ancêtres des peuples pygmées actuels. Entre les traces d’un préacheuléen et l’arrivée des premiers villageois, le Congo sera toujours occupé par des groupes nomades, chasseurs-collecteurs, tailleurs de pierre, de cultures différentes.

Durant le IIe millénaire av. J.-C., le nord de l’Afrique équatoriale vit une vague de migrations de populations productrices de nourriture, néolithiques, parlant pour certaines des langues bantoues.

Plus tard, comme l’indiquent des recherches allemandes sur les affluents du fleuve Congo, ces premières populations vont lentement coloniser le cœur de la forêt équatoriale en suivant les axes des cours d’eau de l’aval vers l’amont ; des travaux espagnols dans l’Ituri suggèrent qu’il faut attendre –800 pour rencontrer les premiers villages dans certains secteurs de la forêt.

Vers la fin du Moyen Âge, différentes populations, alors organisées en chefferie, s’édifient en royaumes (luba, kuba, lunda, kongo, etc.) qui, pour certains, voient leurs apogées correspondre avec les premiers contacts avec les Européens du XV èm siècle. Certains royaumes s’étendent sur plusieurs milliers de kilomètres et possèdent des réseaux commerciaux par delà leurs frontières. Le commerce se fait par portage ou voie fluviale.

La traite des noirs sur la côte occidentale, du XV èm au XVI èm siècle, s’étend jusqu’à l’intérieur du continent et correspond, avec la traite de l’ivoire, à l’essor économique ou au déclin des différents royaumes. Sur la côte occidentale, elle prend fin au milieu du xixe siècle. Par contre, à cette époque, à l’est du pays, aujourd’hui Ituri et Kivu, les Arabo-Swahili, venus de Zanzibar, ne se contentent pas d’acheter les esclaves aux indigènes, ils fondent des sultanats. À partir de 1870 ces sultans étendent leur emprise jusqu’au bassin du Congo, et y fondent des villes telles Nyangwe ou Kasongo. En 1890, la zone sous influence arabe couvrait plus d’un tiers du territoire du Congo.

Les Européens se limitèrent aux régions côtières du pays jusqu’à la moitié du XIX èm siècle.

Les frontières de l’actuelle République démocratique du Congo ont été reconnues à l’issue de la conférence de Berlin qui s’est tenue de novembre 1884 à février 1885. Le 1er août 1885, Léopold II de Belgique accepta la souveraineté sur l’État indépendant du Congo. Le terme « indépendant » signifie que toutes les puissances coloniales reçoivent la garantie de pouvoir y accéder librement. La spécificité de ce régime colonial résida dans le fait que dans un premier temps le Congo fut considéré comme une possession personnelle et privée du roi. Géré sous une forme commerciale, le Congo est divisé en deux parties : l’une constituant le domaine de la couronne et l’autre attribuée à des entreprises privées sous forme de concessions.

En 1894 prend fin la campagne menée par les Belges contre les Sultans arabes trafiquants d’esclaves. En 1904, un rapport du consul britannique à Boma dénonce les corvées excessives imposées aux indigènes pour la production du caoutchouc.

En 1908, le parlement belge, qui avait soutenu par des crédits et par l’envoi de troupes l’entreprise de colonisation du roi des Belges, accepte le transfert du Congo à la Belgique à la suite notamment de certaines critiques de la presse anglo-saxonne concernant la gestion des représentants du roi au Congo. Léopold II, roi des Belges, cède l’EIC à la Belgique, qui administre la colonie sous le nom de Congo belge jusqu’à son indépendance. Une charte coloniale est publiée pour la gestion du Congo mais des scandales dans la presse belge ne tardent pas à éclater.

Durant la Première Guerre mondiale en 1914-1918, la force publique contribue victorieusement à la guerre au Cameroun et dans l’Est Africain allemand par la victoire de Tabora.

En 1928, l’épiscopat proteste contre les abus dans le recrutement de la main-d’œuvre autochtone.

En 1940, le Congo entre en guerre du côté des Alliés. La force publique remporte les victoires de Saïo et d’Asosa contre les forces italiennes d’Abyssinie. Certains de ses éléments s’en iront combattre en Égypte et Palestine.

Dès les années 1940, dans ce qui était alors le Congo belge, deux tendances indépendantistes importantes se manifestaient dans la capitale Léopoldville : celle des « gens d’en bas » (Bas-Congo et Bandundu) parlant le kikongo et celle des « gens d’en haut » parlant le lingala, venant de l’Équateur d’abord et finalement de tout l’intérieur du pays.

La Belgique, qui croyait à la progressivité de la transition vers l’indépendance organisa les premières élections à l’échelon communal, limitées aux grandes villes en 1957. L’ABAKO triompha inévitablement à Léopoldville et cela impressionna certains unitaristes, tel Patrice Lumumba, un Tetela du Kasaï, intelligent et idéaliste, qui ne tarda pas à fonder son propre « mouvement national congolais » MNC-Lumumba, plus revendicatif que celui du MNC-Kalonji, Albert Kalonji étant aussi un Kasaïen unitariste.

Ces jeunes rivalités politiques confrontées aux structures tribales compliquées du Congo allaient former un mélange détonant qui détruirait au bout de cinq années la première démocratie parlementaire congolaise.

Le 30 juin 1960 l’indépendance du Congo belge est proclamée en tant que « République du Congo » En même temps, l’ancienne colonie française voisine du Moyen-Congo adoptait également le titre de « République du Congo » à son indépendance, le 15 août 1960. Les deux pays se différenciaient en accolant le nom de leur capitale au nom du pays (Congo-Léopoldville, Congo-Brazzaville).

Dans l’armée du nouvel État indépendant, les blancs gardent le pouvoir. La radio accuse alors les anciens colons de complot contre le nouvel État, ce qui provoque la colère des soldats bangalas et balubas qui se mettent à persécuter la communauté blanche. La Belgique menace alors d’intervenir militairement.

Le 11 juillet 1960, les dignitaires du Katanga, sous la direction de Kapenda Tshombé Moïse et à l’instigation de quelques colons belges, proclament l’indépendance de l’État du Katanga, en état de sécession depuis juin. Les autorités du Katanga créent alors leur propre monnaie et leur propre police. L’ONU propose sa médiation à la place des troupes soviétiques ou belges. Le 13 juillet, Lumumba accepte alors la venue des casques bleus.

Le 20 aout 1960, fait sécession le Sud-Kasaï, qui avait également proclamé son indépendance avant l’indépendance du reste du Congo, le 14 juin 1960. Ainsi, le gouvernement central perd ses deux provinces minières. Les troupes de l’ONU, censées intervenir pour mettre fin à la sécession, n’agissent pas.

Le 2 septembre 1960, le Premier ministre Lumumba appelle alors l’Union soviétique à l’aide. Les 5-14 septembre, lutte entre Joseph Kasa-Vubu et Lumumba. Les soldats balubas et bangalas n’étant pas représentés dans le gouvernement, ils commettent alors un coup d’État, et renversent le Premier ministre.

Au sein de l’armée, devenue complètement africaine, le général Mobutu Sese Seko prend les rênes et installe un gouvernement de commissaires. Mobutu est bientôt soutenu par les États-Unis, qui voient d’un mauvais œil le socialisme de Lumumba. Les médias occidentaux montrent en effet Lumumba du doigt et saluent la sécession katangaise comme seul rempart de la liberté individuelle contre l’étatisme.

Le 17 janvier 1961, Lumumba est assassiné, il avait été déporté au Katanga par Mobutu. En 1962, le gouvernement central s’attèle à reconquérir les provinces sécessionnistes.

Une fois Lumumba éliminé, la reprise du Katanga (devenant alors Province de Shaba) et du Sud-Kasaï marqueront le début de l’ascension du général Mobutu Sese Seko.

Les troupes de l’ONU, au départ immobiles, passeront soudainement à l’offensive avec les troupes de Mobutu pour reconquérir les deux provinces rebelles. (C’est ce qu’on appelle the UN betrayal.)

En 1963 prend fin de la sécession katangaise; rébellion lumumbiste. En 1964 : le titre « République démocratique du Congo », un nouveau drapeau et une nouvelle devise sont adoptés le 1er août 1964 (nouvelle constitution). En 1965 : le Congo est pacifié, toutes les révoltes tribales, ethniques ou des partisans de Lumumba sont matées.

En 1965: Mobutu Sese Seko renverse Joseph Kasa-Vubu et s’empare définitivement du pouvoir. La libération de Stanleyville marque le début des années de guerre qui se poursuivirent jusqu’en 1966. Toute cette région vit des atrocités qui firent au moins 500 000 morts civils et militaires. Il faudra l’intervention de troupes étrangères pour mettre fin à ce carnage. Après les décrets de 1966, 1967 et 1969, les mines et les plantations sont nationalisées.

Dans les années qui suivent la prise du pouvoir par le général Joseph-Désiré Mobutu, ce dernier entame à partir de 1972 une campagne d’« authenticité » afin de maintenir sa popularité. Le pays est renommé République du Zaïre en 1971 d’après un mot local pour rivière, et portera ce nom jusqu’en 1997.

Les noms des personnes sont africanisés. Le général Mobutu prend le nom de Mobutu Sese Seko et oblige tous ses concitoyens à supprimer les prénoms à connotation occidentale et à rajouter un « postnom ».

Le pays subira dans toute sa période contemporaine des tensions tribales, mais il sera géré d’une main de fer par le président de la République, jusqu’à son remplacement. Le Congo redeviendra officiellement la République démocratique du Congo.

 

rwanda

Rwanda

Le Rwanda, en forme longue la République du Rwanda, est un pays d’Afrique de l’Est. Le Rwanda étend ses 26 338 km2 dans la région des Grands Lacs. Il partage des frontières avec, au nord, l’Ouganda, à l’est, la Tanzanie, au sud, le Burundi, et à l’ouest, la République démocratique du Congo. Sa capitale Kigaliest située au centre du pays.

Les Rwandais parlent le kinyarwanda, et vivent dans les collines qui constituent la localisation de référence des habitats.

Le Rwanda est membre de l’Organisation des Nations unies (ONU), de l’Union africaine (UA), depuis juin 2007, de la Communauté d’Afrique de l’Est, de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), et depuis le 29 novembre 2009 du Commonwealth of Nations.

Traditionnellement, la population rwandaise était structurée en une vingtaine de clans composés d’éleveurs, les Tutsi, d’agriculteurs, les Hutu, et d’artisans, les Twa. Les Twa sont issus des populations pygmées qui peuplaient primitivement le Rwanda. Le clan était la référence identitaire de chaque Rwandais. Chaque clan avait un chef, le Mwami issu d’un lignage patriarcal, qui était Hutu ou Tutsi. Un des clans, dirigé par un lignage Tutsi, dominait le Rwanda et son Mwami était considéré comme le roi du Rwanda. Les populations parlaient la même langue, le kinyarwanda, partageaient la même religion, pouvaient parfois se marier entre elles et pouvaient passer (par une faveur du Mwami comparable à l’ennoblissement) d’une caste à l’autre.

Vers la fin du XIX èm siècle, le Mwami est Kigeli IV Rwabugiri, qui meurt en 1895. En 1885, la Conférence de Berlin attribue le Rwanda à l’empire allemand. À leur arrivée, les colonisateurs allemands, puis belges cherchèrent à comprendre cette société complexe qui ne correspondait pas aux critères européens. Ils classèrent les populations en fonction de leurs activités, de leur physique, etc. Ils furent très impressionnés par la monarchie rwandaise, et considérèrent cette catégorie, les Tutsi, comme une « race » supérieure, assimilant aussi tous les Tutsi à ceux de la cour royale. Selon les colonisateurs, les Tutsi sont plus grands, plus clairs de peau, plus beaux, plus semblables aux européens en somme, ce qui les rendrait plus aptes à diriger.

Les colons belges vont donc s’appuyer sur les Tutsi pour mettre en place leur administration coloniale, ne respectant pas les Mwami des clans dirigés par des Hutu. L’ancienne distinction entre Hutu et Tutsi s’exacerba et devint plus intolérable pour les Hutu, inférieurs dans la société coloniale. L’accès aux avantages, à l’enseignement, aux postes administratifs fut réservé prioritairement aux Tutsi. Les termes de « Hutu » (roturier) et de « Tutsi » (noblesse) furent alors considérés comme référence identitaire essentielle par les Rwandais, et entraînèrent une différenciation antagonique de la société entre ces deux groupes.

Les Tutsi ainsi érigés par le colonisateur belge en caste dominante, sont de plus en plus dénoncés par la majorité hutu à partir des années cinquante. Dans un texte publié le 24 mars 1957, le Manifeste des Bahutu, neuf intellectuels Hutu cristallisent cet antagonisme. La revendication d’indépendance des Tutsi incite les Belges à renverser leur alliance au profit des Hutu. En novembre 1959 éclate une guerre civile qui entraîne le départ en exil de 300 000 Tutsi. La majorité hutu prend le pouvoir, avec le soutien des autorités coloniales et de l’Église catholique.

La première république est proclamée le 28 janvier 1961 et Grégoire Kayibanda, un Hutu, accède à la présidence de la République le 26 octobre 1961. L’ONU fixe au 1er juillet 1962 la date d’indépendance du Rwanda. La passation des pouvoirs et l’évacuation des troupes belges ont lieu le 1er août 1962. Le nouveau régime affronte des attaques des exilés tutsi, qui sont le prétexte de violentes répressions sur les Tutsi de l’intérieur, notamment en décembre 1963 où plusieurs milliers de Tutsi sont massacrés.

Pour maintenir l’unité politique, Grégoire Kayibanda instrumentalise les massacres de masse dont furent victimes les Hutu du Burundi en 1972, il justifie la crainte d’une menace des Tutsi rwandais. Les Tutsi, élèves et professeurs, sont systématiquement expulsés de l’enseignement, quelques-uns massacrés dans les établissements scolaires. Ces événements provoquent une nouvelle vague d’exode des Tutsi. Exploitant ces événements, Juvénal Habyarimana renverse Grégoire Kayibanda en juillet 1973, puis fonde un parti en 1975, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND).  En 1978, Habyarimana change la Constitution et fait adopter un régime à parti unique, le MRND, dont tous les Rwandais sont membres d’office.

Les exilés tutsis s’organisent en Ouganda et créent le Front patriotique rwandais (FPR) en 1987. Le 1er octobre 1990, venant de l’Ouganda, le FPR entre en force au nord du Rwanda, déclenchant ainsi la guerre civile rwandaise. La France dès le 4 octobre 1990, le Zaïre et la Belgique interviennent brièvement pour aider à évacuer des occidentaux. Huit à dix mille Tutsi sont emprisonnés en octobre 1990. En désaccord avec cette politique, la Belgique rapatrie alors ses troupes du Rwanda. Le soutien militaire français est maintenu sous la dénomination opération Noroît jusqu’à la mise en place des troupes de l’ONU (MINUAR commandée par le général Dallaire) en décembre 1993. Le 15 octobre 1990, l’ambassadeur de France au Rwanda, Georges Martres, adresse un télégramme au chef d’état-major particulier du président Mitterrand, dans lequel il mentionne le risque d’un génocide contre les Tutsi. Malgré cet avertissement, le gouvernement français va continuer d’aider le régime d’Habyarimana. L’armée rwandaise massacre 1 000 Bahimas (apparentés aux Tutsi) à Mutara, et environ un millier de Bagogwe (apparentés aux Tutsi) au nord-ouest du Rwanda, dont 348 Tutsi dans la région de Kibilira. Depuis ses bases arrières établies en Ouganda et avec l’appui en matériel détourné de l’armée ougandaise, le FPR établira progressivement une tête de pont au nord du Rwanda où des combats se poursuivront jusqu’en 1994.

À la suite du discours de La Baule de François Mitterrand, Juvénal Habyarimana fait changer la Constitution en 1991 pour revenir au multipartisme. Sous la pression de la communauté internationale, les accords successifs d’Arusha, négociés en Tanzanie avec le FPR et clôturés en août 1993, prévoient, après un cessez-le-feu, l’organisation du retour des exilés tutsi et l’intégration politique et militaire des différentes composantes internes et externes de la nation rwandaise. Les médias gouvernementaux rwandais joueront un rôle significatif de propagande anti-Tutsi avant et durant le génocide. Ainsi, la RTLM appelle au meurtre des Tutsi dès 1992. L’ambassadeur belge Johan Swinnen a rapporté à Bruxelles que la RTLM diffuse ces appels à l’extermination des Tutsi. Le journal rwandais Kangura, un autre organe des « médias de la haine », publie le 10 décembre 1990 les « Dix commandements du Hutu », texte raciste qui appelle à la haine anti-Tutsi.

Le soir du 6 avril 1994, les présidents rwandais et burundais, le chef d’état-major rwandais et une dizaine d’autres personnalités, meurent, avec l’équipage de trois Français, dans un attentat visant l’avion présidentiel rwandais. Dès le lendemain, la première ministre, Agathe Uwilingiyimana, et d’autres personnalités politiques hutu démocrates sont assassinés. Dix militaires belges de la Mission des Nations unies (Minuar), qui étaient chargés de la protection de Mme Uwilingiyimana et qui ont été arrêtés par la garde présidentielle, sont peu après assassinés. Simultanément débute le génocide des Tutsi dans plusieurs provinces du pays. La mort du président Habyarimana est donc considérée comme le fait initial du génocide rwandais. Le gouvernement intérimaire rwandais, constitué quelques jours plus tard sous l’égide de l’Ambassade de France à Kigali, conduit le génocide à l’intérieur du pays et la guerre contre l’armée du FPR, Front Patriotique rwandais constitué essentiellement par des exilés tutsi. Des Rwandais sont aussi victimes de cette guerre civile entre les FAR gouvernementales et l’APR. Enfin, des Hutu, exécutés sans jugement comme génocidaires, et parfois leurs familles, sont victimes de représailles de soldats du FPR.

Le « cerveau » du génocide, selon le procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda et de nombreux observateurs, serait le colonel Théoneste Bagosora, condamné à 35 ans de prison en 2011, membre de l’Akazu, « petite maison » en Kinyarwanda gravitant autour de la famille Habyarimana, désignant ainsi le noyau dur qui, selon de nombreux témoins Rwandais, ont inspiré ce génocide. Au moins 800 000 Tutsi et Hutu démocrates seront massacrés selon l’ONU, plus d’un million selon les autorités rwandaises et plus encore selon certains auteurs, qui font remarquer que la déclaration d’état-civil à la naissance n’était pas obligatoire au Rwanda. Ce génocide sera l’un des quatre génocides du xxe siècle reconnus par les institutions internationales.

Par la suite, Paul Kagame sera élu président ; il rétablira le pardon national et l’interdiction pour les ethnies de se jeter la responsabilité du génocide ; de la sorte, il parviendra à rétablir les bonnes relations entre ethnies et amènera le pays au devant d’un développement économique, l’un des plus brillants de ce siècle.

 

 

 

 

 

kenya

Kenya

Le Kenya, en forme longue la République du Kenya, est un pays d’Afrique de l’Est. Il est limitrophe du Soudan du Sud et de l’Éthiopie au nord, de la Somalie à l’est, de l’Ouganda à l’ouest et de la Tanzanie au sud-ouest. Il est baigné par l’océan Indien au sud-est.

Traversé par l’équateur, le Kenya se situe dans l’est du continent africain et a pour pays voisins, au nord le Soudan du Sud et l’Éthiopie, à l’est la Somalie, au sud la Tanzanie et à l’ouest l’Ouganda.

Il est bordé, à l’est, par l’océan Indien sur 536 km et a une superficie de 580 367 km2. Son point culminant est le mont Kenya avec 5 199 m tandis que son plus long cours d’eau est le fleuve Tana (700 km). Sa capitale, et plus grande ville, est Nairobi.

La vallée du grand rift est souvent désignée comme le « berceau de l’humanité » en raison des nombreux fossiles d’hominidés qui y ont été trouvés. D’autres découvertes indiquent que des hominidés comme Homo habilis et Homo ergaster vécurent au Kenya il y a 2,5 millions d’années (Plaisancien).

Des peuples venus du nord, parlant une langue couchitique, arrivèrent dans la région aux alentours de 2000 av. J.-C. À la fin du Ier millénaire, arrivèrent, de l’ouest, des peuples bantous. Enfin, à partir de 1500 apr. J.-C. arrivèrent les peuples de langues nilotiques venus du nord-ouest.

L’histoire coloniale du Kenya débuta dès le VIII èm siècle avec l’établissement de colonies arabes et perses le long des côtes.

Au début du XV èm siècle arrivent, dans le sillage de Vasco de Gama, les Portugais dont la domination sera éclipsée par celle des sultans d’Oman en 1698.

La colonisation complète du Kenya débuta d’abord par ce qui fut un protectorat allemand sur ce qui était auparavant une partie des possessions du sultan de Zanzibar. En 1895, elle est cédée par Berlin au Royaume-Uni à la suite de l’arrivée dans l’intérieur des terres, en 1888, de la Compagnie britannique impériale d’Afrique de l’Est. Le nouveau protectorat est appelé Afrique orientale britannique. En 1902, les colons blancs sont autorisés à accéder aux hautes plaines fertiles. Ces colons eurent une influence dans le gouvernement avant même qu’il ne soit officiellement déclaré colonie de la Couronne en 1920, mais les Africains furent exclus de participation politique directe jusqu’en 1944.

Sur le modèle de l’Afrique du Sud, l’administration coloniale britannique impose en 1915 l’obligation pour tous les noirs de plus de quinze ans de porter en permanence autour du cou un certificat prouvant leur identité et leur emploi. En 1920, le gouverneur fait augmenter l’impôt par tête pour contraindre les Kikuyus à s’engager comme salariés agricoles auprès des colons et ainsi pouvoir payer. Toutefois, quand en 1921 les colons réduisent les salaires des ouvriers indigènes d’un tiers, des manifestations et des grèves se déclenchent.

En 1926, un accord entre le gouvernement britannique et gouvernement italien prévoit le rattachement de la région du Jabaland, jusqu’alors au Kenya, à la Somalie sous colonisation italienne8.

D’octobre 1952 à décembre 1959, la rébellion Mau Mau combat la loi coloniale britannique. Les décideurs britanniques firent alors participer de plus en plus des Africains aux processus gouvernementaux, afin de couper les rebelles de leur soutien. Les premières élections directes pour Africains au Conseil législatif eurent lieu en 1957. La guerre s’achève avec 100 000 morts côté africain et 320 000 détenus dans des camps, dont plus d’un millier seront exécutés et des milliers d’autres torturés.

Les Britanniques libèrent Jomo Kenyatta et quelques autres prisonniers politiques en 1961 afin de permettre, dans l’optique de l’indépendance imminente du Kenya, la constitution d’un gouvernement « modéré » favorable à leurs intérêts.

Le 12 décembre 1963, le Kenya obtient son indépendance et, pendant un an, devient un royaume du Commonwealth avec pour gouverneur général Malcolm MacDonald et Jomo Kenyatta pour Premier ministre. Dès décembre 1963, le Royaume-Uni fait signer au Kenya des accords militaires leurs reconnaissant le droit d’utiliser le Kenya comme base militaire pour d’éventuelles opérations dans la région.

Un an plus tard, le pays devient une république et Kenyatta son premier président.  Rapidement, les propriétaires terriens britanniques et la minorité indienne — qui domine le commerce de détail — sont priés de prendre la nationalité kényane ou de quitter le territoire. La majorité des Britanniques quittent le Kenya et sont indemnisés par leur propre gouvernement et le gouvernement kényan. 120 000 des 176 000 Indiens quittent aussi le pays et, grâce à leur ancien passeport britannique, émigrent, pour la plupart, vers le Royaume-Uni. Les terres rachetées par l’État ne sont pas redistribuées mais vendues aux Kényans les plus aisés.

En 1975, l’Ouganda s’engage dans une vaste politique de développement militaire qui inquiète le gouvernement kényan. Au début du mois de juin, ce dernier confisque le chargement d’un gros convoi d’armes de fabrication soviétique en route pour l’Ouganda depuis le port de Mombasa. La tension atteint son maximum en février 1976 quand le président ougandais, Idi Amin Dada, annonce soudainement qu’il va enquêter sur le fait qu’une grande partie de l’actuel Soudan du Sud et de l’ouest et du centre du Kenya, jusqu’à 32 km de Nairobi, sont historiquement partie intégrante de l’Ouganda colonial. La réponse kényane, très lapidaire, arrive deux jours plus tard indiquant que « le pays ne partagera pas ne serait-ce qu’un pouce de son territoire ». Amin Dada fait finalement marche arrière en voyant les Kényans déployer des troupes et des transports blindés en position défensive sur la frontière avec l’Ouganda.

Le pays alternera ensuite les périodes entre parti unique et multipartisme.

Ouganda

Ouganda

L’Ouganda, en forme longue la République d’Ouganda ou la République de l’Ouganda, est un pays d’Afrique de l’Est. Il est aussi considéré comme faisant partie de l’Afrique des Grands Lacs. Il est entouré par la République démocratique du Congo, le Kenya, le Rwanda, le Soudan du Sud et la Tanzanie. Le Sud du pays englobe une vaste partie du lac Victoria. L’Ouganda tire son nom de l’ancien royaume de Buganda, qui couvrait autrefois les régions les plus au sud, dont la capitale et plus grande ville est Kampala.

Le pays est situé sur le plateau Est-africain, pour la plus grande partie entre les 4e parallèle nord et 2e parallèle sud et entre les 29e et 35e méridiens est. Son altitude moyenne est de 1 100 mètres, en descente abrupte vers la plaine soudanaise au nord. Le centre s’articule autour du lac Kyoga, entouré de zone marécageuses. La quasi totalité du territoire ougandais se trouve dans le bassin du Nil.

Sa capitale est Kampala. Une autre grande ville est Jinja.

Les peuples formant l’Ouganda actuel étaient des chasseurs-cueilleurs jusqu’à 700 à 300 av. J.-C. Des populations de langue et culture bantoue, probablement originaire d’Afrique centrale, migrèrent vers le sud du pays, apportant avec eux le travail du fer et de nouvelles organisations sociales et politiques. Aux xive siècle et xve siècle, l’Empire du Kitara couvrait la plus grande partie de l’Afrique des Grands Lacs, entre le lac Albert, le lac Tanganyika, le lac Victoria et le lac Kyoga.

À partir des années 1830, des commerçants arabes arrivèrent à l’intérieur des terres à partir des côtes d’Afrique de l’Est. Ils furent suivis trente ans plus tard par des explorateurs britanniques à la recherche des sources du Nil. Des missionnaires protestants puis catholiques arrivèrent respectivement en 1877 et 1879.

Le Royaume-Uni plaça la région sous l’autorité de la Compagnie britannique impériale d’Afrique de l’Est en 1888 et l’administra comme un protectorat à partir de 1894, date à laquelle la compagnie fait faillite.

Au cours des années 1890, 32 000 ouvriers originaires des Indes britanniques furent embauchés pour travailler à la construction de chemins de fer.

Après intégration de plusieurs autres chefferies et territoires, le protectorat nommé Ouganda prit sa forme définitive en 1914.

Le 9 octobre 1962, le pays accéda à l’indépendance et réunifia les quatre royaumes qui le composaient. Mais le président élu prit le pouvoir en se déclarant intangible.

Le 25 janvier 1971, un homme politique Idi Amin Dada prend le pouvoir par un coup d’État. En huit ans de pouvoir, le régime sera accusé de la mort ou de la disparition de près de 300 000 Ougandais. En 1979, après des mutineries de l’armée, Idi Amin Dada, aux abois, déclenche la Guerre ougando-tanzanienne. La Tanzanie contre-attaque et avec l’aide du mouvement de résistance ougandais, le renverse en avril 1979. L’ex-dictateur s’exile alors en Libye puis en Arabie saoudite où il meurt en 2003. Le régime devient démocratique

 

Cameroun

Cameroun

Le Cameroun, en forme longue la République du Cameroun, est un pays d’Afrique centrale, situé entre le Nigéria à l’ouest, le Tchad au nord, la République centrafricaine à l’est, le Gabon, la Guinée équatoriale et la République du Congo au sud et le golfe de Guinée au sud-ouest.

Sa capitale est Yaoundé ; sa monnaie nationale est le franc CFA.

Le Cameroun est aujourd’hui membre de droit de l’Organisation internationale de la francophonie ainsi que du Commonwealth.

Le Cameroun est surnommé « l’Afrique en miniature »5 en raison de sa diversité climatologique, géographique, humaine, culturelle.

Les premiers habitants du Cameroun furent probablement les chasseurs-cueilleurs Baka, des nomades Pygmées. Mais, dès le Ier millénaire av. J.-C., se sont développées des sociétés sédentaires d’agriculteurs-éleveurs, peut-être venus du Sahara alors en voie de désertification et les Bakas ont été repoussés dans les forêts des provinces du sud et de l’est où on les trouve encore.

Avant la période coloniale, les habitants ne formaient pas un seul groupe homogène et présentaient plusieurs formes d’organisation sociale allant de royaumes structurés à des ethnies nomades. Aux anciens royaumes (Bamoun, Adamaoua, Garoua) succède au xixe siècle la colonie allemande qui place le Cameroun sous protectorat. À l’issue de la Première Guerre mondiale, le Cameroun est placé sous la tutelle de la Société des Nations et confiée à l’administration de la France pour sa partie orientale et du Royaume-Uni pour sa partie occidentale.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement de l’UPC (Union des populations du Cameroun), dirigé par Ruben Um Nyobe, revendique l’indépendance et la réunification avant d’être interdit puis réprimé par les Français en pays Bassa et en pays Bamiléké (« guerre bamiléké »). L’indépendance de la zone française est proclamée le 1er janvier 1960, le Cameroun devenant la première des 18 colonies africaines à accéder à l’indépendance en 1960. La réunification a lieu l’année suivante avec la partie sud de la zone britannique L’ancien mandat de l’ONU sous administration française accède à l’indépendance sous l’appellation de République du Cameroun le 1er janvier 1960. Il est rejoint par une partie du territoire sous administration britannique en octobre 1961 pour former la République fédérale du Cameroun qui, le 20 mai 1972, fut renommée République unie du Cameroun, puis République du Cameroun en 1984. Comme pour la plupart des États d’Afrique, le Cameroun et ses frontières actuelles résultent donc de la colonisation européenne.

 

Drapeau Arabie Saoudite

Arabie Saoudite

L’Arabie saoudite, en forme longue le Royaume d’Arabie saoudite, est une monarchie absolue islamique dirigée par la famille Saoud depuis sa création en 1932 par Ibn Séoud. Occupant 80 % de la péninsule Arabique, c’est le plus grand pays du Moyen-Orient avec une superficie de plus de deux millions de kilomètres carrés, et le deuxième par sa superficie des pays du monde arabe, après l’Algérie. 

La monnaie officielle est le Riyal Saoudien.

Le pays a l’islam pour religion d’État et l’arabe pour langue officielle ; il abrite les deux plus importants lieux saints de l’islam, Masjid al-Haram (à La Mecque) et Masjid al-Nabawi (à Médine).

L’Arabie saoudite est limitrophe de l’Irak, de la Jordanie, du Koweït, d’Oman, du Qatar, des Émirats arabes unis et du Yémen ; elle est bordée par la mer Rouge et le golfe Persique.

L’islam d’obédience wahhabite (lui-même issu de l’islam sunnite hanbalite) est officiellement la religion d’État du royaume. Les statistiques officielles font état de 100 % de sunnites parmi les musulmans.

Mais, dans les faits, le sunnisme ne serait pratiqué que par 85 à 90 % de musulmans, le reste professant le chiisme (principalement duodécimain), dont la pratique est tolérée dans la province orientale d’ach-Charqiya, et notamment dans la ville de Qatif. Perçus par le régime comme une cinquième colonne proche de l’ennemi iranien, la plupart des chiites sont, de plus, concentrés dans la région d’Al-Hassa qui recèle l’essentiel des ressources pétrolières du royaume. Une grande partie de ces Saoudiens chiites sont d’origine irakienne.

Par ailleurs, une des estimations les plus détaillées de la population religieuse dans le Golfe Persique est celle de Mehrdad Izady qui estime, « en utilisant des critères culturels et non confessionnels », à environ 4 millions le nombre de wahhabites qui se concentrent en particulier dans la région centrale du Nejd.

L’Arabie saoudite abrite les deux plus importants lieux saints de l’islam : Masjid al-Haram, la mosquée sacrée, située à La Mecque et Masjid al-Nabawi, la mosquée du Prophète, située à Médine. L’accès à ces deux villes reste rigoureusement interdit aux non-musulmans.

Il est à noter que l’ensemble du pays est sacralisé par les musulmans qui se mettent en état d’irham. En effet, pour accomplir la dernière volonté de Mahomet qui aurait dit sur son lit de mort : « deux religions ne peuvent pas coexister en Arabie », le deuxième calife de l’islam, Omar ibn al-Khattab, a expulsé en son temps les juifs et les chrétiens de la péninsule arabique pour n’y laisser que les musulmans regardés comme les seuls vrais adeptes de la religion d’Abraham. À la suite de la première guerre du Golfe (invasion du Koweït en 1990), Oussama ben Laden initie une vive controverse avec le roi Fahd qui s’est vu reproché alors d’avoir autorisé les « infidèles » à « souiller le sol sacré » de l’Arabie saoudite en ce qu’il a ouvert le pays à l’armée américaine.

Dans ce contexte, tout autre culte religieux non-musulman est formellement interdit et la constitution du royaume ne connaît pas d’autre religion que l’islam. Une police religieuse, la Muttawa, qui dépend du Comité pour la promotion de la vertu et la prévention du vice, veille à la stricte application des préceptes wahhabites dans l’espace public. Toutefois, dans les faits, d’autres religions sont pratiquées dans un cadre privé. En effet, pour des raisons économiques, le pays fait appel à une importante immigration de travail ; principalement des travailleurs immigrés philippins de confession chrétienne (plus d’un million) et indiens de confession hindoue.

Le 13 février 2009, son successeur, le roi Abdallah, a annoncé des réformes d’ampleur tendant à dégager à terme le royaume de son idéologie d’État officielle, le wahhabisme, tout en gardant néanmoins cette même dénomination intacte sur le plan officiel. La Commission des Grands Oulémas, corps de savants religieux faisant autorité dans le pays, aura dorénavant 21 membres issus de courants divers du sunnisme (c’est-à-dire les écoles hanafite, malikite et shaféite), et non plus de la seule école hanbalite, connue pour son rigorisme. De même, le Conseil de la Shoura, sorte de corps législatif dénué cependant d’une pleine consécration de ses prérogatives judiciaires, inclura 5 chiites dans ce corps. En 2013, le roi Abdallah a retiré aux officiers et agents de la police religieuse (accusée de commettre des abus) le pouvoir de procéder à des interrogatoires et d’engager des poursuites judiciaires. En 2016, son successeur, le roi Salmane, leur a retiré également le pouvoir d’arrêter ou détenir des personnes, de demander leurs cartes d’identité, et même de les suivre.

Le premier État saoudien est constitué aux alentours de 1744. Un chef tribal local, Mohammed Ibn Saoud, s’associe avec un prédicateur religieux, Mohammed Ibn Abdelwahhab, et fondent le wahhabisme.

La famille Al Saoud et le royaume connaissent ensuite des confrontations augmentant ou réduisant leur pouvoir en fonction des accords et désaccords avec l’Égypte, l’Empire ottoman et d’autres familles arabes pour le contrôle de la péninsule. Trop instable, le royaume finit par disparaître en 1818.

Un second État saoudien est fondé six années plus tard en 1824, mais disparaît en 1891.

Dans la nuit du 15 au 16 janvier 1902, Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, souhaitant restaurer l’ancien État de son aïeul, s’empare de Riyad, alors occupée par la famille rivale Al Rachid, originaire de Haïl. En 1904, il s’empare de l’oasis de Buraydah, capitale de la région du Qasim, au nord du Nejd. Abdelaziz fonde vers 1912, avec l’appui des bédouins, l’ordre des Ikhwân (« frères ») qui lui permet d’agrandir son domaine. Les Ikhwân sont progressivement installés dans environ deux cents colonies agricoles (les hujjar). En 1913, Abdelaziz s’empare de la province du Hassa, dans l’est, dont la majorité de la population est chiite. Son poids politique est reconnu par les Ottomans en mai 1914 lorsque ceux-ci le nomment wali du Nejd.

Avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Abdelaziz se rapproche graduellement des Britanniques. Un traité de protection est signé avec ces derniers en 1915.

Profitant de la dislocation de l’Empire ottoman et de la faiblesse des États arabes qui se constituent pendant le conflit mondial, il fait la conquête par la force en 1924-1925 du Hedjaz, un État comprenant les villes de La Mecque et de Médine, en s’en emparant il met fin à près d’un millénaire de chérifat hachémite, la lignée des descendants du grand-père du prophète. Il finit par se faire reconnaître roi du Hedjaz, en 1927.

L’État ainsi constitué est consolidé par Abdelaziz Al Saoud pour devenir un pays puissant et surtout acteur de la scène internationale. Cet arrêt des conquêtes le brouille avec ses alliés Ikhwân, qui voudraient poursuivre la conquête pour étendre les frontières à toute la communauté des croyants. L’appui des oulémas, essentiellement par une fatwa de 1927, profite à Abdelaziz : ils décrètent qu’il est interdit de se révolter contre le détenteur du pouvoir. Dès lors, il devient licite de faire la guerre contre les Ikhwân, qui sont écrasés en 1929.

L’Arabie saoudite est fondée officiellement le 22 septembre 1932 par la fusion des provinces du Nejd et du Hedjaz. Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud (Ibn Saoud) en devient le roi. Les guerres ayant permis l’accession au pouvoir d’Ibn Saoud firent 500 000 morts entre 1901 et 1932.

La découverte de pétrole en mars 1938 transforme le pays sur le plan économique et marque le début d’une alliance stratégique avec les États-Unis concrétisée par le Pacte du Quincy, qui en échange d’un accès au pétrole, engage les États-Unis à protéger militairement la dynastie des Saoud. Cette alliance se révèlera d’autant plus durable que le pays se présente comme un allié de poids face à la montée des nationalismes arabes dans les années 1950-1960 soutenus par l’Union soviétique.

Abdelaziz accepte le concept de modernisation du pays et persuade les ultra-conservateurs religieux d’accepter les nouvelles technologies, ce qui se traduit concrètement par un confort matériel pour les saoudiens, mais sans changement des mentalités. Après cinquante ans de pouvoir, Adb al-Aziz meurt en 1953, lui succèdent ses fils — Saoud ben Abdelaziz, Fayçal ben Abdelaziz, Khaled ben Abdelaziz, Fahd ben Abdelaziz, Abdallah ben Abdelaziz et depuis 2015 le roi Salmane ben Abdelaziz.

Dans les années 1980, la prise de la Grande Mosquée de La Mecque met en évidence le poids de la communauté ultra-conservatrice et la pression fondamentaliste s’accentue. Une police des mœurs, la muttawa, est mise en place, s’assurant que tout ce qui se passe dans le royaume n’enfreint pas les règles de l’islam. Les nouvelles technologies sont encadrées, la musique n’est pas autorisée en public, encore moins le théâtre, et la télévision par satellite est également filtrée, tandis que la ségrégation sexuelle est accentuée, et le port du voile intégral obligatoire.

La rapide augmentation des recettes saoudiennes au début des années 1980 qui passent de 65 milliards de dollars à près de 135 milliards en 1981, permet également au pays qui est le « berceau » du wahhabisme d’exporter sa doctrine religieuse sous la forme du salafisme. Cette politique extérieure se manifeste dans la lutte organisée contre l’Union soviétique dans le conflit afghan en accord avec l’allié américain13, mais également dans le soutien financier de nombreuses organisations islamiques à travers le monde dans les années 2000-2015.

Drapeau Maldives

Maldives

Les Maldives, en forme longue la République des Maldives, est un pays d’Asie du Sud constitué de1 199 îles, dont 202 habitées, situées à environ 451 kilomètres au sud de l’Inde. La superficie des terres émergées est de 298 km2 sur les 21 372,72 km2 de superficie totale du pays, lagons inclus2. Les îles sont regroupées en 26 atolls et trois îles isolées réparties en 20 subdivisions appelées elles aussi « atoll » et portant chacune le nom d’une lettre thâna.

Jusqu’au xiie siècle, la religion des îles était le bouddhisme, comme en témoignent plusieurs vestiges de temples et de pagodes, par exemple ceux de l’atoll Ari. C’est en 1153 que la population se convertit à l’islam par l’un des nombreux marchands Musulmans qui parcouraient la route entre le Levant et l’Inde, Abul Barakaat Yousuf Al Barbary. Mais de nos jours encore, les habitants craignent beaucoup les démons et les monstres qu’ils font exorciser par des « hakeem » au moyen de rites, d’antidotes et de potions.

La constitution elle-même définit la République des Maldives comme une république, où la religion musulmane joue un rôle fondamental puisqu’elle est religion d’État, la seule qui soit autorisée dans l’archipel. Tout autre culte est formellement interdit aux maldiviens, tandis qu’il est permis aux résidents étrangers de pratiquer leur religion s’ils le font à titre privé et n’encouragent pas les autochtones à y participer.

D’ailleurs, sur le drapeau national figure clairement un croissant blanc sur champ vert bordé de rouge.

Il y a environ 3000 Chrétiens (0,6 % de la population), et il reste environ 1000 Bouddhistes, principalement au sud ( environ 0,2 % de la population). Les Hindous sont entre 20 et 30 individus

L’histoire ancienne des Maldives est peu connue. Selon la légende maldivienne, un prince indien appelé Koimala s’est échoué avec sa jeune épouse dans un lagon des Maldives et s’y est installé, devenant ainsi le premier sultan. On raconte aussi que des femmes venues du Sri Lanka s’y sont établies, d’où le nom de Mahiladipa signifiant îles des femmes, qui a donné le nom « Maldives ».

Zheng He, dans son expédition de 1413-1415, visite la région.

Des simulations sur ordinateur de la navigation entre l’Indonésie et Madagascar permettent de comprendre les itinéraires possibles qui ont amené à la colonisation de Madagascar par des Austronésiens à partir du début de notre ère. Les Maldives, et dans une moindre mesure les Chagos voisines, étaient une escale probable sur la route de Madagascar, aussi bien depuis Sumatra que depuis le sud de l’Inde et Sri Lanka, où des marins et marchands javanais et malais se rendaient pour le commerce.

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